Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

I. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 4A.209/2010
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
4A_209/2010

Arrêt du 5 juillet 2010
Ire Cour de droit civil

Composition
Mmes et M. les Juges Klett, présidente,
Rottenberg Liatowitsch et Kolly.
Greffière: Mme Cornaz.

Participants à la procédure
X.________ Sàrl, représentée par Me Damien Blanc,
recourante,

contre

Y.________,
représentée par Me Agrippino Renda,
intimée.

Objet
contrat de travail; licenciement,

recours contre l'arrêt de la Cour d'appel de la juridiction des prud'hommes du
canton de Genève du 2 mars 2010.

Faits:

A.
A compter du 1er octobre 2006, Y.________ (ci-après: l'employée) a été engagée
par X.________ Sàrl (ci-après: l'employeuse) en qualité d'agent d'entretien à
temps partiel, pour un salaire horaire de 20 francs.

Le 9 mars 2007, l'employeuse a licencié l'employée pour le 31 mars 2007 -
échéance finalement reportée au 31 mai 2007 en raison de l'incapacité de
travail de celle-ci dès le 29 mars 2007 - et l'a priée de libérer le logement
de fonction qu'elle avait à sa disposition. L'employée a formé opposition à son
congé qu'elle tenait pour abusif, estimant en bref qu'il était intervenu
immédiatement après qu'elle ait annoncé à A.________ - l'un des associés
gérants de l'employeuse - la fin de leur relation intime.

Le 30 mars 2007, A.________ a sonné à la porte de l'appartement de l'employée
pour lui demander de quitter immédiatement les lieux; celle-ci ne lui a pas
ouvert et a indiqué qu'elle passerait le voir à son bureau d'ici à la fin de la
matinée et qu'elle n'entendait pas quitter son logement immédiatement; vers
12h35, un homme est venu changer les serrures et A.________, également arrivé
sur place, a derechef imparti à l'employée un délai de deux heures pour quitter
les lieux; la soeur de celle-ci a alors sollicité l'intervention des gendarmes;
la plainte déposée par l'employée contre A.________ a été classée.

B.
Le 29 novembre 2007, l'employée a assigné l'employeuse en paiement de 61'372
fr. 50 bruts et 32'250 fr. nets à titre de salaire, d'indemnité pour jours de
vacances non pris et d'indemnité pour congé abusif et tort moral. Par jugement
du 30 septembre 2008, le Tribunal des prud'hommes du canton de Genève a
condamné l'employeuse à payer à l'employée 10'882 fr. 85 bruts sous déduction
de 9'000 fr. nets.

Saisie par l'employée et statuant par arrêt du 2 mars 2010, la Cour d'appel de
la juridiction des prud'hommes du canton de Genève a annulé le jugement de
première instance et condamné l'employeuse à verser à son adverse partie 13'862
fr. 40 bruts à titre d'arriéré de salaire pour la période du 1er octobre 2006
au 31 mars 2007, 1'122 fr. 50 bruts pour la rémunération des heures
supplémentaires effectuées en janvier et février 2007 chez V.________ SA et
dans un salon de coiffure, 1'197 fr. 95 bruts à titre d'indemnité de vacances
pour la période du 1er octobre 2006 au 31 mars 2007, 8'727 fr. 25 nets à titre
d'indemnité de salaire durant l'incapacité de travail du 29 mars au 17 juin
2007 et 7'621 fr. nets à titre d'indemnité pour licenciement abusif.

C.
L'employeuse (la recourante) forme un recours en matière civile au Tribunal
fédéral; elle conclut principalement à ce que celui-ci annule l'arrêt du 2 mars
2010 et constate qu'elle ne doit pas à son adverse partie les sommes allouées
dans ladite décision; elle sollicite subsidiairement l'annulation de l'arrêt en
question et le renvoi de la cause à l'autorité inférieure pour qu'elle statue à
nouveau. L'employée (l'intimée) propose le rejet du recours; elle sollicite
également sa mise au bénéfice de l'assistance judiciaire et la désignation de
son conseil comme avocat d'office.

