Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
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Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.81/2011
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
5A_81/2011

Arrêt du 23 septembre 2011
IIe Cour de droit civil

Composition
Mme et MM. les Juges Hohl, Présidente,
Marazzi et von Werdt.
Greffière: Mme Jordan.

Participants à la procédure
A.________,
représenté par Me Kenny Blöchlinger, avocat,
recourant,

contre

dame A.________,
représentée par Me Pierre del Boca, avocat,
intimée.

Objet
modification du jugement de divorce,

recours contre l'arrêt de la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton
de Vaud du 21 décembre 2010.

Faits:

A.
Le 11 février 2004, le Tribunal d'arrondissement de Lausanne a prononcé le
divorce de A.________, né en 1940, de nationalité italienne, et de dame
A.________, née en 1959, de nationalité algérienne. A.________ a été astreint
au paiement d'une pension mensuelle de 1'800 fr., indexable et payable pendant
une durée de dix ans dès jugement définitif et exécutoire (ch. II et III). La
contribution a été arrêtée sur la base d'un revenu estimé du débirentier,
antiquaire indépendant, de 8'000 fr. par mois.
Statuant le 14 juillet 2004, la Chambre des recours du Tribunal cantonal
vaudois a approuvé le jugement de première instance sur cette dernière
question. Plus précisément, se fondant sur l'avis de l'expert, selon lequel la
comptabilité commerciale du mari n'était pas correcte et tout portait à croire
que les chiffres d'affaires annuels n'étaient pas entièrement comptabilisés,
elle a confirmé le montant de 8'000 fr.
Le jugement de divorce est devenu définitif et exécutoire le 4 décembre 2004.

B.
Par demande du 4 octobre 2005, A.________ a ouvert action en modification du
jugement de divorce. Il a conclu à être libéré de toute obligation d'entretien
en faveur de son ex-épouse dès le 1er octobre 2005.
Par jugement du 6 avril 2006, la procédure civile a été suspendue jusqu'à droit
connu sur la procédure pénale initiée par dame A.________ contre son ex-mari en
avril 2005. Au terme de celle-là, le 6 janvier 2009, le Tribunal de police de
Lausanne a condamné A.________ à 60 jours-amende, avec un délai d'épreuve de
deux ans, pour violation d'une obligation d'entretien. Le prononcé relève que
le condamné a renseigné avec peine les autorités sur sa situation économique et
qu'il a fallu des enquêtes pénales pour qu'il admette avoir souscrit deux
assurances-vie et posséder, outre une maison en Sicile, divers terrains
agricoles en indivision dont il avait soigneusement tu l'existence.
Après la reprise de l'instance, dans sa réponse du 24 mars 2009, dame
A.________ s'est opposée à la demande. Un échange d'écriture a encore eu lieu.
Le 26 mai 2010, le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne
a rejeté l'action en modification du jugement de divorce, motif pris qu'une
péjoration nouvelle, notable et durable de la situation économique de
A.________ n'était pas établie.
Le 21 décembre 2010, la Chambre des recours du Tribunal cantonal vaudois a
admis partiellement le recours interjeté par A.________. Admettant
partiellement la demande, elle a modifié le chiffre II du jugement de divorce
en ce sens que le débirentier a été condamné à verser une « contribution
d'entretien mensuelle de 1'800 fr. [...], réduite à 1'100 fr. [...] depuis le
1er octobre 2005 », payable d'avance et pour une durée de 10 ans dès jugement
définitif et exécutoire.

C.
Agissant le 28 janvier 2011, A.________ exerce un recours en matière civile au
Tribunal fédéral. Il conclut, principalement, à la suppression des aliments dès
le 1er octobre 2005 et à la condamnation de l'intimée aux dépens de première et
seconde instance cantonale. Il demande, subsidiairement, l'annulation de
l'arrêt cantonal et le renvoi de la cause pour nouvelle instruction et nouvelle
décision. Il sollicite en outre l'octroi de l'assistance judiciaire.
L'intimée et l'autorité cantonale n'ont pas été invitées à répondre.

Considérant en droit:

1.
Le recours, qui est dirigé contre une décision finale (art. 90 LTF), rendue en
matière civile (art. 72 al. 1 LTF), par l'autorité de dernière instance
cantonale (art. 75 al. 1 LTF), dans une cause de nature pécuniaire dont la
valeur litigieuse est supérieure à 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4,
art. 74 al. 1 let. b LTF), est recevable au regard de ces dispositions. Il a de
plus été interjeté en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), compte tenu des féries
de Noël (art. 46 al. 1 let. c LTF), par la partie qui a succombé dans ses
conclusions prises devant l'autorité précédente et qui a, par conséquent, la
qualité pour recourir (art. 76 al. 1 aLTF; ATF 133 III 421 consid. 1.1; cf.
art. 132 al. 1 LTF).

2.
2.1 Le recours en matière civile peut être formé pour violation du droit, tel
qu'il est délimité par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal fédéral applique le
droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans être lié ni par les motifs de la
juridiction précédente, ni par les moyens des parties (ATF 133 III 545 consid.
2.2 p. 550). Cependant, compte tenu des exigences de motivation posées, sous
peine d'irrecevabilité (art. 108 al. 1 let. b LTF), à l'art. 42 al. 2 LTF, il
n'examine en principe que les griefs soulevés; il n'est pas tenu de traiter, à
l'instar d'une autorité de première instance, toutes les questions juridiques
qui peuvent se poser lorsqu'elles ne sont plus discutées devant lui (ATF 133 IV
150 consid. 1.2 p. 151). Le Tribunal fédéral n'examine la violation de droits
constitutionnels que si ce grief a été dûment invoqué et motivé par le
recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-à-dire s'il a été expressément soulevé et
exposé d'une manière claire et détaillée (ATF 134 II 349 consid. 3 p. 351 et
les arrêts cités), les critiques de nature appellatoire étant irrecevables (ATF
133 III 589 consid. 2 p. 591 et les arrêts cités).

2.2 Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits retenus par l'autorité
précédente (art. 105 al. 1 LTF); il ne peut s'en écarter que si ces faits ont
été établis de façon manifestement inexacte - soit de manière arbitraire au
sens de l'art. 9 Cst. - ou en violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art.
105 al. 2 LTF). Le recourant qui entend s'écarter des constatations de la
juridiction cantonale doit exposer de manière circonstanciée en quoi les
exceptions prévues par l'art. 97 al. 1 LTF seraient réalisées, faute de quoi le
Tribunal fédéral ne saurait tenir compte d'un état de fait qui diverge de celui
figurant dans la décision attaquée (art. 105 al. 2 LTF; ATF 133 III 462 consid.
2.4 p. 466; 133 IV 150 consid. 1.3 p. 152).
De jurisprudence constante, lorsque la constatation des faits et l'appréciation
des preuves sont critiquées pour violation de l'art. 9 Cst., le Tribunal
fédéral se montre réservé avant d'annuler une décision, vu le large pouvoir
qu'il reconnaît dans ce domaine aux autorités cantonales (cf. notamment: ATF
120 Ia 31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399). Il n'intervient que
si l'autorité cantonale n'a manifestement pas compris le sens et la portée d'un
moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves
pertinentes ou a opéré, sur la base des éléments recueillis, des déductions
insoutenables (ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254; 129 I 8 consid. 2.1 p. 9;
134 V 53 consid. 4.3 p. 62) et si la décision se révèle en plus arbitraire dans
son résultat (art. 97 al. 1 in fine LTF; cf. ATF 133 I 149 consid. 3.1 p. 153;
133 II 257 consid. 5.1 p. 261; 133 III 462 consid. 4.4.1 p. 470). Ainsi, celui
qui se plaint d'arbitraire ne saurait se borner à critiquer la décision
attaquée comme il le ferait en procédure d'appel, où l'autorité de recours
jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter d'opposer
sa thèse à celle de l'autorité précédente, mais il doit démontrer, par une
argumentation précise, que cette décision se fonde sur une constatation des
faits et une appréciation des preuves manifestement insoutenables (ATF 133 II
396 consid. 3.2 p. 400); les critiques de nature appellatoire sont irrecevables
(ATF 133 III 589 consid. 2 p. 591 et les arrêts cités).

