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II. Öffentlich-rechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 2A.87/2007
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2A.87/2007-svc

Arrêt du 2 juillet 2007
IIe Cour de droit public

MM. et Mme les Juges Merkli, Président,
Wurzburger et Yersin.
Greffière: Mme Mabillard.

AX.________, recourant,
représenté par Me Olivier Carré, avocat,

contre

Service de la population du canton de Vaud,
avenue de Beaulieu 19, 1014 Lausanne,
Tribunal administratif du canton de Vaud,
avenue Eugène-Rambert 15, 1014 Lausanne.

Révocation d'une autorisation de séjour,

recours de droit administratif contre l'arrêt du
Tribunal administratif du canton de Vaud
du 29 décembre 2006.

Faits :

A.
AX.________, ressortissant de l'ex-Yougoslavie né en 1975, est arrivé
illégalement en Suisse le 12 janvier 2003.
Dans une déclaration du 16 janvier 2003 faite devant les autorités de police
du canton de Genève, BY.________, ressortissante suisse née en 1982, a
indiqué qu'elle avait rencontré AX.________ trois ans auparavant, en Croatie,
et qu'ils s'étaient liés d'amitié. Ils avaient gardé contact en se
téléphonant une fois par mois et elle l'avait demandé en mariage une année
plus tôt. Le 11 janvier 2003, l'intéressé s'était rendu à Genève pour lui
faire une surprise et ils avaient passé le week-end ensemble. Elle pensait
que ce n'était pas une "bonne chose" que AX.________ demande l'asile et lui
avait proposé d'effectuer des démarches concernant le mariage.
L'Office fédéral des réfugiés, actuellement l'Office fédéral des migrations
(ci-après: l'Office fédéral), a rejeté la demande d'asile de l'intéressé le 3
février 2003 et lui a imparti un délai au 31 mars 2003 pour quitter le pays.
Par courrier du 11 février 2003, C.________ et D._______ ont informé l'Office
cantonal de la population du canton de Genève que leur fille, BY.________,
envisageait d'épouser AX.________. A leur avis, il s'agissait d'un "mariage
blanc", car leur fille, sous traitement psychiatrique, était dans une
situation très fragile et très influençable.
AX.________ a épousé BY.________ le 24 février 2003 et a été mis au bénéfice
d'une autorisation de séjour régulièrement renouvelée jusqu'au 23 février
2006.

B.
Le 21 juillet 2004, BX.________ a déposé une requête de mesures protectrices
de l'union conjugale. Le même jour, statuant par mesures d'urgence, le
Président du Tribunal civil de l'arrondissement de Lausanne (ci-après: le
Président du Tribunal) a autorisé l'intéressée à vivre séparée de son époux
et a interdit à ce dernier de retourner à l'appartement conjugal et
d'importuner son épouse de quelque façon que ce soit. Ces mesures ont été
confirmées par une convention passée entre les époux le 25 août 2004 et
ratifiée par le Président du Tribunal.
Le 9 août 2004, BX.________ a informé le Service cantonal de la population du
canton de Vaud (ci-après: le Service cantonal) qu'elle ne s'était pas rendue
compte à l'époque, vu l'état de dépression dans lequel elle se trouvait, que
AX.________ ne l'avait épousée que pour obtenir une autorisation de séjour.
Ils s'étaient du reste mariés à peine un mois et demi après s'être connus
dans une discothèque. Elle avait par ailleurs appris que l'intéressé avait
été condamné en Allemagne pour trafic de drogue et qu'il s'était marié dans
ce pays. En outre, elle avait demandé à son avocat de déposer une demande
d'annulation du mariage et avait porté plainte contre son époux pour voies de
fait.
Interrogée par la police le 6 septembre 2004, BX.________ a affirmé avoir
fait la connaissance de son époux dans un bar à Lausanne en août 2002. Ils
étaient "vraiment sortis ensemble" à partir du 31 décembre 2002 et c'était
AX.________ qui lui avait proposé le mariage. Elle a indiqué que son époux
l'avait frappée une première fois en août 2003, puis en janvier 2004, et une
dernière fois dans la nuit du 3 juillet 2003 (recte: 2004) où elle avait pris
la décision de se séparer de lui. Au demeurant, elle n'envisageait pas de
reprendre la vie commune avec lui.
Le Service cantonal a informé AX.________, le 13 avril 2005, de son intention
de refuser le renouvellement de son autorisation de séjour, étant donné qu'il
l'avait obtenue à la suite de son mariage avec une Suissesse et qu'il vivait
séparé de son épouse. L'intéressé a déclaré qu'il avait effectivement
rencontré des difficultés dans son couple, à cause des problèmes de santé de
son épouse, et qu'il avait accepté de prendre un logement séparé, sur sa
demande, pour ne pas la brusquer. Il continuait toutefois de voir son épouse
régulièrement, y compris pour des vacances ou des week-end.
Par décision du 7 septembre 2005, le Service cantonal a révoqué
l'autorisation de séjour de AX.________ - échéant le 23 février 2006 - et lui
a imparti un délai d'un mois pour quitter le territoire.