Considérant en droit:

1.
Interjeté par la partie qui a partiellement succombé dans ses conclusions
libératoires (art. 76 al. 1 LTF) et dirigé contre une décision finale (art. 90
LTF) rendue en matière civile (art. 72 al. 1 LTF) par une autorité cantonale de
dernière instance (art. 75 al. 1 LTF), dans une affaire dont la valeur
litigieuse dépasse le seuil de 15'000 fr. applicable en matière de droit du
travail (art. 74 al. 1 let. a LTF), le recours présentement soumis à l'examen
du Tribunal fédéral est en principe recevable, puisqu'il a été déposé dans le
délai, compte tenu des féries, prévu par la loi (art. 46 al. 1 let. a et art.
100 al. 1 LTF).

2.
Le recours en matière civile peut être formé pour violation du droit fédéral
(art. 95 let. a LTF), y compris les droits constitutionnels (ATF 134 III 379
consid. 1.2 p. 382). Saisi d'un tel recours, le Tribunal fédéral statue sur la
base des faits établis par l'autorité précédente (art. 105 al. 1 LTF). En tant
que cour suprême, il est instance de révision du droit (Message du 28 février
2001 concernant la révision totale de l'organisation judiciaire fédérale, FF
2001 4135). Certes, il peut rectifier ou compléter les faits s'ils ont été
établis de façon manifestement inexacte - notion qui correspond à celle
d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 135 III 397 consid. 1.5) - ou en
violation du droit au sens de l'art. 95 LTF, ce pour autant que la correction
soit susceptible d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 et art. 105
al. 2 LTF). Cette exception à la règle selon laquelle le Tribunal fédéral ne
revoit pas les faits ne permet pas aux parties de rediscuter dans leurs
mémoires les faits de la cause comme si elles plaidaient devant un juge
d'appel. Le recourant qui entend faire rectifier ou compléter un fait doit
expliquer de manière circonstanciée en quoi les conditions pour le faire
seraient réalisées (cf. ATF 133 IV 286 consid.6.2).

En l'occurrence, dans les parties "faits" ainsi que "droit et discussion/des
griefs/de l'établissement inexact des faits au sens de l'art. 97 al. 1 LTF", la
recourante prétend que la cour cantonale aurait omis sur plusieurs points
d'exposer ou de reproduire des faits déterminants, essentiellement dans le
cadre de la détermination du nombre d'heures travaillées par l'intimée et du
nombre d'heures supplémentaires effectuées par celle-ci en janvier et février
2007. Force est toutefois de constater d'emblée que le procédé de la
recourante, qui entreprend de compléter à sa guise les faits retenus par les
juges cantonaux, respectivement à les rediscuter comme si elle se trouvait
devant une juridiction d'appel, n'est comme précédemment rappelé pas
admissible; il n'y a donc pas à entrer en matière sur un tel exposé. Au
demeurant, les points évoqués par la recourante se confondent dans les grandes
lignes avec les griefs d'arbitraire qu'elle soulève plus loin dans son
écriture.

3.
Invoquant l'art. 9 Cst., la recourante se plaint d'arbitraire dans
l'appréciation des preuves et l'établissement des faits.

3.1 Selon la jurisprudence, une décision est arbitraire, au sens de l'art. 9
Cst., lorsqu'elle est manifestement insoutenable, méconnaît gravement une norme
ou un principe juridique clair et indiscuté, ou heurte de manière choquante le
sentiment de la justice et de l'équité; il ne suffit pas qu'une autre solution
paraisse concevable, voire préférable; pour que cette décision soit annulée,
encore faut-il qu'elle se révèle arbitraire, non seulement dans ses motifs,
mais aussi dans son résultat, ce qu'il appartient à la partie recourante de
démontrer (cf. art. 106 al. 2 LTF; ATF 135 V 2 consid. 1.3 p. 4 s.; 134 I 263
consid. 3.1 p. 265 s.). Dans la mesure où l'arbitraire est invoqué en relation
avec l'établissement des faits, il convient de rappeler que le juge dispose
d'un large pouvoir lorsqu'il apprécie les preuves (ATF 120 Ia 31 consid. 4b).
La partie recourante doit ainsi expliquer dans quelle mesure le juge a abusé de
son pouvoir d'appréciation et, plus particulièrement, montrer qu'il a omis,
sans aucune raison sérieuse, de prendre en compte un élément de preuve propre à
modifier la décision attaquée, qu'il s'est manifestement trompé sur son sens et
sa portée ou encore que, en se fondant sur les éléments recueillis, il en a
tiré des constatations insoutenables (ATF 134 V 53 consid. 4.3; 129 I 8 consid.
2.1).

