Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

I. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 4A.116/2016
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

[8frIR2ALAGK1]     
{T 0/2}
                   
4A_116/2016

Arrêt du 13 décembre 2016

Ire Cour de droit civil

Composition
Mmes les Juges Kiss, présidente, Klett et Niquille.
Greffier: M. Carruzzo.

Participants à la procédure
X.________ Club, représenté par Mes Antonio Rigozzi et Sébastien Besson,
recourant,

contre

Z.________ Limited, représentée par Me Jean Marguerat,
intimée.

Objet
arbitrage international en matière de sport,

recours en matière civile contre la sentence rendue le
21 décembre 2015 par le Tribunal Arbitral du Sport.

Faits:

A. 
La Fédération Internationale de Football Association (FIFA), instance
dirigeante du football au niveau mondial, a édicté, entre autres prescriptions,
un Règlement du Statut et du Transfert des Joueurs (RSTJ), dont la version
actuelle est entrée en vigueur le 1er juin 2016, en vue, notamment, de
favoriser la "stabilité contractuelle entre joueurs professionnels et clubs"
(chapitre IV, art. 13 à 18), c'est-à-dire afin d'assurer le respect du principe
rendu par l'adage latin  pacta sunt servanda. Selon ce règlement, un contrat
entre un joueur professionnel et un club, dont il fixe la durée maximale à cinq
ans sauf exceptions, ne peut prendre fin qu'à son échéance ou d'un commun
accord. Contrairement à ce qui est d'ordinaire le cas en matière d'extinction
des rapports de travail relevant du droit privé, aucune des parties n'est donc
autorisée à résilier unilatéralement ce contrat de travail de durée déterminée,
à moins de pouvoir invoquer une juste cause pour ce faire, sous peine de devoir
payer une indemnité à l'autre partie et, si la rupture du contrat intervient
pendant une période dite protégée, de se voir infliger de surcroît une sanction
sportive. Les parties, une fois liées, peuvent toutefois convenir de rompre ce
lien juridique avant la survenance du terme stipulé dans le contrat de travail.
En sa qualité d'employeur, le club actuel du joueur professionnel ne
consentira, en règle générale, à cette rupture consensuelle que moyennant
paiement, par le club qui deviendra le nouvel employeur de ce joueur, d'une
somme d'argent fixée dans le contrat de transfert conclu par les deux clubs.
Les parties ont aussi la possibilité d'indiquer dans le contrat de travail la
somme que le joueur devra verser à son club actuel pour compenser le droit
qu'il se voit conférer d'emblée par celui-ci de mettre unilatéralement fin à
leurs rapports contractuels. Par cette clause dite de rachat ou de sortie, le
joueur est autorisé à se départir de son contrat de travail à tout moment et à
sa guise, sans encourir une sanction sportive. C'est sur cette faculté des
parties, respectivement du seul joueur, d'interrompre avant terme la relation
contractuelle qu'est venu se greffer le mécanisme du transfert des joueurs
professionnels, tel qu'il fonctionne aujourd'hui. En effet, si elle n'existait
pas, les parties devraient respecter l'échéance du contrat de travail de durée
déterminée, après quoi le joueur, ayant recouvré sa liberté contractuelle et
étant devenu ce qu'il est convenu d'appeler un agent libre, pourrait offrir ses
services au nouveau club de son choix sans devoir indemniser son employeur
actuel et sans que son nouvel employeur doive verser quoi que ce soit à ce
dernier. Telle est la situation qui prévaut depuis que la Cour de justice des
Communautés européennes a sanctionné, dans une décision célèbre rendue au
milieu des années 90, la pratique selon laquelle un footballeur professionnel
ressortissant d'un Etat membre ne pouvait être employé, à l'expiration du
contrat qui le liait à son club, par un club d'un autre Etat membre que si le
nouveau club avait versé au club d'origine une indemnité de transfert (arrêt du
15 décembre 1995 C-415/93  Union royale belge des sociétés de football
association contre Jean-Marc Bosman, Rec. 1995 I-4921).
L'indemnité au versement de laquelle l'employeur actuel subordonnera sa
renonciation à exiger l'exécution du contrat de travail jusqu'au terme stipulé,
afin de permettre le transfert du joueur au club qui souhaite l'engager,
autrement dit l'indemnité de transfert, est une créance future ayant une valeur
monétaire. Il s'agit d'un droit économique en rapport avec le joueur, au même
titre que les indemnités de formation et la contribution de solidarité
instituées par les art. 20 et 21 RSTJ, par opposition aux droits fédératifs
(possibilité de faire participer le joueur aux compétitions organisées par une
association, pouvoir de lui infliger des sanctions, etc.) découlant de
l'enregistrement obligatoire du joueur auprès d'une association et aux
conséquences qui lui sont attachées (cf. art. 5 RSTJ). Normalement, la
titularité des droits fédératifs et des droits économiques concernant un joueur
est indissociable. Cependant, depuis plusieurs années déjà, s'est instaurée,
dans certains pays d'Amérique du Sud et d'Europe, une pratique caractérisée par
la dissociation de ces deux catégories de droits. Appelée tierce propriété des
droits économiques sur les joueurs de football et plus connue sous sa
dénomination anglaise -  Third Party Ownership (TPO), voire, plus rarement, 
Third Party Participation (TPP) -, cette pratique consiste pour un club de
football professionnel à céder, totalement ou partiellement, à un tiers
investisseur ses droits économiques sur un joueur, de manière à ce que cet
investisseur puisse bénéficier de la plus-value que le club réalisera lors du
transfert futur du joueur. En contrepartie, l'investisseur fournit une aide
financière à ce club pour lui permettre, entre autres motifs, de résoudre des
problèmes de trésorerie ou l'aider à acquérir un joueur. Dans cette dernière
hypothèse, qui se vérifie en l'espèce comme on le verra plus loin, le club
intéressé par un joueur mais n'ayant pas les moyens de payer l'indemnité de
transfert exigée par l'employeur actuel de ce joueur fait appel à un
investisseur qui lui fournit les fonds nécessaires au paiement de tout ou
partie de l'indemnité de transfert en échange d'un intéressement sur
l'indemnité obtenue en cas de transfert ultérieur du joueur. Controversées, les
opérations de ce genre ont été interdites, avec effet au 1er mai 2015, par la
FIFA, qui a introduit dans le RSTJ un article 18ter dont le premier alinéa
énonce ce qui suit, sous le titre: "Propriété des droits économiques des
joueurs par des tiers":

"Aucun club ou joueur ne peut signer d'accord avec un tiers permettant à
celui-ci de pouvoir prétendre, en partie ou en intégralité, à une indemnité
payable en relation avec le futur transfert d'un joueur d'un club vers un autre
club, ou de se voir attribuer tout droit en relation avec un transfert ou une
indemnité de transfert futur (e)."
Le troisième alinéa de la même disposition précise, en ce qui concerne le droit
transitoire, que les accords antérieurs au 1er mai 2015 peuvent rester valables
jusqu'à leur expiration contractuelle, leur durée ne pouvant toutefois pas être
prolongée.
Tel est, brossé à grands traits, le tableau de la situation juridique
permettant de saisir les tenants et aboutissants de l'affaire soumise à la Cour
de céans. Il reste à exposer les circonstances propres à la cause en litige et
à examiner le bien-fondé des critiques que le sort réservé aux conclusions des
parties a suscitées.

B. 