C.
L'intéressé a porté sa cause devant le Tribunal administratif du canton de
Vaud (ci-après: le Tribunal administratif). Il a fait valoir qu'il se
trouvait dans une situation très particulière. Il avait proposé de payer une
pension alimentaire à son épouse, ce qui n'avait finalement pas été prévu
dans la convention. Toutefois, il lui avait versé des aides financières
régulières depuis l'été 2004. Il était très amoureux de celle-ci et refusait
farouchement l'idée d'un divorce, tenant à demeurer auprès d'elle malgré ses
problèmes de santé.
L'intéressé a été invité à produire divers documents (attestation de son
épouse confirmant ses dires, preuve des versements effectués en faveur de
celle-ci et autres moyens de preuve proposés dans le recours). Le 10 février
2006, il a indiqué n'avoir pas encore de documents à produire; par contre, il
sollicitait une audience en vue de l'audition de son épouse. Le 1er mai 2006,
il a réitéré sa demande d'audience, souhaitant pouvoir s'exprimer et faire
convoquer en qualité de témoins son épouse ainsi que le psychiatre de cette
dernière. Le 15 mai 2006, l'intéressé a produit une déclaration de
BX.________ - qui affirme avoir toujours des sentiments très forts pour son
époux et vouloir "reconstruire une relation" - ainsi qu'une attestation du
psychiatre de celle-ci.
Sur proposition du Service cantonal, l'instruction de la cause a été
suspendue, le 13 juin 2006, jusqu'au 12 décembre 2006.
Dans une déclaration du 1er juillet 2006, BX.________ a confirmé avoir reçu
une aide financière de son époux. Celui-ci lui avait prêté de l'argent,
pendant environ deux mois en automne 2004, et elle estimait la somme entre
2'000 fr. et 3'000 fr. Le 8 décembre 2006, l'intéressé a produit une
convention d'annulation des mesures protectrices de l'union conjugale signée
le 6 décembre 2006 par les époux X.________. Ce courrier a été transmis au
Service cantonal pour détermination.
Le 13 décembre 2006, le Service cantonal s'est référé à la suspension de la
procédure et, vu l'absence de faits nouveaux, a confirmé ses conclusions au
rejet du recours. Le 15 décembre 2006, il s'est déterminé sur le courrier de
l'intéressé du 8 décembre 2006, maintenant ses conclusions, faute de faits
nouveaux déterminants. Ces deux écritures ont été transmises à AX.________
pour information, les 14 et 20 décembre 2006.
Par arrêt du 29 décembre 2006, le Tribunal administratif a rejeté le recours
de AX.________ et confirmé la décision du Service cantonal du 7 septembre
2005. Il a considéré pour l'essentiel que les époux X.________ avaient fait
ménage commun pendant environ dix-huit mois et qu'ils vivaient séparés depuis
plus de deux ans; leur mariage était donc vidé de sa substance. Au surplus,
les parents de l'épouse avaient averti les autorités, le 11 février 2003, que
leur fille se trouvait dans une situation fragile et influençable et qu'ils
soupçonnaient que son mariage avec l'intéressé était fictif. La convention du
6 décembre 2006 signée par les époux l'avait certainement été pour les
besoins de la cause. Il apparaissait ainsi que AX.________ commettait un abus
de droit en invoquant un mariage n'existant plus que formellement dans le
seul but d'obtenir le renouvellement de son autorisation de séjour.