3.
La Chambre des recours a relevé que les divers jugements rendus (divorce,
action alimentaire, pénal et de première instance) ont fait état de la
situation économique particulièrement floue du recourant et du manque de
collaboration de celui-ci, ce qui avait conduit les autorités judiciaires
civiles à estimer les revenus de l'intéressé à 8'000 fr. au moment du divorce,
puis, compte tenu de la baisse générale des ventes dans le domaine des
antiquités, à 7'200 fr. par mois (dont 5'200 fr. à titre de l'activité
d'antiquaire) dans le cadre de l'action alimentaire du fils. Elle a par
ailleurs retenu que, depuis ce dernier prononcé, le recourant avait atteint
l'âge de la retraite et remis son commerce au mois de septembre 2005, tout en
admettant avoir continué à être actif dans le domaine. Il avait toutefois
racheté son magasin en 2007, lequel, contrairement à ses allégations, n'avait
pas été liquidé par l'office des poursuites du fait de la saisie ordonnée en
2006, les actes de défaut de biens délivrés en 2008 établissant que les objets
saisis n'avaient pas été réalisés.
Au vu de ces éléments, de l'âge du recourant et de son état de santé déficient,
l'autorité cantonale a admis que l'intéressé a réduit de manière sensible et
durable, dès le mois de septembre 2005, son activité d'antiquaire, élément qui
n'avait pas été pris en considération dans le jugement de divorce, de telle
sorte que les conditions d'application de l'art. 129 al. 1 CC étaient remplies.
S'agissant de l'ampleur de la modification induite par ce changement, elle a
considéré qu'elle ne pouvait s'en tenir aux seuls revenus découlant des rentes
perçues par le débirentier, mais se devait d'estimer à nouveau les ressources
que l'ex-mari tirait de son commerce d'antiquités. Le débirentier avait en
effet admis être demeuré actif dans le domaine après la remise de son magasin.
Les objets saisis en 2006 n'avaient par ailleurs pas été réalisés par l'office
des poursuites. En outre, le montant des rentes touchées était incompatible
avec les frais d'usage d'un véhicule haut de gamme, la modicité des revenus et
la fortune de sa soeur excluant que celle-ci les prenne en charge. Enfin, ni le
jugement pénal ni celui attaqué n'avaient permis d'éclaircir le flou de sa
situation financière et les indications fournies n'étaient pas fiables.
Cela étant, l'autorité cantonale a évalué les revenus mensuels du recourant à
2'600 fr., correspondant à la moitié du montant estimé dans le cadre de
l'action alimentaire du fils et au tiers environ de celui fixé lors du divorce,
auquel elle a ajouté les rentes (AVS, prestations complémentaires et rente
italienne), par 2'100 fr. en chiffre rond. Elle a ensuite relevé que les
ressources du recourant depuis la vente de son magasin en septembre 2005 (5'100
fr.) avaient diminué à raison de 36,25 % par rapport aux 8'000 fr. retenus par
le juge du divorce. Appliquant ce taux à la contribution litigieuse, elle a
jugé que celle-ci devait être réduite à la somme arrondie de 1'100 fr. Compte
tenu d'un revenu estimé à 5'100 fr., d'un minimum vital de 1'972 fr. et des 800
fr. dus pour l'entretien de son fils jusqu'au 31 juillet 2006 et de 500 fr.
jusqu'au 31 juillet 2007, la rente préservait le minimum vital dès lors qu'elle
laissait au recourant un disponible de 1'228 fr., respectivement de 1'528 fr.,
et de 2'028 fr. dès la fin de l'obligation d'entretien envers le fils.
S'agissant de la situation de l'intimée, la Chambre des recours a considéré que
sa situation ne s'est pas améliorée. En effet, le jugement de divorce lui avait
reconnu une capacité de contribuer à son entretien de 1'500 fr., correspondant
au gain généré par une activité partielle ou accessoire, mais il avait aussi
indiqué que, par la suite, elle pourrait soit augmenter son taux de travail,
soit percevoir une rente AI. La situation actuelle de l'intimée, qui exploitait
une galerie d'art depuis le mois de juillet 2006, sans que cette affaire ne
soit encore rentable selon les déclarations fiscales versées au dossier,
s'inscrivait dans les prévisions du jugement de divorce et ne pouvait donc
donner lieu à une modification de la contribution en application de l'art. 129
al. 1 CC.

4.
Le recourant prétend que l'autorité cantonale a arbitrairement retenu que le
juge du divorce s'était fondé sur un revenu de 8'000 fr. lors de la fixation de
la rente en faveur de l'intimée. Il se réfère à un extrait du jugement de
divorce cité dans l'arrêt attaqué dont il déduit que ses ressources avaient
alors été arrêtées à 10'150 fr. (8'000 fr. [revenu hypothétique] + 2'150 fr.
[rentes AVS]).
Une telle argumentation procède manifestement d'une mauvaise compréhension du
jugement de divorce. Certes, celui-ci mentionnait que le recourant atteindrait
l'âge de la retraite en 2005 et percevrait dès lors une rente AVS en plus du
revenu de son commerce. Cette considération doit toutefois être comprise comme
une façon d'indiquer que la situation du recourant allait s'améliorer à
l'avenir. Elle ne signifie pas que le juge du divorce aurait fondé son calcul
sur le montant cumulé du revenu estimé et de la rente AVS, dont la perception
était de toute façon un fait futur. Il suffit de se référer aux considérations
de l'arrêt du 14 juillet 2004 de la Chambre des recours qui a confirmé le
jugement de divorce. Celles-là font en effet état d'un « disponible » de 6'200
fr. en faveur du débirentier, montant qui résulte à l'évidence de la différence
entre les revenus estimés à 8'000 fr. et la contribution d'entretien de 1'800
fr. due à l'ex-épouse.

5.
Le recourant reproche à la Chambre des recours d'avoir exigé de lui la preuve -
impossible - de l'inexistence de toute ressource occulte, en violation de
l'art. 8 CC.

5.1 Aux termes de l'art. 8 CC, chaque partie doit, si la loi ne prescrit le
contraire, prouver les faits qu'elle allègue pour en déduire son droit. Pour
tout le domaine du droit civil fédéral, la loi réglemente non seulement la
répartition du fardeau de la preuve mais aussi les conséquences de l'absence de
preuve (ATF 114 II 289 consid. 2a p. 290). Un droit à la preuve et à la
contre-preuve est également déduit de l'art. 8 CC (ATF 129 III 18 consid. 2.6
p. 24). Le juge enfreint en particulier l'art. 8 CC s'il tient pour exactes les
allégations non prouvées d'une partie, nonobstant leur contestation par
l'autre, ou s'il refuse toute administration de preuve sur des faits pertinents
en droit (ATF 130 III 591 consid. 5.4 p. 601; 114 II 289 consid. 2a p. 290; ATF
105 II 143 consid. 6a/aa p. 144). En présence de deux affirmations opposées des
parties, les juridictions cantonales ne sauraient dès lors admettre celle qui
leur paraît la plus plausible, sans avoir fait administrer des preuves, ne
fût-ce que par des indices ou par l'interrogatoire des parties (ATF 71 II 127).
En revanche, l'art. 8 CC ne régit pas l'appréciation des preuves, de sorte
qu'il ne prescrit pas quelles sont les mesures probatoires qui doivent être
ordonnées (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 522), ni ne dicte au juge comment
forger sa conviction (ATF 128 III 22 consid. 2d p. 25; 127 III 248 consid. 3a
p. 253, 519 consid. 2a p. 521).

5.2 En l'espèce, la Chambre des recours a admis que le débirentier a réduit de
manière sensible et durable dès le mois de septembre 2005 son activité
d'antiquaire, circonstance qui n'avait pas été prise en considération lors du
divorce. Alors que le recourant alléguait n'avoir pas d'autres sources de
revenus que ses rentes depuis cette date, elle a jugé, sur la base de divers
éléments, qu'il avait en fait poursuivi son activité dans le domaine des
antiquités dont il tirait des revenus qu'elle a estimés à 2'600 fr. Lorsque
l'autorité procède ainsi à la détermination du revenu d'une personne en
appréciant les indices concrets à sa disposition, elle détermine son revenu
effectif ou réel; il s'agit d'une question de fait qui ressortit à
l'appréciation des preuves (ATF 128 III 4 consid. 4; arrêt 5A_840/2010 du 31
mai 2011 consid. 4.1.1; 5A_795/2010 du 4 février 2011 consid. 3.2), et non à
l'art. 8 CC.

6.
Selon le recourant, en retenant un revenu accessoire de 3'000 fr. (2'600 fr.
[revenu de l'activité d'antiquaire] + 400 fr. [revenu de la fortune
immobilière]), la Chambre des recours serait tombée dans l'arbitraire.

6.1 Il soutient d'abord que, vu les faits constatés, il est insoutenable de lui
imputer 2'600 fr. à titre de revenu provenant d'une activité d'antiquaire.
6.1.1 En l'espèce, la Chambre des recours a admis que, même si le recourant
avait atteint l'âge de la retraite et remis son commerce en septembre 2005, il
avait continué à être actif dans le domaine des antiquités. Elle s'est fondée
sur les considérants du jugement du Tribunal de police de l'arrondissement de
Lausanne du 6 janvier 2009 faisant état d'une déclaration en ce sens du
recourant. Elle s'est également référée au fait que ce dernier avait racheté
son magasin en 2007, lequel, contrairement à ses allégations, n'avait pas été
liquidé par l'office des poursuites à la suite de la saisie ordonnée en 2006,
les actes de défaut de biens délivrés en 2008 établissant que les objets saisis
n'avaient pas été réalisés. Elle a en outre estimé que les rentes perçues par
le recourant (1'666 fr. en 2005; 1'999 fr. en 2006; 2'041 fr. en 2007 et 2008)
étaient « incompatibles » avec les frais d'usage d'un véhicule haut de gamme,
la modicité des revenus et la fortune de la soeur excluant que celle-ci les ait
pris en charge.
Partant de ce constat, et dès lors que ni le jugement pénal ni le jugement
attaqué n'avaient permis d'éclaircir le flou de la situation économique de
l'intéressé et vu le manque de fiabilité constant des indications fournies,
elle a apprécié à nouveau le revenu du recourant qu'elle a fixé à la moitié du
montant arrêté dans le cadre de l'action alimentaire de l'enfant (5'200 fr.) et
au tiers de celui retenu par le juge du divorce (8'000 fr.), soit 2'600 fr.
6.1.2 Le recourant oppose d'une part qu'il est arbitraire de retenir qu'il a
continué à être actif dans le domaine des antiquités à partir de septembre
2005. Si elles peuvent sembler quelque peu « décousues », les considérations de
l'autorité cantonale ne sauraient toutefois être qualifiées d'insoutenables
dans leur résultat. Il est établi qu'en mars 2007, le recourant a racheté le
commerce qu'il avait remis en septembre 2005. De son propre aveu, il avait,
dans l'intervalle, vendu des objets pour environ 10'000 fr. La critique selon
laquelle la cour cantonale aurait, sur ce point, mal compris le contexte dans
lequel le jugement du Tribunal de police du 6 janvier 2009 a retenu cette
déclaration est sans pertinence. Les explications que le recourant donne à cet
égard ne résultent en effet pas de ce prononcé, lequel se borne à relever que «
de son propre aveu, l'accusé a encore vendu des meubles et des bibelots pour
quelque CHF 10'000 pendant le temps où il avait cédé son commerce de brocante
». Par ailleurs, si les biens garnissant le magasin ont fait l'objet d'une
saisie en 2006, ils n'ont toutefois pas été réalisés, de telle sorte que le
recourant a pu les récupérer et en faire usage. Que la réalisation n'ait pas eu
lieu parce qu'il aurait été « déraisonnable » d'y procéder - pour autant que
tel ait été vraiment le cas - ne s'oppose pas à une telle conclusion et, en
tous les cas, n'infirme pas la constatation de la cour cantonale selon laquelle
le commerce n'a pas été réalisé par l'office des poursuites, ainsi que le
recourant l'alléguait. Il est en outre patent que, si les rentes que ce dernier
perçoit (1'666 fr. en 2005; 1'999 fr. en 2006; 2'041 en 2007 et 2008) lui
permettent de couvrir ses charges incompressibles (1'972 fr.: 1'100 fr. montant
de base, 628 fr. loyer, 244 fr. prime d'assurance-maladie), elles lui laissent
un disponible (70 fr.) qui s'accommode mal avec les frais d'usage d'un véhicule
de marque Mercedes E430, que le recourant chiffre lui-même à un maximum de
1'500 fr. par an, soit 125 fr. par mois, montant dont il n'était par ailleurs
pas insoutenable de considérer qu'il ne pouvait être pris en charge par la
soeur du recourant. Il résulte de l'arrêt entrepris que celle-là a déclaré un
revenu imposable de moins de 14'000 fr. par an. Dans une telle situation, il
est hautement improbable qu'elle ait pu acquérir une voiture de ce type, même à
un prix de moins de 5'000 fr., ainsi que le prétend le recourant, et en assumer
les frais d'usage susmentionnés. Enfin, s'il résulte de l'arrêt attaqué que le
recourant a souffert d'un état anxio-dépressif, le certificat médical qui en
atteste date du mois d'août 2007 et n'établit pas une incapacité de travail
totale. Pour conclure, le seul critère de l'âge ne constitue pas un motif
suffisant permettant de retenir que le recourant n'exerce plus aucune activité
dans le domaine des antiquités.
6.1.3 Le recourant prétend d'autre part qu'il est insoutenable de considérer
que l'exercice d'une telle activité lui rapporte mensuellement 2'600 fr.
Vu le manque de collaboration du recourant dans les différentes procédures
ainsi que le manque de fiabilité des indications fournies, la Chambre des
recours a jugé qu'elle devait à nouveau procéder à une estimation du revenu
litigieux qu'elle a arrêté à la moitié du montant retenu dans le cadre de
l'action alimentaire de l'enfant (5'200 fr.) et au tiers de celui admis par le
juge du divorce (8'000 fr.), soit 2'600 fr.
Cette appréciation - certes succincte - résiste à l'examen. Il est patent que
le recourant a renseigné avec peine les autorités sur sa situation économique
et qu'il a notamment fallu des enquêtes pénales pour qu'il admette l'existence
de deux assurances-vie et de divers terrains agricoles en Sicile. Tant le
jugement de divorce que celui rendu dans le cadre de l'action alimentaire
intentée par le fils et celui du Tribunal de police du 6 janvier 2009 font en
effet état de la difficulté d'établir les revenus réels du recourant et du
manque de collaboration de celui-ci. Dans de telles circonstances, l'autorité
cantonale pouvait sans arbitraire se limiter à une estimation du revenu tiré de
l'activité constatée. Lors de l'appréciation des preuves, le juge peut en effet
se prononcer sur le résultat de la collaboration de la partie et tirer les
conséquences d'un refus de collaborer à l'administration de la preuve. Celui-ci
peut ainsi avoir pour conséquence de le convaincre de la fausseté complète ou
partielle des allégations de celui qui refuse de renseigner et, par conséquent,
de l'amener à croire les indications de l'autre partie, sans qu'il soit, au
demeurant, question d'un quelconque renversement du fardeau de la preuve (cf.
ATF 118 II 27 consid. 3 p. 28/29; cf. arrêt 5A_251/2008 du 6 novembre 2008
consid. 4.5; 5C. 123/2006 du 29 mars 2007 consid. 4, publié en extrait à la
FamPra.ch 2007 p. 669; 4P.196/2005 du 10 février 2006 consid. 5.2 in fine;
4C.48/1988 du 22 juin 1989 consid. 2a, reproduit aux JdT 1991 II 190).
Au demeurant, les arguments que le recourant avance pour infirmer le chiffre
retenu par la cour cantonale n'en démontrent pas l'arbitraire. Il est d'abord
étonnant qu'après avoir tenté de critiquer le fait qu'il n'a vendu que pour
10'000 fr. d'objets durant les dix-huit mois qui se sont écoulés entre la
remise et le rachat de son commerce (cf. supra, consid. 6.1.2), il s'en prévale
ici. Quoi qu'il en soit, une telle circonstance n'est pas pertinente dans la
mesure où elle se rapporte à la période où le recourant ne disposait plus de
son magasin. Elle ne peut constituer que l'indice de la poursuite d'une
activité dans le domaine des antiquités en dépit de la remise de celui-ci (cf.
supra, consid. 6.1.2). Elle ne saurait être invoquée pour contester le montant
retenu à titre de revenu. C'est aussi en vain que le recourant affirme que,
s'il a pu récupérer les objets saisis en 2006, il est « irréaliste » de
considérer qu'il peut obtenir de leur vente 2'600 fr. par mois, dès lors que
ces biens, estimés au moment de la saisie à 20'750 fr., ont vu leur valeur
encore baisser dans les deux années suivantes et n'ont pas été réalisés par
l'office des poursuites en raison du caractère « déraisonnable » d'une telle
vente et qu'ils doivent être remplacés par d'autres de même prix lorsqu'ils
sont vendus, ce qui écarte d'emblée la possibilité d'un bénéfice. Ce faisant,
il semble méconnaître que le procès-verbal de saisie ne fait état que des biens
dont la saisie est nécessaire pour satisfaire les créanciers saisissants, en
capital, intérêts et frais (art. 97 al. 2 LP). Il n'exclut ainsi pas
l'existence d'autres objets. S'agissant de ce dernier point, l'arrêt entrepris
constate d'ailleurs qu'aux dires d'un témoin lui-même actif dans le commerce de
l'art, la valeur des biens offerts à la vente au moment de la remise du
commerce en 2005, pouvait être estimée à un minimum de 100'000 fr. Pour le
surplus, il n'indique nullement - et il ne ressort pas non plus des pièces
déposées - que la réalisation des biens saisis n'a pas eu lieu parce qu'elle
aurait été jugée « déraisonnable » par l'office. Le recourant soutient encore
inutilement que, s'il disposait d'un revenu de 2'600 fr., le montant des
prestations complémentaires qu'il perçoit ne pourrait être ce qu'il est. Il
perd en effet de vue que ce montant dépend non seulement des revenus
déterminants, dans lesquels sont compris notamment les deux tiers des
ressources en espèces ou en nature provenant de l'exercice d'une activité
lucrative, pour autant qu'elles excèdent annuellement 1'000 fr. pour les
personnes seules (art. 11 al. 1 let. a de la loi fédérale sur les prestations
complémentaires à l'AVS et à l'AI; LPC; RS 831.30), mais aussi des dépenses
reconnues (art. 9 al. 1 et 10 LPC). On ne saurait dès lors inférer du seul fait
qu'il touche actuellement une certaine somme à ce titre que ses revenus
accessoires ne devraient théoriquement pas dépasser 1'000 fr. par an, soit 80
fr. par mois.

6.2 Selon le recourant, il est par ailleurs insoutenable de lui imputer 400 fr.
à titre de revenu de sa fortune immobilière. Aucun élément ne permettrait de
retenir un tel montant. En particulier, rien ne pourrait être déduit du passage
du jugement de première instance retranscrit dans l'arrêt entrepris et du
complément de l'état de fait. Il taxe le chiffre arrêté par la Chambre des
recours de fantaisiste, en contradiction avec les extraits du cadastre italien
et la décision de prestations complémentaires AVS.
Ce dernier document retient certes, sous la rubrique « rendement de la fortune
immobilière », 1'381 fr. par an (pièces 25, bordereau II du demandeur du 12
janvier 2010). De l'aveu même du recourant, ce montant correspond toutefois à 5
% de la valeur fiscale (35'790.30 EUR) de l'immeuble qu'il utilise et dont il
partage la propriété avec son frère, convertie en francs suisses et divisée par
deux pour tenir compte de la situation de copropriété. Il se rapporte ainsi à
un seul bien, alors que l'estimation de l'autorité cantonale s'étend à
l'ensemble de la fortune immobilière du recourant, qui est composée - selon
l'arrêt entrepris qui n'est, sur ce point, pas contesté conformément aux
exigences (supra, consid. 2.2) - non seulement de ce terrain bâti en propriété
indivise, mais aussi d'un autre bien-fonds bâti et de deux parcelles non
construites. Les chiffres sur lesquels se fonde le recourant correspondent par
ailleurs à des valeurs ou rendements fiscaux qui ne sont pas pertinents
lorsqu'il s'agit de déterminer le rendement de la fortune immobilière. Cela
étant, et compte tenu du manque de collaboration du recourant, qui n'a admis
l'existence de ses divers terrains agricoles qu'au terme des enquêtes pénales,
le montant de 400 fr. n'apparaît pas insoutenable.

7.
Le recourant reproche à la Chambre des recours d'avoir « arbitrairement » nié
que la situation économique de l'intimée s'est améliorée depuis le divorce. En
bref, il soutient que l'exploitation par son ex-femme d'une galerie d'art
depuis le mois de juillet 2006 signifie que celle-là a récupéré sa pleine
capacité de travail.
Cette critique n'est pas fondée. L'autorité cantonale pouvait considérer, sans
violer le droit fédéral, que la situation actuelle de l'intimée qui exploite
une galerie d'art depuis le mois de juillet 2006, sans que cette affaire ne
soit encore rentable selon les déclarations fiscales versées au dossier,
s'inscrit dans les prévisions du jugement de divorce et ne peut ainsi donner
lieu à une modification de la contribution en application de l'art. 129 CC. Le
juge du divorce avait en effet reconnu à l'intimée une capacité de contribuer à
son entretien de 1'500 fr., correspondant au gain généré par une activité
partielle ou accessoire ainsi que le droit de percevoir une rente permettant
d'assurer son entretien convenable pendant dix ans, le temps qu'elle retrouve
une capacité de gain entière en cas d'amélioration de sa santé ou obtienne une
rente AI si celle-ci devait se détériorer. En l'espèce, il est constant que
l'intimée exploite depuis 2007 une galerie d'art sans que cette affaire ne soit
encore rentable, de telle sorte qu'elle ne réalise même pas le minimum de 1'500
fr. pronostiqué au moment du divorce, sans que l'on puisse par ailleurs lui
reprocher de ne pas avoir fait les efforts que l'on pouvait raisonnablement
exiger d'elle. En tous les cas, aucun fait - qu'il appartenait au recourant
d'établir - ne permet de le considérer.

8.
Vu ce qui précède, le recours doit être rejeté dans la mesure où il est
recevable. Comme il était par ailleurs dénué de chances de succès, la requête
d'assistance judiciaire du recourant doit être rejetée (art. 64 al. 1 LTF). Le
recourant, qui succombe, supportera les frais de la procédure (art. 66 al. 1
LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à l'intimée qui n'a pas été invitée
à répondre (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
La demande d'assistance judiciaire du recourant est rejetée.

3.
Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge du recourant.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre des recours du
Tribunal cantonal du canton de Vaud.

Lausanne, le 23 septembre 2011
Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse

La Présidente: Hohl

La Greffière: Jordan