B.a. Le 19 juillet 2012, A.________ (ci-après: A.________), un club de football
professionnel aaa, et X.________ Club (ci-après: X.________ ou le recourant),
un club de football professionnel xxx, ont conclu un contrat relatif au
transfert par le premier au second de V.________ (ci-après: V.________ ou le
joueur), un footballeur professionnel yyy. L'indemnité de transfert a été fixée
à 4'000'000 euros. Le club xxx s'est en outre engagé à verser, en sus, au club
aaa le 20% du montant total de l'indemnité de transfert payée par le nouveau
club du joueur pour le cas où il transférerait ce dernier jusqu'au 31 août 2015
et toucherait une indemnité supérieure à 5'000'000 euros.
Le 23 août 2012, X.________ et V.________ ont signé un contrat de travail
valable jusqu'au 30 juin 2017. Le contrat contient une clause de sortie
permettant au joueur de le dénoncer avant terme contre paiement immédiat de
30'000'000 euros à l'employeur.
Pour financer le transfert du joueur, le club xxx s'est adressé à Z.________
Limited (ci-après: Z.________ ou l'intimée), une société d'investissement....
Après un mois de négociations, les parties se sont engagées, le 23 août 2012,
dans une relation contractuelle complexe, fondée sur cinq conventions
distinctes. La principale d'entre elles, dénommée  Economic Rights
Participation Agreement (ERPA) dans sa version originale, peut être traduite en
français par "Contrat principal de participation sur les droits économiques"
(ci-après: CPDE). En résumé, par cette convention, Z.________ a mis la somme de
3'000'000 euros (  Grant Fee) à la disposition de X.________. En contrepartie,
le club xxx lui a cédé 75% des droits économiques relatifs à V.________, le
solde de ces droits étant conservés par lui de même que l'intégralité des
droits fédératifs. En cas de transfert du joueur à un autre club, entre autres
hypothèses, la société d'investissement recevrait ainsi de X.________, au titre
du  FUND's Interest, le 75% de l'indemnité de transfert versée par le nouveau
club, sous déduction d'un montant de 450'000 euros, mais en tout cas 4'200'000
euros au minimun (  Fund's Minimum Interest Fee), montant auquel elle pourrait
aussi prétendre, notamment, si le joueur devenait un agent libre avant
l'expiration de son contrat de travail. Les deux parties estimant à 8'000'000
euros la valeur de V.________ sur le marché des transferts, une clause du CPDE
obligeait X.________, s'il en était requis par Z.________, à accepter une offre
de transfert égale ou supérieure à ce montant et à verser à sa cocontractante
le 75% de l'indemnité de transfert reçue ou, en cas de refus de l'offre, à
indemniser la société d'investissement à hauteur de 75% du montant de cette
offre. Parmi les autres devoirs que lui imposait le CPDE, X.________ était tenu
d'informer Z.________ de toute offre reçue concernant un transfert potentiel du
joueur et de faire tout son possible pour que ce dernier fût transféré avant
l'expiration de son contrat de travail de durée déterminée. De son côté, la
société d'investissement s'engageait à ne pas interférer dans la politique des
transferts du club et à ne pas divulguer à des tiers, sauf accord écrit du
club, les informations fournies par lui au sujet d'un éventuel transfert futur
du joueur. Par une autre clause du CPDE, X.________ conférait à Z.________ une 
put optionen vertu de laquelle sa cocontractante pourrait l'obliger en tout
temps à racheter, au prix de 3'708'000 euros, la participation détenue par elle
sur les droits économiques du joueur au cas où le club xxx n'aurait pas
transféré celui-ci le 1er juillet 2015 au plus tard. Il s'engageait, de
surcroît, à constituer des sûretés destinées à garantir le paiement de ce
montant selon des modalités précisées dans les autres conventions signées le
même jour. Régi par le droit suisse, le CPDE, qui incluait une clause
compromissoire en faveur du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) ainsi qu'une
clause de confidentialité, devait prendre fin après que le club xxx aurait
effectué le dernier versement auquel pourrait prétendre la société
d'investissement.
La Coupe du monde de football organisée tous les quatre ans par la FIFA s'est
déroulée au Brésil du 12 juin au 13 juillet 2014. A cette occasion, V.________
a fourni, au sein de l'équipe de Y.________, des prestations d'une qualité
telle qu'il a été considéré comme l'un des dix meilleurs joueurs de la
compétition, ce qui a eu pour effet d'augmenter sensiblement sa valeur sur le
marché des transferts et de susciter l'intérêt de plusieurs clubs à son égard.
Point n'est besoin de relater ici les négociations qui se sont ensuivies entre
les différents intéressés avec la participation active de Z.________. Les
circonstances dans lesquelles elles ont été conduites - à l'instar du rôle que
la société d'investissement y a joué - sont d'ailleurs en partie litigieuses et
n'ont pas toutes été éclaircies. Il suffira de constater que, le 19 août 2014,
X.________ a finalement accepté de transférer le joueur yyy au E.________ Club
(ci-après: E.________), un club de football anglais évoluant dans le
championnat de première division (  Premier League), moyennant une indemnité de
transfert de 20'000'000 euros et le prêt, à titre gratuit, jusqu'à la fin de la
saison 2014/2015, du joueur xxx connu sous le nom de M.________.

B.b. Le 23 août 2012, X.________ et Z.________ ont signé un second CPDE en
relation avec le transfert du joueur professionnel W.________, transféré du
D.________, un club de football professionnel ddd. N'étaient les montants en
jeu et quelques points secondaires, le schéma contractuel utilisé pour le
financement par Z.________ de l'acquisition de ce joueur ne différait pas de
celui auquel les parties avaient eu recours pour intéresser la société
d'investissement aux droits économiques concernant V.________.
Par contrat du 8 janvier 2014, X.________ a prêté W.________ au club ddd de
C.________ jusqu'au 30 juillet 2015. Le prêt a été consenti sans contrepartie,
à charge pour l'emprunteur de payer le salaire du joueur et d'assurer celui-ci.

B.c. Le 21 août 2014, Z.________ a adressé à X.________ une facture de
15'000'000 euros. Le club xxx lui ayant versé 4'500'000 euros - 3'000'000 euros
pour V.________ et 1'500'000 euros pour W.________ - le 28 août 2014, la
société d'investissement a accusé réception de cette somme, le 9 septembre
2014, en lui confirmant qu'elle la considérait comme un paiement partiel de ce
qui lui était dû.

C. 

C.a. Le 16 octobre 2014, X.________ a déposé, auprès du TAS, une requête
d'arbitrage visant Z.________. Il a invité ce tribunal arbitral à constater, en
substance, que les CPDE étaient nuls ou, subsidiairement, qu'ils avaient été
valablement annulés, voire, encore plus subsidiairement, pour le cas où leur
validité serait admise, qu'il avait droit à des dommages-intérêts pour
inexécution à concurrence de 10'000'000 euros. Chacune de ces conclusions était
assortie d'une demande tendant au paiement d'une indemnité de 3'000'000 euros
destinée à réparer le préjudice moral prétendument subi par le club xxx.
Z.________, quant à elle, alléguant la validité des CPDE et le caractère
injustifié de leur annulation, a conclu au paiement par X.________, intérêts en
sus, du montant de 10'050'000 euros - i.e. 75% de l'indemnité de transfert
reçue de E.________, moins la déduction de 450'000 euros prévue par le CPDE
concernant V.________ et l'imputation des 4'500'000 euros déjà versés par le
demandeur -, d'une somme correspondant à 75% de la valeur du prêt de M.________
ainsi que du 75% de tout montant que le club xxx obtiendrait de E.________ en
cas de transfert futur de V.________.

C.b. Le 21 décembre 2015, le TAS, statuant dans le cadre de la procédure
d'arbitrage ordinaire (art. R38 ss du Code de l'arbitrage en matière de sport),
a rendu sa sentence finale. Constatant la validité et le caractère exécutoire
des CPDE signés le 23 août 2012 par les parties, il a condamné X.________ à
payer à Z.________ 5'050'000 euros avec intérêts à 5% l'an dès le 23 août 2014,
5'000'000 euros avec intérêts à 5% l'an dès le 4 décembre 2014 et 1'433'596,15
livres britanniques avec intérêts à 5% l'an dès le 23 août 2014. En outre,
X.________ devra payer à Z.________ 75% de tout montant obtenu par lui au titre
de son droit à 20% de toute somme dépassant 23'000'000 euros au cas où
E.________ transférerait V.________ à un autre club. Toutes autres requêtes ou
conclusions ont été rejetées.
Dans une remarque introductive, la Formation de trois arbitres, se fondant
notamment sur les nombreux témoignages recueillis par elle durant l'instruction
de la cause et les pièces produites par les parties, a mis en lumière les
controverses dont les TPO et autres accords similaires font actuellement
l'objet dans les milieux sportifs, économiques et juridiques intéressés. Elle a
souligné, en particulier, que, si l'interdiction de tels contrats, telle
qu'elle a été prononcée par la FIFA avec effet au 1er mai 2015, va dans le sens
des préoccupations exprimées par l'Union des Associations Européennes de
Football (UEFA) et la Fédération Internationale des Footballeurs Professionnels
(FIFPro) quant au respect de la dignité des travailleurs concernés et de
l'équité sportive, entre autres soucis, elle suscite, en revanche, nombre de
critiques de la part de tous ceux qui avaient ou ont toujours recours à la
pratique désormais interdite, telles les ligues de football ibériques, lesquels
utilisateurs y voient un abus de position dominante de la part d'une
association de droit privé et une restriction de la concurrence, ce qui a
d'ailleurs amené plusieurs d'entre eux à s'en plaindre devant les instances
européennes ou nationales compétentes. Cependant, le TAS a précisé que la
question litigieuse s'inscrit dans le cadre beaucoup plus large du financement
des clubs sportifs, appelle une réponse nuancée et revêt un caractère
éminemment politique. Aussi a-t-il jugé préférable de s'en tenir exclusivement
aux circonstances concrètes de la cause en litige et de se contenter
d'examiner, au regard des dispositions pertinentes, si les CPDE conclues par
les parties étaient valables et exécutables.
Sur le fond, X.________ a plaidé la nullité des CPDE au regard des art. 19, 20
et 21 CO, de la législation suisse sur le contrat de travail (art. 319 ss CO),
de l'art. 157 CP, des règles de la FIFA, de l'art. 27 CC, de l'art. 2 de la loi
suisse contre la concurrence déloyale (LCD), des art. 45 et 101 du Traité sur
le fonctionnement de l'Union européenne (TFEU), des art. 4, 5 et 13 de la
Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH), ainsi que des art. 4, 5
et 8 par. 1 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des
libertés fondamentales (CEDH). Le TAS a écarté ce moyen en toutes ses branches.
Il a exclu d'emblée que les rapports juridiques litigieux, auxquels les joueurs
n'étaient pas parties, puissent être qualifiés de contrats de travail. De même
a-t-il jugé inapplicable l'art. 157 CP au motif que cette norme de droit pénal
suisse n'avait pas de portée autonome par rapport à la "lésion" visée à l'art.
21 CO, disposition qui ne trouvait pas à s'appliquer en l'espèce dès lors que
le délai annal dans lequel la partie lésée aurait pu dénoncer les contrats
s'était écoulé sans que les CPDE eussent été invalidés par X.________, les
conditions territoriales et matérielles de l'usure réprimée par l'art. 157 CP
n'étant au surplus pas réalisées en l'espèce. Quant à la réglementation de la
FIFA, les trois arbitres ont jugé qu'elle n'était pas susceptible de constituer
une source d'illicéité en droit suisse et qu'elle ne pouvait de toute façon pas
être opposée à Z.________, qui n'était pas affiliée directement ou
indirectement à ladite association.
S'agissant de la prétendue contrariété des CPDE aux moeurs, le TAS a écarté cet
argument après avoir procédé à une évaluation globale des deux contrats, basée
sur les données chiffrées touchant les fonds investis respectivement par les
cocontractants pour acquérir les droits économiques afférents aux deux joueurs
transférés de A.________ et du D.________ ainsi que la part de ces droits
acquise par chacun d'eux, tout en reconnaissant que le marché concernant les
droits économiques en rapport avec W.________ était évidemment plus favorable à
X.________ que celui ayant trait aux droits économiques relatifs à V.________.
Il a souligné, en outre, que la disparité existant entre les profits tirés par
X.________ et par Z.________ du transfert du joueur yyy à E.________ n'était
pas en soi immorale, mais, tout au plus, justiciable de l'art. 21 CO,
disposition que le club xxx n'était cependant plus en droit d'invoquer pour
cause de péremption. Toujours selon le TAS, ce club, qui avait cédé 95% de ses
droits économiques sur V.________ à des tiers (75% à Z.________ et 20% à
A.________), avait obtenu un retour sur investissement raisonnablement bon dès
lors que, en ne conservant que 5% de ces droits économiques, il avait pu
engager, moyennant un investissement initial de 1'000'000 euros, un joueur-clé
dont la valeur sur le marché était bien plus élevée, joueur dont le transfert à
E.________ lui avait permis d'encaisser 1'450'000 euros, une fois déduites les
prétentions de Z.________ et de A.________, et qui lui laissait entrevoir une
nouvelle rentrée d'argent s'il venait à être transféré ultérieurement pour une
somme supérieure à 23'000'000 euros (20% du supplément moins la part de 75%
dévolue à Z.________). Le TAS a encore souligné que, contrairement à ce que
soutenait X.________, on ne pouvait pas dire que Z.________ ne prenait aucun
risque financier dans les transactions litigieuses, puisqu'aussi bien la
situation patrimoniale du club xxx était des plus précaires à l'époque de la
signature des CPDE. Inversement, X.________ n'avait pas été exposé à un risque
concret entre le moment où il avait engagé V.________ et celui où il avait
transféré le joueur à E.________. Enfin, examinant l'immoralité des CPDE sous
l'angle de l'art. 27 al. 2 CC, le TAS a exclu qu'il y ait eu, en l'espèce, un
déséquilibre tel que l'on pût admettre que le club xxx avait aliéné sa liberté
économique dans une mesure contraire aux moeurs en faveur de la société
d'investissement.... En effet, outre que seuls deux joueurs - V.________ et
W.________ - étaient liés à Z.________ parmi les 35 à 40 joueurs dont
X.________ partageait les droits économiques avec d'autres fonds
d'investissement, les créanciers du club xxx représentaient une dette
consolidée de 500'000'000 euros, si bien que Z.________ n'était assurément pas
en mesure d'empêcher ce club de continuer ses activités. De plus, la prétendue
mainmise de la société d'investissement sur celles-ci et la possibilité pour
cette société d'interférer dans la politique des transferts de X.________
n'avaient pas été démontrées, les faits constatés établissant bien plutôt que,
dans des occasions importantes, X.________ avait eu la liberté d'agir comme il
l'entendait.
Le TAS a encore exclu l'applicabilité des dispositions du droit (suisse et
communautaire) de la concurrence déloyale, faute pour X.________ d'avoir
démontré que les actes de Z.________ produisaient un effet sur le marché suisse
et que les conditions d'application de l'art. 101 TFEU étaient réalisées.
Quant aux autres normes protectrices tirées du droit international, le TAS en a
écarté l'application parce qu'elles constituaient des règles de droit en faveur
des joueurs, lesquels n'étaient ni les signataires des CPDE ni des parties à la
procédure arbitrale.
Concluant ainsi à la validité des CPDE, la Formation a examiné en dernier lieu,
au regard des dispositions pertinentes des deux contrats, le comportement
adopté par chacune des parties dans l'exécution de ses obligations
contractuelles, ce qui l'a amenée à faire droit aux prétentions élevées par
Z.________.