D.
Agissant par la voie du recours en matière de droit public, AX.________
demande au Tribunal fédéral, sous suite de frais et dépens, d'annuler l'arrêt
du Tribunal administratif du 29 décembre 2006 ainsi que la décision du
Service cantonal du 7 septembre 2005 et, subsidiairement, de renvoyer la
cause à l'autorité intimée pour nouvelle décision dans le sens des
considérants. Il se plaint d'une mauvaise constatation des faits et
application du droit fédéral ainsi que d'une violation de son droit d'être
entendu et d'une appréciation arbitraire des preuves. Il sollicite en outre
l'effet suspensif.
Le Tribunal administratif conclut au rejet du recours en se référant aux
considérants de l'arrêt attaqué et se rapporte à justice en ce qui concerne
la requête d'effet suspensif. Le Service cantonal s'en remet intégralement
aux déterminations du Tribunal administratif.
L'Office fédéral propose le rejet du recours.

E.
Par ordonnance du 2 mars 2007, le Président de la IIe Cour de droit public a
admis la demande d'effet suspensif contenue dans le recours.
Le recourant a encore déposé une écriture le 2 mars 2007.

Le Tribunal fédéral considère en droit:

1.
1.1 La loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF; RS 173.110) est
entrée en vigueur le 1er janvier 2007. L'acte attaqué ayant été rendu avant
cette date, la procédure reste régie par la loi fédérale d'organisation
judiciaire du 16 décembre 1943 (ci-après: OJ; art. 132 al. 1 LTF).

1.2 Selon l'art. 101 lettre d OJ, le recours de droit administratif est
recevable contre les décisions sur la révocation de décisions attributives
d'avantages visées à l'art. 100 al. 1 lettre b ch. 3 OJ notamment. Le présent
recours est dirigé contre une décision confirmant la révocation d'une
autorisation de séjour. Dans cette mesure, la voie du recours de droit
administratif est ouverte et c'est en cette qualité que doit être traitée
l'écriture du recourant, nonobstant sa désignation. En outre, le recourant,
en tant que conjoint d'une ressortissante suisse, dispose en principe d'un
droit à une autorisation de séjour en Suisse pendant toute la durée formelle
de son mariage (cf. art. 7 al. 1 de la loi fédérale du 26 mars 1931 sur le
séjour et l'établissement des étrangers [LSEE; RS 142.20]). Son recours est
dès lors également recevable à ce titre.

1.3 Partant, déposé en temps utile et dans les formes requises, le recours
est recevable comme recours de droit administratif, sous réserve de la
conclusion tendant à l'annulation de la décision cantonale de première
instance (effet dévolutif du recours déposé auprès du Tribunal administratif;
ATF 126 II 300 consid. 2a p. 302 s. et l'arrêt cité).

1.4 Déposé après l'échéance du délai de recours (cf. art. 106 OJ) et sans
qu'un second échange d'écritures n'ait été ordonné (cf. art. 110 al. 4 OJ),
le courrier du recourant du 2 mars 2007 ne peut pas être pris en
considération.

