Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

I. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 4A.139/2010
Zurück zum Index I. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 2010
Retour à l'indice I. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 2010


Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
4A_139/2010

Arrêt du 15 mars 2010 Présidente de la Ire Cour de droit civil

Composition
Mme la Juge Klett, présidente.
Greffier: M. Carruzzo.

Participants à la procédure
Société Immobilière X.________ SA, représentée par
Me Eric C. Stampfli,
recourante,

contre

Y.________ SA, représentée par
Me Philippe A. Eigenheer,
intimée.

Objet
contrat de bail à loyer; décompte de charges; prescription,

recours en matière civile contre l'arrêt rendu le 18 janvier 2010 par la
Chambre d'appel en matière de baux et loyers du canton de Genève.

La Présidente de la Ire Cour de droit civil considère en fait et en droit:

1.
1.1 Le 23 juin 2008, Y.________ SA, locataire, a saisi la Commission de
conciliation en matière de baux et loyers du canton de Genève d'une requête en
paiement de 57'722 fr., plus 9'131 fr. 15 d'intérêts moratoires, dirigée contre
Société Immobilière X.________ SA, bailleresse, à titre de remboursement du
trop-perçu de charges et de frais accessoires pour la période du 1er mai 2003
au 30 avril 2008. Non conciliée, la cause a été introduite le 8 septembre 2008
devant le Tribunal des baux et loyers. Tenant compte de remboursements
intervenus entre-temps, la demanderesse a ramené ses prétentions à 43'873 fr.
65 lors de l'audience de comparution personnelle du 29 octobre 2008.

Dans sa réponse, la défenderesse a soulevé l'exception de prescription et
conclu au rejet de la demande.

Par jugement du 10 mars 2009, le Tribunal des baux et loyers, accueillant
l'exception de prescription, a débouté la demanderesse de toutes ses
conclusions.

Saisie par la demanderesse, la Chambre d'appel en matière de baux et loyers,
statuant le 18 janvier 2010, a annulé ce jugement, constaté que les prétentions
litigieuses n'étaient pas prescrites et renvoyé la cause au Tribunal des baux
et loyers pour qu'il rende un nouveau jugement.

1.2 Le 5 mars 2010, la défenderesse a formé un recours en matière civile dans
lequel elle reprend ses conclusions libératoires.

L'intimée et la Chambre d'appel n'ont pas été invitées à déposer une réponse.

2.
L'arrêt attaqué n'est pas une décision finale, au sens de l'art. 90 LTF, car il
ne met pas fin à la procédure. Il constitue une décision incidente, qui ne
concerne ni la compétence ni une demande de récusation (cf. art. 92 LTF), et
qui tombe dès lors sous le coup de l'art. 93 LTF.

3.
En vertu de l'art. 93 al. 1 let. b LTF - seule hypothèse entrant en ligne de
compte dans la présente espèce -, une décision incidente peut faire l'objet
d'un recours si l'admission du recours peut conduire immédiatement à une
décision finale qui permet d'éviter une procédure probatoire longue et
coûteuse.

3.1 La première de ces deux conditions cumulatives est sans conteste réalisée.
En effet, si le Tribunal fédéral devait admettre, contrairement à la Chambre
d'appel, que les créances de la demanderesse sont prescrites, il pourrait
rejeter lui-même l'action en paiement introduite par cette partie.

3.2 En revanche, la seconde condition n'est pas remplie en l'espèce.

Selon la jurisprudence, il incombe à la partie recourante d'établir, si cela
n'est pas manifeste, qu'une décision finale immédiate permettrait d'éviter une
procédure probatoire longue et coûteuse; cette partie doit indiquer de manière
détaillée, en particulier, quelles questions de fait sont encore litigieuses,
et quelles preuves, déjà offertes ou requises, doivent encore être
administrées, et en quoi celles-ci entraîneraient une procédure probatoire
longue et coûteuse (ATF 133 III 629 consid. 2.4.2 p. 633).

Dans son mémoire de recours, la demanderesse ignore totalement cette
problématique et ne consacre pas une ligne à la démonstration requise par la
jurisprudence. Il suit de là que le présent recours est manifestement
irrecevable.

Cela étant, il sera fait application de la procédure simplifiée, conformément à
l'art. 108 al. 1 LTF.

4.
La recourante, qui succombe, devra payer les frais de la procédure fédérale
(art. 66 al. 1 LTF). En revanche, elle n'aura pas à indemniser l'intimée,
puisque celle-ci n'a pas été invitée à déposer une réponse.

Par ces motifs, la Présidente de la Ire Cour de droit civil:

1.
N'entre pas en matière sur le recours.

2.
Met les frais judiciaires, arrêtés à 1'000 fr., à la charge de la recourante.

3.
Communique le présent arrêt aux mandataires des parties et à la Chambre d'appel
en matière de baux et loyers du canton de Genève

Lausanne, le 15 mars 2010
Au nom de la Ire Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse

La Présidente: Le Greffier

Klett Carruzzo