Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

Strafrechtliche Abteilung, Beschwerde in Strafsachen 6B.297/2015
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

[8frIR2ALAGK1]     
{T 0/2}
                   
6B_297/2015

Arrêt du 24 juin 2015

Cour de droit pénal

Composition
Mme la Juge fédérale Jacquemoud-Rossari,
en qualité de juge unique.
Greffière : Bichovsky Suligoj.

Participants à la procédure
X.________, représentée par Me Marc Lironi, avocat,
recourante,

contre

1. Ministère public de la République et canton de Genève, route de Chancy 6B,
1213 Petit-Lancy,
2. A.________, représenté par Me Marc Bellon, avocat,
intimés.

Objet
Ordonnance de non-entrée en matière (injure et menaces),

recours contre l'arrêt de la Cour de justice de la République et canton de
Genève, Chambre pénale de recours, du 18 février 2015.

Considérant en fait et en droit :

1. 
Par ordonnance du 12 juin 2014, le Ministère public du canton de Genève a
refusé d'entrer en matière au sujet de la plainte pénale déposée par X.________
contre A.________ pour injure et menaces. Par arrêt du 18 février 2015, la
Chambre pénale de recours de la République et canton de Genève a rejeté le
recours formé par X.________ et confirmé l'ordonnance querellée.

2. 
X.________ interjette un recours en matière pénale au Tribunal fédéral contre
cet arrêt. Elle conclut, avec suite de frais et dépens, à son annulation,
respectivement à l'annulation de l'ordonnance de non-entrée en matière et au
renvoi de la cause au Ministère public pour qu'il ouvre une instruction
formelle au sens de l'art. 309 al. 1 CPP pour injure et menaces, et qu'il lui
soit fait interdiction d'approcher la recourante et sa fille ainsi que leur
domicile dans un rayon de 500 mètres. Elle requiert en outre le bénéfice de
l'assistance judiciaire.

3. 
Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours
qui lui sont soumis (ATF 139 III 252 consid. 1.1 p. 252).

3.1. Selon l'art. 81 al. 1 let. a et b ch. 5 LTF, la partie plaignante qui a
participé à la procédure de dernière instance cantonale est habilitée à
recourir au Tribunal fédéral, si la décision attaquée peut avoir des effets sur
le jugement de ses prétentions civiles. Constituent de telles prétentions
celles qui sont fondées sur le droit civil et doivent en conséquence être
déduites ordinairement devant les tribunaux civils. Il s'agit principalement
des prétentions en réparation du dommage et du tort moral au sens des art. 41
ss CO, mais aussi celles qui visent toute satisfaction ou protection offerte
par le droit privé (ATF 127 IV 185 consid. 1a p. 187). En particulier,
l'allocation d'une indemnité pour tort moral fondée sur l'art. 49 al. 1 CO
suppose que l'atteinte présente une certaine gravité objective et qu'elle ait
été ressentie par la victime, subjectivement, comme une souffrance morale
suffisamment forte pour qu'il apparaisse légitime qu'une personne, dans ces
circonstances, s'adresse au juge pour obtenir réparation (ATF 131 III 26
consid. 12.1 p. 29; arrêt 1B_648/2012 du 11 juillet 2013 consid. 1.2).
Selon l'art. 42 al. 1 LTF, il incombe au recourant d'alléguer les faits qu'il
considère comme propres à fonder sa qualité pour recourir (ATF 138 III 537
consid. 1.2 p. 539; 133 II 353 consid. 1 p. 356). Lorsque le recours est dirigé
contre une décision de non-entrée en matière ou de classement de l'action
pénale, la partie plaignante n'a pas nécessairement déjà pris des conclusions
civiles (ATF 137 IV 246 consid. 1.3.1 p. 248). Quand bien même la partie
plaignante aurait déjà déclaré des conclusions civiles (cf. art. 119 al. 2 let.
b CPP), il n'en reste pas moins que le procureur qui refuse d'entrer en matière
ou prononce un classement n'a pas à statuer sur l'aspect civil (cf. art. 320
al. 3 CPP). Dans tous les cas, il incombe par conséquent à la partie plaignante
d'expliquer dans son mémoire au Tribunal fédéral quelles prétentions civiles
elle entend faire valoir contre l'intimé. Comme il n'appartient pas à la partie
plaignante de se substituer au Ministère public ou d'assouvir une soif de
vengeance, la jurisprudence entend se montrer restrictive et stricte, de sorte
que le Tribunal fédéral n'entre en matière que s'il ressort de façon
suffisamment précise de la motivation du recours que les conditions précitées
sont réalisées, à moins que l'on puisse le déduire directement et sans
ambiguïté compte tenu notamment de la nature de l'infraction alléguée (ATF 141
IV 1 consid. 1.1 p. 4 s., 137 IV 219 consid. 2.4 p. 222 s.).

Indépendamment des conditions posées par cette disposition, la partie
recourante est aussi habilitée à se plaindre d'une violation de ses droits de
partie équivalant à un déni de justice formel, sans toutefois pouvoir faire
valoir par ce biais, même indirectement, des moyens qui ne peuvent être séparés
du fond (cf. ATF 141 IV 1 consid. 1.1 p. 5 et les références citées).

3.2. En l'espèce, la recourante ne consacre aucun développement à la question
des prétentions civiles dans son mémoire de recours, se limitant à indiquer
qu'elle formulera ultérieurement des conclusions civiles en indemnité pour tort
moral ainsi que pour le dommage subi en raison de l'impact des agissements de
l'intimé sur elle et sa fille, respectivement de sa peur constante. Pareille
déclaration, nullement étayée, ne permet pas de comprendre en quoi résiderait
le dommage résultant des infractions dénoncées. Elle ne suffit pas non plus à
comprendre en quoi l'atteinte subie serait suffisamment grave, ni en quoi sa
souffrance serait assez forte pour justifier une réparation en tort moral.
L'absence de tout développement sur ces différents points exclut sa qualité
pour recourir en application de l'art. 81 al. 1 let. b ch. 5 LTF.

3.3. Pour le surplus, la recourante ne fait valoir aucune violation de ses
droits procéduraux.

3.4. Le motif d'irrecevabilité est manifeste. Le recours doit être écarté en
application de l'art. 108 al. 1 let. a LTF.

4. 
Comme les conclusions du recours étaient dépourvues de chances de succès,
l'assistance judiciaire ne peut être accordée (art. 64 al. 1 LTF). La
recourante devra supporter les frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF), dont le
montant sera toutefois arrêté en tenant compte de sa situation financière
laquelle n'apparaît pas favorable (art. 65 al. 2 LTF).

Par ces motifs, la Juge unique prononce :

1. 
Le recours est irrecevable.

2. 
La requête d'assistance judiciaire est rejetée.

3. 
Les frais judiciaires, arrêtés à 500 fr., sont mis à charge de la recourante.

4. 
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour de justice de la
République et canton de Genève, Chambre pénale de recours.

Lausanne, le 24 juin 2015

Au nom de la Cour de droit pénal
du Tribunal fédéral suisse

La Juge unique : Jacquemoud-Rossari

La Greffière : Bichovsky Suligoj

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