Dans le cas particulier, il y a lieu de souligner qu'il ne suffit pas, pour
démontrer l'arbitraire d'une conclusion de la décision que l'on querelle, de
revenir successivement sur les différents éléments sur la base desquels
l'autorité a fondé sa conviction, en truffant son écriture des termes
"arbitraire" ou "insoutenable", avant d'affirmer que les juges ne pouvaient pas
sans arbitraire retenir une version des faits différente de celle que l'on
plaide. Or, c'est en substance ce à quoi la recourante se limite, raison pour
laquelle la question de la recevabilité de son moyen est globalement sujette à
caution. Peu importe, toutefois, dès lors que chacune de ses critiques est en
tout état vouée à l'échec, comme on va le voir infra.

3.2 En premier lieu, la recourante estime que la cour cantonale aurait "commis
plusieurs arbitraires dans l'établissement des faits et leur appréciation" en
rapport avec la détermination du nombre d'heures travaillées par l'intimée.
3.2.1 A cet égard, les juges cantonaux ont considéré que les témoignages des
époux C.________ - dont l'homme était le chef de l'intimée - n'étaient pas à
eux seuls probants, tous deux travaillant à temps complet pour la recourante et
paraissant en être la cheville ouvrière. Dès sa demande en paiement, l'intimée
avait indiqué précisément la liste des seize appartements qu'elle avait
nettoyés régulièrement et avait simultanément produit des photocopies des clés
desdits appartements; il avait fallu attendre seize mois et une ordonnance
préparatoire pour obtenir la liste des clients effectifs de la recourante du
1er juillet 2006 au 31 mars 2007; or, les appartements cités par l'intimée -
qui n'appartenaient pas tous à V.________ SA - se trouvaient tous parmi les
immeubles mentionnés dans ladite liste; les explications fluctuantes de la
recourante concernant les plannings et les fiches de travail remises
hebdomadairement par ses collaborateurs - qui auraient toutes été détruites -
ne convainquaient pas de sa bonne foi, étant au surplus relevé que, de manière
générale, elle avait peu collaboré à l'établissement des faits; au vu de
l'ensemble des éléments contenus dans le dossier, la cour cantonale a ainsi
acquis la conviction que l'intimée avait nettoyé hebdomadairement davantage
d'appartements que ne le soutenait la recourante, à savoir au moins ceux
figurant dans sa demande, soit seize. S'agissant du temps de nettoyage par
appartement, il convenait de retenir celui facturé à V.________ SA, soit
généralement trois heures par appartement et par semaine et,
exceptionnellement, deux heures. L'intimée avait donc travaillé en moyenne
quarante-quatre heures par semaine, ce qui correspondait approximativement à
l'équivalent de douze appartements à trois heures et quatre à deux heures.
3.2.2 La recourante estime que les juges cantonaux auraient "rejeté
arbitrairement les faits relevés par le témoignage du couple C.________", dont
il ressortait notamment que l'intimée ne travaillait que quatre heures par
jour. L'on ne voit toutefois pas qu'il soit arbitraire de ne retenir les
déclarations des témoins liés professionnellement à une partie que dans la
mesure où elles sont corroborées par d'autres éléments du dossier; or, en
l'espèce, les juges cantonaux ont précisément établi des circonstances qui
allaient dans un sens différent des affirmations des témoins en question.

La recourante soutient que l'intimée n'aurait versé à la procédure que
certaines photocopies des clés des appartements qu'elle avait mentionnés dans
sa demande, et que ceux-ci n'apparaîtraient par ailleurs pas sur la liste de
ses clients. Cela semble inexact; en effet, d'une part il résulte des pièces
produites par l'intimée que celle-ci a fourni la photocopie de treize des seize
clés ou trousseaux de clés, correspondant en particulier à un appartement sis
"Rue n° 1", d'autre part la liste de la recourante fait état de clients ayant
des locaux situés "Rue n° 2", "Rue n° 1", "Av. n° 3"; or, il n'était nullement
nécessaire que chacun des seize appartements, respectivement des clés y
relatives, figurent à la fois sur les photocopies produites par l'intimée et la
liste fournie par la recourante pour que la cour cantonale puisse raisonner
comme elle l'a fait; au contraire, elle pouvait sans arbitraire se baser sur la
mise en parallèle de la demande, des photocopies et de la liste pour acquérir
la conviction que l'intimée avait nettoyé seize appartements par semaine, peu
importe en définitive qu'il s'agisse de ceux qu'elle avait nommés ou d'autres,
et qu'ils aient appartenu à V.________ SA ou non.

La recourante expose qu'il serait arbitraire d'avoir retenu d'une part qu'elle
avait donné des explications fluctuantes, s'agissant spécifiquement de la
destruction et de la reconstitution des plannings, d'autre part qu'elle n'avait
que peu collaboré à l'établissement des faits, relevant en particulier que le
Tribunal des prud'hommes avait considéré la production de la liste de ses
clients comme inutile. Sur ces points, force est de constater que si les juges
cantonaux ont fait état de ces éléments, ils n'y ont pas directement attaché de
sanction au détriment de la recourante; tout au plus ces circonstances
ont-elles conforté la cour cantonale dans la conviction que la version de
l'intimée, dont les déclarations avaient été constantes dès le début de la
procédure, au contraire des explications plus fluctuantes de la recourante,
était le reflet de la réalité, d'ailleurs corroborée par d'autres éléments du
dossier.

La recourante relève que les juges cantonaux auraient "apprécié arbitrairement
que l'intimée avait travaillé 44 heures par semaine" et que leur raisonnement
reviendrait "également à renverser le fardeau de la preuve". Son exposé se
présente toutefois comme une forme de compilation de ses moyens précédents,
soit à une affirmation selon laquelle les éléments pris en considération par la
cour cantonale l'auraient été arbitrairement; il n'y a ainsi pas à y revenir;
pour le surplus, il y a lieu de rappeler que l'art. 8 CC ne dicte pas au juge
comment il doit former sa conviction, de sorte que lorsque l'appréciation des
preuves le convainc de la réalité ou de l'inexistence d'un fait, la question de
la répartition du fardeau de la preuve ne se pose plus (ATF 128 III 271 consid.
2b/aa p. 277).

3.3 Selon la recourante, la cour cantonale aurait en outre commis arbitraire
dans la détermination des heures supplémentaires effectuées par l'intimée en
janvier et février 1997.
3.3.1 Sur ce point, les juges cantonaux ont considéré que la recourante devait
également à l'intimée la rémunération du travail supplémentaire dans les locaux
de V.________ SA de janvier et février 2007, ainsi que du temps consacré au
nettoyage d'un salon de coiffure, qui étaient reconnus par les deux parties,
admis également par les premiers juges et que la recourante n'avait pas établi
avoir réglés; dès lors que ces nettoyages venaient en sus de l'activité à temps
complet retenue ci-dessus, il se justifiait de lui appliquer un taux de
rémunération de 125 %; il en découlait une créance de ([5 x 2 x 4.33 x 20 fr. x
125 %] + [2 x 20 fr.] =) 1'122 fr. 50.
3.3.2 La recourante plaide qu'elle n'aurait pas reconnu de travail dans les
locaux de V.________ SA en février 2007 et que les témoins auraient d'ailleurs
confirmé le contraire. Elle se focalise toutefois vainement sur les mots,
singulièrement sur la formulation "janvier et février 2007" employée par la
cour cantonale; en effet, elle ne conteste pas avoir exposé dans sa réponse,
ainsi que cela a été repris par la cour cantonale dans la partie "en fait" de
sa décision, que "(l'intimée) avait, un samedi matin, nettoyé un salon de
coiffure" et qu'"en janvier 2007, dans le cadre d'un remplacement d'une
collaboratrice absente, (l'intimée) avait effectué des heures de nettoyage dans
les bureaux de V.________ SA, de 19 heures à 21 heures"; or, on comprend, à
l'examen du calcul des précédents juges, que les heures allouées l'ont été pour
le travail accompli durant tout le mois de janvier 2007, soit, outre les deux
heures consacrées au nettoyage du salon de coiffure, cinq jours par semaine,
multipliés par deux heures (de 19h00 à 21h00 selon les propres déclarations de
la recourante), multiplié par le nombre de semaines dans le mois; une
éventuelle absence d'aveu concernant du travail exécuté en février 2007 n'a
donc aucune incidence sur l'issue du litige; pour le surplus, la recourante ne
critique pas la qualification des heures en question comme heures
supplémentaires et, partant, leur rémunération au taux de 125 %, de sorte qu'il
n'y a pas lieu d'y revenir.

3.4 A suivre la recourante, la cour cantonale aurait enfin fait montre
d'arbitraire "dans le cadre de sa décision sur le licenciement abusif".
3.4.1 A cet égard, les juges cantonaux ont exposé que contrairement aux
premiers juges qui avaient retenu que l'intimée avait été congédiée en raison
de la mauvaise qualité de ses prestations, ils avaient acquis la conviction que
celle-ci avait été licenciée en raison à la fois de sa décision de mettre un
terme à sa relation intime avec A.________ et de ses réclamations concernant sa
rémunération; si personne n'avait assisté le 7 mars 2007 à l'échange entre
A.________ et l'intimée au cours duquel celle-ci lui avait annoncé sa volonté
de rompre, plusieurs éléments venaient accréditer les déclarations de
l'intéressée; en premier lieu, s'agissant d'abord de l'existence et de la durée
de la relation intime en question, le témoin B.________ avait déclaré aux
premiers juges "qu'elle avait duré peut-être un an", ajoutant qu'elle s'était
terminée en mars 2007 dans des conditions difficiles; la soeur de la recourante
avait également affirmé que ladite relation avait pris fin au mois de mars
2007; le comportement de A.________ le jour qui avait suivi la réception du
courrier du conseil consulté par l'intimée était significatif; dès ce moment,
il avait cherché à la faire quitter immédiatement le studio qu'il lui avait mis
à disposition; il avait également annoncé son intention de la dénoncer aux
autorités compétentes; selon le rapport de police établi à la suite de l'appel
téléphonique de la soeur de l'intimée au moment de la dispute du 30 mars 2007,
l'intimée et A.________ avaient entretenu une relation amoureuse et vécu
ensemble dans le studio occupé par celle-là; selon l'enquête de police,
l'altercation en question s'était déroulée le jour qui avait suivi la réception
du courrier du conseil de l'intimée annonçant qu'il se constituait pour la
défense des intérêts de celle-ci, considérant que le licenciement était abusif;
dans ce même courrier, il faisait interdiction à A.________ de pénétrer dans le
logement; or, le jour de l'altercation, il avait chargé un tiers de changer la
serrure; le jour même encore, le conseil de l'intimée avait adressé à celui de
la recourante un courrier dans lequel il indiquait que sa cliente s'était
plainte que A.________ faisait le "pied de grue" devant son appartement et la
menaçait de l'expulser "manu militari"; il indiquait également qu'une plainte
pénale serait immédiatement déposée en cas d'intrusion dans l'appartement, ce
qui s'était produit peu après; dans le même courrier, le conseil de l'intimée
mentionnait encore qu'il prenait note que A.________ entendait répondre aux
prétentions de l'intimée dont il faisait l'objet par une dénonciation de sa
cliente à l'Office cantonal de la population. Sur un autre plan, la destruction
systématique par la recourante aussi bien des plannings des appartements à
nettoyer remis à l'intimée au début de chaque semaine que des décomptes
d'heures établis par celle-ci à la fin de chaque semaine ne pouvait être
comprise que comme la volonté de la recourante d'annihiler toute reconstitution
de l'activité de l'intimée à son service; il en allait de même des explications
de la recourante concernant le temps de nettoyage de chaque appartement en
relation avec le temps facturé à V.________ SA qui ne visaient qu'à créer la
confusion sur l'étendue de l'activité de l'intimée.
3.4.2 La recourante estime que le témoignage de B.________ ne serait pas
probant, dès lors que ce témoin aurait précisé qu'elle n'était pas sûre que la
relation ait duré un an et qu'elle n'était pas présente lors de la rupture.
Outre qu'il n'a pas échappé à la cour cantonale, qui l'a bien retenu en fait,
que personne n'avait assisté à la séparation, l'on ne voit pas qu'il y ait
d'arbitraire à se fonder sur les déclarations du témoin en question - dont on
ne pouvait pas raisonnablement attendre qu'elle connaisse à la date près le
jour exact du début et de la fin de la relation intime entretenue par l'intimée
et A.________ - pour retenir que celle-ci avait pris fin en mars 2007, ce
d'autant plus que cet élément était corroboré par d'autres du dossier, en
particulier les déclarations de la soeur de l'intimée; partant de là, ainsi que
se fondant sur tous les autres points exposés dans leur arrêt, les juges
cantonaux ont acquis la conviction que la résiliation avait pour cause la
rupture et la recourante ne démontre en définitive pas qu'ils auraient ainsi
commis arbitraire; pour le surplus, la recourante ne soutient pas que la cour
cantonale aurait erré en considérant que le congé reposant sur les motifs
retenus était abusif, de sorte qu'il n'y a pas non plus à se pencher plus avant
sur la question.