2.
Le recours de droit administratif peut être formé pour violation du droit
fédéral, y compris l'abus et l'excès du pouvoir d'appréciation (art. 104
lettre a OJ). Le Tribunal fédéral revoit d'office l'application du droit
fédéral sans être lié par les motifs invoqués par les parties (art. 114 al. 1
in fine OJ). Lorsque le recours est dirigé contre la décision d'une autorité
judiciaire, le Tribunal fédéral est lié par les faits constatés dans la
décision, sauf s'ils sont manifestement inexacts ou incomplets ou s'ils ont
été établis au mépris de règles essentielles de procédure (art. 104 lettre b
et 105 al. 2 OJ). En outre, le Tribunal fédéral ne peut pas revoir
l'opportunité de la décision entreprise, le droit fédéral ne prévoyant pas un
tel examen dans ce domaine (art. 104 lettre c ch. 3 OJ).

3.
Le recourant voit une violation de son droit d'être entendu dans le fait
qu'il n'a pas eu la possibilité de s'exprimer sur certaines prises de
position du Service cantonal. Par ailleurs, il se plaint d'arbitraire dans
l'appréciation des preuves, l'autorité intimée n'ayant pas donné suite, ni
même statué, sur ses demandes d'audience et d'audition de témoins.

3.1 Selon la jurisprudence, le droit d'être entendu comprend pour le
justiciable notamment le droit de s'exprimer sur les éléments pertinents
avant qu'une décision ne soit prise touchant sa situation juridique,
d'obtenir l'administration des preuves pertinentes et valablement offertes,
de participer à l'administration des preuves essentielles et de se déterminer
sur son résultat lorsque cela est de nature à influer sur la décision à
rendre (ATF 126 I 15 consid. 2a/aa p. 16; 124 I 49 consid. 3a p. 51 et les
arrêts cités). L'appréciation anticipée des preuves ne constitue pas une
atteinte au droit d'être entendu directement déduit de l'art. 29 al. 2 Cst.
(ATF 125 I 127 consid. 6c/cc p. 135, 417 consid. 7b p. 430; 124 I 208 consid.
4a p. 211, 241 consid. 2 p. 242 et les arrêts cités). Au même titre que toute
appréciation des preuves, l'appréciation anticipée de celles-ci est soumise à
l'interdiction de l'arbitraire (ATF 124 I 274 consid. 5b p. 285 et les
références citées).

3.2 En l'espèce, l'autorité intimée a transmis au recourant, pour
information, les déterminations du Service cantonal des 13 et 15 décembre
2006. Compte tenu des fêtes de fin d'année et de la date de l'arrêt attaqué
au 29 décembre 2006, le recourant n'a eu effectivement que très peu de temps
pour demander à pouvoir se déterminer sur les écritures précitées. Toutefois,
vu la durée de la procédure, le Tribunal administratif n'avait pas à fixer
d'office un délai à l'intéressé pour mémoire complémentaire. La lettre du 13
décembre 2006 n'était qu'une demande de renseignements sur la suite de la
procédure, le Service cantonal précisant que, faute d'éléments nouveaux, il
maintenait ses conclusions. La lettre du 15 décembre 2006 était une simple
prise de position, allant dans le même sens que la lettre précédente, sur le
courrier et les pièces produites par le recourant le 8 décembre 2006. Dans
pareilles circonstances, il eût incombé au recourant de solliciter sans délai
la possibilité de déposer une détermination s'il estimait indispensable
d'ajouter quelque chose aux développements précédents et aux pièces qu'il
avait lui-même produites le 8 décembre 2006. Faute pour l'intéressé
d'intervenir immédiatement, l'autorité intimée pouvait partir de l'idée qu'il
renonçait à présenter des observations (cf. ATF 133 I 98 consid. 2.2 p.
99 s., 100 consid. 4.8 p. 105 et la jurisprudence citée dans ces arrêts).

