Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

I. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 4A.642/2010
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
4A_642/2010

Arrêt du 15 février 2011
Ire Cour de droit civil

Composition
Mmes et M. les Juges Klett, présidente, Corboz et Kiss.
Greffier: M. Carruzzo.

Participants à la procédure
X.________,
représenté par Me Michel A. Halpérin, avocat,
recourant,

contre

Y.________,
représenté par Me Xavier Mo Costabella, avocat,
intimé.

Objet
arbitrage interne; révision d'une sentence arbitrale,

recours en matière civile contre l'arrêt rendu le
22 octobre 2010 par la Chambre civile de la Cour de justice du canton de
Genève.

Faits:

A.
A.a Un différend oppose X.________, homme d'affaires français âgé de
quatre-vingt-trois ans, à Y.________, gérant de fortune genevois, au sujet des
services financiers et comptables rendus par celui-ci à celui-là; il porte, en
particulier, sur le financement des sommes investies par le second dans les
fonds de placement américains dénommés B.________.
La manière dont les intéressés ont aménagé leurs relations, qui remontent à la
fin des années 1970, et les motifs pour lesquels celles-ci ont pris fin en
février 2005 ont été relatés en détail dans un premier arrêt rendu le 26 avril
2010 par le Tribunal fédéral entre les mêmes parties (cause 4A_80/2010). Ce
précédent est censé reproduit ici dans la mesure utile.
A.b Le 25 avril 2005, les parties ont passé un accord pour mettre un terme à
leur différend (ci-après: la convention). Y.________ acceptait de verser à
X.________ la somme de 100'000 fr.; de plus, il lui cédait l'ensemble de ses
droits et des distributions à venir dans les fonds B.________, pour solde de
tout compte et sans reconnaître une quelconque responsabilité à son égard, les
parties n'ayant, dès lors, "plus aucun grief, ni aucune prétention de quelque
nature à faire valoir l'une envers l'autre". Soumise au droit suisse, la
convention prévoyait que tout litige y relatif serait tranché par un arbitre
unique.
Postérieurement à la signature de la convention, X.________ a mandaté des
experts pour tenter de reconstituer le flux des sommes investies dans les
divers fonds B.________ et des montants distribués par ceux-ci. L'un des
experts commis a indiqué ne pas avoir trouvé trace des versements qui auraient
dû être effectués par Y.________, via l'une des sociétés appartenant à
X.________, pour souscrire des parts des fonds B.________.
A.c En décembre 2005, Y.________ a initié une procédure arbitrale dirigée
contre X.________ à qui il reprochait de violer la convention. De son côté, le
défendeur a formulé une demande reconventionnelle en reddition de comptes. Un
arbitre unique a été désigné.
Sur le vu des pièces produites dans le cadre de cette procédure, X.________,
estimant avoir été trompé par Y.________, a déclaré invalider la convention par
courrier électronique du 5 septembre 2006.
Les parties ont alors requis l'arbitre unique de rendre une sentence partielle
sur la validité de la convention et sur la demande de reddition de comptes.
Statuant le 8 avril 2009, l'arbitre unique a rejeté ladite demande et constaté
la validité de la convention litigieuse après avoir exclu tout dol de
Y.________ et toute erreur essentielle de X.________ justifiant d'invalider cet
accord.
A.d Le 19 mai 2009, X.________ a interjeté un recours en nullité contre la
sentence arbitrale partielle.
Par arrêt du 11 décembre 2009, la Chambre civile de la Cour de justice du
canton de Genève a rejeté ce recours. Selon la cour cantonale, la convention
était destinée à régler de manière définitive les prétentions que X.________
aurait pu élever, le cas échéant, à l'encontre de Y.________ et de sa société,
Z.________ SA. Il s'agissait d'une transaction extrajudiciaire comportant une
reconnaissance négative de dette de la part de X.________, lequel renonçait à
établir l'étendue et la nature exacte desdites prétentions. Pour les juges
genevois, l'arbitre unique n'était pas tombé dans l'arbitraire en excluant
l'existence des vices du consentement (erreur essentielle et dol) invoqués par
X.________ pour tenter d'invalider la convention.
A.e Dans son arrêt, précité, du 26 avril 2010, le Tribunal fédéral a rejeté,
dans la mesure où il était recevable, le recours en matière civile interjeté le
1er février 2010 par X.________ contre l'arrêt genevois.