La recourante reproche à la cour cantonale d'avoir retenu arbitrairement
qu'elle avait eu la volonté d'annihiler toute reconstruction de l'activité de
l'intimée. Il n'est toutefois pas nécessaire de se pencher sur cette question;
en effet, ce point apparaît comme une motivation subsidiaire de la cour
cantonale, voire comme une remarque complémentaire n'ayant pas à proprement
parler conduit à retenir l'existence d'un licenciement abusif; son sort n'a
donc en tout état pas d'incidence sur le résultat de la cause, dans la mesure
où il est pour le surplus établi que le congé signifié ensuite de la rupture et
des prétentions salariales de l'intimée devait déjà être considéré comme
abusif.

La recourante fait grief aux juges cantonaux d'avoir commis arbitraire en
omettant d'établir et d'apprécier les faits rapportés par les témoins
C.________, notamment selon lesquels l'intimée ne donnait pas satisfaction à
son employeuse. Cette critique est derechef dénuée d'incidence sur le sort du
litige; en effet, les motifs du congé relèvent du fait et, de même, l'incidence
respective des divers motifs de résiliation en concours est une question qui
relève de la causalité naturelle et, par conséquent, du fait (ATF 131 III 535
consid. 4.3 p. 540; 130 III 699 consid. 4.1 p. 702), de sorte que les
constatations de la cour cantonale y relatives lient donc le Tribunal fédéral,
qui ne peut s'en écarter que si elles ont été établies de façon manifestement
inexacte ou en violation du droit (cf. consid. 2); or, la recourante n'est
comme précédemment exposé pas parvenue à démontrer que les motifs retenus par
la cour cantonale l'avaient été arbitrairement; par conséquent, savoir si un
autre motif - non causal - aurait en tant que tel justifié qu'il soit mis fin
aux rapports de travail est hors de propos.

4.
Il résulte des considérants qui précèdent que le recours doit être rejeté dans
la mesure de sa recevabilité.

5.
Comme la valeur litigieuse, calculée selon les prétentions à l'ouverture de
l'action (ATF 115 II 30 consid. 5b p. 41), dépasse le seuil de 30'000 fr., le
montant de l'émolument judiciaire est fixé selon le tarif ordinaire (art. 65
al. 3 let. b LTF) et non réduit (art. 65 al. 4 let. c LTF). Compte tenu de
l'issue du litige, les frais judiciaires et dépens de l'intimée sont mis à la
charge de la recourante, qui succombe (art. 66 al. 1 ainsi qu'art. 68 al. 1 et
2 LTF).

Cela étant, en considération de l'insuffisance des ressources de l'intimée - eu
égard à laquelle elle a déjà obtenu l'assistance judiciaire sur le plan
cantonal -, il convient de la lui accorder derechef dans la présente procédure
(cf. art. 64 al. 1 LTF), étant donné qu'il subsiste le risque qu'elle ne puisse
recouvrer les dépens auxquels elle a droit. Me Agrippino Renda est ainsi
désigné comme avocat d'office et la Caisse du Tribunal fédéral lui versera une
indemnité à titre d'honoraires d'avocat d'office au cas où les dépens alloués à
l'intimée ne pourraient être recouvrés (cf. art. 64 al. 2 in fine LTF), sous
réserve de restitution (cf. art. 64 al. 4 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge de la
recourante.

3.
Une indemnité de 2'500 fr., à payer à l'intimée à titre de dépens, est mise à
la charge de la recourante.

4.
La demande d'assistance judiciaire de l'intimée est admise et Me Agrippino
Renda est désigné comme avocat d'office.

5.
Au cas où les dépens ne pourraient pas être recouvrés, la Caisse du Tribunal
fédéral versera à Me Agrippino Renda une indemnité de 2'500 fr. à titre
d'indemnité d'avocat d'office.

6.
Le présent arrêt est communiqué aux mandataires des parties et à la Cour
d'appel de la juridiction des prud'hommes du canton de Genève.

Lausanne, le 5 juillet 2010

Au nom de la Ire Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse
La Présidente: La Greffière:

Klett Cornaz