3.3 Le recourant estime que sa propre audition ainsi que celle de son épouse,
et éventuellement du médecin traitant de cette dernière, auraient permis
d'éclairer les juges sur la réalité de son union conjugale. Or, l'art. 29 al.
2 Cst. ne confère pas le droit d'être entendu oralement par l'autorité (cf.
ATF 122 II 464 consid. 4c p. 469). De plus, il apparaît que l'intéressé a pu
amplement faire valoir ses moyens par écrit au cours de la procédure devant
le Service cantonal, puis le Tribunal administratif. Dès lors, l'autorité
intimée pouvait s'estimer suffisamment renseignée par les écritures de
l'intéressé et les différentes déclarations écrites de son épouse ainsi que
par les autres pièces figurant au dossier, notamment l'attestation du
psychiatre du 12 mai 2006. Le Tribunal administratif n'a certes pas motivé
son refus d'administrer les preuves proposées. Cela ne porte toutefois pas à
conséquence en l'espèce vu qu'il pouvait de toute façon, - comme il l'a fait
implicitement - par une appréciation anticipée dénuée d'arbitraire, renoncer
à ordonner une audience de comparution personnelle et à entendre les témoins
proposés. Par ailleurs, l'autorité peut se limiter, dans sa motivation, aux
points essentiels pour la décision à rendre (ATF 130 II 530 consid. 4.3 p.
540, 473 consid. 4.1 p. 477; 129 I 232 consid. 3.2 p. 236).
Ainsi, les griefs de la violation du droit d'être entendu et de
l'appréciation arbitraire des preuves doivent être rejetés.

4.
Le recourant reproche au Tribunal administratif d'avoir omis certains faits
dans l'arrêt attaqué, notamment en ne détaillant pas le contenu de plusieurs
pièces qu'il avait produites. Or, l'arrêt attaqué mentionne que le recourant
a déposé des déterminations et versé au dossier les pièces invoquées. L'état
de fait n'est donc pas lacunaire et, contrairement à ce que semble prétendre
le recourant, l'autorité intimée n'était pas tenue de retranscrire
intégralement dans son arrêt le contenu de tous éléments du dossier. Ainsi,
il apparaît que les faits constatés par l'autorité intimée ne sont pas
manifestement inexacts ou incomplets au sens de l'art. 105 al. 2 OJ. Au
surplus, dans la mesure où le recourant s'en prend à leur qualification et à
leur appréciation juridique, il soulève une question de droit que l'autorité
de céans examine de toute façon librement (ATF 131 III 182 consid. 3 p. 184
et l'arrêt cité).
Par ailleurs, le recourant a produit plusieurs pièces pour la première fois
devant l'autorité de céans. Il a également annexé à son mémoire de recours
des actes établis après la date de l'arrêt attaqué. Or, la possibilité
d'alléguer des faits nouveaux ou de faire valoir de nouveaux moyens de preuve
dans le cadre du recours de droit administratif est très restreinte. Selon la
jurisprudence, seules sont admissibles dans ce cas les preuves que l'instance
inférieure aurait dû retenir d'office et dont le défaut d'administration
constitue une violation des règles essentielles de procédure (ATF 132 V 166
consid. 2.1 p. 171), ce qui n'est manifestement pas le cas en l'espèce. Au
surplus, les modifications ultérieures de l'état de fait ne peuvent
normalement pas être prises en considération, car on ne saurait reprocher à
une autorité d'avoir mal constaté les faits, au sens de l'art. 105 al. 2 OJ,
lorsque ceux-ci ont changé après sa décision (ATF 130 II 493 consid. 2 p. 497
et les arrêts cités). Dans ces conditions, les pièces nouvelles annexées par
le recourant à son mémoire de recours ne peuvent pas être prises en
considération.

5.
5.1 Selon l'art. 7 al. 1 1ère phrase LSEE, le conjoint étranger d'un
ressortissant suisse a droit à l'octroi et à la prolongation de
l'autorisation de séjour. Quant à l'art. 7 al. 2 LSEE, il prévoit que le
conjoint étranger d'un ressortissant suisse n'a pas droit à l'octroi ou à la
prolongation de l'autorisation de séjour lorsque le mariage a été contracté
dans le but d'éluder les dispositions sur le séjour et l'établissement des
étrangers, notamment celles sur la limitation du nombre des étrangers.
D'après la jurisprudence, le fait d'invoquer l'art. 7 al. 1 LSEE peut être
constitutif d'un abus de droit en l'absence même d'un mariage contracté dans
le but d'éluder les dispositions sur le séjour et l'établissement des
étrangers, au sens de l'art. 7 al. 2 LSEE (ATF 131 II 265 consid. 4.1 p.
267). Par ailleurs, l'art. 9 al. 2 lettre b LSEE dispose que l'autorisation
de séjour est révoquée lorsque l'une des conditions qui y sont attachées
n'est pas remplie.

