Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

I. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 4A.80/2010
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
4A_80/2010

Arrêt du 26 avril 2010
Ire Cour de droit civil

Composition
Mmes et M. les Juges Klett, présidente, Corboz et Kiss.
Greffier: M. Carruzzo.

Participants à la procédure
X.________, représenté par Me Michel A. Halpérin,
recourant,

contre

Y.________, représenté par Me Xavier Mo Costabella,
intimé.

Objet
arbitrage interne,

recours en matière civile contre l'arrêt rendu le 11 décembre 2009 par la
Chambre civile de la Cour de justice du canton de Genève.

Faits:

A.
A.a Y.________, employé de banque de formation, a travaillé pendant vingt ans
pour le compte de la banque V.________. En 1986, il a créé, sous la raison
sociale W.________ SA, une société de gestion de fortune dont il est
l'actionnaire unique et l'administrateur délégué, avec signature individuelle.
Me A.________, avocat à Genève, préside le conseil d'administration de ladite
société qu'il engage, lui aussi, par sa signature individuelle. C.________,
titulaire de la signature collective à deux, est le directeur de W.________ SA.

X.________, ressortissant français âgé de quatre-vingt-deux ans, au bénéfice
d'un permis C et d'un forfait fiscal, réside dans le canton de Genève depuis
1993.

Les relations entre Y.________ et X.________ ont débuté vers la fin des années
1970, alors que le premier s'occupait de la clientèle privée de la banque
V.________ et que le second était un client de cet établissement bancaire.
D'abord exclusivement professionnelles, ces relations ont pris un tour amical
par la suite et Me A.________ y a été associé. Elles se sont détériorées en
2001 en raison d'un différend au sujet de la conduite d'une société exploitant
un manège dont Y.________ et X.________ étaient tous deux actionnaires. Un
incident concernant la vente d'un cheval y a mis un terme définitif en février
2005 et X.________ a transféré ses actifs auprès d'une banque privée à la fin
du mois suivant.
A.b Les explications quelque peu évasives des parties n'ont pas permis de
déterminer avec précision la manière dont les avoirs de X.________ ont été
gérés. Il en appert cependant que ce client, en homme d'affaires avisé,
expérimenté et diligent, doté d'une grande capacité d'analyse et ayant beaucoup
d'intuition en matière financière, suivait ses investissements de très près,
donnait des ordres de bourse, les contrôlait et en assurait le suivi. De ce
fait, W.________ SA, qui ne disposait pas de pouvoirs ad hoc, n'a pas exercé de
mandat de gestion sur les investissements du client en question, sous réserve
d'opérations portant sur des titres européens.
Outre des comptes personnels, notamment auprès de la banque Z.________,
X.________ a détenu ses avoirs par le truchement de diverses sociétés et
fondations, domiciliées principalement au Liechtenstein, dont il était l'ayant
droit économique. Il donnait ses instructions à W.________ SA et Me A.________,
administrateur des personnes morales titulaires des comptes bancaires, signait
les ordres de transfert relatifs auxdits comptes, tels qu'ils avaient été
préparés par la société précitée, sans les vérifier, c'est-à-dire en exerçant
ses fonctions de manière formelle. Quant à Y.________, il n'a jamais disposé
d'un pouvoir de retrait sur les comptes de X.________ ou ceux des sociétés dont
ce dernier était l'ayant droit économique.

Par souci de discrétion, X.________ a décidé, en 1995, de faire en sorte que le
paiement de ses charges courantes intervienne en liquide, après prélèvement des
sommes nécessaires sur les comptes de ces sociétés-là. Le système dit de
"l'enveloppe" a été mis sur pied à cet effet: X.________ donnait instruction à
Y.________ ou à C.________ de prélever la somme nécessaire aux paiements au
débit du compte de l'une ou l'autre desdites sociétés. C.________ préparait
alors les documents nécessaires, qui étaient remis à Me A.________ pour
signature, puis utilisés aux fins d'obtenir la remise des fonds par les
établissements bancaires. Lorsque les espèces arrivaient chez W.________ SA,
elles étaient utilisées pour payer les charges de X.________ (factures, ordres
permanents, intérêts hypothécaires) et le solde était mis dans une enveloppe
placée dans le coffre de ladite société. Un "carnet du laitier" tenu par cette
dernière retraçait, à tout le moins partiellement, l'utilisation des fonds de
X.________.

Y.________ a eu recours au système de l'enveloppe pour régler ses rapports de
compte courant avec X.________ et il prélevait les sommes correspondant à la
rémunération des services fournis par sa société sur les espèces conservées
dans l'enveloppe. Cependant, à partir de 2001 à tout le moins, ces prélèvements
ont été effectués avant même que le solde non utilisé des liquidités retirées
des comptes bancaires ne soit placé dans l'enveloppe. De son côté, le client
acceptait d'alimenter l'enveloppe sans vraiment être au courant du bien-fondé
des demandes qui lui étaient transmises à cette fin par les employés de
W.________ SA. Il n'en demeure pas moins qu'il n'a pas été correctement informé
par cette dernière de l'affectation des fonds prélevés sur les comptes des
sociétés dont il était l'ayant droit économique.
A.c De 1990 à 2005, X.________, grâce à ses relations privilégiées avec le
financier américain qui en est à l'origine, a investi dans les divers fonds ...
I à V, lancés et développés aux Etats-Unis afin d'opérer des placements dans le
domaine du Private Equity. Les rapports d'amitié qui les liaient alors l'ont
conduit à permettre à Y.________, entre autres personnes, de s'intéresser à ces
investissements prometteurs. Ce dernier a ainsi investi 150'000 USD dans ... I
et II, 200'000 USD dans ... III, 500'000 USD dans ... IV et 200'000 USD dans
... V. Les revenus tirés de ces placements ont été perçus par lui via le
système de l'enveloppe décrit plus haut.

Les parties divergent sur la nature des financements consentis par X.________ à
Y.________ afin qu'il puisse souscrire des parts des fonds .... Pour celui-là,
il ne se serait agi que d'avances remboursables tandis que, pour celui-ci, les
sommes mises à sa disposition l'auraient été à titre de donations.
Dès le 19 avril 2005, X.________ et Y.________ ont échangé divers courriers, le
premier voulant savoir comment le second avait financé ses investissements dans
les fonds .... Les informations et justifications fournies par le gérant de
fortune au sujet notamment des souscriptions et des très nombreuses
distributions qu'il avait effectuées dans le cadre des fonds ... ont été
considérées comme insuffisantes et incomplètes, voire inexactes, par
X.________. De fait, elles permettaient certes à celui-ci de mesurer
l'importance des souscriptions et, partant, des distributions dont avait
bénéficié Y.________, mais ne révélaient pas de manière complète la façon dont
ces dernières étaient versées à l'intéressé avant que le solde ne soit placé
dans l'enveloppe.
Postérieurement au différend survenu entre les parties au début de l'année 2005
(cf. let. A.a in fine ci-dessus), X.________ a chargé un avocat, Me B.________,
de récupérer ses dossiers auprès de W.________ SA et d'organiser le transfert
de ses avoirs.
A.d Me A.________, qui était très proche des deux parties, est intervenu pour
tenter de régler leur différend. A cet effet, il leur a soumis une convention,
rédigée par lui, que chacune d'elles a signé séparément, le 25 avril 2005, à
son étude.

Selon l'art. 1er de la convention du 25 avril 2005 (ci-après: la convention),
Y.________ acceptait de verser à X.________, à la signature de la convention,
la somme de 100'000 fr. De plus, il lui cédait l'ensemble de ses droits et des
distributions à venir, ainsi que ceux de C.________, dans les fonds ... III à
V, le tout sans reconnaissance d'une responsabilité quelconque. En vertu de
l'art. 2 de la convention, ce versement et cette cession étaient acceptés pour
solde de tout compte par X.________, les parties déclarant "n'avoir plus aucun
grief, ni aucune prétention de quelque nature à faire valoir l'une envers
l'autre". L'art. 3 de la convention réglait, sous l'angle des distributions et
des commissions, le cas des clients de W.________ SA ayant souscrit des parts
dans les fonds ... III à V par l'intermédiaire de X.________. La convention
incluait un accord de confidentialité (art. 4). Soumise au droit suisse, elle
disposait, en outre, que tout différend y relatif serait tranché par un arbitre
unique (art. 8).

Postérieurement à la signature de la convention, X.________ a mandaté des
experts pour tenter de reconstituer le flux des sommes investies dans les
divers fonds ... et des montants distribués par ceux-ci. L'un des experts
commis a indiqué ne pas avoir trouvé trace des versements qui auraient dû être
effectués par Y.________, via l'une des sociétés appartenant à X.________, pour
souscrire des parts des fonds ....
A.e En décembre 2005, Y.________ a initié une procédure arbitrale dirigée
contre X.________ à qui il reprochait de violer la convention. De son côté, le
défendeur a formulé une demande reconventionnelle en reddition de comptes. Un
arbitre unique a été désigné en la personne de Me D.________, avocat à Genève.

Sur le vu des pièces produites dans le cadre de cette procédure, X.________,
estimant avoir été trompé par Y.________, a déclaré invalider la convention par
courrier électronique du 5 septembre 2006.

Les parties ont alors requis l'arbitre unique de rendre une sentence partielle
sur la validité de la convention et sur la demande de reddition de comptes.

Statuant le 8 avril 2009, l'arbitre unique a rejeté ladite demande et constaté
la validité de la convention litigieuse après avoir exclu tout dol de
Y.________ et toute erreur essentielle de X.________ justifiant d'invalider cet
accord.

B.
Le 19 mai 2009, X.________ a interjeté un recours en nullité contre la sentence
arbitrale partielle.

Par arrêt du 11 décembre 2009, la Chambre civile de la Cour de justice du
canton de Genève a rejeté ce recours. Selon la cour cantonale, la convention
était destinée à régler de manière définitive les prétentions que X.________
aurait pu élever, le cas échéant, à l'encontre de Y.________ et de W.________
SA. Il s'agissait d'une transaction extrajudiciaire comportant une
reconnaissance négative de dette de la part de X.________, lequel renonçait à
établir l'étendue et la nature exactes desdites prétentions; cette transaction
incluait une renonciation qui pouvait être qualifiée de remise de dette
éventuelle. Les juges genevois ont estimé que l'arbitre unique n'était pas
tombé dans l'arbitraire en niant l'erreur essentielle sous l'empire de laquelle
X.________ avait prétendument signé la convention et le dol qui était censé
l'avoir induit à contracter. Sur le premier point, ils ont souligné que la
soi-disant victime avait choisi de donner quittance pour solde de tout compte à
l'autre partie bien qu'elle ne fût pas complètement informée et sût ne pas
l'être. Ils ont également relevé que l'erreur invoquée portait sur les points
incertains faisant l'objet même de la convention, de sorte que l'invalidation
de celle-ci était exclue quand bien même le recourant aurait découvert
ultérieurement des faits qui l'eussent dissuadé de signer pareille convention
s'il les avait connus en temps utile. S'agissant du dol, la cour cantonale a
tout d'abord exclu que Y.________ ait exercé des pressions sur X.________ pour
qu'il signe la convention. Elle a retenu ensuite que le recourant, du fait de
ses grandes compétences en matière financière, ne pouvait pas soutenir que rien
ne lui laissait supposer, au moment de signer la convention, que Y.________
avait peut-être commis des irrégularités qu'il voulait lui cacher, d'autant que
ce dernier n'avait pas donné suite à la demande du recourant tendant à obtenir
la preuve formelle du paiement des parts souscrites dans les fonds .... Pour le
surplus, la Cour de justice a considéré que l'arbitre unique avait expliqué de
manière suffisamment détaillée les motifs qui l'avaient conduit à exclure le
dol allégué par le recourant. Elle a enfin constaté que ce dernier ne remettait
pas en cause la sentence arbitrale en tant qu'elle rejetait sa demande de
reddition de comptes.

C.
Le 1er février 2009, X.________ a formé un recours en matière civile au
Tribunal fédéral en vue d'obtenir l'annulation tant de l'arrêt cantonal que de
la sentence arbitrale.

Y.________ conclut principalement à l'irrecevabilité du recours et,
subsidiairement, au rejet de celui-ci. La cour cantonale se réfère, quant à
elle, aux motifs énoncés dans son arrêt.

L'effet suspensif a été accordé au recours par ordonnance présidentielle du 26
février 2010.

Considérant en droit:

1.
Le Tribunal fédéral examine librement la recevabilité des recours qui lui sont
soumis (ATF 132 III 291 consid. 1).

1.1 Dans son mémoire, le recourant ne consacre pas une ligne à la nature
juridique de l'arrêt attaqué. Pourtant, il ne va pas de soi que celui-ci
constitue une décision sujette à recours, au sens des art. 90 ss LTF.

L'arrêt en question, dont la nature juridique ne diffère pas de celle de la
sentence formant l'objet du recours en nullité cantonal (cf. ATF 133 III 634
consid. 1.1 p. 635), n'est en tout cas pas une décision finale, dès lors qu'il
a été rendu dans le cadre d'une procédure arbitrale qui va se poursuivre, quel
que soit le sort réservé au présent recours.

Si la sentence arbitrale impliquait le rejet de la demande reconventionnelle
formée par le recourant, ledit arrêt devrait être considéré comme une décision
qui statue sur un objet dont le sort est indépendant de celui qui reste en
cause, c'est-à-dire comme une décision partielle visée par l'art. 91 let. a LTF
et susceptible de recours immédiat au Tribunal fédéral. Dans le cas contraire,
l'arrêt entrepris serait une décision préjudicielle, ne tombant pas sous le
coup de l'art. 92 LTF, qui ne pourrait faire l'objet d'un recours fédéral
qu'aux conditions de l'art. 93 al. 1 LTF (ATF 133 III 634).

En l'occurrence, le recourant a pris des conclusions reconventionnelles tendant
principalement à faire constater par l'arbitre unique qu'il a "valablement
invalidé" la convention, puis à obtenir une reddition de comptes complète de la
part de l'intimé ainsi que la condamnation de ce dernier au paiement de
diverses sommes. A titre subsidiaire, pour le cas où la convention serait
déclarée valable, il a requis l'arbitre unique de constater que le quitus y
figurant n'a qu'une portée limitée et, partant, d'ordonner à l'intimé de rendre
compte de l'utilisation faite par lui des liquidités qu'il lui avait confiées
ou avait confiées à W.________ SA entre le 1er janvier 1996 et le 31 mai 2005.
Dans le dispositif de sa sentence, l'arbitre unique a débouté le recourant de
toutes ses conclusions en annulation de la convention et en reddition de
comptes, réservant les conclusions des parties sur le fond du litige.
Interprété à la lumière des motifs qui l'éclairent et sur le vu des
explications fournies par le recourant dans son mémoire après enquêtes du 27
février 2009, ce dispositif signifie qu'aux yeux de l'arbitre unique, étant
donné la validité de la convention, le recourant n'est titulaire d'aucune
prétention envers l'intimé du chef de la gestion de ses avoirs par ce dernier
et/ou par W.________ SA antérieurement à la signature de la convention. Il
appert également de ce dispositif, rapproché des motifs qui l'étayent (cf. les
ch. 170 à 172 de la sentence), que l'arbitre unique a écarté la thèse du quitus
limité défendue par le recourant. En d'autres termes, la sentence attaquée
rejette, sinon formellement, du moins matériellement toutes les conclusions
reconventionnelles prises par le recourant. Elle constitue donc, sur ce point,
une décision partielle susceptible de recours en vertu de l'art. 91 let. a LTF.

1.2 L'arrêt attaqué a été rendue en matière civile (art. 72 al. 1 LTF) par une
autorité cantonale de dernière instance (art. 75 al. 1 LTF) dans une affaire
pécuniaire. La sentence arbitrale soumise à l'examen de cette autorité avait
trait à un différend dont la valeur litigieuse atteignait le seuil de 30'000
fr. fixé à l'art. 74 al. 1 let. b LTF pour la recevabilité du recours en
matière civile. Ayant pris part à la procédure devant l'autorité précédente, le
recourant, qui y a succombé, possède la qualité pour recourir (art. 76 al. 1
LTF). Comme il a déposé son mémoire en temps utile (art. 100 LTF en liaison
avec l'art. 46 al. 1 let. c LTF) et dans la forme prévue par la loi (art. 42
LTF), rien ne s'oppose à l'entrée en matière, sauf à réserver ici l'examen
ultérieur de la recevabilité des griefs formulés dans le recours.

1.3 Saisi d'un recours en matière civile, le Tribunal fédéral conduit son
raisonnement juridique sur la base des faits établis par l'autorité précédente
(art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en écarter que si les constatations de
l'autorité cantonale ont été établies de façon manifestement inexacte - notion
qui correspond à celle d'arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 134 V 53
consid. 4.3) - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al.
2 LTF), et pour autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur
le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Il appartient au recourant de soulever
expressément un grief à ce propos et de présenter une démonstration précise et
circonstanciée (art. 106 al. 2 LTF; ATF 134 II 244 consid. 2.2; 133 II 545
consid. 2.2).

S'agissant du droit, le Tribunal fédéral vérifie librement l'interprétation et
l'application des dispositions concordataires faites par l'autorité intimée
(art. 95 let. e LTF). Il examine, en particulier, avec une pleine cognition,
mais dans les limites des griefs formulés, si l'autorité cantonale a admis ou
rejeté à tort l'arbitraire au sens de l'art. 36 let. f du concordat
intercantonal sur l'arbitrage du 27 août 1969 [CA] (cf. ATF 119 II 380 consid.
3b p. 382; 112 Ia 350 consid. 1). Il ne faut, au surplus, pas perdre de vue que
le recours fédéral n'a pour objet que la seule décision rendue sur le recours
en nullité de l'art. 36 CA, à l'exclusion de la sentence arbitrale. Sont dès
lors irrecevables les griefs dirigés contre celle-ci (ATF 133 III 634 consid.
1.1.1).

2.
Le recourant, invoquant l'art. 36 let. f CA, reproche à la cour cantonale
d'avoir nié l'existence des vices du consentement (erreur essentielle et dol)
affectant la convention par suite d'une constatation arbitraire des faits
pertinents et d'une application insoutenable des règles de droit déterminantes.

2.1 Selon l'art. 36 let. f CA, la sentence arbitrale peut être attaquée en
nullité lorsqu'elle est arbitraire, parce qu'elle repose sur des constatations
manifestement contraires aux faits résultant du dossier ou parce qu'elle
constitue une violation évidente du droit ou de l'équité. La notion
concordataire de l'arbitraire correspond à celle développée par la
jurisprudence relative aux art. 4 aCst. et 9 Cst. (ATF 131 I 45 consid. 3.4).
S'agissant des faits, l'art. 36 let. f CA est même plus restrictif, puisque le
juge cantonal ne peut revoir la façon dont les arbitres ont apprécié les
preuves, mais doit se limiter à vérifier que les faits constatés ne sont pas
manifestement contraires au dossier (cf. ATF 131 I 45 consid. 3.6). Il va de
soi que le pouvoir d'examen du Tribunal fédéral, lorsqu'il statue sur un
recours en matière civile dirigé contre l'arrêt rendu sur un recours en
nullité, ne saurait être plus étendu que celui de l'autorité qui a rendu cet
arrêt (arrêt 4A_3/2009 du 20 mars 2009 consid. 4.2).

2.2 Comme l'intimé le souligne avec raison dans sa réponse, le présent recours
méconnaît largement les principes susmentionnés à tel point que la recevabilité
même des griefs qu'il contient est déjà sujette à caution. Aussi bien, le
recourant commence par exposer en détail, sur une dizaine de pages, les faits
qui lui semblent pertinents en se référant, à plusieurs reprises, à des pièces
figurant dans le dossier de l'arbitrage. En procédant de la sorte, il confond
le Tribunal fédéral avec une cour d'appel.

Ensuite, dans la partie intitulée "Discussion et droit" de son mémoire, le
recourant, ignorant derechef les principes rappelés plus haut, critique la
manière dont les preuves ont été appréciées par l'arbitre unique et reproche à
la cour cantonale de n'avoir pas sanctionné le résultat de cette
interprétation. Il n'est pas recevable à le faire.

Pour le surplus, le recourant cite textuellement de larges passages de son
recours en nullité cantonal et de la sentence attaquée, mélangeant de manière
inextricable les critiques formulées à l'encontre de celle-ci, qui sont
irrecevables, et les griefs qu'il adresse, de manière essentiellement
appellatoire au demeurant, à la cour cantonale. Il n'appartient pas au Tribunal
fédéral de tenter de démêler cet écheveau. Seuls seront, dès lors, examinés les
moyens recevables dirigés contre l'arrêt cantonal et susceptibles d'être
identifiés comme tels.
2.3
2.3.1 Le recourant se plaint, en premier lieu, de "l'arbitraire dans la
négation du dol" dont il a été victime. A cet égard, il se contente de
reproduire les pages 28 à 31 de son recours en nullité avant de conclure que la
version des faits retenue sur ce point par l'arbitre n'est pas digne de foi au
regard des faits établis par les pièces et les témoignages qu'il cite, si bien
que la sentence attaquée est entachée d'arbitraire. Dirigé, non pas contre
l'arrêt entrepris, mais contre la sentence elle-même, ce premier grief est
irrecevable.
2.3.2 Le recourant reproche ensuite à l'arbitre unique de n'avoir pas
suffisamment motivé, en fait et en droit, le refus d'admettre l'existence du
dol entachant la convention, contrairement aux exigences de l'art. 33 let. e
CA. Il fait grief à la Cour de justice d'avoir rejeté le moyen, fondé sur
l'art. 36 let. h CA, qu'il lui avait soumis de ce chef.
Le grief considéré n'est pas plus recevable que le précédent. En effet, le
recourant y reproche à l'arbitre unique, de manière toute générale, d'avoir
préféré la version présentée par l'intimé à la sienne sans justifier ce choix.
Or, il sied de le rappeler, la sentence arbitrale ne forme pas l'objet du
présent recours. Pour le surplus, affirmer, comme le fait le recourant, sans
indiquer le passage topique de l'arrêt cantonal, que "c'est à tort que la Cour
de justice a rejeté ce grief" ne constitue pas une formulation valable du grief
en question.
2.3.3 Le recourant soutient, par ailleurs, que le Tribunal arbitral a posé des
restrictions arbitraires à l'admission du dol en matière de transaction
judiciaire.

Dans la mesure où il s'en prend directement aux motifs énoncés dans la sentence
arbitrale, son grief est irrecevable.

En tant qu'il vise l'arrêt attaqué, le moyen est infondé. Autant que l'on
puisse comprendre les explications peu claires du recourant, la cour cantonale
aurait restreint l'admission du dol au seul cas de "tromperie sur des éléments
non litigieux et tenus pour certains par les parties", alors qu'il pourrait y
avoir dol même si l'erreur porte sur des éléments incertains (caput
controversum). On ne voit pas où le recourant veut en venir. Les juges genevois
ont admis que le recourant n'était pas dans l'erreur lorsqu'il a signé la
convention parce qu'il savait que l'intimé ne lui avait pas fourni tous les
renseignements requis, qu'il ne se fiait pas aux indications reçues et qu'il
envisageait la possibilité que le gérant de fortune ne lui ait pas dit toute la
vérité. Or, pour pouvoir se prévaloir du dol, la partie qui l'invoque doit être
dans l'erreur, quel que soit l'objet de celle-ci (cf. art. 28 al. 1 CO). Dès
lors, sur la base des faits constatés dans l'arrêt attaqué, que le recourant
tente en pure perte de remettre en cause, il n'apparaît pas que la cour
cantonale soit tombée dans l'arbitraire en niant l'existence d'un dol dans les
circonstances du cas concret.

Le recourant se plaint encore, dans ce contexte, de la violation des art. 27
CC, 20 al. 1 CO et 100 al. 1 CO. Cependant, hormis le fait que, de son propre
aveu, ce grief se confond avec le moyen qui vient d'être examiné, force est de
constater que les juges genevois n'ont pas examiné spécifiquement le cas sous
l'angle de ces dispositions-là, cela sans que le recourant ne leur en fasse
grief au titre du défaut de motivation de l'arrêt entrepris. Aussi n'y a-t-il
pas lieu d'examiner la violation alléguée.
2.3.4 Le dernier moyen soulevé par le recourant ne consiste que dans une
argumentation purement appellatoire visant à démontrer que l'intéressé aurait
signé la convention à la suite de pressions exercées sur sa personne et qu'il
ne l'aurait jamais fait s'il n'avait eu la certitude de pouvoir vérifier
ultérieurement la régularité des opérations effectuées au moyen de ses avoirs.
Tel qu'il est présenté, ce moyen apparaît en grande partie, voire totalement,
irrecevable. Il repose, en effet, sur une série d'affirmations, faites à la
page 24 du mémoire de recours, qui s'écartent des circonstances retenues dans
l'arrêt attaqué. En particulier, le recourant feint d'ignorer que, selon les
juges genevois, rien ne permet d'admettre que l'intimé aurait exercé des
pressions sur lui pour qu'il signe la convention. Qu'il ait pu croire, au
demeurant, que, nonobstant la signature de celle-ci, il pourrait procéder à des
vérifications ultérieures et, au besoin, remettre en cause cet accord
n'apparaît guère crédible sur le vu du texte de celui-ci et compte tenu de la
personnalité du signataire, à savoir un client doté de grandes capacités en
matière financière, exigeant, rigoureux et méfiant.

3.
Il suit de là que le présent recours ne peut qu'être rejeté dans la mesure de
sa recevabilité, elle-même déjà douteuse. Par conséquent, le recourant devra
payer les frais de la procédure fédérale (art. 66 al. 1 LTF) et indemniser son
adverse partie (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 8'000 fr., sont mis à la charge du recourant.

3.
Le recourant versera à l'intimé une indemnité de 9'000 fr. à titre de dépens.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux mandataires des parties et à la Chambre
civile de la Cour de justice du canton de Genève.

Lausanne, le 26 avril 2010

Au nom de la Ire Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse
La Présidente: Le Greffier:

Klett Carruzzo