Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

Strafrechtliche Abteilung, Beschwerde in Strafsachen 6B.812/2015
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

[8frIR2ALAGK1]     
{T 0/2}
                   
6B_812/2015

Arrêt du 16 juin 2016

Cour de droit pénal

Composition
MM. et Mmes les Juges fédéraux Denys, Président, Jacquemoud-Rossari,
Oberholzer, Rüedi et Jametti.
Greffier : M. Vallat.

Participants à la procédure
X.________,
représenté par Me Stefan Disch, avocat,
recourant,

contre

Ministère public central du canton de Vaud,
intimé.

Objet
Fixation de la peine (meurtre); arbitraire,

recours contre le jugement de la Cour d'appel pénale
du Tribunal cantonal du canton de Vaud du 8 juin 2015.

Faits :

A. 
A Lausanne, dans la nuit du 3 au 4 août 2012, vers 05h15 et après avoir passé
la nuit dans différentes discothèques situées dans le quartier du Flon,
X.________, né le *** 1994, a retrouvé A.________, B.________, C.________ et
D.________ devant le parking situé à l'est du Grand-Pont, au niveau de la place
de l'Europe. X.________ et A.________ avaient consommé de la cocaïne ainsi
qu'une importante quantité d'alcool durant la soirée. B.________, qui avait
également consommé une grande quantité de vodka et se trouvait appuyé à un
poteau de signalisation pour fumer une cigarette, a été rejoint par E.________,
lequel était aussi sous l'influence de l'alcool. Celui-ci a interpellé celui-là
au sujet d'un briquet pour allumer une cigarette. B.________ et E.________ se
sont ensuite provoqués, le premier ne voulant pas donner du feu au second.
X.________, A.________ et C.________ se sont approchés, de même que D.________.
X.________ s'est placé à la gauche de B.________, face au groupe, et a sorti un
couteau, lame ouverte, du sac qu'il portait en bandoulière. D.________ lui a
demandé de ranger son arme avant de quitter les lieux. X.________ a toutefois
gardé le couteau dans sa main droite, la lame à l'opposé du pouce,
perpendiculairement à l'auriculaire. F.________, qui se trouvait sous les
arches du Grand-Pont en compagnie de son cousin, E.________, et d'autres amis,
s'est approché en proférant des propos qui ont été compris comme étant
menaçants par X.________ et apaisants par les amis présents de F.________. A ce
moment, X.________ a sauté sur F.________ lui assénant à tout le moins un coup
de couteau de haut en bas au niveau du thorax. La victime a reculé et a heurté
deux caissettes à journaux sises aux pieds des arches du Grand-Pont. X.________
lui a alors porté plusieurs autres coups de couteau de haut en bas. Sous la
force des coups, F.________ a reculé et est tombé sur le dos devant une voiture
régulièrement parquée. Alors qu'il était à terre et qu'il tentait de se
protéger avec ses mains en criant " stop, stop, arrête, arrête ", X.________ a
encore asséné à F.________ deux ou trois coups de couteau de haut en bas. De la
douzaine de coups de couteau portés par X.________, cinq ont atteint la
victime: un au thorax au niveau du coeur, un au niveau du biceps droit, deux à
l'avant-bras droit et un à la main gauche.

F.________ s'est relevé, a traversé les arches du Grand-Pont en marchant pour
s'écrouler à la place de l'Europe, à la hauteur de l'entrée du métro M2. Il est
décédé sur les lieux d'une tamponnade cardiaque ainsi que d'une déplétion
sanguine, secondaire à une plaie thoraco-abdominale.

Après les faits, X.________, B.________ et A.________ ont pris la fuite en
courant puis à bord d'un taxi. X.________, après avoir pris contact avec ses
parents et rencontré son ancien professeur de boxe, gendarme en congé, lequel
l'a amené à se rendre, a été interpellé à 18h15 à la place du Tunnel à
Lausanne.

Par jugement du 23 janvier 2015, le Tribunal criminel de l'arrondissement de
Lausanne a notamment constaté que X.________, jugé à côté de deux co-accusés,
s'était rendu coupable de meurtre et de contravention à la loi fédérale sur les
stupéfiants et l'a condamné à 14 ans de privation de liberté, sous déduction de
la détention avant jugement ainsi qu'à 300 fr. d'amende (peine de substitution
de 3 jours de privation de liberté).

B. 
Saisie, notamment, d'un appel de X.________, la Cour d'appel pénale du Tribunal
cantonal vaudois l'a rejeté, par jugement du 8 juin 2015. Pour l'essentiel, ce
jugement sur appel repose, en ce qui concerne la condamnation du recourant pour
meurtre et outre les faits relatés ci-dessus, sur les éléments pertinents
suivants.

B.a. X.________ est né à G.________. A l'âge de huit ans, il a débuté la boxe
anglaise et a obtenu une licence internationale dans la catégorie junior. Il a
fait partie de l'équipe suisse de boxe et a été deux fois champion de Suisse
romande et trois fois champion suisse. En 2010, il a cependant progressivement
arrêté la pratique de son sport et a commencé à sortir régulièrement dans des
boîtes de nuit où il a été impliqué dans plusieurs bagarres. C'est également à
partir de cette époque qu'il a consommé de plus en plus régulièrement des
substances psychoactives (alcool, cannabis et cocaïne). Sur le plan scolaire,
il a rencontré des difficultés en huitième année VSO, faisant l'objet de jours
de suspension et d'heures d'arrêts, jusqu'à son exclusion du collège de
H.________ après une bagarre. Il a ensuite intégré le collège de I.________ où
il a redoublé sa huitième année avant d'être à nouveau renvoyé en raison d'une
bagarre. Après avoir quitté le milieu scolaire et après quelques temps
d'inactivité, X.________ a débuté une formation dans un salon de coiffure qu'il
a dû toutefois interrompre, son patron n'étant pas autorisé à former des
apprentis pour le CFC. Puis il a trouvé une place d'apprentissage dans le
domaine du bâtiment au sein d'une entreprise lausannoise qui a fait faillite,
avant d'être engagé dans une entreprise plus grande à Genève dans laquelle il
terminait sa troisième année d'apprentissage au moment de son incarcération
pour les faits jugés en l'espèce. Durant sa détention il a débuté une formation
d'instructeur de fitness, qui se déroule par correspondance, ainsi qu'une
formation de peintre en bâtiment, bénéficiant de cours pratiques dans les
ateliers de la prison J.________.

Le casier judiciaire de X.________ est vierge. Il n'en a pas moins fait l'objet
de plusieurs procédures pénales devant le Tribunal des mineurs pour une série
d'actes de violence. Il lui a ainsi été reproché d'avoir frappé, avec d'autres,
des jeunes notamment lors d'une fête à Lausanne. Ces procédures ont cependant
été clôturées après retrait des plaintes. X.________ a toutefois été condamné
le 9 septembre 2009, pour lésions corporelles simples, et le 11 juillet 2011,
pour lésions corporelles simples, dommages à la propriété, menaces et
infraction à la loi fédérale sur les armes pour avoir frappé au visage et
menacé une personne au moyen d'un couteau de type papillon en date du 6 janvier
2010 et pour avoir utilisé, le 14 avril 2010 à Renens, une bombonne de spray
(similaire à celles employées par la police lors des manifestations), à
l'encontre d'un jeune à la suite d'un différend.

B.b. En cours d'enquête, X.________ a fait l'objet d'une expertise
psychiatrique. Dans leur rapport établi le 3 juillet 2013, les experts ont
retenu l'utilisation de substances psychoactives multiples nocives pour la
santé (alcool, cocaïne, cannabis). Ils ont décrit les mécanismes psychiques de
X.________ comme " état limite ", précisant que l'évaluation de sa personnalité
avait mis en évidence un fonctionnement de ce type, organisé pour l'essentiel
autour de traits caractériels, immatures, d'un intérêt particulier porté à
l'objet partiel, de petites touches masochiques, de défenses narcissiques
fragiles, avec un important accrochage au concret. Dans leurs conclusions, les
psychiatres n'ont pas retenu de pathologie psychiatrique, considérant que la
consommation de substances psychoactives présentée par l'expertisé ne
correspondait pas à un syndrome de dépendance. Sur le plan de la responsabilité
pénale, ils ont estimé que les substances psychoactives consommées par
X.________ durant la soirée tragique ont pu participer à une altération de ses
capacités volitives, par leur effet désinhibiteur, et entraîner ainsi une
légère diminution de responsabilité. Quant au risque de récidive d'actes de
violence, les psychiatres ont considéré qu'il ne pouvait être exclu, en
précisant qu'il ne devait pas être considéré comme élevé en l'absence de
consommation de substances psychoactives. Aucune mesure thérapeutique n'a été
recommandée, les experts préconisant en revanche un contrôle du maintien de
l'abstinence.

B.c. Les témoins de moralité ont donné de bons renseignements. Durant sa
détention provisoire, X.________ a fait l'objet de quatre sanctions
disciplinaires. Le 28 mars 2013, il a en outre dû être transféré de la prison
K.________ à la prison J.________ en raison de problèmes engendrés par son
attitude provocatrice vis-à-vis des surveillants. Il a ainsi été sanctionné
disciplinairement le 7 février 2013 à la suite d'un acte de violence physique
commis à l'encontre d'une agente de détention avec qui il déclarait rencontrer
des difficultés relationnelles depuis plusieurs semaines. Le rapport de
détention du 12 janvier 2015 mentionne néanmoins que X.________ adopte un bon
comportement en milieu carcéral depuis son placement à la prison J.________,
malgré trois sanctions disciplinaires prononcées en mai, octobre et décembre
2014, dont deux concernant la consommation de produits stupéfiants. Le
coordinateur de formation de cet établissement, entendu aux débats de première
instance, a indiqué que X.________ était très investi dans ses formations et
qu'il était relativement rare de parvenir à les mettre en place si rapidement
dans le cadre d'une détention. X.________ a entrepris des démarches auprès de
son assistante sociale afin qu'un montant de 50 fr. soit prélevé sur son pécule
de 300 fr. pour indemniser les proches de la victime.

C. 
X.________ forme un recours en matière pénale au Tribunal fédéral contre le
jugement sur appel du 23 juin 2015. Il conclut avec suite de frais et dépens à
la réforme de cette décision dans le sens de sa condamnation à une peine
n'excédant pas 10 ans de privation de liberté. A titre subsidiaire, il demande
l'annulation de la décision entreprise et le renvoi de la cause à la cour
cantonale pour nouvelle décision dans le sens des considérants.

Considérant en droit :

1. 
Le recourant ne conteste ni les faits en eux-mêmes ni leur qualification
juridique. Il reproche à la cour cantonale d'avoir arbitrairement ignoré un
certain nombre de faits déterminants, selon lui, pour la fixation de sa peine.

1.1. Dans le recours en matière pénale, les constatations de fait de la
décision entreprise lient le Tribunal fédéral (art. 105 al. 1 LTF), sous les
réserves découlant des art. 97 al. 1 et 105 al. 2 LTF, à savoir pour
l'essentiel de l'arbitraire (art. 9 Cst.; voir sur cette notion : ATF 140 III
16 consid. 2.1 p. 18 s. et 138 III 378 consid. 6.1 p. 379 s.). La recevabilité
d'un tel grief, ainsi que de ceux déduits du droit constitutionnel et
conventionnel, suppose l'articulation de critiques circonstanciées (ATF 136 II
101 consid. 3 p. 105), claires et précises, répondant aux exigences de
motivation accrues déduites de l'art. 106 al. 2 LTF, soit celles qui
découlaient, sous l'empire de l'aOJF de l'art. 90 al. 1 let. b de cette loi (
ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287), un exposé succinct des droits
constitutionnels ou des principes juridiques violés, précisant en quoi consiste
la violation, notamment. Les critiques appellatoires sont, en particulier,
irrecevables (cf. ATF 140 III 264 consid. 2.3 p. 266). Pour qu'il y ait
arbitraire, il ne suffit pas que la décision attaquée apparaisse discutable ou
même critiquable, il faut qu'elle soit manifestement insoutenable et cela non
seulement dans sa motivation, mais aussi dans son résultat (ATF 140 III 16
consid. 2.1 p. 18 s.).

1.2. Le recourant décrit, notamment, sous titre III (" rappel de quelques faits
pertinents ") de son mémoire de recours les faits antérieurs à l'acte " tels
qu'ils ont été établis par l'enquête ", soulignant sa consommation de
stupéfiants et d'alcool ainsi que, plus généralement, son comportement durant
la soirée, en se référant aux déclarations de certains témoins et aux
appréciations des enquêteurs. Il affirme que ces éléments auraient pratiquement
tous été ignorés par la cour cantonale et que celle-ci se serait contentée
d'utiliser quelques faits ou comportements, tantôt sortis de leur contexte,
tantôt retenus de manière arbitraire, pour contrôler et ratifier le
raisonnement des premiers juges.

On recherche en vain dans l'écriture du recourant tout développement portant
sur le contenu d'un quelconque droit fondamental. La recevabilité des critiques
de fait qu'il développe dans ce contexte apparaît douteuse sous l'angle
simplement formel. Cette présentation ne reflète, en définitive, rien d'autre
que la propre vision du recourant de certains éléments de preuve et des faits
déterminants pour le sort de la cause. Elle est appellatoire. Le recourant mêle
aussi, dans la suite de son mémoire, de manière largement inextricable des
considérations de droit à la relation de faits et des faits retenus à des
allégations ainsi qu'à des discussions de preuves. Une telle confusion des
moyens n'est pas admissible dans le recours en matière pénale. On ne reviendra
sur les points ainsi soulevés qu'autant qu'il ressort suffisamment des
explications du recourant en quoi les constatations de fait de la cour
cantonale sont insoutenables à ses yeux et que ces questions puissent être
dissociées de celles, juridiques, abordées simultanément.

1.3. Dans la mesure où le recourant affirme ne s'être montré violent à aucun
moment de la soirée - avant l'homicide - et être même intervenu, avant d'être
trop fortement sous l'influence de l'alcool et de la cocaïne, pour aider la
victime d'une bagarre devant un autre établissement public et qu'il souligne,
en parallèle, l'importance croissante de sa consommation d'alcool et de cocaïne
le soir des faits, les effets de ces produits et leur possible potentialisation
résultant de leur consommation concomitante, il suffit de relever que la cour
cantonale n'a pas ignoré l'usage fait par le recourant de ces substances
psychoactives, qui figure expressis verbis dans l'état de fait de la décision
querellée. Quant aux effets de ces produits sur le recourant, sur sa
responsabilité pénale au moment de l'homicide notamment, la cour cantonale
s'est référée à l'expertise psychiatrique réalisée en cours d'enquête (rapport
du 3 juillet 2013). Or, d'une part, cette analyse, qui conclut à une diminution
légère de la responsabilité pénale, repose sur les déclarations du recourant
selon lesquelles il aurait consommé, ce soir-là, plus d'une demi-bouteille de
vodka, un litre de bière et 3 à 4 grammes de cocaïne. Elle prend en
considération, d'autre part, les résultats de l'analyse toxicologique également
réalisée en cours d'enquête, selon laquelle " vu le délai important entre
l'événement (5h15) le prélèvement de sang (21h45), et en excluant une
consommation d'éthanol et de produits stupéfiants après l'événement, il est
certain que les concentrations des substances mises en évidence dans les
échantillons biologiques, à savoir l'éthanol, la cocaïne et le THC devaient
être plus importantes au moment de l'événement. Dès lors, les effets délétères
de ces substances devaient être importants. En outre, ils ont pu être augmentés
par la présence concomitante des trois substances, dont les effets peuvent se
potentialiser " (rapport d'expertise psychiatrique du 3 juillet 2013 p. 2). Il
s'ensuit qu'en retenant une diminution légère de responsabilité au moment des
faits, suivant en cela les conclusions de l'expertise, la cour cantonale n'a
ignoré ni les quantités de substances psychoactives ingérées par le recourant
ni leurs effets possibles. Si le recourant estimait l'expertise psychiatrique
peu convaincante à cet égard, si ses conclusions lui apparaissaient en
contradiction avec celles de l'expertise toxicologique, malgré les explications
des experts, il lui aurait incombé d'en contester le résultat et de demander un
complément d'instruction, ce qu'il n'allègue pas avoir fait. Le recourant ne
tente pas non plus de démontrer que la cour cantonale aurait versé dans
l'arbitraire en suivant les conclusions de l'expertise psychiatrique. On ne
saurait donc reprocher à la cour cantonale d'avoir arbitrairement ignoré les
éléments de fait mentionnés par le recourant. Celui-ci ne démontre pas non plus
que la seule mention explicite de ces faits dans le jugement entrepris,
indépendamment du contenu de l'expertise, aurait pu conduire à un autre
résultat. Ces griefs sont infondés dans la mesure où ils sont recevables.

2. 
Selon le recourant, la cour cantonale aurait violé le droit fédéral quant au
processus de fixation de la peine. Son plein pouvoir d'examen en appel (art.
398 al. 2 CPP) lui aurait imposé de procéder elle-même à cette opération, alors
qu'elle se serait bornée à n'examiner qu'une partie des éléments pris en
considération par l'autorité de première instance, en concluant que celle-ci
n'avait ignoré aucun critère pertinent, et avait fixé une peine certes sévère
mais dont la quotité correspondait à la gravité de l'acte apprécié dans son
ensemble, qui devait être confirmée.

2.1. Aux termes de l'art. 398 al. 2 CPP, la juridiction d'appel jouit d'un
plein pouvoir d'examen sur tous les points attaqués du jugement. En vertu de
cette disposition, la juridiction d'appel jouit d'un libre pouvoir d'examen,
aussi pour ce qui concerne les pures questions d'appréciation comme la fixation
de la peine (cf. LUZIUS EUGSTER, in Basler Kommentar, Schweizerische
Strafprozessordnung, 2e éd. 2014, n° 1 ad art. 398 CPP; HUG/SCHEIDEGGER, in
Kommentar zur Schweizerischen Strafprozessordnung, Donatsch/Hansjakob/Lieber
[éd.], 2e éd. 2014, n° 20 ad art. 398 CPP). Le Tribunal fédéral a signalé à
quelques reprises à la Cour d'appel vaudoise qu'elle avait une approche en
matière de fixation de peine trop limitative et qu'elle restreignait son
pouvoir d'examen en violation du droit fédéral (cf. arrêts 6B_245/2015 du 5 mai
2015 consid. 1; 6B_126/2012 du 11 juin 2012 consid. 3; 6B_356/2012 du 1er
octobre 2012 consid. 3.5). Dans ces différents cas, auxquels se réfère le
recourant, la cour cantonale, avait notamment exposé que, dans le cadre de la
fixation de la peine, il y avait violation du droit fédéral lorsque le juge "
abuse de son pouvoir d'appréciation en fixant une peine exagérément sévère ou
excessivement clémente (ATF 134 IV 17 c. 2.1 p. 19 s.) ". Ce faisant, la cour
cantonale s'était référée à un arrêt qui décrit le pouvoir d'examen du Tribunal
fédéral et celui-ci avait souligné que cette jurisprudence est sans pertinence
en appel. La cour cantonale avait, en outre, confirmé les peines prononcées en
première instance, en mentionnant, dans certains cas, pour répondre aux griefs
du ministère public appelant, que ces sanctions étaient certes clémentes mais
pas au point qu'elles puissent procéder d'un excès ou d'un abus du pouvoir
d'appréciation de l'autorité de première instance.

2.2. En l'espèce, la cour cantonale ne se réfère pas expressément à l'ATF 134
IV 17 c. 2.1 p. 19 s. et elle ne s'est pas limitée, à la lettre de ses
considérants, à un examen restreint à l'excès ou à l'abus de son pouvoir
d'appréciation par l'autorité cantonale de première instance. La cause ne se
présente, dès lors, pas sous le même jour que dans les précédents cités par le
recourant.

2.3. La cour cantonale n'en a pas pour autant développé une motivation
permettant de suivre précisément et de bout en bout le raisonnement conduisant
à une peine de 14 années de privation de liberté qu'elle " confirme ", après
avoir indiqué que les premiers juges avaient longuement motivé ce point.

La jurisprudence précédemment citée n'impose toutefois pas en toute hypothèse,
contrairement à ce que paraît penser le recourant, à l'autorité d'appel de
motiver la fixation de la peine comme le ferait une autorité de première
instance. L'autorité d'appel doit en effet aussi se prononcer sur les griefs
soulevés devant elle (art. 398 al. 3 CPP) et l'on peut admettre, afin d'éviter
d'inutiles redites, qu'après avoir répondu aux critiques de l'appelant, elle
renvoie aux considérants de l'autorité inférieure et fasse sienne
l'appréciation de cette dernière, sans restreindre de manière critiquable son
pouvoir d'examen. Une telle manière de procéder n'apparaît même pas
critiquable, pour peu que le raisonnement demeure clairement exposé, si
l'autorité d'appel, en modifiant une partie du raisonnement de l'autorité
précédente, renvoie, pour le surplus, aux considérants de cette dernière en
indiquant que, pour les motifs ainsi corrigés, elle parvient à la même
conclusion que l'autorité précédente. Ce qui importe, au regard de l'art. 398
al. 2 CPP, c'est que l'autorité supérieure se soit forgée sa propre conviction.
Une telle manière de motiver le jugement sur appel suppose cependant soit que
la motivation de l'autorité de première instance soit d'emblée et en tout point
conforme au droit fédéral, soit que l'on puisse comprendre sans ambiguïté le
raisonnement fondant la peine prononcée en appel en se référant aux considérant
de l'autorité de dernière instance cantonale et à ceux de l'autorité de
première instance et que ce tout, qui doit apparaître cohérent, soit lui-même
conforme au droit fédéral.

2.4. En l'espèce, le jugement du 23 janvier 2015 motive longuement les raisons
qui ont poussé l'autorité de première instance à juger la culpabilité du
recourant " écrasante " en relation avec l'acte lui-même. La cour cantonale a,
de son côté, indiqué que le recourant ne pouvait contester la gratuité et la
lâcheté de son crime en relevant notamment qu'il avait poignardé soudainement
avec violence et à de multiples reprises une victime, alors qu'elle était à
terre et n'avait aucune chance d'en réchapper. Elle a aussi relevé que le
recourant ne pouvait relativiser sa culpabilité sous prétexte d'un prétendu
climat d'insécurité et qu'un témoin de la scène lui avait demandé de ranger son
couteau avant son déferlement de violence. On comprend ainsi que la cour
cantonale, en réfutant l'argumentation du recourant, a apprécié sa culpabilité
telle qu'elle est révélée par son comportement, de la même façon que l'autorité
de première instance, soit comme " très lourde ", comme l'indique plus
précisément l'emploi de cette locution dans la suite de ses développements par
la cour cantonale (v. infra consid. 2.8). Cette motivation est suffisante, en
tant qu'elle communique au lecteur l'appréciation de la cour cantonale, et
convaincante. Etant précisé que l'intention homicide du recourant en frappant
sa victime au thorax de haut en bas, lame du côté de l'auriculaire, soit en la
poignardant, puis en continuant à la frapper, au sol, malgré des supplications
(" stop, stop, arrête, arrête "), relève d'un dol direct parfaitement
caractérisé, l'appréciation de la cour cantonale ne dénote ni abus ni excès
dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation.

2.5. Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir ensuite " sauté sans
transition " à sa situation personnelle en relevant notamment ses antécédents
et les sanctions disciplinaires prononcées en détention. Hormis les éléments
sans pertinence relatifs au déroulement de la soirée avant les faits (v. supra
consid. 1.2 et 1.3), le recourant n'indique pas quels autres éléments relatifs
aux faits auraient été pertinents pour l'appréciation de sa faute. On ne
saurait ainsi reprocher à la cour cantonale d'avoir mentionné, à ce stade du
raisonnement, des éléments relatifs à l'auteur. Ceux ainsi mis en évidence
(antécédents et sanctions disciplinaires) ne sont pas sans rapport avec le
coeur même des faits. Les antécédents sont, pour part tout au moins, relatifs à
des faits de violence et les sanctions disciplinaires, afférentes à des
difficultés interpersonnelles avec le personnel pénitentiaire ainsi qu'à la
consommation de stupéfiants. Ces éléments démontrent les difficultés du
recourant à gérer tant ses émotions en contexte conflictuel que sa consommation
de produits psychotropes, même en situation carcérale, alors que l'expertise
indique clairement qu'un contrôle du maintien de l'abstinence pourrait être
utile et que la consommation de telles substances serait susceptible
d'augmenter le risque de récidive (v. supra consid. B.b in fine). On ne saurait
non plus reprocher à la cour cantonale, après avoir évoqué les sanctions
disciplinaires, d'avoir indiqué qu'elle ne pouvait tenir pour globalement
positif le comportement du recourant en détention. Ces critiques sont dénuées
de fondement.

2.6. Le recourant soutient que la cour cantonale aurait insuffisamment pris en
compte, en sa faveur, son très jeune âge au moment des faits (18 ans et 4
mois). Il souligne l' "effet de seuil " induit par le passage de la minorité à
la majorité pénale quant aux peines ainsi que le développement encore incomplet
et incertain de sa personnalité ressortant de l'expertise psychiatrique.

La cour cantonale n'a pas ignoré le facteur du jeune âge, qu'elle a mentionné
expressément. Toutefois, le jeune âge n'impose pas, à lui seul, une réduction
de peine. Il n'impose pas, en particulier, en raison de l'effet de seuil
invoqué, de prononcer des peines se rapprochant le plus possible de celles
prévues par le droit pénal des mineurs. Il s'agit plutôt de déterminer en quoi
cette circonstance personnelle influence l'appréciation de la faute, soit en
quoi elle a pu faciliter le passage à l'acte, notamment, en empêchant l'auteur
d'apprécier correctement la portée de ses actes, par exemple en raison de son
immaturité ou d'un discernement limité (v. arrêt 6B_584/2009 du 28 janvier 2010
consid. 2.2.3).

L'expert expose que si la grille psychanalytique met en évidence une certaine
souplesse dans les mécanismes psychiques décrits comme " état-limite ", ces
traits ne s'inscrivent pas dans un trouble de la personnalité constitué au sens
de la CIM-10, à l'heure actuelle, l'expertisé faisant preuve de capacités
adaptatives, tant psychiques que comportementales. Ce spécialiste relève, à ce
propos qu'un tel diagnostic est toujours très difficile à poser chez des sujets
jeunes, de l'âge du recourant, la personnalité n'étant souvent pas totalement
constituée (expertise, p. 13). On comprend ainsi que selon l'expert, le jeune
âge du recourant, respectivement sa personnalité non encore totalement
constituée, est un facteur le conduisant à ne pas poser le diagnostic d'un
trouble de la personnalité. En revanche, le praticien n'en conclut d'aucune
manière que le recourant n'aurait pas été en mesure de percevoir la portée de
ses actes. Du reste, le seul fait de n'avoir passé le cap de la majorité que
depuis peu ne permet pas de conclure que le recourant, même s'il présentait une
certaine immaturité, n'aurait pas été capable de concevoir d'emblée le risque
que comportait le fait de se munir d'une arme dans un contexte perçu comme
conflictuel, puis les conséquences irrémédiables qu'emportait l'usage homicide
de cet objet et d'adapter son comportement, comme cela lui avait, de surcroît,
été suggéré par une personne présente sur les lieux. Aussi les éléments relevés
par le recourant n'imposaient-ils pas à la cour cantonale de réduire la
sanction dans la mesure très importante appelée de ses voeux par le recourant.

2.7. Celui-ci voudrait ensuite opposer son comportement, soit le débordement de
violence impulsif dont il a fait preuve et dont la cause serait demeurée
inexpliquée, à la situation de l'auteur qui s'en prend gratuitement à une
victime choisie au hasard pour son état de faiblesse et son isolement. Il se
réfère, quant à cette dernière situation, à l'arrêt 6S.286/1992 du 24 septembre
1992, publié in SJ 1993 p. 299 ss).

Etant précisé que cet arrêt a trait à un assassinat (art. 112 CP) et que seule
la qualification de meurtre a été retenue en l'espèce, on ne saurait reprocher
à la cour cantonale d'avoir assimilé totalement le comportement du recourant à
celui qu'il décrit. En l'espèce, la cour cantonale a, tout au plus, souligné
que la violence et la gratuité du meurtre commis étaient très proches d'un
assassinat. Cette appréciation, qui justifie, en relation avec un meurtre, que
la culpabilité objective soit appréciée comme très lourde, échappe à toute
critique.

2.8. Ensuite de leur appréciation de la culpabilité du recourant au travers des
faits, les premiers juges ont indiqué retenir une diminution légère de
responsabilité en tant que " facteur de réduction applicable à la peine " qu'il
convenait cependant de relativiser " par toutes les mesures prises par le
prévenu dès le moment où il a pris la fuite ", qui attestaient d'une très bonne
conscience des événements.

Sur ce point, la cour cantonale, pour répondre aux critiques du recourant, a
relevé que " si les premiers juges avaient relativisé ce facteur de réduction,
c'était uniquement pour souligner que le comportement du recourant
immédiatement après les faits montrait une très bonne conscience des
événements. Il leur était donc loisible de retenir, en raison des circonstances
de l'acte  (objektive Tatschwere)et des caractéristiques personnelles de
l'auteur que la faute  (subjektives Tatverschulden) apparaissait encore très
lourde malgré l'atténuation de responsabilité ".

Si la cour cantonale n'a pas mentionné expressément, comme cela aurait été
souhaitable, que les premiers juges avaient méconnu la jurisprudence selon
laquelle la diminution de responsabilité influence l'appréciation de la faute
et non directement la quotité de la peine (ATF 136 IV 55 consid. 5.5 et 5.6 p.
59 ss), ses explications n'en permettent pas moins de comprendre que la
culpabilité du recourant, qui apparaissait " très lourde" (jugement sur appel,
consid. 3.2 p. 29) au regard des faits appréciés en eux-même (v. supra consid.
2.4), le demeurait nonobstant la légère diminution de responsabilité retenue.
La cour cantonale a ainsi exprimé, en substituant l'épithète " écrasante ", peu
adéquate et peu précise, par l'expression " très lourde ", qui permet de se
situer dans l'échelle jurisprudentielle de la gravité de la faute (ATF 136 IV
55 consid. 5.7 p. 62), comment elle avait pris en compte la légère de
diminution de responsabilité établie par expertise. Son appréciation n'est,
pour le surplus, pas critiquable, la jurisprudence précitée admettant, qu'une
diminution légère de la responsabilité permet toujours de considérer une faute
très lourde comme étant " lourde à très lourde ".

2.9. Le recourant objecte, dans ce contexte, que son comportement après les
faits ne démontrerait pas une très bonne conscience des événements mais
dénoterait plutôt qu'il était, dans un premier temps, choqué, très mal, surpris
de son propre comportement, puis triste et effondré. Il n'y aurait ainsi dans
ces attitudes ultérieures ni maîtrise, ni froideur ni contrôle justifiant de
réduire la portée de la diminution de responsabilité.

La démonstration du recourant repose en grande part sur des développements
appellatoires. On peut se limiter à relever que la cour cantonale n'a pas mis
en évidence le comportement du recourant après les faits pour qualifier l'acte
lui-même, comme elle aurait pu le faire si elle avait été confrontée à un
assassinat. On comprend, en revanche, qu'en décrivant le comportement du
recourant après les faits, sa fuite en particulier, elle a voulu mettre en
évidence que les substances psychoactives ingérées, dont l'effet justifiait une
légère réduction de responsabilité, n'avaient pas mis le recourant dans un état
tel que sa culpabilité apparaîtrait très atténuée mais qu'il apparaissait au
contraire plutôt lucide. En ce sens, cette remarque n'a pas la portée que
voudrait lui conférer le recourant. Pour le surplus, que le recourant, après
avoir tué, se soit senti choqué, ou triste, ne justifie pas de ne lui
reconnaître, au regard de l'ensemble des faits, qu'une culpabilité moyenne ou
même moyenne à grave, compte tenu de la légère diminution de responsabilité
retenue (v. supra consid. 2.9).

2.10. Enfin, en indiquant que les premiers juges n'avaient pas ignoré le
comportement du recourant en cours d'enquête et les excuses formulées, la cour
cantonale n'a, elle-même, ignoré aucun de ces éléments pertinents.

2.11. Il résulte de ce qui précède que les considérants de la cour cantonale ne
constituent certes pas, à eux seuls, un développement linéaire complet du
processus de fixation de la peine. Ces considérants n'en permettent pas moins,
au travers de renvois au jugement de première instance, de contrôler comment a
été fixée la peine infligée au recourant dans ses principales composantes. On
comprend, en particulier, que la très lourde culpabilité du recourant - dont
l'intention relève manifestement du dol direct -, révélée par sa manière
d'agir, n'est pas sensiblement atténuée par une diminution de responsabilité
qui n'est que légère. Dans de telles circonstances, soit un meurtre qui, par le
caractère lâche et futile des circonstances de sa commission n'est pas sans
évoquer la manière particulièrement odieuse d'agir d'un assassin (art. 112 CP),
une peine située dans le dernier quart de l'échelle des sanctions (5 à 20 ans;
art. 111 CP en corrélation avec l'art. 40 CP) pouvait entrer en considération
sans aucun abus du pouvoir d'appréciation. La diminution de responsabilité
légère, qui laisse toujours apparaître la culpabilité du recourant comme tout
au moins lourde à très lourde, ne pourrait, de son côté, expliquer, à elle
seule, la peine de 14 ans de privation de liberté infligée, qui n'excède que de
18 mois le milieu de l'échelle des peines entrant en considération (12 ans et
demi) et qui correspondrait, partant, plutôt à une culpabilité appréciée comme
moyenne ou moyenne à grave. On doit donc admettre que la sanction de 14 ans de
privation de liberté tient suffisamment compte des éléments favorables retenus
à décharge par la cour cantonale soit, en particulier, du jeune âge du
recourant au moment des faits - cette circonstance n'ayant pu, en l'espèce,
avoir qu'un effet relativement restreint (v. supra consid. 2.6), de son
comportement en cours d'enquête, des excuses adressées aux proches de la
victime et des montants épargnés afin de les indemniser ainsi que de
l'investissement du recourant en détention, dans l'acquisition d'une formation
professionnelle, aspect le plus positif de son parcours carcéral, entaché, par
ailleurs, de plusieurs sanctions disciplinaires.

Ces griefs sont infondés.

3. 
Le recourant tente encore la comparaison avec les peines prononcées dans
d'autres affaires.

3.1. Dans le cadre de la fixation de la peine, le recourant peut faire valoir
une inégalité de traitement (sur cette notion, cf. ATF 134 I 23 consid. 9.1 p.
42, 131 I 1 consid. 4.2. p. 6 s.; 129 I 113 consid. 5.1 p. 125). Compte tenu
toutefois des nombreux paramètres qui interviennent dans la fixation de la
peine, une comparaison avec des affaires concernant d'autres accusés et des
faits différents est d'emblée délicate (ATF 120 IV 136 consid. 3a p. 144 et les
arrêts cités; cf. aussi ATF 123 IV 49 consid. 2e p. 52 s.). Il ne suffit pas
que le recourant puisse citer un ou deux cas où une peine particulièrement
clémente a été fixée pour prétendre à un droit à l'égalité de traitement (ATF
120 IV 136 consid. 3a p. 144 et les références citées). Les disparités en cette
matière s'expliquent normalement par le principe de l'individualisation des
peines, voulu par le législateur. Elles ne suffisent pas en elles-mêmes pour
conclure à un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 135 IV 191 consid. 3.1 p.
193; arrêt 6B_793/2011 du 26 janvier 2012 consid. 4.3).

Par ailleurs, la comparaison de sanctions prononcées par les autorités
cantonales achoppe sur de nombreuses difficultés, liées notamment à l'autorité
de chose jugée et au pouvoir d'examen du Tribunal fédéral. Il va de soi que,
lorsque ce dernier n'a pas été saisi d'un recours sur la peine dans une affaire
mais que la décision cantonale lui est soumise à titre de comparaison, le
Tribunal fédéral ne peut remettre en cause l'autorité de chose jugée de cette
décision en réexaminant le raisonnement des autorités cantonales à l'occasion
d'une autre affaire, cependant que l'on ne peut exclure a priori un excès ou un
abus de leur pouvoir d'appréciation par les autorités cantonales. De même
lorsque le Tribunal fédéral, saisi d'un recours, constate, par exemple, qu'une
peine n'est pas excessivement sévère, on ne peut exclure non plus qu'elle soit
très ou même excessivement clémente. Cela conduit le Tribunal fédéral à ne
procéder qu'avec la plus grande retenue à ce type de comparaisons.

3.2. Le jugement de la Cour d'appel pénale vaudoise du 9 avril 2014, invoqué
par le recourant, a été annulé sur l'une des qualifications pénales retenues et
la cause renvoyée à l'autorité cantonale afin qu'elle statue à nouveau. Ni la
qualification pénale retenue ni la peine prononcée ne fondent, dès lors, une
comparaison pertinente avec la situation du recourant. De surcroît, en tant que
le recourant souligne la responsabilité pénale entière de l'auteur dans cette
affaire, il omet de relever que les troubles de la personnalité de l'intéressé,
finalement condamné à 15 ans de privation de liberté, ont, dans ce cas, induit
des réactions spécifiques constituant des circonstances exceptionnelles pouvant
être prise en considération au stade de l'appréciation de la faute (v. arrêt
6B_825/2015 du 22 octobre 2015, notamment consid. 1.4.1).

3.3. Le second cas auquel se réfère le recourant concerne le coauteur d'un
assassinat en concours avec un brigandage, condamné à 14 ans et demi de
privation de liberté (plus 30 mois correspondant, dans une peine d'ensemble, à
la durée de peines antérieures dont le sursis a été révoqué). Le recourant omet
de préciser que l'intention homicide du condamné n'a été retenue qu'au stade du
dol éventuel (v. arrêt 6B_355/2011 du 23 septembre 2011 consid. 4.2 et 5), ce
qui n'est pas sans influence sur l'appréciation de la culpabilité (ATF 136 IV
55 consid. 5.6 p. 60).

3.4. En citant un troisième cas (arrêt 6B_967/2008 du 6 juillet 2009), le
recourant souligne qu'aux yeux du Tribunal fédéral " les juges cantonaux
apparaissent donc avoir suffisamment tenu compte des éléments atténuants à
prendre en compte ", mais il omet de rapporter que cet arrêt précise aussi que
" Les nombreux éléments défavorables au recourant, comme l'avait relevé la Cour
d'assises, auraient pu justifier le prononcé d'une peine sensiblement
supérieure à celle qui a été prononcée ". On comprend ainsi toute l'importance,
dans cette affaire, chez un jeune adulte, d'un parcours de vie chaotique
(absence d'encadrement familial, scolaire ou social; manque d'affection et de
considération dans l'enfance), toutes circonstances dont le recourant ne peut
se prévaloir. De surcroît, cet arrêt est antérieur à la jurisprudence publiée
aux ATF 136 IV 55 précitée. L'effet sur la peine de la légère diminution de
responsabilité retenue, évaluée à 20% sur la base d'une expertise, ne permet
pas d'opérer une comparaison entre les peines prononcées dans ces deux
affaires.

3.5. Le recourant invoque aussi un arrêt 501/2013 104, du 29 septembre 2014, de
la cour d'appel pénale fribourgeoise (v. arrêt 6B_1202/2014 du 14 avril 2016).
Dans cette affaire, la culpabilité de l'auteur, condamné pour meurtre, a été
appréciée compte tenu, en plus d'une légère diminution de responsabilité,
notamment d'une importante frustration résultant d'un harcèlement par la
victime. De surcroît, le fait de tirer sur un tiers au fusil, à travers une
porte fermée, ne dénote, même au stade du dol direct, pas la même énergie
criminelle que les nombreux coups de couteau assénés par le recourant à sa
victime alors que celle-ci le suppliait encore de s'arrêter. Enfin, le Tribunal
fédéral a souligné, dans cette affaire, que la peine de 12 ans de privation de
liberté n'apparaissait pas particulièrement sévère compte tenu des
circonstances du meurtre et qu'elle l'était d'autant moins eu égard, notamment,
au concours avec le crime réprimé par l'art. 129 CP (consid. 3.5). Ce cas, qui
se distingue aussi par l'existence d'un antécédent de meurtre, n'apparaît
ainsi, lui non plus, guère comparable à celui du recourant et ce dernier ne
peut, en tous les cas rien déduire en sa faveur de cette comparaison.

3.6. Dans l'affaire P1 12 10, jugée le 5 juillet 2012 par la Cour pénale I du
Tribunal cantonal valaisan, cette autorité a souligné de manière appuyée
l'attitude des autres protagonistes d'une bagarre entre clans dont l'issue a
été mortelle. Elle a rappelé aussi que cet événement avait fait suite à
plusieurs épisodes conflictuels dans lesquels les responsabilités des
intervenants paraissaient partagées. La réaction excessive de l'auteur avait
été provoquée par le geste agressif et purement gratuit d'un membre de l'autre
clan, alors qu'à ce moment-là le conflit paraissait s'être calmé. Ces éléments
montrent suffisamment que le recourant ne peut rien déduire en sa faveur de
cette décision.

3.7. On ne voit pas non plus ce que le recourant entend déduire de la
comparaison avec une condamnation, pour assassinat, à 15 ans de privation de
liberté (jugement du Tribunal criminel de l'arrondissement de Lausanne du 9
novembre 2009). Cette peine étant quoi qu'il en soit supérieure à celle
infligée au recourant, le seul fait qu'elle puisse apparaître relativement
clémente au regard des circonstances de l'assassinat, ne démontre pas encore
que la sanction infligée au recourant serait excessivement sévère pour le
meurtre qu'il a commis.

3.8. Dans l'affaire jugée le 19 juin 2013 par le Tribunal criminel de
l'arrondissement de Lausanne, la peine de 12 années de privation de liberté
n'a, par la suite, pas été remise en cause, l'appel du Ministère public tendant
uniquement au prononcé par la cour cantonale d'un internement en application de
l'art. 64 al. 1 let. a CP, confirmé par le Tribunal fédéral (arrêt 6B_253/2014
du 26 juin 2014). On comprend ainsi que la quotité de la sanction qui, seule,
ne paraissait pas propre à diminuer le risque de récidive, ne constituait pas
le principal enjeu de cette affaire. De surcroît, la question de la quotité de
la peine n'a pas fait l'objet d'un recours en matière pénale au Tribunal
fédéral. On ne peut, dans ces conditions, exclure a priori une sanction très
clémente au regard des faits, de sorte que cette affaire ne démontre pas non
plus un excès ou un abus, par la cour cantonale, de son pouvoir d'appréciation
à l'égard du recourant.

3.9. Enfin, l'arrêt du 2 avril 2014 de la Cour d'appel pénale du Tribunal
cantonal du canton de Fribourg cité par le recourant a fait l'objet d'un
recours en matière pénale du condamné (arrêt 6B_547/2014 du 21 juillet 2014).
Il ressort de cet arrêt que l'autorité cantonale avait jugé la faute du
recourant comme " très lourde ", estimant la peine de base adéquate à 14 ans de
privation de liberté, puis avait ramené la sanction à 11 années de privation de
liberté au motif d'une légère diminution de responsabilité liée à l'alcoolémie
de l'auteur au moment des faits. Si le Tribunal fédéral, saisi par le condamné,
a jugé que cette peine n'était pas sévère au point qu'il faille conclure à un
abus du pouvoir d'appréciation, il apparaît d'emblée que la sanction de base
(14 ans) a été fixée de manière très favorable à l'intéressé, compte tenu d'une
culpabilité jugée " très lourde " pour un meurtre et que la réduction directe
de la sanction résultant de la légère diminution de responsabilité, critiquable
dans son principe (v. supra consid. 2.8), influence également de manière
importante (3 ans) la peine prononcée. Celle-ci, par 11 ans de privation de
liberté, correspondrait plutôt à une culpabilité moyenne, voire légère à
moyenne, que la légère diminution de responsabilité ne paraît pas pouvoir
expliquer à elle seule. Ce précédent ne démontre, dès lors, pas non plus que la
peine infligée au recourant serait excessivement sévère.

4. 
Le recourant succombe. Il supporte les frais de la procédure (art. 65 al. 2 et
66 al. 1 LTF).

 Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce :

1. 
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2. 
Les frais judiciaires, arrêtés à 4000 fr., sont mis à la charge du recourant.

3. 
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour d'appel pénale du
Tribunal cantonal du canton de Vaud.

Lausanne, le 16 juin 2016

Au nom de la Cour de droit pénal
du Tribunal fédéral suisse

Le Président : Denys

Le Greffier : Vallat

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