5.2 Il y a abus de droit notamment lorsqu'une institution juridique est
utilisée à l'encontre de son but pour réaliser des intérêts que cette
institution juridique ne veut pas protéger. L'existence d'un éventuel abus de
droit doit être appréciée dans chaque cas particulier et avec retenue, seul
l'abus de droit manifeste pouvant être pris en considération (ATF 121 II 97
consid. 4a p. 103).
L'existence d'un abus de droit découlant du fait de se prévaloir de l'art. 7
al. 1 LSEE ne peut en particulier être simplement déduit de ce que les époux
ne vivent plus ensemble, puisque le législateur a volontairement renoncé à
faire dépendre le droit à une autorisation de séjour de la vie commune (cf.
ATF 118 Ib 145 consid. 3 p. 149 ss). Pour admettre l'existence d'un abus de
droit, il ne suffit pas non plus qu'une procédure de divorce soit entamée; le
droit à l'octroi ou à la prolongation d'une autorisation de séjour subsiste
en effet tant que le divorce n'a pas été prononcé, car les droits du conjoint
étranger ne doivent pas être compromis dans le cadre d'une telle procédure.
Enfin, on ne saurait uniquement reprocher à des époux de vivre séparés et de
ne pas envisager le divorce. Toutefois, il y a abus de droit lorsque le
conjoint étranger invoque un mariage n'existant plus que formellement dans le
seul but d'obtenir une autorisation de séjour, car ce but n'est pas protégé
par l'art. 7 al. 1 LSEE (ATF 131 II 265 consid. 4.2 p. 267 et les arrêts
cités). Le mariage n'existe plus que formellement lorsque l'union conjugale
est rompue définitivement, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a plus d'espoir de
réconciliation; les causes et les motifs de la rupture ne jouent pas de rôle
(ATF 130 II 113 consid. 4.2 p. 117 et les références).