B.
Le 15 février 2010, X.________ a saisi la Cour de justice d'une demande de
révision visant la sentence arbitrale du 8 avril 2009 et fondée sur l'art. 41
du concordat intercantonal sur l'arbitrage du 27 août 1969 (CA). Il fondait
cette demande sur une pièce, intitulée "Y.________ - Consolidation des fonds
B.________ (call-distribution) - Période 1995-2005", que Y.________ avait
produite le 16 octobre 2009, lorsqu'il avait été entendu par la police dans le
cadre d'une enquête préliminaire diligentée à la suite d'une plainte pénale
déposée par l'homme d'affaires français. Selon X.________, la pièce en
question, dont il n'avait pris connaissance que le 2 décembre 2009,
démontrerait que Y.________ n'a pas participé au financement des fonds
B.________, tout en bénéficiant des distributions effectuées par ceux-ci. Le
dol affectant la transaction judiciaire conclue le 25 avril 2005 serait ainsi
établi par cette preuve nouvelle au point de justifier l'invalidation de la
convention litigieuse.
Y.________ a conclu à l'irrecevabilité de la demande de révision, contestant au
surplus qu'il y ait matière à révision de ladite sentence.
Par arrêt du 22 octobre 2010, la Chambre civile de la Cour de justice a rejeté
la demande de révision. Selon la cour cantonale, la pièce invoquée par
X.________ était certes nouvelle, du strict point de vue du moment de sa
découverte. Cependant, elle ne remplissait pas les conditions requises par
l'art. 41 let. b CA pour constituer un motif de révision de la sentence
arbitrale. D'abord, X.________ savait, bien avant la reddition de cette
sentence, que Y.________ ne s'était pas acquitté de ses souscriptions des parts
des fonds B.________ au moyen de ses propres deniers. Ensuite, lorsqu'il avait
récupéré ses dossiers auprès de Z.________ SA en 2005 déjà, X.________ aurait
eu la possibilité de retracer lui-même les flux financiers relatifs à ces fonds
de placement, sans attendre que ce travail soit effectué par un tiers; il n'a
donc pas fait preuve de la diligence qui pouvait être exigée de lui. Enfin,
l'arbitre unique n'a pas motivé son refus d'invalider la convention par
l'absence de preuve du fait que la pièce nouvelle serait censée établir, mais
pour la raison que X.________ avait choisi de mettre un terme au différend, en
signant la convention, en dépit du fait qu'il tenait pour douteuses, voire
inexactes, les informations que Y.________ lui avait fournies relativement au
financement des souscriptions des parts des fonds B.________ et aux
distributions subséquentes des revenus générés par ces placements. Au
demeurant, toujours selon les juges genevois, X.________ n'est pas crédible
lorsqu'il soutient que, s'il avait connu le montant réel des prétendues
malversations commises à son détriment, qui serait très supérieur à ce qu'il
envisageait alors, il n'aurait pas signé la convention. A cela s'ajoute le fait
que, du propre aveu de l'intéressé, la pièce qu'il invoque pour étayer sa
demande de révision ne permet pas de déterminer quels montants ont été prélevés
par l'intimé et par un tiers, de sorte que, faute de valeur probante
suffisante, elle ne permettrait pas de rendre une sentence différente. Pour le
surplus, X.________ tente en vain de revenir sur des questions qui ont déjà été
tranchées dans l'arrêt concernant le recours en nullité dirigé contre la
sentence arbitrale, qu'il s'agisse du dol ou de l'erreur affectant prétendument
la convention, ou sur les moyens dont le sort a déjà été scellé par la réponse
apportée à ces questions-là, tels ceux qu'il fonde sur les art. 27 CC, 20 al. 1
CO et 100 al. 1 CO.

C.
Le 26 novembre 2010, X.________ a formé un recours en matière civile au
Tribunal fédéral en vue d'obtenir l'annulation de l'arrêt cantonal, le renvoi
de la cause au Tribunal arbitral pour qu'il statue sur la base des éléments de
preuve nouveaux produits par le recourant et la condamnation de Y.________ aux
frais et dépens de la procédure arbitrale, de la procédure de révision et de la
procédure fédérale.
Y.________ conclut à l'irrecevabilité du recours dans la mesure où il tend à
autre chose qu'à l'annulation de l'arrêt attaqué et, pour le reste, au rejet de
ce recours. La cour cantonale se réfère, quant à elle, aux motifs énoncés dans
son arrêt.
L'effet suspensif a été accordé au recours par ordonnance présidentielle du 27
décembre 2010.

Considérant en droit:

1.
Le Tribunal fédéral examine librement la recevabilité des recours qui lui sont
soumis (ATF 132 III 291 consid. 1).

1.1 Le prononcé attaqué, dont la nature juridique ne diffère pas de celle de la
sentence formant l'objet de la demande de révision, constitue une décision
partielle susceptible de recours pour les raisons indiquées au consid. 1.1 de
l'arrêt 4A_80/2010 du 26 avril 2010, susmentionné.
L'arrêt déféré a été rendu en matière civile (art. 72 al. 1 LTF) par une
autorité cantonale de dernière instance (art. 75 al. 1 LTF) dans une affaire
pécuniaire. La sentence arbitrale soumise à l'examen de cette autorité avait
trait à un différend dont la valeur litigieuse atteignait le seuil de 30'000
fr. fixé à l'art. 74 al. 1 let. b LTF pour la recevabilité du recours en
matière civile. Ayant pris part à la procédure devant l'autorité précédente, le
recourant, qui y a succombé, possède la qualité pour recourir (art. 76 al. 1
LTF). Comme il a déposé son mémoire en temps utile (art. 100 LTF) et dans la
forme prévue par la loi (art. 42 LTF), rien ne s'oppose à l'entrée en matière,
sauf à réserver ici l'examen ultérieur de la recevabilité des griefs formulés
dans le recours.

1.2 La révision, au sens du concordat sur l'arbitrage, est un moyen de droit
extraordinaire, de nature cassatoire. Aussi l'autorité qui est saisie d'une
demande de révision ne peut-elle rectifier elle-même la sentence formant
l'objet d'une telle demande. En cas d'admission de celle-ci, il lui appartient
de renvoyer la cause au tribunal arbitral pour qu'il statue à nouveau (art. 43
al. 1 CA). Dès lors, s'il devait admettre le recours, le Tribunal fédéral,
nonobstant l'art. 107 al. 2 LTF, renverrait la cause à l'autorité précédente
pour qu'elle rende une nouvelle décision sur la demande de révision et sur les
frais de la procédure révision, puis, le cas échéant, qu'elle retourne le
dossier à l'arbitre unique en vue du prononcé d'une nouvelle sentence. Quant à
un renvoi direct de la cause à l'arbitre unique, préconisé par le recourant, il
serait certes possible, mais il ne se justifierait pas en l'espèce, étant donné
la nécessité de régler à nouveau la question des frais et dépens de la
procédure de révision dans l'hypothèse d'une admission du recours.
Est irrecevable, en revanche, la conclusion du recourant tendant à ce que le
Tribunal fédéral condamne l'intimé à supporter la totalité des frais et
honoraires de la procédure arbitrale. Aussi bien, l'arbitre a expressément
réservé le sort des dépens de la procédure pendante en indiquant que cette
question sera traitée dans la sentence définitive (ch. 5 du dispositif de la
sentence du 8 avril 2009). La cour cantonale n'a pas non plus examiné ce point
dans l'arrêt attaqué. On est donc en présence d'une conclusion nouvelle et,
partant, irrecevable (art. 99 al. 2 LTF).

1.3 Saisi d'un recours en matière civile, le Tribunal fédéral conduit son
raisonnement juridique sur la base des faits établis par l'autorité précédente
(art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en écarter que si les constatations de
l'autorité cantonale ont été établies de façon manifestement inexacte - notion
qui correspond à celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 134 V 53
consid. 4.3) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al.
2 LTF), et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur
le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Il appartient au recourant de soulever
expressément un grief à ce propos et de présenter une démonstration précise et
circonstanciée (art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 II 244 consid. 2.2; 133 II 545
consid. 2.2).
S'agissant du droit, le Tribunal fédéral vérifie librement l'interprétation et
l'application des dispositions concordataires faites par l'autorité intimée
(art. 95 let. e LTF). En revanche, il ne revoit que sous l'angle de
l'arbitraire la manière dont celle-ci a interprété les dispositions pertinentes
du droit de procédure de son canton (art. 9 Cst. en liaison avec l'art. 95 let.
a LTF). Il ne le fait d'ailleurs que si un grief de ce chef a été invoqué et
motivé par le recourant (art. 106 al. 2 LTF).

2.
Le recourant commence par exposer, sur une quinzaine de pages, les faits qui
lui semblent pertinents en se référant, à plusieurs reprises, à des pièces
figurant dans le dossier de l'arbitrage. En procédant de la sorte, il confond
le Tribunal fédéral avec une cour d'appel. Par conséquent, il ne sera tenu
aucun compte de la version des faits ainsi présentée.

3.
Avant d'examiner les moyens soulevés par le recourant, il convient de rappeler
que, sous l'empire du concordat sur l'arbitrage, la révision d'une sentence
était possible, notamment, si la sentence avait été rendue dans l'ignorance de
moyens de preuve d'importance décisive qu'il était impossible à la partie
requérante de faire valoir en cours d'instance (art. 41 let. b CA). Ce motif de
révision était calqué sur celui de l'art. 137 let. b de la loi fédérale
d'organisation judiciaire du 16 décembre 1943 (OJ), laquelle a été abrogée par
la loi sur le Tribunal fédéral du 17 juin 2005 (art. 131 al. 1 LTF).
La jurisprudence relative à l'art. 137 let. b OJ considérait comme nouvelles
les preuves qui servaient à établir soit les faits nouveaux censés justifier la
révision, soit des faits déjà connus lors de la procédure précédente, mais
n'ayant pu être prouvés au détriment du requérant. Si les moyens nouveaux
étaient destinés à prouver des faits déjà allégués, l'intéressé devait
démontrer également qu'il n'avait pas eu la possibilité de les faire valoir
dans la procédure précédente. Une preuve était considérée comme concluante
lorsqu'il fallait admettre qu'elle aurait conduit le juge à statuer
différemment s'il en avait eu connaissance dans la procédure principale (ATF
118 II 199 consid. 5 et l'arrêt cité).
Il y a lieu d'examiner, sur le vu des griefs formulés par le recourant, si la
cour cantonale a violé ces principes et, partant, l'art. 41 let. b CA.

4.
Dans un premier groupe de moyens, le recourant reproche aux juges genevois
d'avoir procédé à des constatations de fait arbitraire sur trois points. Force
est de souligner d'emblée que les longues explications fournies par lui dans ce
contexte manquent singulièrement de clarté, mélangent de manière inextricable
les faits et le droit, et revêtent de surcroît un caractère appellatoire
marqué. Il n'appartient pas à la juridiction suprême du pays de tenter de
démêler cet écheveau. C'est dire que la recevabilité de ces moyens-là apparaît
plus que douteuse. Aussi la Cour de céans pourra-t-elle se limiter à formuler
quelques brèves remarques à leur sujet.

4.1 Les juges genevois ont admis que le recourant savait que l'intimé ne
s'était pas acquitté de ses souscriptions dans les fonds B.________ au moyen de
ses propres deniers. Le recourant leur reproche d'avoir procédé à une
constatation arbitraire "en généralisant les propos de Y.________ au sujet
d'une prétendue donation", "en assimilant des doutes à une certitude" et en
interprétant les déclarations de l'expert M.________ de manière insoutenable.
On ne voit pas vraiment où il veut en venir. Le fait, retenu par la cour
cantonale, quant au financement externe de ces souscriptions, est indépendant
du point de savoir à quel titre - donations ou avances remboursables - et pour
quel ordre de grandeur le recourant a procuré à l'intimé les fonds nécessaires
au paiement des parts souscrites. Aussi la constatation incriminée est-elle
exempte d'arbitraire.
Le recourant s'attarde ensuite longuement sur la constatation de la cour
cantonale selon laquelle, du moment qu'il avait récupéré ses dossiers auprès de
Z.________ SA en 2005 déjà, il aurait eu la possibilité de retracer lui-même
les flux financiers relatifs aux fonds B.________ sans attendre que ce travail
soit fait par un tiers. Enumérant les multiples démarches effectuées par lui
pour tenter de clarifier la situation afférente à ces fonds, il juge
insoutenable la conclusion des magistrats genevois voulant qu'il n'ait pas fait
preuve de la diligence pouvant être exigée de lui. Pareille conclusion est sans
doute critiquable au regard notamment de ces démarches-là. Elle n'en est pas
pour autant insoutenable, dès lors que le recourant concède lui-même avoir
refusé la proposition que lui avait faite l'intimé de lui rendre des comptes à
condition qu'il en assumât les coûts, estimés à 200'000 fr. Quoi qu'il en soit,
la conclusion incriminée ne s'avère en rien déterminante dans le cas concret
dans la mesure où, de l'avis des juges genevois, la preuve invoquée à l'appui
de la demande de révision n'était de toute façon pas "nouvelle", au sens de
l'art. 41 let. b CA et de la jurisprudence y relative.

4.2 Dans une argumentation purement appellatoire, le recourant cherche ensuite
à démontrer que l'arbitre unique n'aurait pu qu'admettre l'existence d'un dol
entachant la transaction judiciaire litigieuse s'il avait eu sous les yeux la
pièce produite par lui à l'appui de sa demande de révision. Ce faisant, il
tente de remettre en cause indirectement la sentence du 8 avril 2009 contre
laquelle il a vainement recouru en nullité. Tel n'est pas le but de la
procédure de révision. Le moyen est, en conséquence, irrecevable.

4.3 L'autorité précédente relève, par ailleurs, que, dans son recours contre la
décision de classement du 27 novembre 2009, le recourant a allégué que la pièce
nouvelle sur laquelle il fonde sa demande de révision ne permet pas de
déterminer quels montants ont été prélevés par l'intimé et par un tiers. Elle
en déduit que le recourant a ainsi reconnu lui-même l'absence de valeur
probante suffisante de ladite pièce. Quoi qu'en dise l'intéressé, semblable
déduction n'a rien d'insoutenable.
Selon lui, cette pièce démontrerait le caractère indu de tous les prélèvement
opérés par l'intimé sur les distributions provenant des fonds B.________, fait
que lui-même se trouvait auparavant dans l'impossibilité d'établir. Il ne
s'agit là toutefois que d'une simple allégation. Au demeurant, la transaction
extrajudiciaire prévoit que les versements antérieurs à sa signature provenant
de ces fonds "restent acquis à Monsieur Y.________". Le recourant n'ignorait
donc pas, au moment de signer cette transaction, que l'intimé avait bénéficié
de distributions en relation avec ses investissements dans les fonds B.________
et il ne pouvait pas exclure qu'elles aient été perçues indûment, ce qui ne l'a
pas retenu de transiger avec l'intimé pour mettre un terme au différend qui les
opposait.

4.4 Il suit de là que les juges genevois n'ont pas violé l'art. 41 let. b CA en
déniant à la pièce invoquée par le recourant le caractère de nouveauté exigé
par cette disposition.

5.
Dans un dernier moyen, intitulé violation de l'art. 18 al. 1 CO, le recourant
critique l'interprétation que la cour cantonale a faite de la convention du 25
avril 2005. Ce faisant, il revient sur une question qui a déjà été liquidée
dans la procédure relative au recours en nullité dirigé contre la sentence et
au recours en matière civile visant l'arrêt rendu le 11 décembre 2009 par la
Cour de justice. La même remarque peut être faite en ce qui concerne le moyen
pris de la violation des art. 27 CC, 20 al. 1 et 100 al. 1 CO. De ce fait, il
ne se justifie pas de rouvrir le débat sur ces points-là. Il y a d'autant moins
lieu de le faire que les arguments développés ici par le recourant reposent sur
la prémisse, non avérée, selon laquelle la pièce produite par lui constituerait
un motif de révision de la sentence arbitrale.

6.
Cela étant, le recours sera rejeté dans la faible mesure de sa recevabilité.
Son auteur devra, en conséquence, payer les frais de la procédure fédérale
(art. 66 al. 1 LTF) et verser des dépens à l'intimé (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 8'000 fr., sont mis à la charge du recourant.

3.
Le recourant versera à l'intimé une indemnité de 9'000 fr. à titre de dépens.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux mandataires des parties et à la Chambre
civile de la Cour de justice du canton de Genève.

Lausanne, le 15 février 2011

Au nom de la Ire Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse

La Présidente: Le Greffier:

Klett Carruzzo