D. 
Le 22 février 2016, X.________ (ci-après: le recourant) a formé un recours en
matière civile au Tribunal fédéral en vue d'obtenir l'annulation de la sentence
du 21 décembre 2015. Il a également requis l'octroi de l'effet suspensif à son
recours.
Dans sa réponse du 4 avril 2016, Z.________ (ci-après: l'intimée) a conclu
principalement à l'irrecevabilité du recours et, subsidiairement, au rejet de
celui-ci dans la mesure de sa recevabilité.
Le TAS, qui a produit son dossier, n'a pas déposé d'observations au sujet du
recours.
Le recourant, dans sa réplique du 20 avril 2016, et l'intimée, dans sa duplique
du 9 mai 2016, ont maintenu leurs conclusions.
La demande d'effet suspensif a été rejetée par ordonnance présidentielle du 24
mai 2016.

Considérant en droit:

1. 
D'après l'art. 54 al. 1 LTF, le Tribunal fédéral rédige son arrêt dans une
langue officielle, en règle générale dans la langue de la décision attaquée.
Lorsque cette décision a été rendue dans une autre langue (ici l'anglais), le
Tribunal fédéral utilise la langue officielle choisie par les parties. Devant
le Tribunal arbitral, celles-ci se sont servies de l'anglais, tandis que, dans
les mémoires qu'elles ont adressés au Tribunal fédéral, elles ont employé le
français, respectant ainsi l'art. 42 al. 1 LTF en liaison avec l'art. 70 al. 1
Cst. (ATF 142 III 521 consid.1). Conformément à sa pratique, le Tribunal
fédéral rendra, par conséquent, son arrêt en français.

2. 
Le recours en matière civile est recevable contre les sentences touchant
l'arbitrage international aux conditions fixées par les art. 190 à 192 LDIP
(art. 77 al. 1 let. a LTF). Qu'il s'agisse de l'objet du recours, de la qualité
pour recourir, du délai de recours, des conclusions prises par le recourant ou
encore du grief soulevé dans le mémoire de recours, aucune de ces conditions de
recevabilité ne fait problème en l'espèce. Rien ne s'oppose donc à l'entrée en
matière, quoi qu'en dise l'intimée.

3. 
Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits constatés dans la sentence
attaquée (cf. art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut rectifier ou compléter d'office
les constatations des arbitres, même si les faits ont été établis de manière
manifestement inexacte ou en violation du droit (cf. l'art. 77 al. 2 LTF qui
exclut l'application de l'art. 105 al. 2 LTF). Aussi bien, sa mission,
lorsqu'il est saisi d'un recours en matière civile visant une sentence
arbitrale internationale, ne consiste-t-elle pas à statuer avec une pleine
cognition, à l'instar d'une juridiction d'appel, mais uniquement à examiner si
les griefs recevables formulés à l'encontre de ladite sentence sont fondés ou
non. Permettre aux parties d'alléguer d'autres faits que ceux qui ont été
constatés par le tribunal arbitral, en dehors des cas exceptionnels réservés
par la jurisprudence, ne serait plus compatible avec une telle mission, ces
faits fussent-ils établis par les éléments de preuve figurant dans le dossier
de l'arbitrage (arrêt 4A_386/2010 du 3 janvier 2011 consid. 3.2). Cependant,
comme c'était déjà le cas sous l'empire de la loi fédérale d'organisation
judiciaire (cf. ATF 129 III 727 consid. 5.2.2; 128 III 50 consid. 2a et les
arrêts cités), le Tribunal fédéral conserve la faculté de revoir l'état de fait
à la base de la sentence attaquée si l'un des griefs mentionnés à l'art. 190
al. 2 LDIP est soulevé à l'encontre dudit état de fait ou que des faits ou des
moyens de preuve nouveaux sont exceptionnellement pris en considération dans le
cadre de la procédure du recours en matière civile (ATF 138 III 29 consid.
2.2.1 et les arrêts cités).

4. 
Dans un unique moyen divisé en deux branches, le recourant soutient que la
sentence attaquée est incompatible à maints égards avec l'ordre public matériel
au sens de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. Avant d'examiner le mérite des
critiques formulées à l'appui de ce moyen, il convient de rappeler ce que
recouvre la notion d'ordre public matériel visée par cette disposition.

4.1. Une sentence est incompatible avec l'ordre public si elle méconnaît les
valeurs essentielles et largement reconnues qui, selon les conceptions
prévalant en Suisse, devraient constituer le fondement de tout ordre juridique
(ATF 132 III 389 consid. 2.2.3). On distingue un ordre public procédural et un
ordre public matériel.
Une sentence est contraire à l'ordre public matériel lorsqu'elle viole des
principes fondamentaux du droit de fond au point de ne plus être conciliable
avec l'ordre juridique et le système de valeurs déterminants; au nombre de ces
principes figurent, notamment, la fidélité contractuelle, le respect des règles
de la bonne foi, l'interdiction de l'abus de droit, la prohibition des mesures
discriminatoires ou spoliatrices, ainsi que la protection des personnes
civilement incapables.
Comme l'adverbe "notamment" le fait ressortir sans ambiguïté, la liste
d'exemples ainsi dressée par le Tribunal fédéral pour décrire le contenu de
l'ordre public matériel n'est pas exhaustive, en dépit de sa permanence dans la
jurisprudence relative à l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. Il serait d'ailleurs
délicat, voire dangereux, d'essayer de recenser tous les principes fondamentaux
qui y auraient sans conteste leur place, au risque d'en oublier l'un ou
l'autre. Aussi est-il préférable de la laisser ouverte. Le Tribunal fédéral y a
du reste déjà intégré d'autres principes fondamentaux qui en sont absents,
telle l'interdiction du travail forcé (arrêt 4A_370/2007 du 21 février 2008
consid. 5.3.2), et il n'hésiterait pas à sanctionner, au titre de la violation
de l'ordre public matériel, une sentence qui porterait atteinte au principe
cardinal que constitue le respect de la dignité humaine, quand bien même ce
principe ne figure pas expressément dans la liste en question (ATF 138 III 322
consid. 4.1 et les arrêts cités).
S'il n'est pas aisé de définir positivement l'ordre public matériel, de cerner
ses contours avec précision, il est plus facile, en revanche, d'en exclure tel
ou tel élément. Cette exclusion touche, en particulier, l'ensemble du processus
d'interprétation d'un contrat et les conséquences qui en sont logiquement
tirées en droit, ainsi que l'interprétation faite par un tribunal arbitral des
dispositions statutaires d'un organisme de droit privé. De même, pour qu'il y
ait incompatibilité avec l'ordre public, notion plus restrictive que celle
d'arbitraire, il ne suffit pas que les preuves aient été mal appréciées, qu'une
constatation de fait soit manifestement fausse ou encore qu'une règle de droit
ait été clairement violée (arrêts 4A_304/2013 du 3 mars 2014 consid. 5.1.1;
4A_458/2009 du 10 juin 2010 consid. 4.1).
Au demeurant, qu'un motif retenu par le tribunal arbitral heurte l'ordre public
n'est pas suffisant; encore faut-il que le résultat auquel la sentence aboutit
soit lui-même incompatible avec l'ordre public (ATF 138 III 322 consid. 4.1;
120 II 155 consid. 6a p. 167; 116 II 634 consid. 4 p. 637).

4.2. 

4.2.1. Le recourant s'emploie, tout d'abord, à démontrer que la sentence
attaquée violerait l'ordre public matériel en donnant effet à des contrats
"usuriers, léonins et comportant des engagements excessifs".
Examinant le cas de V.________, chiffres à l'appui, sur la base du CPDE
concernant ce joueur, le club xxx expose que les clauses topiques de ce contrat
garantissaient à l'intimée les rendements minimums suivants sur les 3'000'000
euros investis par elle pour permettre au recourant d'engager le joueur yyy:
12,36% si le joueur n'était pas transféré dans les trois ans et que l'intimée
décidât de lever la  put option; 40% si le joueur n'était pas transféré du tout
avant l'expiration de son contrat de travail ou s'il l'était pour un montant
inférieur à 8'000'000 euros. Soulignant l'absence de tout plafond quant au
rendement que l'intimée pourrait obtenir en cas de transfert du joueur pour un
montant supérieur à cette somme, le recourant constate que le transfert de
V.________ à E.________ contre une indemnité de 20'000'000 euros permettrait à
l'intimée d'encaisser 15'000'000 euros et de rentabiliser son investissement à
hauteur de 400%, voire de 460% si l'on tient compte du 75% de la valeur du prêt
du joueur M.________. A ce rendement, le club xxx oppose le sien propre, lequel
serait nul, selon lui, puisqu'il ne lui resterait que 1'000'000 d'euros, soit
le 5% de l'indemnité de transfert, une fois déduits les 75% revenant à
l'intimée et les 20% dus à A.________, autrement dit la somme même qu'il a
payée au club aaa, en plus des 3'000'000 euros avancés par l'intimée, pour
acquérir les droits fédératifs de V.________. Dès lors, aux yeux du recourant,
le CPDE, qu'il qualifie de prêt partiaire, contreviendrait aux dispositions sur
l'usure, revêtirait un caractère léonin et, partant, serait entaché de nullité
au regard du droit suisse.
Le recourant explique, en outre, qu'il aurait aliéné sa liberté d'action de
manière inadmissible, sous l'angle de l'art. 27 CC, en acceptant des clauses
contractuelles qui permettaient à sa cocontractante de lui imposer, sinon en
droit du moins en fait, l'acceptation d'une offre de transfert jugée
suffisamment intéressante par elle, sous peine de devoir verser à cette
dernière le 75% du montant de l'offre sans recevoir pour autant une quelconque
indemnité de transfert, faute précisément de tout transfert. D'après le
recourant, l'intimée, non seulement pouvait ainsi le forcer à se séparer du
joueur yyy, même s'il préférait le conserver dans ses rangs pour des raisons
sportives, mais, qui plus est, était en droit d'exiger de lui qu'il fît son
possible afin que ce joueur fût transféré à un autre club avant l'échéance de
son contrat de travail.
Les CPDE, poursuit le recourant, contiennent aussi des clauses selon
lesquelles, conscient du caractère brutal et sévère de certains engagements
souscrits par lui, il s'engage à ne pas se prévaloir du caractère excessif de
ceux-ci. Semblables clauses montreraient bien que le TAS, dans l'analyse du cas
effectuée par lui sous l'angle de l'art. 157 CP, a ignoré la réalité
contractuelle. Peu importerait d'ailleurs, du point de vue de l'ordre public,
que cette disposition ressortissant au droit pénal suisse ne fût pas applicable
territorialement en l'espèce.
Citant, enfin, l'art. 18ter RSTJ, reproduit plus haut (cf. let. A.,
antépénultième par.), le recourant soutient que l'intimée sait pertinemment,
pour avoir tenté en vain de contester la validité de cette disposition devant
les tribunaux étatiques belges, que ses CPDE sont contraires à ladite règle
qui, selon lui, a été adoptée par la FIFA afin d'interdire les opérations,
telles que les TPO, présentant un caractère gravement immoral. Sans doute
concède-t-il au TAS qu'une règle émanant d'une association de droit privé comme
la FIFA ne constitue pas toujours un motif de nullité au sens de l'art. 20 CO.
Il lui fait toutefois remarquer que cette règle n'est pas restée sans écho au
niveau étatique dans la mesure où le Parlement européen a adopté dès 2008 une
résolution préconisant des actions concrètes en vue d'introduire davantage de
transparence dans le système des transferts des joueurs. Au demeurant, toujours
selon le recourant, il conviendrait de reconnaître l'existence d'une conception
des bonnes moeurs propre au domaine du sport en général et du football en
particulier afin d'éviter que les joueurs deviennent un objet de spéculation,
que des fonds d'investissement profitent de la gêne financière des clubs pour
réaliser des profits indécents et que les clubs perdent la maîtrise de la
situation du point de vue sportif. Cela contribuerait à renforcer la stabilité
contractuelle, qui constitue un principe cardinal en ce domaine.

4.2.2. Dans sa réponse, l'intimée, après avoir contesté la recevabilité du
premier moyen soulevé par le recourant et rappelé le fonctionnement des CPDE en
citant des extraits de la sentence attaquée, cherche à démontrer l'absence de
"prétendus intérêts usuriers". S'agissant des intérêts proprement dits, allant
de 12,36% à 40%, elle précise qu'ils ont été calculés sur une durée,
respectivement, de trois et cinq ans, qui, si on la ramène à un an, donne des
intérêts inférieurs à 15%, en tous points conformes au droit suisse. L'intimée
conteste, de surcroît, que sa rémunération, liée uniquement en l'espèce au
montant de l'indemnité de transfert que le recourant a perçue de E.________,
corresponde à un intérêt au sens juridique du terme et tombe, de ce fait, sous
le coup des restrictions légales applicables aux taux d'intérêt conventionnels,
ce qui, selon elle, ne suffirait de toute façon pas à la faire apparaître comme
contraire à l'ordre public matériel d'après la jurisprudence du Tribunal
fédéral.
Pour ce qui est du caractère prétendument excessif de l'engagement litigieux
pris par le recourant, l'intimée s'en remet entièrement aux considérants du TAS
à ce sujet.

4.2.3. Il ne s'agit pas d'examiner ici la question du financement du football
professionnel dans son ensemble, non plus que tous les aspects économiques et
juridiques des transferts de joueurs, ni même d'ailleurs le système en tant que
tel de la propriété des droits économiques des joueurs par des tiers ou tierce
propriété (TPO). Ce sont là des problèmes de nature générale et à forte
connotation politique, sportivement parlant, dont la résolution est, au premier
chef, l'apanage des instances compétentes du football professionnel au niveau
international, les autorités judiciaires étatiques à l'échelon national ou
supranational et les tribunaux arbitraux spécialisés n'ayant qu'un pouvoir de
surveillance résiduel en la matière. La Formation du TAS a donc refusé, à juste
titre, de s'y immiscer pour s'en tenir à l'analyse des circonstances du cas
concret à la lumière des règles de droit applicables et en tirer une conclusion
valable pour les seules parties litigantes. A plus forte raison, la Cour de
céans, dont la cognition est limitée  in casu à l'examen du grief tiré de
l'incompatibilité de la sentence attaquée avec l'ordre public matériel au sens
de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP, doit-elle renoncer à pénétrer sur le terrain
miné des rapports entre le football et l'argent, où le recourant souhaiterait
l'entraîner, tant il est vrai que ces rapports paraissent échapper à
l'entendement, eu égard aux sommes astronomiques en jeu et à l'opacité des
relations nouées par les différents intéressés, entre autres motifs. Quant à
reconnaître, avec le recourant, relativement à la définition du concept d'ordre
public matériel, qu'il existe des bonnes moeurs propres au domaine du sport en
général et du football en particulier, c'est là un pas que l'on ne saurait
franchir en l'état. Hormis le fait qu'il semble difficile de déterminer quelles
sont les bonnes moeurs dans le domaine considéré, moduler le concept d'ordre
public matériel en fonction de telle ou telle activité et, plus encore, d'une
branche particulière de l'activité visée - en l'occurrence, le sport,
respectivement le football - reviendrait, d'une certaine manière, à diluer la
force et à atténuer la portée de ce concept en laissant à la fédération
faîtière de la branche entrant en ligne de compte - en l'espèce, la FIFA - le
soin de définir la notion des bonnes moeurs propre à cette branche. En
résulteraient un émiettement, une dilution de la notion d'ordre public matériel
et, par voie de conséquence, une difficulté accrue à cerner les contours de
cette notion, sans parler de la formation d'une casuistique peu propice à la
sécurité du droit. Au demeurant, s'il est certes exact que les particularités
de l'arbitrage sportif ont été prises en considération par la jurisprudence
fédérale dans le traitement de certaines questions de procédure spécifiques,
telle la renonciation à recourir (ATF 133 III 235 consid. 4.3.2.2 p. 244), il
ne s'ensuit pas pour autant qu'il faille en faire de même à l'égard du moyen de
caractère général tiré de l'incompatibilité de la sentence avec l'ordre public
matériel, sauf à créer une véritable  lex sportiva par la voie prétorienne, ce
qui pourrait soulever des problèmes du point de vue de la répartition des
compétences entre le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire de la
Confédération (arrêt 4A_488/2011 du 18 juin 2012 consid. 6.2 avant-dernier
par.).
Le fait est, on l'a vu, que la FIFA a interdit les opérations de type TPO à
compter du 1er mai 2015. Il sied d'observer, toutefois, que pareille
interdiction a été attaquée par certaines ligues de football et d'autres
intéressés devant les instances européennes ou nationales compétentes, si bien
qu'à ce jour son sort ne peut être tenu pour scellé (cf., ci-dessus, let. C.b,
2e par.). Quoi qu'il en soit, en vertu de la disposition de droit transitoire
figurant à l'art. 18ter al. 3 RSTJ, les deux CPDE signés le 23 août 2012 ne
tombaient pas sous le coup de cette interdiction. Il y a fort à parier que, si
la FIFA avait jugé les relations contractuelles de ce genre à ce point
attentatoires à des principes fondamentaux du droit matériel que leur maintien
eût été insupportable, elle n'en aurait pas accepté la poursuite jusqu'à leur
expiration en édictant la règle de droit transitoire précitée. Aussi serait-il
déjà quelque peu contradictoire de vouloir annuler une sentence arbitrale ne
faisant qu'entériner des rapports contractuels qu'une règle de droit
transitoire émanant de l'association sportive compétente a permis aux parties
concernées de conduire jusqu'à leur terme.
En tant qu'il s'en prend directement au raisonnement juridique par lequel la
Formation a exclu, notamment, l'application en l'espèce de l'art. 21 CO, pour
cause de forclusion, et celle de l'art. 157 CP, pour défaut de réalisation des
conditions territoriales et matérielles de l'usure, le recourant confond le
Tribunal fédéral avec une cour d'appel qui chapeauterait le TAS et vérifierait
librement le bien-fondé des sentences en matière d'arbitrage international
rendues par cet organe juridictionnel privé. Il cherche, par ce biais, à
obtenir que la Cour de céans examine avec une pleine cognition les questions de
droit matériel traitées dans la sentence entreprise, comme elle le ferait à
titre préjudiciel si elle était saisie du grief d'incompétence (cf. ATF 140 III
134 consid. 3.1 et les arrêts cités). Or, tel n'est pas le rôle de l'autorité
judiciaire suprême du pays lorsqu'elle est saisie d'un recours au sens de
l'art. 77 al. 1 let. a LTF dans lequel est invoquée l'incompatibilité de la
sentence attaquée avec l'ordre public, ainsi que cela ressort de la définition
de cette notion. Demeure toutefois réservée la possibilité, induite par cette
définition même, de tenir compte, le cas échéant, des dispositions pertinentes
et des principes généraux du droit suisse touchant les engagements excessifs
souscrits par l'un des cocontractants, pour autant que l'on puisse y voir
l'expression de valeurs essentielles et largement reconnues qui, "selon les
conceptions prévalant en Suisse " (ATF 132 II 389 consid. 2.2.3), devraient
constituer le fondement de tout ordre juridique (cf.,  mutatis mutandis,
l'arrêt 4A_458/2009, précité, consid. 4.4.2).
Pour en revenir, tout d'abord, aux données chiffrées ressortant des clauses
pertinentes du CPDE concernant les droits économiques relatifs à V.________,
ainsi qu'au résultat de l'application de ces données aux circonstances du cas
concret, force est de constater, avec l'intimée, que les taux de rendement
minimums de 12,36% et de 40% qu'elle aurait pu obtenir, dans certaines
hypothèses, grâce à son investissement de 3'000'000 euros, correspondent à un
calcul effectué sur une durée de trois, respectivement cinq ans, laquelle,
ramenée à un an, donne des intérêts inférieurs à 15% et, partant, encore
admissibles au regard du droit suisse. C'est le lieu d'observer, en tout état
de cause et pour ne citer qu'un exemple, que, selon une jurisprudence récente
du Tribunal fédéral, l'application combinée d'un intérêt moratoire stipulé de
12% l'an, d'une peine conventionnelle de 10% du capital dû et d'un intérêt
moratoire de 5% l'an sur le montant de cette peine ne rend pas la sentence
incriminée incompatible avec l'ordre public matériel au sens de l'art. 190 al.
2 let. e LDIP, nonobstant le fait que l'art. 163 al. 3 CO, qui commande au juge
de réduire les peines excessives, est une norme d'ordre public d'après le droit
suisse (arrêt 4A_536 et 540/2016 du 26 octobre 2016 consid. 4.3.2). Les
réflexions auxquelles le recourant se livre, dans le même contexte, au sujet du
taux de rendement de 460% qu'obtiendrait en l'espèce l'intimée à la suite du
transfert du joueur yyy à E.________ ne sont pas non plus pertinentes. Aussi
bien, raisonner sur ce point en termes d'intérêts, comme il le propose, n'est
pas correct, tant il est vrai que, dans ce cas de figure, la rémunération du
prêteur n'entre pas dans la définition de l'intérêt conventionnel - i.e. la
compensation due au créancier pour le capital dont celui-ci est privé,
compensation dont le montant est fixé en fonction de la somme prêtée, du taux
appliqué et de la durée du prêt (TERCIER/FAVRE, Les contrats spéciaux, 4e éd.
2009, n. 3038) -, mais dépend uniquement du montant du transfert, s'apparentant
ainsi à un prêt partiaire rémunéré par une participation du prêteur au bénéfice
réalisé par l'emprunteur lors de l'opération de transfert subséquente. Or, dans
un tel cas, les restrictions de droit public concernant le taux d'intérêt ne
s'appliquent en principe pas (ROLF H. WEBER, Commentaire bernois,
Obligationenrecht, Das Darlehen, Art. 312-318 OR, 2013, n° 38 des Remarques
préliminaires aux art. 312-318 CO). Effectivement et s'agissant ici des seuls
rapports entre prêteur et emprunteur, on ne voit pas très bien ce qu'il peut y
avoir d'usurier, de léonin ou de simplement immoral, pour une société
d'investissement qui prête à un club de football les trois-quarts des fonds
nécessaires à l'achat des droits fédératifs concernant un joueur que ce club
souhaite intégrer dans son équipe, dans le fait d'acquérir une proportion
identique des droits économiques afférents audit joueur et de se faire
promettre par le bénéficiaire du prêt le versement d'une part équivalente (i.e.
75%) de la somme payée par le nouveau club, pour le cas où le même joueur
ferait l'objet d'un transfert ultérieur. En réalité, le caractère singulier de
la présente espèce tient avant tout à la plus-value énorme - 500%, abstraction
faite de la valeur du prêt du joueur M.________ - que le joueur yyy a acquise
en peu de temps sur le marché des transferts, puisque le recourant l'a acquis
de A.________ au prix de 4'000'000 euros, le 19 juillet 2012, et l'a revendu
deux ans plus tard, c'est-à-dire le 19 août 2014, à E.________ pour la somme de
20'000'000 euros et contre le prêt à titre gratuit de l'international xxx
M.________. Cette plus-value constitue un élément essentiellement aléatoire,
qui résulte des excellentes prestations fournies par le joueur yyy avec son
équipe nationale au Brésil lors de la Coupe du monde de football 2014. Or,
aucune des parties au CPDE n'avait de prise sur cet élément-là, pas plus
qu'elle n'eût pu en avoir dans la situation inverse et radicalement différente
d'une diminution drastique de la valeur du joueur, si ce dernier avait déçu les
espoirs placés en lui, s'était blessé sérieusement ou, pire encore, était
décédé alors qu'il évoluait sous le maillot du club xxx. Aussi le recourant ne
peut-il rien tirer de cet élément aléatoire en faveur de sa thèse. On imagine
fort bien, d'ailleurs, qu'il ne se fût guère offusqué du résultat de ce
transfert s'il avait été en mesure de conserver le bénéfice intégral de cette
opération, ayant acquis V.________ sans l'aide financière d'un tiers. En
revanche et curieusement, le recourant n'a pas remis en cause la validité de
l'engagement, qu'il avait souscrit dans le premier contrat de transfert, de
verser à A.________ 20% du montant intégral de toute indemnité supérieure à
5'000'000 euros qu'il pourrait toucher en cas de transfert ultérieur du joueur
yyy avant le 31 août 2015, engagement qui est venu diminuer à hauteur de
4'000'000 euros (20% de 20'000'000 euros) la part de l'indemnité versée par
E.________ qu'il a pu conserver, réduisant de la sorte cette part à 5%
seulement (100% - 75% [à verser à Z.________] - 20% [à verser à A.________]).
Toujours est-il que cette opération de transfert lui a procuré un retour sur
investissement raisonnable, comme le constate la Formation, étant donné qu'en
déboursant la somme de 1'000'000 euros, il a pu s'adjoindre un joueur-clé, dont
la valeur sur le marché a été estimée à 8'000'000 euros par les parties au
CPDE, le faire évoluer dans sa première équipe pendant deux ans et encaisser
1'450'000 euros à titre d'indemnité résiduelle issue du transfert du joueur à
E.________, tout en pouvant encore caresser l'espoir de toucher quelque argent
à certaines conditions dans l'hypothèse d'un transfert ultérieur du joueur par
le club anglais. A cela vient s'ajouter la constatation de la Formation selon
laquelle le recourant a fait une bonne opération avec l'acquisition simultanée
de l'autre joueur, W.________, opération qui eût pu être bien plus fructueuse
encore, sur la base des mêmes CPDE, au cas où c'eût été ce joueur, et non pas
le joueur yyy, qui eût été transféré moyennant une indemnité de 20'000'000
euros, car, dans cette hypothèse, le club xxx eût touché 13'000'000 euros pour
un joueur dont l'acquisition avait été entièrement financée par l'intimée.
L'application  in concreto des données chiffrées figurant dans les CPDE infirme
ainsi les conclusions que le recourant en tire au regard de l'art. 190 al. 2
let. e LDIP.
Le recourant fait encore valoir que les CPDE seraient gravement attentatoires à
sa liberté, si bien que la Formation aurait rendu une sentence incompatible
avec l'ordre public matériel en permettant à l'intimée d'y fonder ses
prétentions. L'art. 27 CC, censé étayer cette thèse, peut certes être invoqué
par une personne morale (cf., par ex., arrêt 4A_536 et 540/2016, précité,
consid. 4.3.2, 2e par.), même si c'est d'ordinaire une personne physique qui
s'en prévaut dans les contestations en matière de sport (cf., par ex., ATF 138
III 322 consid. 4.3). Toutefois, selon la jurisprudence, la violation de cette
disposition n'est pas automatiquement contraire à l'ordre public; encore
faut-il que l'on ait affaire à un cas grave et net de violation d'un droit
fondamental. Or, une restriction contractuelle de la liberté économique n'est
considérée comme excessive au regard de l'art. 27 al. 2 CC que si elle livre
celui qui s'est obligé à l'arbitraire de son cocontractant, supprime sa liberté
économique ou la limite dans une mesure telle que les bases de son existence
économique sont mises en danger; l'art. 27 al. 2 CC vise aussi les engagements
excessifs en raison de leur objet, c'est-à-dire ceux qui ont trait à certains
droits de la personnalité dont l'importance est telle qu'une personne ne peut
se lier pour l'avenir à leur égard (ATF 123 III 337 consid. 5 et les arrêts
cités). La même réflexion peut être faite,  mutatis mutandis, en ce qui
concerne l'art. 20 al. 1 CO (arrêt 4A_458/2009, précité, consid. 4.4.3.2). Il
n'est pas question de cela dans le cas présent, quoi qu'en dise le recourant.
En effet, selon les constatations de fait souveraines de la Formation, c'est le
club xxx, lequel n'était du reste pas inexpérimenté en matière de partage des
droits économiques sur les joueurs avec des fonds d'investissement, qui a pris
l'initiative de contacter l'intimée pour obtenir son aide financière en vue
d'acquérir les services de deux joueurs qui l'intéressaient, acquisition qu'il
a faite librement au terme d'un mois de négociations conduites avec
l'assistance d'experts et d'hommes de loi et dont les membres de sa nouvelle
direction n'ont pas remis en cause la validité avant le mois d'août 2014. Il
n'est pas non plus établi que cette double acquisition, à mettre en relation
avec un contingent de 35 à 40 joueurs à la disposition du club xxx, ait
détérioré la situation financière de ce club, tandis qu'il est constant que
l'intimée n'était certainement pas en mesure d'empêcher la poursuite des
activités économiques ou autres du recourant. De plus, la Formation a retenu,
sur la base des preuves administrées, qu'à d'importantes occasions, le club xxx
avait agi comme il l'entendait, sans se soucier des recommandations de
l'intimée. Sans doute le recourant fait-il grand cas des stipulations des CPDE
dans lesquelles il reconnaît la sévérité de certaines clauses de ceux-ci, tout
en renonçant à s'en prévaloir. Il n'importe dès lors que ces stipulations sont
restées lettre morte en l'occurrence, l'intéressé ayant pu formuler devant la
Formation toutes les critiques que lui inspiraient les clauses litigieuses,
sous quelque angle que ce fût. Au demeurant, dans le cas contraire, il eût
fallu envisager de restreindre la constatation de l'incompatibilité de la
sentence avec l'ordre public matériel à ces seules stipulations et de maintenir
les CPDE sans ces dernières (cf. art. 20 al. 2 CO par analogie).

4.3.

4.3.1. Dans la seconde branche de son unique grief, le recourant soutient que
la décision attaquée viole l'ordre public matériel en donnant effet à des
contrats qui méconnaissent gravement les droits de la personnalité et les
droits fondamentaux des joueurs.
S'agissant des droits de la première catégorie, le club xxx explique que les
CPDE leur porteraient gravement atteinte en faisant pression sur lui par
diverses clauses, telles que celle l'obligeant à payer à l'intimée un montant
de 4'200'000 euros au minimum (  Fund's Minimum Interest Fee) au cas où le
joueur visé par l'une de ces conventions ne serait pas transféré à un autre
club avant la fin de son contrat de travail, ceci afin de le contraindre à tout
mettre en oeuvre pour encourager le joueur en question à quitter le club avant
l'expiration dudit contrat. Ce joueur, bien qu'il ne soit pas partie au CPDE le
concernant, verrait ainsi fortement restreint, sinon annihilé, son droit au
libre épanouissement économique, en particulier sa faculté de choisir lui-même
le cours à donner à sa carrière sportive et le club auquel il entend offrir ses
services. Et l'intéressé de mentionner diverses démarches entreprises à
différents niveaux afin de faire cesser ce que la FIFPro qualifie d'atteinte à
la dignité des joueurs professionnels.
Sous l'angle des droits fondamentaux, le recourant soutient que le mécanisme
des CPDE revient à mettre en place les conditions permettant à un fonds
d'investissement de décider indirectement si un joueur doit continuer à évoluer
avec son club ou s'il doit accepter la conclusion d'un contrat avec un autre
club. A son avis, pareille situation porterait atteinte à l'interdiction du
travail forcé, énoncée à l'art. 4 al. 2 CEDH entre autres instruments
juridiques, et, plus généralement, à la dignité humaine.

4.3.2. Dans sa réponse, l'intimée met en doute la recevabilité du recours sur
ce point, motif pris de ce que le recourant aurait procédé à une analyse
purement théorique des dispositions des CPDE sans expliquer en quoi les droits
de la personnalité et les droits fondamentaux des joueurs V.________ et
W.________ seraient violés dans le cas d'espèce. Sur le fond, elle rejette les
critiques du recourant en leur opposant les constatations du TAS selon
lesquelles la société d'investissement... n'aurait pas contraint le club xxx à
accepter une offre de transfert, d'une part, et V.________ aurait souhaité être
transféré à E.________, d'autre part. L'intimée se demande, par ailleurs, si le
recourant peut invoquer valablement la protection de la personnalité de tiers,
en l'occurrence les deux joueurs, qui n'ont pas signé les CPDE et n'ont pas
participé à la procédure.

4.3.3. Il sied d'observer ici, comme on l'a fait plus haut au sujet de la
première branche du même grief (cf. consid. 4.2.3), que, pour l'essentiel, le
recourant en reste au niveau des grands principes, se contentant de soumettre
au Tribunal fédéral des réflexions d'ordre théorique touchant les garanties
fondamentales susceptibles d'être invoquées par toute personne physique et,
singulièrement par un travailleur, sans chercher, en revanche, à démontrer,  in
concreto, en quoi une grave atteinte aurait été portée, par la mise en oeuvre
des CPDE, aux droits de la personnalité et aux droits fondamentaux de
V.________ et de W.________ en leur qualité d'êtres humains et de travailleurs.
Or, ce n'est pas en argumentant ainsi qu'il parviendra à démontrer - ce qui
seul importe, étant donné le pouvoir d'examen restreint dont jouit la Cour de
céans en matière d'arbitrage international - pourquoi le résultat auquel la
Formation est parvenue dans la sentence attaquée n'est pas compatible avec la
notion d'ordre public matériel au sens de l'art. 190 al. 2 let. e LDIP. Sans
doute s'est-il exprimé de manière plus détaillée à ce sujet dans sa réplique.
Il sied, toutefois, de rappeler qu'une telle écriture ne peut pas être utilisée
pour compléter, hors délai, une motivation insuffisante (arrêt 4A_488/2014 du
25 février 2015 consid. 2).
Ensuite, sans être suspect, l'intérêt que le club xxx affirme porter au sort
des deux joueurs en question n'est guère conciliable avec le fait, pour ledit
club, d'avoir recouru maintes fois au mécanisme des TPO avant la conclusion des
CPDE. Il est permis de se demander, ici aussi et s'agissant de V.________, si
cet intérêt eût été le même dans l'hypothèse où le recourant aurait pu
conserver l'intégralité de l'indemnité de transfert versée par E.________.
L'intimée s'interroge, en outre, sur le point de savoir si le recourant a
qualité pour dénoncer la violation de droits strictement personnels appartenant
aux joueurs afin d'échapper à sa responsabilité contractuelle vis-à-vis d'elle
au titre des CPDE ( exceptio de jure tertii; cf. arrêt 4A_304/2013 du 3 mars
2014 consid. 3). A dire vrai, il paraît difficile de dénier à l'intéressé cette
qualité-là car on imagine mal qu'une partie à un contrat ayant pour effet de
porter gravement atteinte à des droits fondamentaux et à la dignité humaine de
tiers, ces derniers fussent-ils formellement étrangers au rapport contractuel,
puisse réclamer à son cocontractant le paiement d'une créance issue d'un tel
contrat. Point n'est, toutefois, besoin d'examiner plus avant cette question
dès lors que les circonstances de la présente espèce ne sont pas comparables à
ce cas de figure.
Aussi bien, il n'est pas établi, ni même allégué semble-t-il, que l'un ou
l'autre des deux joueurs visés par les CPDE se serait plaint d'une atteinte
grave à sa personnalité. Au sujet de W.________, on ne sait pas grand-chose,
les parties et le Tribunal arbitral ayant focalisé leur attention sur
V.________. C'est au recourant d'en supporter les conséquences du point de vue
du fardeau de la preuve, car c'est à lui qu'il appartenait de démontrer que le
CPDE relatif à ce joueur avait porté une atteinte sérieuse aux droits de la
personnalité et aux droits fondamentaux de celui-ci. Quant au joueur yyy, non
seulement il n'a pas déploré pareille atteinte, mais, qui plus est, il s'est
félicité de l'honneur qu'on lui avait fait, par son transfert à E.________, de
pouvoir jouer pour le plus grand club au monde. Alors que, selon son contrat de
travail, il devait percevoir du recourant un salaire annuel déjà confortable de
1'140'000 euros pour la saison 2013/2014, il est raisonnable de penser que ce
transfert se sera accompagné d'une augmentation de sa rémunération. Se
prévaloir, dans de telles circonstances, de l'interdiction du travail forcé ou
de la violation de la dignité humaine, ainsi que le fait le recourant,
apparaît, dès lors, plutôt audacieux relativement à ce joueur. Au demeurant et
sur un plan plus général, il faut bien voir que la grande mobilité des joueurs
professionnels et leur fréquent changement d'employeur sont pour ainsi dire
induits par les règles que la FIFA a édictées quant à la durée maximale du
contrat de travail liant un joueur à un club de football et aux conditions d'un
transfert subséquent de ce même joueur vers un autre club, mais aussi par la
manière dont le système des transferts est appliqué à l'heure actuelle par les
milieux intéressés.
Toujours est-il que, dans le cas concret, une annulation de la sentence pour le
motif invoqué par le recourant ne se justifierait pas.

5. 
Au terme de cet examen, force est de rejeter le recours. Cela étant, le
recourant, qui succombe, devra payer les frais de la procédure fédérale (art.
66 al. 1 LTF) et verser des dépens à l'intimée (art. 68 al. 1 et 2 LTF).

 Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1. 
Le recours est rejeté.

2. 
Les frais judiciaires, arrêtés à 40'000 fr., sont mis à la charge du recourant.

3. 
Le recourant versera à l'intimée une indemnité de 50'000 fr. à titre de dépens.

4. 
Le présent arrêt est communiqué aux mandataires des parties et au Tribunal
Arbitral du Sport.

Lausanne, le 13 décembre 2016

Au nom de la Ire Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse

La Présidente: Kiss

Le Greffier: Carruzzo

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