6.
Dans le cas particulier, le Tribunal administratif a constaté que les époux
X.________ s'étaient séparés après dix-huit mois de ménage commun et
n'avaient jamais repris la vie commune. Il en a conclu que le mariage était
vidé de sa substance depuis plus de deux ans. Le recourant reproche à
l'autorité intimée de "se focaliser sur des événements remontant à l'été 2004
(séparation conjugale)" sans tenir compte des pièces du dossier qui
établiraient indubitablement son retour à une "union matrimoniale véridique
et sincère".
Certes, la rupture définitive d'une union conjugale ne doit pas être déduite
dans tous les cas du fait que des conjoints vivent séparés. Notamment, un
mariage réel peut prendre des formes extérieures non conventionnelles. En
l'espèce toutefois, d'autres éléments confirment que l'union du recourant est
désormais vide de toute substance.
AX.________ a épousé BX.________ le 24 février 2003, moins d'un mois après le
rejet de sa demande d'asile. Les parents de l'épouse avaient informé les
autorités de leur crainte qu'il s'agît d'un mariage fictif, car leur fille,
sous traitement psychiatrique, était très fragile et influençable. Le 21
juillet 2004, BX.________ a requis des mesures protectrices de l'union
conjugale et le 9 août 2004 elle a écrit au Service cantonal qu'elle ne
s'était pas rendue compte que l'intéressé ne l'avait épousée que pour obtenir
une autorisation de séjour; auditionnée par la police le 6 septembre 2004,
elle a affirmé avoir été battue par son époux à plusieurs reprises. Ces faits
jettent un certain doute sur la nature réelle des motifs qui ont décidé le
recourant à se marier. Par ailleurs, on peut se demander à quel point
l'intéressée a "librement" décidé de se marier, dans la mesure où il ressort
du dossier qu'elle était très influençable et "dans une grande détresse et en
état de dépression" à cette époque (cf. son courrier du 9 août 2004). La
question de l'existence d'un mariage fictif au sens de l'art. 7 al. 2 LSEE
peut cependant rester ouverte, vu la série d'éléments qui démontre que le
mariage n'existe plus que formellement et que le comportement du recourant
revêt un caractère abusif.
Les époux X.________ sont séparés depuis août 2004 et une reprise de la vie
commune semble très peu probable. En effet, malgré les dires du recourant,
aucun indice concret n'indique qu'une telle reprise serait envisageable de
part et d'autre à brève échéance. Certes, BX.________ a indiqué, dans une
déclaration annexée à un courrier du 15 mai 2006, qu'elle souhaitait
"reprendre une relation" avec son époux et qu'ils avaient besoin de temps
pour "reconstruire des bases solides". Elle a également signé, le 6 décembre
2006, une convention d'annulation des mesures protectrices de l'union
conjugale. Toutefois, les propos de l'intéressée sont sujets à caution, vu sa
fragilité psychique et son influençabilité particulière; celle-ci s'est
contredite sur les circonstances de sa rencontre et de son mariage avec le
recourant, semblant le "couvrir" entièrement avant le mariage puis l'accusant
de tous les maux lors de leur séparation et revenant ensuite sur ses
assertions. L'on peut d'autant moins se fier à ses affirmations quant à une
réconciliation avec son époux qu'elles interviennent bien après la décision
du Service cantonal de révoquer l'autorisation de séjour du recourant, et
vraisemblablement sur l'insistance de ce dernier. Il sied au demeurant de
relever que les seuls moyens de preuves offerts par le recourant sont sa
propre audition ainsi que celle de son épouse et qu'il n'a pas été en mesure
de fournir les pièces - autrement plus objectives - demandées par le Service
cantonal (preuve des versements effectués en faveur de l'épouse, attestations
écrites de tiers, etc.). Le seul fait que les époux X.________ entretiennent
des rapports normaux, qu'ils se voient régulièrement et qu'ils passent du
temps libre ensemble ne suffit pas à établir qu'ils souhaitent reprendre une
véritable union conjugale, car un tel comportement, s'il est avéré, peut
aussi être adopté dans l'unique but de tromper les autorités (cf. ATF 122 II
289 consid. 2b p. 295 et les références). Au surplus, les époux X.________
n'ont pas emménagé dans un appartement commun alors qu'ils affirment, depuis
plus d'une année, que telle est leur intention. Cela ne laisse pas de
surprendre vu la rapidité avec laquelle ils ont décidé de se marier et de
vivre ensemble après le rejet de la demande d'asile du recourant.
Il résulte de ce qui précède que l'union conjugale des époux X.________ est
vidée de toute substance. Le Tribunal administratif pouvait ainsi considérer,
sans violer le droit fédéral, que le recourant invoque abusivement une union
qui n'existe plus que formellement pour obtenir une autorisation de séjour.
C'est donc à juste titre qu'il a confirmé la révocation de l'autorisation de
séjour de AX.________.

7.
Partant, le recours doit être rejeté dans la mesure où il est recevable.
Succombant, le recourant doit supporter les frais judiciaires (art. 156 al.
1, 153 et 153a OJ) et n'a pas droit à des dépens (art. 159 al. 1 OJ).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
Un émolument judiciaire de 1'500 fr. est mis à la charge du recourant.

3.
Le présent arrêt est communiqué en copie au mandataire du recourant, au
Service de la population et au Tribunal administratif du canton de Vaud ainsi
qu'à l'Office fédéral des migrations.

Lausanne, le 2 juillet 2007

Au nom de la IIe Cour de droit public
du Tribunal fédéral suisse

Le président:  La greffière: