Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

I. Zivilabteilung 4C.320/2005
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4C.320/2005 /ech

Arrêt du 20 mars 2006
Ire Cour civile

MM. et Mme les Juges Corboz, président, Klett et Favre.
Greffière: Mme Cornaz.

X. ________ SA,
défenderesse et recourante principale, représentée
par Me Gabriel Benezra,

contre

A.________,
demandeur, intimé et recourant par voie de jonction, représenté par Me
Nicolas Perret.

contrat de travail; licenciement abusif,

recours en réforme et recours joint contre l'arrêt de la Cour d'appel de la
juridiction des prud'hommes du
canton de Genève du 19 juillet 2005.

Faits:

A.
Par contrat du 27 février 2000, Y.________ SA - dont les actifs et passifs
ont depuis lors été repris par X.________ SA dans le cadre d'une fusion -,
représentée par son administrateur président B.________, a engagé A.________
à compter du 15 mars suivant en qualité de directeur d'un hôtel qu'elle
exploitait.

Le salaire mensuel brut convenu s'élevait à 7'692 fr., payable treize fois
l'an. S'y ajoutaient une somme "forfaitaire et confidentielle" de 10'000 fr.
par an pour les frais, ainsi que des primes d'intéressement de "2,5 % sur le
chiffre d'affaires total de l'hôtel qui dépasserait le budget net, à
condition que le GOP" - soit le Gross Operating Profit - "soit égal à 25 % au
minimum, inclus salaires et frais directeurs" et de "5 % sur le chiffre
d'affaires total de l'hôtel de 2'700'000 fr., à condition que le GOP soit
égal à 25 % au minimum, inclus salaires et frais directeurs".

Une autre clause prévoyait que les frais de déplacement seraient payés selon
un budget approuvé, soit en nombre de kilomètres, soit en train, soit en
voiture prêtée par la société. Sous la rubrique "conditions spéciales"
l'accord réservait encore le remboursement des frais d'hébergement et de
transport pour des missions spéciales confiées au directeur pour le compte de
l'employeur ou des autres sociétés du groupe. Le directeur avait droit à
quatre semaines de vacances par année civile, à prendre pendant les périodes
de fermeture de l'hôtel, en accord avec la direction de X.________ SA.
L'employé était enfin assuré contre la perte de gain.

Un cahier des charges détaillé était annexé au contrat, rappelant notamment
que le directeur était subordonné à X.________ SA (art. 1), qu'il devait
assurer la gestion de l'hôtel sous toutes ses formes (art. 2), l'engagement
et la surveillance du personnel (art. 5.3), qu'il s'efforçait d'en préserver
la stabilité et qu'il lui appartenait de veiller à ce que les licenciements
soient signifiés aux employés, avec la recommandation de consulter la société
avant de se séparer d'un collaborateur (art. 7).

A. ________ a expliqué que ses relations avec B.________, harmonieuses dans
les premiers mois de son activité, avaient commencé à se détériorer à partir
de juin 2000. Il avait alors été soumis à un harcèlement psychologique de
plus en plus intense. B.________ intervenait continuellement dans la gestion
courante de l'hôtel et modifiait les objectifs à atteindre. Ce dernier a
contesté les griefs formulés à son endroit et a dénoncé l'activité à ses yeux
insatisfaisante du directeur, tant au niveau de l'exploitation courante que
des résultats financiers obtenus.

Le 23 juin 2000, B.________ a accordé à A.________ un prêt personnel de
10'000 fr. En cours d'instance, il a confirmé qu'il autorisait X.________ SA
à invoquer la compensation pour le remboursement du prêt.

Les 21 septembre 2000, 4 janvier et 3 mars 2001, B.________, au nom de
X.________ SA, a donné pour instruction à la banque de transférer à chaque
fois la somme de 10'000 fr. sur le compte de A.________, avec la mention
"avancement sur intéressement futur" ou "sur prime selon contrat".

A. ________ s'est trouvé en incapacité de travail pour cause de maladie du 12
au 17 avril 2001, puis a pris des vacances du samedi 5 ou du lundi 7 mai 2001
au mercredi 23 mai 2001. Il a été victime d'une décompression psychique
importante justifiant son hospitalisation du 4 juin au 2 août 1999 (recte:
2001), puis une convalescence, avec une incapacité à 100 % jusqu'au 1er mars
2000 (recte: 2002) et à 50 % pendant les deux mois suivants. Son médecin
traitant et le psychiatre qui l'a suivi lors de son hospitalisation ont
attribué les causes affectant l'état de leur patient aux pressions et
exigences trop importantes qui lui avaient été imposées par son employeur
dans le cadre de ses activités professionnelles.

Par lettre du 10 septembre 2001, X.________ SA a licencié A.________ avec
effet au 30 avril 2002, en le libérant dans l'intervalle de son obligation de
travailler. Invitée à motiver la décision, la société l'a justifiée en
reprochant au directeur de ne pas avoir donné satisfaction, notamment en ne
parvenant pas à réaliser le chiffre d'affaires prévu, en fournissant une
gestion insuffisante et en omettant de présenter des rapports de gestion
pourtant annoncés au mois d'octobre 2000. La résiliation s'expliquait aussi
par la longue absence pour cause de maladie, enfin par la restructuration du
personnel de l'hôtel et par un changement de politique.

L'employeur a continué à verser le salaire convenu jusqu'au 30 avril 2002,
mais en opérant à partir de septembre 2001 des déductions mensuelles de 2'500
fr. destinées au remboursement de primes pour un total de 30'000 fr., versées
selon lui à tort au directeur à titre d'avances sur les résultats
d'exploitation selon le contrat de travail.

B.
Le 27 septembre 2001, A.________ a assigné X.________ SA devant le Tribunal
des prud'hommes du canton de Genève en paiement de la somme de 286'000 fr.
plus intérêt à 5 % l'an dès le 27 septembre 2001 à titre d'indemnité pour
licenciement abusif, de rémunération d'heures supplémentaires, de paiement de
vacances non prises en nature, de frais de déplacement et d'indemnité de tort
moral pour mobbing. Huit mois plus tard, il a modifié ses prétentions et
réclamé - en fonction d'un salaire mensuel de 7'692 fr. majoré d'un montant
net de 833 fr. 35 pour la part des frais forfaitaires annuels de 10'000 fr. -
le total brut de 86'629 fr. 40 pour cinq cent trente-cinq heures et demie de
congés et jours fériés non pris, un solde de vacances de onze jours et demi
et huit cent quarante-neuf heures supplémentaires en 2000 et 2001, ainsi que
la somme nette de 178'452 fr. 35 correspondant à des heures de congés et
jours fériés non prises, à des jours de vacances non pris, à des heures
supplémentaires, à une indemnité pour licenciement abusif, à une indemnité à
titre de réparation pour le mobbing dont il avait souffert, au remboursement
de prélèvements indus et à celui de frais professionnels.

X. ________ SA s'est opposée aux prétentions de A.________, admettant
uniquement être redevable de frais à raison de 1'870 fr. et de 1'810 fr. 20.
Reconventionnellement, elle a réclamé 23'797 fr. 85 correspondant à des frais
forfaitaires payés en trop, à des allocations familiales perçues à tort, à un
solde de prélèvement de caisse, au coût de téléphones privés, à des intérêts
courus sur une carte de crédit, à des heures supplémentaires facturées par
une employée et enfin au remboursement du prêt de 10'000 fr. accordé par
B.________, majoré d'intérêts.

Par jugement du 13 janvier 2004, le Tribunal des prud'hommes s'est estimé
incompétent quant à la matière pour statuer sur le remboursement du prêt de
10'000 fr. consenti personnellement par B.________. En fonction des
témoignages recueillis, il a estimé que celui-ci avait soumis A.________ à un
harcèlement assimilable à du mobbing, comportement qui justifiait
l'allocation d'une réparation morale de 5'000 fr. Le licenciement ne se
révélait en revanche pas abusif. A.________ avait droit à un solde de
vacances de 4'579 fr. 35. N'occupant pas une position dirigeante élevée au
sens de l'art. 3 let. b LTr., il pouvait prétendre au paiement de dimanches
et de jours fériés travaillés pour un total de 35'280 fr., à l'exclusion
d'heures supplémentaires dont la réalité n'avait au demeurant pas été
démontrée. L'employeur avait légitimement opéré des déductions sur le salaire
de son directeur à concurrence d'avances représentant un total de 30'000 fr.,
car les résultats d'exploitation de l'hôtel ne justifiaient pas l'allocation
de primes d'intéressement, et de 1'890 fr. pour des allocations familiales
versées à tort. La réalité d'autres imputations sur le salaire n'avait pas
été démontrée. L'employé devait encore se voir rembourser des frais
professionnels à raison de 7'269 fr. 65. Les montants ainsi alloués ont été
majorés d'intérêts moratoires. Le tribunal a enfin rejeté les conclusions
reconventionnelles de l'employeur.

Saisie par les deux parties et statuant par arrêt du 19 juillet 2005, la Cour
d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Genève a annulé le
jugement entrepris et condamné X.________ SA à payer à A.________ les
montants de 14'240 (recte: 14'250) fr. net avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er
août 2001 (indemnité pour licenciement abusif et indemnité à titre de
réparation morale à raison du mobbing), 21'621 fr. 60 brut avec intérêt à 5 %
l'an dès le 27 octobre 2001 (rémunération des week-ends et jours fériés),
2'938 fr. 80 brut avec intérêt à 5 % l'an dès le 27 octobre 2001 (rétribution
d'un solde de vacances), 6'060 fr. 65 net avec intérêt à 5 % l'an dès le 27
octobre 2001 (remboursement de frais professionnels) et 20'000 fr. net avec
intérêt à 5 % l'an dès le 1er janvier 2002 (paiement des trois "avances",
sous déduction du montant de 10'000 fr. en remboursement du prêt accordé par
B.________).

C.
Parallèlement à un recours de droit public qui a été rejeté, dans la mesure
de sa recevabilité, par arrêt séparé de ce jour, X.________ SA (la
défenderesse) interjette un recours en réforme au Tribunal fédéral. Elle
conclut à la réforme de la décision attaquée en ce sens qu'il lui est donné
acte de ce qu'elle reconnaît devoir à A.________ la somme de 2'938 fr. 80
brut avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er mai 2002 ainsi que de 6'060 fr. 65
net avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er mai 2002 et qu'elle est condamnée au
paiement en tant que besoin, qu'elle est autorisée à compenser les montants
dus avec sa propre créance en remboursement du prêt de 10'000 fr. et que le
demandeur est débouté de toutes autres ou contraires conclusions, sous suite
de frais et dépens.

A. ________ (le demandeur) propose le rejet du recours principal et forme un
recours joint dans lequel il conclut à la réforme de l'arrêt entrepris en ce
sens que le montant cumulé de l'indemnité pour tort moral et de l'indemnité
pour licenciement abusif est fixé à 66'960 fr. net plus intérêt à 5 % l'an
dès le 1er août 2001, le tout avec suite de dépens.

X. ________ SA propose le rejet du recours joint, sous suite de frais et
dépens.

Le Tribunal fédéral considère en droit:

1.
1.1 Interjeté par la défenderesse, qui a été partiellement déboutée de ses
conclusions, et dirigé contre un jugement final rendu en dernière instance
cantonale par un tribunal supérieur (art. 48 al. 1 OJ), sur une contestation
civile dont la valeur litigieuse atteint le seuil de 8'000 fr. (art. 46 OJ),
le recours en réforme soumis à l'examen du Tribunal fédéral est en principe
recevable, puisqu'il a été déposé en temps utile compte tenu des féries (art.
34 al. 1 let. b et 54 al. 1 OJ) et dans les formes requises (art. 55 OJ). Il
en va de même du recours joint (art. 59 al. 2 et 3 OJ), déposé dans le délai
de réponse (art. 59 al. 1 OJ) par le demandeur, qui a partiellement succombé
dans ses conclusions condamnatoires.

1.2 Le recours en réforme est ouvert pour violation du droit fédéral (art. 43
al. 1 OJ). En revanche, il ne permet pas de se plaindre de la violation
directe d'un droit de rang constitutionnel (art. 43 al. 1 2e phrase OJ), ni
de la violation du droit cantonal (art. 55 al. 1 let. c OJ; ATF 127 III 248
consid. 2c p. 252). Saisi d'un tel recours, le Tribunal fédéral conduit son
raisonnement juridique sur la base des faits contenus dans la décision
attaquée, à moins que des dispositions fédérales en matière de preuve n'aient
été violées, qu'il faille rectifier des constatations reposant sur une
inadvertance manifeste (art. 63 al. 2 OJ) ou compléter les constatations de
l'autorité cantonale parce que celle-ci n'a pas tenu compte de faits
pertinents, régulièrement allégués et clairement établis (art. 64 OJ).
Dans la mesure où une partie recourante présente un état de fait qui s'écarte
de celui contenu dans la décision attaquée, sans se prévaloir avec précision
de l'une des exceptions qui viennent d'être rappelées, il n'est pas possible
d'en tenir compte (ATF 130 III 102 consid. 2.2 p. 106, 136 consid. 1.4). Il
ne peut être présenté de griefs contre les constatations de fait, ni de faits
ou de moyens de preuve nouveaux (art. 55 al. 1 let. c OJ). Le recours en
réforme n'est pas ouvert pour remettre en cause l'appréciation des preuves et
les constatations de fait qui en découlent (ATF 130 III 136 consid. 1.4; 129
III 618 consid. 3).

1.3 Au surplus, la juridiction de réforme ne peut aller au-delà des
conclusions des parties; en revanche, elle n'est liée ni par les motifs
développés par celles-ci (art. 63 al. 1 OJ; ATF 130 III 136 consid. 1.4; 128
III 411 consid. 3.2.2 p. 415), ni par l'argumentation juridique adoptée par
la cour cantonale (art. 63 al. 3 OJ; ATF 130 III 136 consid. 1.4; 128 III 22
consid. 2e/cc p. 29).

2.
En premier lieu, la défenderesse reproche aux précédents juges d'avoir violé
les art. 328 CO et 8 CC en admettant que le demandeur avait été victime de
mobbing.

2.1 Le harcèlement psychologique, appelé aussi mobbing, se définit comme un
enchaînement de propos et/ou d'agissements hostiles, répétés fréquemment
pendant une période assez longue, par lesquels un ou plusieurs individus
cherchent à isoler, à marginaliser, voire à exclure une personne sur son lieu
de travail (arrêt 2P.57 et 58/2005 du 11 août 2005, consid. 6.2.1;
4C.109/2005 du 31 mai 2005, consid. 4). La victime est souvent placée dans
une situation où chaque acte pris individuellement, auquel un témoin a pu
assister, peut éventuellement être considéré comme supportable alors que
l'ensemble des agissements constitue une déstabilisation de la personnalité,
poussée jusqu'à l'élimination professionnelle de la personne visée (arrêt
2P.57 et 58/2005 du 11 août 2005, consid. 6.2.1; 4C.109/2005 du 31 mai 2005,
consid. 4). Il n'y a toutefois pas harcèlement psychologique du seul fait
qu'un conflit existe dans les relations professionnelles, ni d'une mauvaise
ambiance de travail, ni du fait qu'un membre du personnel serait invité -
même de façon pressante, répétée, au besoin sous la menace de sanctions
disciplinaires ou d'une procédure de licenciement - à se conformer à ses
obligations résultant du rapport de travail, ou encore du fait qu'un
supérieur hiérarchique n'aurait pas satisfait pleinement et toujours aux
devoirs qui lui incombent à l'égard de ses collaboratrices et collaborateurs.
Il résulte des particularités du mobbing que ce dernier est généralement
difficile à prouver, si bien qu'il faut éventuellement admettre son existence
sur la base d'un faisceau d'indices convergents, mais aussi garder à l'esprit
qu'il peut n'être qu'imaginaire ou même être allégué abusivement pour tenter
de se protéger contre des remarques et mesures pourtant justifiées (arrêt
2P.57 et 58/2005 du 11 août 2005, consid. 6.2.1; 4C.109/2005 du 31 mai 2005,
consid. 4).

En droit privé, les actes de mobbing sont prohibés par l'art. 328 al. 1 CO
(arrêt 2P.57 et 58/2005 du 11 août 2005, consid. 6.2.1; 4C.109/2005 du 31 mai
2005, consid. 4), qui dispose que l'employeur protège et respecte, dans les
rapports de travail, la personnalité du travailleur; il manifeste les égards
voulus pour sa santé et veille au maintien de la moralité. En particulier, il
veille à ce que les travailleurs ne soient pas harcelés sexuellement et
qu'ils ne soient pas, le cas échéant, désavantagés en raison de tels actes.
L'employeur qui n'empêche pas que son employé subisse un mobbing contrevient
à l'art. 328 CO (ATF 125 III 70 consid. 2a p. 73; plus récemment arrêt 2P.57
et 58/2005 du 11 août 2005, consid. 6.2.1; 4C.343/2003 du 13 octobre 2004,
consid. 3.1).
2.2 Le salarié victime d'une atteinte à sa personnalité contraire à l'art.
328 al. 1 CO du fait de son employeur ou des auxiliaires de celui-ci peut
prétendre à une indemnité pour tort moral aux conditions fixées par l'art. 49
al. 1 CO (art. 97 al. 1, 101 al. 1 et 99 al. 3 CO; ATF 130 III 699 consid.
5.1 p. 704; ATF 125 III 70 consid. 3a p. 74). Cette disposition prévoit que
celui qui subit une atteinte illicite à sa personnalité a droit à une somme
d'argent à titre de réparation morale, pour autant que la gravité de
l'atteinte le justifie et que l'auteur ne lui ait pas donné satisfaction
autrement. L'ampleur de la réparation morale dépend avant tout de la gravité
des souffrances physiques ou psychiques consécutives à l'atteinte subie par
la victime et de la possibilité d'adoucir sensiblement, par le versement
d'une somme d'argent, la douleur morale qui en résulte (ATF 130 III 699
consid. 5.1 p. 704; 129 IV 22 consid. 7.2 p. 36). N'importe quelle atteinte
légère à la réputation professionnelle, économique ou sociale d'une personne
ne justifie pas une réparation (ATF 130 III 699 consid. 5.1 p. 704; 125 III
70 consid. 3a p. 75). En raison de sa nature, l'indemnité pour tort moral,
qui est destinée à réparer un dommage qui ne peut que difficilement être
réduit à une simple somme d'argent, échappe à toute fixation selon des
critères mathématiques, de sorte que son évaluation en chiffres ne saurait
excéder certaines limites; l'indemnité allouée doit toutefois être équitable
(ATF 130 III 699 consid. 5.1 p. 704 s.; 129 IV 22 consid. 7.2 p. 36).

La fixation de l'indemnité pour tort moral est une question d'application du
droit fédéral, que le Tribunal fédéral examine donc librement. Dans la mesure
où celle-ci relève pour une part importante de l'appréciation des
circonstances, le Tribunal fédéral intervient avec retenue, notamment si
l'autorité cantonale a mésusé de son pouvoir d'appréciation en se fondant sur
des considérations étrangères à la disposition applicable, en omettant de
tenir compte d'éléments pertinents ou encore en fixant une indemnité
inéquitable parce que manifestement trop faible ou trop élevée; cependant,
comme il s'agit d'une question d'équité - et non pas d'une question
d'appréciation au sens strict, qui limiterait son pouvoir d'examen à l'abus
ou à l'excès du pouvoir d'appréciation -, le Tribunal fédéral examine
librement si la somme allouée tient suffisamment compte de la gravité de
l'atteinte ou si elle est disproportionnée par rapport à l'intensité des
souffrances morales causées à la victime (ATF 130 III 699 consid. 5.1 p. 705;
129 IV 22 consid. 7.2 p. 37).

S'agissant du montant alloué en réparation du tort moral, toute comparaison
avec d'autres affaires doit intervenir avec prudence, puisque le tort moral
touche aux sentiments d'une personne déterminée dans une situation donnée et
que chacun réagit différemment face au malheur qui le frappe. Cela étant, une
comparaison n'est pas dépourvue d'intérêt et peut être, suivant les
circonstances, un élément utile d'orientation (ATF 130 III 699 consid. 5.1 p.
705).

2.3 En l'occurrence, la cour cantonale a retenu que les témoignages
convergents recueillis, émanant en particulier de cadres de l'hôtel en
contact direct avec le demandeur, démontraient à satisfaction de droit que
celui-ci avait été l'objet, au fil des mois, d'un harcèlement de la part de
l'administrateur de la défenderesse. Même si le directeur devait rendre
compte de sa gestion, l'administrateur intervenait quotidiennement dans
celle-ci, s'opposait à des projets ou à des décisions prises, et privait en
définitive le directeur de toute initiative, le confinant à un rôle de simple
exécutant.

L'administrateur était certes une personne expérimentés dans le secteur
touristique et exigeante, qui entendait suivre étroitement l'exploitation de
l'établissement, propriété familiale. Les chiffres d'affaires et les
résultats économiques paraissaient également avoir été décevants durant la
période considérée, en 2000-2001, ce qui pouvait néanmoins s'expliquer par la
conjoncture défavorable et par les travaux de rénovation entrepris, terminés
au moment de l'entrée en fonction du demandeur.

Les interventions et les pressions psychologiques répétées n'en avaient pas
moins dépassé la limite de l'admissible, comme l'avaient retenu avec raison
les premiers juges.

La défenderesse invoquait en vain les avantages financiers consentis au
directeur, sous forme d'un prêt personnel de 10'000 fr. puis de trois
"avances sur prime selon contrat". Les avantages en question avaient certes
été accordés, mais ne permettaient pas pour autant de retenir que les
rapports de travail étaient restés harmonieux et que l'administrateur s'était
montré bienveillant envers le demandeur. Ils avaient au contraire
probablement eu pour effet d'accroître le sentiment de dépendance économique
de l'employé vis-à-vis de son employeur.

Déstabilisé, l'employé avait dû être hospitalisé durant un mois à son retour
de vacances en juin 2001. L'incapacité totale de travail s'était prolongée
jusqu'au 28 février 2002, puis à 50 % durant deux à trois mois. Les deux
médecins traitants entendus avaient confirmé le lien de causalité très
vraisemblable entre les symptômes constatés et les pressions ainsi que les
critiques que l'employé indiquait avoir subies, conclusions qui
apparaissaient convaincantes.

Les premiers juges avaient estimé que le harcèlement, sous forme de petites
tracasseries et d'innombrables appels téléphoniques, était certes évident,
mais qu'il n'avait pas atteint l'intensité d'autres cas particulièrement
graves ayant conduit à l'allocation d'indemnités élevées, allant jusqu'à
20'000 fr.

La cour cantonale a rappelé pour le surplus qu'au printemps 1999, dans le
cadre de son précédent emploi, le demandeur avait déjà été affecté par un
surmenage et une dépression. Même si le psychiatre qui avait suivi le
demandeur à la clinique avait considéré que son patient n'avait pas un profil
particulièrement fragile, l'épisode permettait de retenir qu'il était exposé
à des rechutes de même nature. Or, la prédisposition constitutionnelle
pouvait justifier une réduction de l'indemnité allouée.

La réparation du dommage à raison du harcèlement, fixée à 5'000 fr. par les
premiers juges, paraissait adéquate.

2.4 En substance, la défenderesse soutient que les "tracasseries" évoquées
par les juges cantonaux ne peuvent être constitutives de "harcèlement" au
sens où l'entend la jurisprudence. Aucun comportement analogue à une mise à
l'écart, à des pressions destinées à faire démissionner l'employé, à des
directives reflétant un autoritarisme déplacé, dur, injuste, blessant,
rabaissant et vexatoire, et aucune hostilité n'auraient été constatés en
l'espèce. Les témoignages sur lesquels la cour cantonale s'était basée
avaient également démontré que l'administrateur avait les mêmes exigences à
l'égard de tous les cadres de l'hôtel et qu'il ne pouvait en conséquence être
question d'un comportement visant uniquement une personne en vue de la mettre
à l'écart au sens de la définition du mobbing. Le constat selon lequel "la
nature du harcèlement, certes réel mais ne reposant pas sur des procédés
particulièrement critiquables", serait incompatible avec la notion de
mobbing. En définitive, la cour cantonale se serait uniquement fondée sur
l'état de santé du demandeur pour considérer que celui-ci ne pouvait être que
le résultat d'un acte de mobbing préalable, et ce en dépit de la "relative
fragilité psychologique" du demandeur. La cour cantonale aurait donc procédé
à une appréciation juridique erronée du comportement de son administrateur en
le qualifiant de mobbing au sens de l'art. 328 CO, respectivement violé
l'art. 8 CC en retenant l'existence de mobbing en l'absence même d'un
faisceau d'indices convergents suffisants.

Quoi qu'en dise la défenderesse, dans une argumentation largement
appellatoire qui n'a pas sa place dans un recours en réforme, l'on ne voit
pas que, sur la base de l'état de fait souverain, les juges cantonaux aient
violé le droit fédéral en admettant que le demandeur avait été victime de
mobbing. Force est par ailleurs d'admettre que, sous le couvert de l'art. 8
CC, la défenderesse s'en prend en réalité derechef à l'appréciation des
preuves, grief qui relève du recours de droit public (cf. ATF 127 III 519
consid. 2a p. 522).

2.5 La défenderesse ne critique pas, dans une motivation subsidiaire, le
montant de l'indemnité qu'elle a été condamnée à verser au demandeur du fait
du mobbing. En revanche, celui-ci soutient, dans son recours joint, que la
cour cantonale a mésusé de son pouvoir d'appréciation en fixant à 5'000 fr.
la somme en question, qui devrait selon lui être portée à 30'000 fr. En bref,
il relève la durée et la fréquence des actes de mobbing dont il a été victime
ainsi que les conséquences que ceux-ci ont eu sur sa santé - consommation de
boissons alcoolisées, hospitalisation, incapacité de travail - et sa carrière
- changement complet d'orientation professionnelle, soit passage d'une vie
entièrement consacrée à l'hôtellerie en qualité de cadre supérieur dirigeant
à celle de courtier immobilier. Il tient en revanche son hospitalisation de
1999 pour peu pertinente, dès lors que son médecin traitant avait clairement
considéré qu'il n'avait pas un profil particulièrement fragile. A cet égard,
la cour cantonale se confinait dans une mauvaise appréciation des preuves en
admettant l'exposition possible à des rechutes de même nature, soit une
prédisposition constitutionnelle pouvant justifier une réduction de
l'indemnité allouée en application de l'art. 44 CO.

En tant que le demandeur critique l'appréciation des preuves, son grief est
irrecevable dans la procédure du recours en réforme. Pour le surplus, son
argumentation largement appellatoire n'est pas pertinente. Il apparaît en
effet que la cour cantonale a correctement tenu compte de tous les éléments
déterminants pour fixer le montant de l'indemnité pour tort moral allouée au
demandeur. C'est d'ailleurs le lieu de rappeler que, dans certains cas
particuliers, il convient de se montrer restrictif dans la réparation du tort
moral lorsque le salarié touche déjà une indemnité pour licenciement abusif
(arrêt 4C.116/2004 du 7 septembre 2004, consid. 3 non publié aux ATF 130 III
699; arrêt 4C.310/1998 du 8 janvier 1999, publié in SJ 1999 I p. 277, consid.
4a), ce qui est le cas dans la présente cause (cf. consid. 3). Il s'ensuit
que l'allocation d'un montant de 5'000 fr., équitable au regard de l'ensemble
des circonstances et en comparaison avec les autres affaires mentionnées par
le Tribunal des prud'hommes, auquel la cour cantonale s'est référée, doit
être confirmée.

3.
Partant de l'hypothèse de l'absence de mobbing, la défenderesse expose que le
principe même d'un licenciement abusif au sens de l'art. 336 al. 1 let. a CO
ne peut être retenu. A titre subsidiaire, elle plaide que l'art. 336 al. 1
let. a CO ne serait pas applicable en l'espèce.

3.1 Aux termes de l'art. 336 al. 1 let. a CO, le congé est abusif lorsqu'il
est donné par une partie pour une raison inhérente à la personnalité de
l'autre partie, à moins que cette raison n'ait un lien avec le rapport de
travail ou ne porte sur un point essentiel un préjudice grave au travail dans
l'entreprise. Cette disposition vise le congé discriminatoire, fondé par
exemple sur la race, la nationalité, l'âge, l'homosexualité, les antécédents
judiciaires, la maladie ou encore la séropositivité, ainsi que la religion.
L'application de l'art. 336 al. 1 let. a CO suppose premièrement que le congé
ait été donné pour un motif inhérent à la personnalité et, deuxièmement, que
ce motif n'ait pas de lien avec le rapport de travail ou ne porte pas sur un
point essentiel un préjudice grave au travail dans l'entreprise (ATF 130 III
699 consid. 4.1 p. 701 s.; 127 III 86 consid. 2a).

3.2 Qu'il y ait mobbing n'implique pas automatiquement que le congé donné au
travailleur est abusif et il faut examiner les conséquences du mobbing. S'il
a provoqué chez le travailleur une baisse de rendement ou une période de
maladie, l'employeur ne peut pas en tirer argument pour résilier, parce que
cela reviendrait à invoquer ses propres fautes (absence de mesures efficaces
contre le mobbing) pour en tirer avantage au détriment du travailleur, ce qui
est contraire à la bonne foi (cf. ATF 125 III 70 consid. 2a p. 72 s.; dans le
même sens, cf. également jugement du Tribunal des prud'hommes du canton de
Genève du 21 novembre 1991, publié in JAR 1992 p. 166, consid. 4c p. 171;
Zoss, La résiliation abusive du contrat de travail, thèse Lausanne 1997, p.
167 s.; Brühwiler, Kommentar zum Einzelarbeitsvertrag, 2e éd., Berne 1996, n.
2 ad art. 336 CO, p. 335; Staehelin, Commentaire zurichois, n. 15 ad art. 336
CO).

3.3 La partie qui résilie abusivement le contrat doit verser à l'autre une
indemnité (art. 336a al. 1 CO). Celle-ci est fixée par le juge, compte tenu
de toutes les circonstances; toutefois, elle ne peut dépasser le montant
correspondant à six mois de salaire du travailleur. Sont réservés les
dommages-intérêts qui pourraient être dus à un autre titre (art. 336a al. 2
CO).

L'indemnité prévue à l'art. 336a CO a une double finalité, punitive et
réparatrice, quand bien même elle ne consiste pas en des dommages-intérêts au
sens classique, car elle est due même si la victime ne subit ou ne prouve
aucun dommage; revêtant un caractère sui generis, elle s'apparente à la peine
conventionnelle.

Le juge fixe l'indemnité en équité en fonction de toutes les circonstances
(art. 4 CC); il doit notamment tenir compte de la gravité de la faute de
l'employeur, d'une éventuelle faute concomitante du travailleur, de la
manière dont s'est déroulée la résiliation, de la gravité de l'atteinte à la
personnalité du travailleur licencié, de la durée des rapports de travail, de
leur étroitesse, des effets économiques du licenciement, de l'âge du
travailleur, d'éventuelles difficultés de réinsertion dans la vie économique
et de la situation économique des parties (ATF 123 III 246 consid. 6a p. 255,
391 consid. 3 et les arrêts cités).
Le montant de l'indemnité est fixé librement par le juge; le pouvoir
d'appréciation qui est reconnu de la sorte à l'autorité cantonale conduit le
Tribunal fédéral à ne pas substituer sa propre appréciation à celle de
l'instance inférieure. Il n'interviendra que si la décision s'écarte sans
raison sérieuse des règles établies par la doctrine et la jurisprudence en
matière de libre appréciation ou s'appuie sur des faits qui, en l'occurrence,
ne devaient jouer aucun rôle ou encore ne tient, au contraire, pas compte
d'éléments qui auraient absolument dû être pris en considération; le Tribunal
fédéral sanctionnera, en outre, les décisions rendues en vertu d'un pouvoir
d'appréciation lorsqu'elles aboutissent à un résultat manifestement injuste
ou à une iniquité choquante (ATF 121 III 64 consid. 3c p. 68 s. et les arrêts
cités).

3.4 Dans la présente cause, les précédents juges ont relevé que la
défenderesse avait exposé avoir été contrainte de se séparer de son
directeur, qui n'était durablement plus en mesure d'assumer ses fonctions. Le
motif avancé était bien réel et suffisait donc normalement à légitimer la
dénonciation du contrat. Cependant, en l'espèce, les pressions psychologiques
exercées sur le directeur avaient conduit à son incapacité, de sorte qu'une
indemnité pouvait bien être réclamée en application de l'art. 336a CO.

Vu les circonstances du cas, notamment de la nature du harcèlement, certes
réel mais ne reposant pas sur des procédés particulièrement critiquables, de
la relative fragilité psychologique du demandeur, des motifs en partie
légitimes du licenciement tenant à l'impossibilité durable du directeur
d'assumer ses fonctions et, enfin, du temps assez court durant lequel il
avait assumé la gestion de l'hôtel (un peu plus d'un an), l'indemnité allouée
conformément à l'art. 336a CO a été arrêtée à 9'250 fr., soit l'équivalent
arrondi d'un mois de salaire.

3.5 La défenderesse considère que le licenciement de la personne malade à
cause du mobbing exercé ne serait que l'aboutissement de cette démarche et
que le prétexte de la maladie devait alors être considéré comme abusif. En
l'espèce, toutefois, la cour cantonale n'aurait pas retenu de volonté de mise
à l'écart ou d'exclusion. Au contraire, elle aurait reconnu son intérêt
légitime de procéder au licenciement du demandeur en raison de l'absence
durable de celui-ci, et de la nécessité de pouvoir assurer une gestion
effective de l'hôtel. Enfin, elle aurait rappelé que ses "procédés" n'étaient
pas particulièrement critiquables. Il n'y avait donc pas de place pour la
notion d'abus dans son comportement.

L'argumentation de la défenderesse est vaine. Dans la mesure où l'existence
d'un mobbing a été admise et compte tenu de la jurisprudence susmentionnée
(cf. consid. 3.2), la cour cantonale n'a pas violé le droit fédéral en
retenant le caractère abusif du licenciement litigieux.

3.6 La défenderesse ne remet pas en cause, à titre subsidiaire, le montant de
l'indemnité qu'elle a été condamnée à payer au demandeur du fait du
licenciement abusif. Par contre, dans son recours joint, celui-ci soutient
derechef que la cour cantonale a commis une erreur d'appréciation en fixant
la somme allouée à l'équivalent arrondi d'un mois de salaire, alors qu'elle
aurait selon lui dû être arrêtée à l'équivalent de quatre mois de salaire,
soit 36'960 fr. En substance, il renvoie aux éléments d'appréciation qu'il a
mis en avant dans son argumentation relative à l'indemnité pour tort moral et
observe par ailleurs le caractère choquant du comportement de la défenderesse
consistant en le licencier après lui avoir fait subir des actes de mobbing,
la capacité financière de la défenderesse, la qualité de son travail de
directeur et son absence de faute.

Quoi qu'en dise le demandeur, l'on ne voit pas en quoi la cour cantonale
aurait abusé du large pouvoir d'appréciation dont elle dispose dans la
fixation de l'indemnité. Elle a au contraire fondé sa décision sur des
éléments pertinents et arrêté un montant adéquat compte tenu de l'ensemble
des circonstances. Le montant de l'indemnité de 9'250 fr. ne prête ainsi pas
le flanc à la critique.

En définitive, le montant cumulé de l'indemnité pour tort moral à raison du
mobbing et de celle pour licenciement abusif, fixé par les précédents juges à
14'250 fr. - et non 14'240 fr. comme mentionné par erreur de plume dans le
dispositif de l'arrêt entrepris - doit donc être confirmé.

4.
La défenderesse soutient ensuite que la cour cantonale aurait violé les art.
329 CO et 8 CC en retenant que le demandeur avait travaillé pratiquement sans
aucune interruption du 15 mars au 24 avril et du 1er juin au dimanche 10
septembre 2000, puis du 23 décembre 2000 au 16 avril 2001 et enfin le samedi
2 juin 2001 et qu'il avait pour le surplus droit à deux jours de congé par
semaine, sans que cette déduction ne résulte d'un quelconque élément du
dossier. Même si tel était le cas, le demandeur avait selon elle la
possibilité, qui n'était pas limitée à la seule basse saison, de s'organiser
pour "prendre les compensations en jours nécessaires" et il aurait échoué
dans la preuve qu'il n'avait pas pu compenser.
En tant que la défenderesse s'en prend à la détermination de la période
pendant laquelle la cour cantonale a considéré que le demandeur avait
travaillé sans compensation durant les jours de repos, sa critique porte sur
l'appréciation des preuves et n'a pas sa place dans un recours en réforme.

Cela étant, la cour cantonale n'a pas expressément précisé le nombre de jours
de congé hebdomadaires auxquels le demandeur avait droit. D'un côté, le fait
qu'elle mentionne le samedi 2 juin 2001 comme faisant partie des périodes
déterminantes, qu'elle fasse état des "week-ends - samedi et/ou dimanche"
travaillés et qu'elle parvienne à un total de quarante-cinq jours et demi à
compenser, dont vingt-quatre sont des dimanches et dont le solde ne saurait
vraisemblablement correspondre uniquement à des jours fériés, porte à croire
qu'elle a considéré qu'ils étaient au nombre de deux, soit les samedis et les
dimanches. D'un autre côté, l'on constate que les précédents juges se sont
implicitement référés au raisonnement tenu par le Tribunal des prud'hommes
pour déterminer la rémunération quotidienne du demandeur, fixée à 352 fr. 80.
Or, à cet égard, les premiers juges - après avoir rappelé que selon l'art. 18
LTr. a contrario, une semaine de travail pouvait comprendre six jours - ont
retenu que les parties n'avaient pas expressément précisé la durée et le
nombre de jours de travail à effectuer par le demandeur, que les enquêtes
avaient prouvé que celui-ci travaillait en tout cas six jours par semaine et
que compte tenu de sa position de directeur et de son salaire, un horaire de
six jours par semaine devait être retenu.

L'arrêt entrepris apparaît ainsi particulièrement peu clair sur ce point.
Quoi qu'il en soit, l'analyse faite par le Tribunal des prud'hommes qui, en
l'absence de clause spécifique et faute d'avoir pu déterminer la commune et
réelle intention des parties, a interprété le contrat de travail en
application du principe de la confiance, est pertinente. Dans la mesure où,
en contradiction avec le nombre de jours de congé hebdomadaires ainsi fixé à
six, la cour cantonale a effectué ses calculs sur la base d'une semaine de
cinq jours de travail, sa décision consacre une mauvaise application du
principe de la confiance, question qui doit être critiquée dans le cadre d'un
recours en réforme (ATF 131 III 268 consid. 5.1.3 p. 176; 130 III 417 consid.
3.2 p. 425). Dès lors que l'arrêt entrepris ne permet pas de déterminer quels
sont les jours exacts retenus à titre de samedis et de jours fériés, la Cour
de céans n'est toutefois pas en mesure de réformer elle-même la décision
entreprise en retranchant les jours indûment pris en considération, raison
pour laquelle il se justifie de renvoyer la cause à l'autorité cantonale pour
nouvelle décision dans le sens des considérants, en vertu de l'art. 64 al. 1
OJ. C'est le lieu de relever encore que le calcul des juges cantonaux
comporte une erreur de plume, en ce sens que le montant de l'indemnité pour
chaque dimanche travaillé, rémunéré à 150 %, s'élève à (1.5 x 352 fr. 80 = )
529 fr. 20 et non 592 fr. 20. La cour cantonale a par ailleurs omis de tenir
compte d'un demi jour dans son calcul, qui ne porte en définitive que sur
quarante-cinq jours.

5.
La défenderesse critique ensuite le raisonnement tenu par la cour cantonale
au sujet des "avances faites au demandeur", selon elle en violation des art.
322a et 323 al. 4 CO, 81 CO ainsi que 67 et 127 ss CO.

5.1 Sur ce point, la cour cantonale a rappelé qu'à teneur du contrat, le
directeur devait recevoir un "intéressement" de 2,5 % sur le chiffre
d'affaires total de l'hôtel qui dépasserait le budget net, à la condition que
le "Gross Operating Profit" soit égal à 25 % au minimum, inclus salaires et
frais directeurs". Un pourcentage de 5 % avait été promis aux mêmes
conditions si le chiffre d'affaires atteignait 2'700'000 fr. De l'avis des
premiers juges, ni l'une ni l'autre de ces hypothèses ne s'était réalisée.

S'agissant de l'intéressement de 2,5 %, les juges cantonaux ont relevé
qu'aucun budget établi au moment de la conclusion du contrat de travail
n'avait été communiqué, alors qu'un tel document aurait logiquement dû être
préparé à ce moment, puisqu'il servait à définir les conditions de la
rémunération. La défenderesse s'était contentée de produire en vrac des
pièces comptables, dont deux budgets datant de la fin août 2000, puis de
février 2001. Aucune explication n'avait été donnée permettant de comprendre
cette lacune. On savait en revanche que le directeur avait dû refaire
plusieurs fois des budgets, sur ordre de l'administrateur de la défenderesse.
Pour le surplus, à la lecture des comptes de résultats pour 2000 et 2001, on
pouvait certes concevoir que le "GOP" conventionnellement prévu n'avait pas
atteint 25 %, mais pour autant que le pourcentage en question se réfère au
chiffre d'affaires, ce que le contrat de travail ne précisait pas à tout le
moins clairement. Déjà à ce niveau, l'argumentation de l'employeur se
révélait donc fragile.
La décision prise le 24 septembre 2001 d'opérer des déductions sur le salaire
du directeur, de manière à obtenir le remboursement des trois "avances",
était également critiquable.
Dans le cas d'espèce, les trois sommes de 10'000 fr. avaient été mentionnées
comme étant des avances sur la prime d'intéressement promise selon le contrat
de travail. L'employé n'avait à l'époque pas réagi, de sorte que le vocable
utilisé paraissait correspondre à première vue à la volonté commune des
parties. L'administrateur de la défenderesse avait rappelé durant
l'instruction de la cause les motifs avancés par le demandeur pour recevoir
ces fonds, liés aux obligations financières qui lui incombaient envers son
ex-épouse et ses enfants. Il n'avait cependant pas été démontré que
l'intéressé s'était véritablement trouvé dans le besoin au sens de l'art. 323
al. 4 CO et l'on devait donc plutôt retenir que les versements avaient été
effectués sur la base de l'art. 81 CO.

Cependant, l'employeur n'était en tous les cas pas habilité à réclamer la
restitution des deux avances de 10'000 fr. datant des 21 septembre 2000 et 4
janvier 2001, consenties à l'évidence en fonction des résultats de l'exercice
clos le 31 décembre 2000. La participation du directeur pour cette année
devait être versée le 30 juin 2001 au plus tard, selon l'art. 323 al. 3 CO.
Or, la défenderesse n'avait pas réagi avant cette date, en objectant que les
objectifs économiques définis par le contrat de travail pour l'année 2000
n'auraient pas été atteints.

Restait l'"avance" de 10'000 fr. consentie le 3 mars 2001. L'instruction de
la cause avait démontré que l'administrateur de la défenderesse contrôlait
étroitement l'activité du directeur et la gestion de l'hôtel. Un témoin avait
rappelé qu'un directeur pouvait être amené à adresser quotidiennement des
comptes aux investisseurs, exigence qu'il avait considérée comme normale.
Tout donnait ainsi à penser que l'administrateur disposait de comptes
d'exploitation de l'hôtel en tous les cas pour le mois de janvier et
peut-être de février 2001, lorsqu'il avait accepté de verser la troisième
"avance". Aucune réserve n'avait en outre été exprimée durant les semaines
qui avaient suivi, dénonçant le fait que le chiffre d'affaires ou le GOP pour
la saison d'hiver 2001 n'aurait pas été réalisé. On devait ainsi à nouveau
admettre que la défenderesse avait payé le troisième montant de 10'000 fr. en
choisissant en connaissance de cause d'exécuter son obligation par
anticipation conformément à l'art. 81 CO et en estimant que la prime convenue
était due. Sa première réaction pour en obtenir le remboursement, le 27
septembre 2001, apparaissait en tout état tardive.

5.2 En substance, la défenderesse relève, concernant les doutes émis par la
cour cantonale sur le point de savoir si les conditions à l'intéressement
telles que prévues par le contrat étaient réalisées, que le demandeur
n'aurait jamais prétendu que tel était le cas ni élevé aucune prétention à ce
titre, mais aurait affirmé en cours de procédure que ces "avances" faisaient
partie de son salaire. Elle estime ensuite que les précédents juges se
seraient fondés sur des dispositions qui ne seraient pas applicables au cas
d'espèce, l'art. 322a CO concernant des participations non conditionnelles au
chiffre d'affaires et l'art. 323 al. 4 CO ayant trait aux avances faites à
l'employé dans le besoin pour un travail effectué mais pour des
participations qui ne sont pas encore exigibles. Elle critique en outre
l'interprétation faite par la cour cantonale de la volonté divergente des
parties, compte tenu notamment du libellé du contrat et des avis de transfert
des trois avances de 10'000 fr. chacune. Elle reproche enfin à celle-ci
d'avoir violé les art. 67 et 127 ss CO en considérant que même si les avances
n'avaient pas été faites au titre de l'art. 81 CO, la défenderesse n'était
pas en droit de réclamer la restitution des prêts ou avances consentis, pour
ne pas avoir agi à temps.

5.3 Dans l'arrêt rendu sur le recours de droit public également déposé par la
défenderesse, il a été déterminé que, dans la mesure où les parties
divergeaient sur la nature des trois montants de 10'000 fr. que la
défenderesse avait versés au demandeur, la cour cantonale ne pouvait que
s'être livrée à une interprétation selon le principe de la confiance que le
Tribunal fédéral, saisi d'un recours en réforme, peut examiner librement (ATF
131 III 217 consid. 3 p. 219, 268 consid. 5.1.3 p. 176, 606 consid. 4.1 p.
611). Il convient de rappeler que cette théorie commande de rechercher
comment une déclaration ou une attitude pouvait être comprise de bonne foi en
fonction de l'ensemble des circonstances (ATF 131 III 268 consid. 5.1.3 p.
276, 606 consid. 4.1 p. 611; 130 III 417 consid. 3.2 p. 424).

5.4 En l'espèce, le contrat contenait une clause relative à la participation
de l'employé au résultat de l'entreprise. Il ne prévoyait en revanche pas le
paiement d'avances sur celle-ci, mais rien n'empêchait l'employeur d'en
verser néanmoins. En l'occurrence, l'instruction n'a pas permis d'établir que
le demandeur était dans le besoin, de sorte que l'application de l'art. 323
al. 4 CO n'entre pas en ligne de compte, l'art. 81 CO relatif à l'exécution
anticipée des obligations trouvant par contre application. Les ordres de
paiement des trois sommes de 10'000 fr. chacune mentionnaient "avance sur
intéressement futur", respectivement "sur prime selon contrat", ce qui porte
à croire que les avances ainsi concédées avaient trait à ladite
participation. Le demandeur donne d'ailleurs l'impression de l'avoir compris
de la sorte, puisque ce n'est qu'au cours de la procédure d'appel qu'il a
soutenu qu'en sus de son salaire de 7'692 fr. payable treize fois l'an et du
défraiement confidentiel forfaitaire de 10'000 fr. pour les frais, sa
rémunération comprenait une prime annuelle garantie qu'il a tout d'abord
évoquée comme étant de 42'000 fr., avant de mentionner une rétribution de
140'000 fr. par an, calculée en fonction des trois "avances" de 10'000 fr.
Les trois montants de 10'000 fr. ne sauraient dès lors être considérés comme
du salaire, mais bien plutôt comme des avances sur la participation au
résultat prévue dans le contrat.

5.5 Cela étant, la cour cantonale a en substance considéré que la
défenderesse, qui avait tardé à faire valoir que les objectifs auxquels était
conditionné le versement d'une participation n'étaient pas atteints, était
réputée avoir estimé que la prime convenue était due et était par conséquent
redevable de la somme de 30'000 fr.

La question litigieuse est dès lors celle de savoir si la défenderesse était
déchue de son droit de demander le remboursement d'avances selon elle versées
à tort et non, comme le soutient celle-ci en invoquant les art. 67 et 127 CO,
celle de la prescription de sa créance.

Selon la jurisprudence rendue en matière de créance en dommages-intérêts de
l'employeur, la loi ne contient aucune règle relative à la péremption de
celle-ci du fait qu'elle n'aurait pas été invoquée ou réservée avant
l'expiration des relations de travail; aussi, une renonciation de l'employeur
à sa créance ne peut-elle être admise que si, en application des principes
généraux sur la formation des contrats, l'attitude des parties, interprétée
selon le principe de la confiance, peut être comprise dans le cas particulier
comme une remise de dette conventionnelle (art. 115 CO); dans le cadre du
contrat de travail, les partenaires se doivent des égards réciproques, au
respect desquels ils peuvent s'attendre l'un et l'autre. Aussi le travailleur
qui arrive au terme de son contrat peut-il compter que, si l'employeur a des
prétentions connues - dans leur quotité ou leur principe - à faire valoir
contre lui, il le lui fera connaître avant d'accomplir les actes accompagnant
la fin des relations de travail; en règle générale, le silence de l'employeur
à ce sujet peut être compris par le travailleur comme une renonciation à une
telle prétention, exprimée par actes concluants; l'acceptation d'une telle
offre par le travailleur se présume (art. 6 CO). En revanche, le silence de
l'employeur ne saurait impliquer la renonciation à des créances dont il n'a
pas encore connaissance, du moins dans leur principe; ce silence n'est pas
non plus décisif quand l'employeur n'a pas la possibilité de manifester son
intention au travailleur avant la fin des rapports de travail; le fardeau de
la preuve des faits permettant d'admettre une renonciation appartient au
débiteur - soit au travailleur -, dès lors qu'il s'agit d'une cause
d'extinction de l'obligation (art. 8 CC; ATF 110 II 344 consid. 2b p. 345 s.
et les références citées; plus récemment, cf. également arrêt 4C.146/2003 du
28 août 2003, consid. 6.2 et les références citées).

En ce sens, l'on ne voit pas que, sur la base de l'état de fait déterminant,
la cour cantonale ait violé le droit fédéral en retenant que la défenderesse
était redevable envers le demandeur de la somme nette de 30'000 fr. En effet,
la participation au résultat pour l'année 2000, pour laquelle ont été
effectuées les avances des 21 septembre 2000 et 4 janvier 2001, était
exigible au plus tard à la fin du mois de juin 2001. Depuis lors, la
défenderesse était nécessairement fixée sur les résultats de l'exercice de
2000 et, faute d'avoir fait valoir envers le demandeur une quelconque
prétention en restitution, elle est réputée y avoir renoncé. Pour le surplus,
l'on ignore à quel moment les résultats de l'entreprise pour 2001 - à
supposer encore que l'avance consentie le 3 mars 2001 l'ait effectivement été
pour cet exercice et non également pour le précédent - ont été connus par la
défenderesse. Il n'en demeure pas moins que, compte tenu des circonstances
particulières de l'espèce, soit du contrôle constant que l'administrateur
président de celle-ci exerçait sur le travail du demandeur et sur les
résultats obtenus, l'on peut raisonnablement admettre qu'en procédant à la
troisième avance et en n'élevant aucune prétention contre son employé avant
le mois de septembre 2001 - soit, curieusement, une quinzaine de jours après
lui avoir signifié la résiliation de son contrat de travail -, la
défenderesse ait considéré que le troisième montant de 10'000 fr. était
également définitivement acquis au demandeur.

Il s'ensuit que l'arrêt entrepris doit être confirmé sur ce point, y compris
la déduction, de la somme de 30'000 fr., du montant de 10'000 fr. à titre de
remboursement du prêt personnel octroyé au demandeur, qui n'est d'ailleurs
pas contestée.

6.
Invoquant l'art. 339 CO, la défenderesse se plaint encore de ce que la cour
cantonale aurait erré sur la détermination du dies a quo des intérêts
moratoires sur différents postes.

6.1 Conformément aux règles générales du droit des obligations, le débiteur
qui est en demeure pour le paiement d'une somme d'argent doit l'intérêt
moratoire au taux de 5 % l'an (art. 104 al. 1 CO). La demeure suppose entre
autres conditions que la créance soit exigible et, sauf cas spéciaux, que le
créancier ait interpellé le débiteur (cf. art. 102 CO; arrêt 4C.2/2003 du 25
mars 2003, consid. 10.3 et la référence citée).

En droit du travail, l'art. 339 al. 1 CO prévoit qu'à la fin du contrat
toutes les créances qui en découlent deviennent exigibles et certains auteurs
admettent que, lorsque le contrat prend fin par licenciement, le débiteur est
en demeure, sans que le créancier n'ait besoin de l'interpeller (art. 102 al.
2 CO; arrêt 4C.2/2003 du 25 mars 2003, consid. 10.3 et les références
citées).

Il va de soi que l'art. 339 CO ne modifie pas la date d'exigibilité des
créances qui étaient déjà devenues exigibles avant la fin des rapports de
travail (Brunner/Bühler/Waeber/Bruchez, Commentaire du contrat de travail, 3e
éd., Lausanne 2004, n. 1 ad art. 339 CO; cf. également Streiff/von Kaenel,
Arbeitsvertrag, 6e éd., Zurich 2006, n. 2 ad art. 339 CO). En particulier, le
salaire est en principe payé au travailleur à la fin de chaque mois (art. 323
al. 1 CO) et le remboursement des frais a lieu en même temps que le paiement
du salaire (art. 327c al. 1 CO). Ces créances-là portent intérêt dès la fin
du mois où elles sont devenues exigibles (Brunner/Bühler/Waeber/Bruchez,
Commentaire du contrat de travail, 3e éd., Lausanne 2004, n. 1 ad art. 339
CO).

6.2 La défenderesse critique d'abord le point de départ des intérêts
moratoires sur l'indemnité pour licenciement abusif, la cour cantonale ayant
considéré que la somme de 14'250 fr. englobant cette indemnité - qui portait
intérêt dès le 27 octobre 2001 - et celle pour tort moral portait intérêt dès
la date moyenne du 1er août 2001. La défenderesse estime en outre que les
juges cantonaux ont erré en fixant le dies a quo des intérêts moratoires sur
la somme allouée en compensation des jours de congé au 27 octobre 2001, mois
suivant la date du dépôt de la demande. Elle s'en prend enfin au point de
départ des intérêts moratoires sur les montants - qui ne sont par ailleurs
plus contestés - dus à titre de vacances (2'938 fr. 80) et de remboursement
de frais (6'060 fr. 65), que la cour cantonale a également arrêté au 27
octobre 2001.

En l'occurrence, le point de départ des intérêts sur le remboursement des
frais est antérieur à la fin du contrat mais, sur la base de l'état de fait
souverain, la première interpellation remonte au 28 septembre 2001, date à
laquelle la demande est parvenue au greffe de la juridiction des prud'hommes,
de sorte que le montant de 6'060 fr. porte intérêt à 5 % dès le lendemain 29
septembre 2001. Compte tenu du principe de l'interdiction de la reformatio in
pejus et en l'absence de recours joint sur cette question, la décision dont
est recours ne sera toutefois pas modifiée en ce sens au détriment de la
défenderesse (cf. arrêt 4C.310/2002 du 14 février 2003, consid. 7 et les
références citées). Le dies a quo des intérêts moratoires sur les autres
postes évoqués par la défenderesse ne peut être fixé avant le 1er mai 2002,
lendemain de la fin des rapports de travail, moment auquel les créances sont
devenues exigibles en vertu de l'art. 339 CO. L'arrêt attaqué doit ainsi être
réformé en ce sens, sans qu'il y ait lieu de trancher la question de savoir
si, s'agissant d'un contrat auquel il a été mis fin par licenciement, le
créancier pouvait se passer d'interpeller le débiteur (cf. ATF 129 III 664
consid. 7.4), puisqu'en l'occurrence, le demandeur a déposé sa demande, qui
vaut interpellation, au mois de septembre 2001, soit antérieurement au moment
où les créances sont devenues exigibles. On précisera encore que, dans la
mesure où la défenderesse n'a pas remis en cause, dans une motivation
subsidiaire, le point de départ des intérêts sur la somme de 30'000 fr.
relative aux "avances" faites au demandeur, la Cour de céans n'a pas à y
revenir (art. 55 al. 1 let. b et c OJ).

7.
Compte tenu de ce qui précède, le recours en réforme principal doit être
partiellement admis et le recours joint rejeté, dans la mesure où ils sont
recevables. L'arrêt attaqué sera réformé dans le sens des considérants,
renvoyé à l'autorité cantonale, en application de l'art. 64 al. 1 CO, pour
qu'elle statue sur le montant de la rémunération due au demandeur pour les
dimanches et jours fériés travaillés et fixe les frais et dépens de la
procédure accomplie devant elle (art. 157 et 159 al. 6 OJ) et confirmé pour
le surplus.

8.
Comme la valeur litigieuse, selon les prétentions du demandeur à l'ouverture
de l'action (ATF 115 II 30 consid. 5b p. 41), dépasse 30'000 fr., la
procédure n'est pas gratuite (art. 343 al. 2 et 3 CO). Dès lors que la
défenderesse n'obtient que très partiellement gain de cause dans son recours
principal, que le sort du litige demeure indécis sur un point et que le
demandeur succombe dans son recours joint, il y a lieu de répartir les frais
par moitié entre les parties et de compenser les dépens (art. 156 al. 3 et
159 al. 3 OJ).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours principal est partiellement admis dans la mesure où il est
recevable et l'arrêt attaqué est:

- réformé en ce sens que la défenderesse est condamnée à payer au demandeur
les sommes de 14'250 fr. net avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er mai 2002 et
2'938 fr. 80 brut avec intérêt à 5 % l'an dès le 1er mai 2002;

- annulé en ce qu'il condamne la défenderesse à payer au demandeur la somme
de 21'621 fr. 60 brut plus intérêt à 5 % l'an dès le 27 octobre 2001, la
procédure étant renvoyée à la cour cantonale pour qu'elle statue dans le sens
des considérants sur le montant de la rémunération due au demandeur pour les
dimanches et jours fériés travaillés et qu'elle fixe les frais et dépens de
la procédure accomplie devant elle;

- confirmé pour le surplus.

2.
Le recours joint est rejeté dans la mesure où il est recevable.

3.
Un émolument judiciaire de 5'000 fr. est mis par moitié à charge de chacune
des parties.

4.
Les dépens sont compensés.

5.
Le présent arrêt est communiqué en copie aux mandataires des parties et à la
Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Genève.

Lausanne, le 20 mars 2006

Au nom de la Ire Cour civile
du Tribunal fédéral suisse

Le président:  La greffière: