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Strafrechtliche Abteilung, Staatsrecht 6P.48/2007
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6P.48/2007
6S.109/2007 /rod

Arrêt du 18 juin 2007
Cour de cassation pénale

MM. les Juges Schneider, Président,
Ferrari et Favre.
Greffière: Mme Bendani.

X. ________,
recourant, représenté par Me Elie Elkaim, avocat,

contre

Ministère public du canton de Vaud, case postale, 1014 Lausanne,
Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de cassation pénale, rte du Signal
8, 1014 Lausanne.

6P.48/2007
Procédure pénale; arbitraire; présomption d'innocence;

6S.109/2007
Abus de confiance (art. 138 CP); escroquerie (art. 146 CP); fixation de la
peine (art. 41 et 63 CP),

recours de droit public (6P.48/2007) et pourvoi en nullité (6S.109/2007)
contre l'arrêt du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Cour de cassation
pénale, du 25 septembre 2006.

Faits :

A.
Par jugement du 2 février 2006, le Tribunal correctionnel de l'arrondissement
de Lausanne a notamment condamné X.________, pour escroquerie et abus de
confiance, à deux ans d'emprisonnement.
Cette condamnation repose, en bref, sur les éléments suivants.

A.a X.________, d'origine sicilienne, est né en 1954. Il a créé la société
Y.________, qui s'occupe de placements et de petits crédits. Il était un des
directeurs de Z.________ SA, société d'affichage électronique, fondée par
A.________ en 2000 et tombée en faillite deux ans plus tard. Ce dernier,
informaticien de formation, a mis au point le système "Scubiac", programme de
spéculations concernant des courses hippiques françaises.

Les deux hommes ont travaillé ensemble, X.________, dans le cadre de sa
société Y.________, pouvant amener des fonds que A.________ devait placer
dans des paris sur les courses de chevaux. En règle générale, le premier
allait démarcher ses compatriotes pour obtenir des fonds à placer, sans
toutefois leur indiquer en quoi consistaient ces placements. Il leur
expliquait que cela rapportait beaucoup plus que de garder cet argent sur des
comptes bancaires. Il ne leur parlait jamais de paris sur des courses de
chevaux, quand bien même il a pu citer le mot "Scubiac". Dans la mesure où
les investisseurs avaient en lui une confiance absolue, X.________, qui
passait pour un grand financier, ne donnait pas forcément beaucoup
d'explications, ce d'autant plus que la majorité de ses clients étaient
totalement ignares en matière de finances. Les deux acolytes n'ont pu que se
rendre compte rapidement que les investissements "Scubiac" ne rapportaient
pas autant que ce qu'ils espéraient. En effet, à de rares exceptions près,
ils n'ont jamais payé d'intérêts, ni remboursé les montants en capitaux. En
réalité, ils ont perdu la majorité de leurs paris.

A.b Dès 1995, dans le cadre de son activité au sein de Y.________, X.________
a obtenu des époux C.________ un montant de 25'000 fr. Le 30 janvier 1998, il
leur a fait signer un mandat de gestion spécifique pour des opérations
relatives au marché des options sur titre et sur indices et vente à
découvert, au rendement prévisible de 8 %. Entre 1999 et 2000, les époux
C.________ ont touché des intérêts à hauteur de 9'000 fr. Ils n'ont jamais
reçu d'autres versements, ni le remboursement de leur capital. En effet,
contrairement aux affirmations de X.________ et aux contenus des contrats
successifs, ce dernier a remis l'argent en prêt à une de ses connaissances,
D.________, dont le commerce avait besoin de liquidités. Lorsqu'ils ont été
informés de ce prêt et placés devant le fait accompli, les lésés se sont
résignés et ont accepté que D.________ leur verse des acomptes.

A.c Entre le 27 juin 1997 et le 24 septembre 2001, X.________, dans le cadre
de son activité au sein de Y.________, a obtenu en plusieurs versements un
montant de 993'000 fr. de E.________, qui est analphabète. Ce dernier lui a
confié toutes ses économies parce qu'ils se connaissaient depuis de très
nombreuses années, qu'ils étaient amis et qu'il lui faisait entièrement
confiance. E.________, qui désirait un bon placement, a été appâté par des
intérêts pouvant s'élever jusqu'à 20 % du capital selon ce qui lui avait été
promis. Avec son comparse, X.________ a perdu l'entier des fonds confiés dans
des courses de chevaux, puis dans la société Z.________. Il semble que
100'000 fr. aient été utilisés à la constitution de cette entreprise, avant
qu'un montant de 77'000 fr. y soit encore versé en novembre 2000. Cette
dernière somme était l'avoir LPP du lésé, que celui-ci a sorti de sa caisse
de prévoyance sur les conseils de X.________, lequel a créé, pour l'occasion,
une société fictive de nettoyages E.________, faisant croire à la caisse de
pensions que son assuré devenait indépendant, seule façon pour lui d'obtenir
ce montant.

A.d Le 13 mai 1998, X.________, par l'intermédiaire de sa société Y.________,
a obtenu de A.F.________ 50'000 fr. Selon le mandat de gestion signé à cette
occasion, cette somme devait être placée avec un rendement prévisible de 10
%. Le 16 novembre 1999, les époux F.________ ont encore investi 50'000 fr.
aux mêmes conditions. Contrairement à ce qui a été convenu, il semble que ces
fonds ont servi à financer des paris sur des courses de chevaux selon
le système "Scubiac". Ils ont été perdus, hormis un montant de 10'000 fr. que
les époux F.________ ont pu obtenir pour des vacances.

A.e Le 25 mars 1999, X.________, par l'intermédiaire de sa société
Y.________, a obtenu 30'000 fr. de G.________. Selon le contrat de mandat de
gestion spécifique, cette somme devait faire l'objet de placements avec
rendement prévisible de 9 %. Il n'était pas précisé dans le contrat qu'il
s'agissait de placements "Scubiac", mais d'opérations relatives au marché.
Contrairement à ce qui a été convenu, ces fonds ont vraisemblablement servi à
financer des paris sur des courses de chevaux. Ils ont été entièrement
perdus, à l'exception de 6'750 fr. que la lésée a obtenus en plusieurs
versements à titre d'intérêts.

A.f Entre le 24 février 2000 et le 12 octobre 2001, X.________ a obtenu de
H.________ plusieurs montants représentant un total de 68'000 fr. contre la
promesse d'un rendement d'environ 10 %, celui-ci n'étant pas absolument
garanti, mais le capital étant en revanche assuré. Les sommes versées n'ont
pas été placées tel que convenu. Le 27 février 2001, 38'000 fr. ont été
déposés sur le compte bancaire de la Z.________, dont 20'000 fr. ont été
retirés le même jour par l'un ou l'autre des directeurs. H.________ a pu
récupérer 10'000 fr., alors qu'il avait besoin d'argent.

En octobre 2001, comme il voulait s'acheter une voiture, H.________ s'est vu
refuser un remboursement anticipé de son capital. A.________ et X.________
lui ont fait part, à cette occasion, des difficultés financières de la
société Z.________, invoquant notamment que leur compte était bloqué. Ils ont
convaincu H.________ de contracter un crédit de 35'000 fr., dont 16'000 fr.
étaient destinés à l'achat de sa voiture et dont le solde devait être versé à
la société. Ils lui ont faussement fait croire que celle-ci prendrait en
charge les mensualités de remboursement envers la banque.

A.g Le 22 juin 2000, I.________ a obtenu de J.________ 50'000 fr. destinés à
être investis dans un programme financier sans risque avec un intérêt annuel
de 9 à 10 %. Le 26 juin 2000, I.________ a remis cette somme à X.________,
après avoir prélevé une commission de 1'000 fr. Selon le contrat signé entre
ces deux hommes, les 49'000 fr. restant devaient être placés dans des
opérations relatives au marché, mais "à caractère spéculatif pour son compte
et à risques exclusifs". Le rendement prévisible était de 8 %. Cet argent a
disparu et n'a jamais pu être remboursé à la victime, à l'exception de 4'000
fr.

A.h Le 28 juin 2000, X.________ a obtenu de A.K.________ 20'000 fr. en vue
d'un placement avec un taux d'intérêt annuel de 9 %. Ce contrat a été passé
sur du papier à en-tête Z.________ SA, qui spécifie que cette société est
chargée d'exécuter des opérations relatives au marché. Cet argent a été
injecté dans cette entreprise et la victime a tout perdu.

Les 8 février et 26 avril 2001, X.________ a obtenu de A.L.________ un
montant total de 20'000 fr. en vue d'opérations relatives au marché, le
rendement prévu étant de 7,5 %. Cette somme a été injectée dans la société
déficitaire Z.________ SA et la victime a perdu sa mise de fonds.

Le 29 juin 2001, X.________ a obtenu de B.K.________ 13'000 fr. qui devaient
être placés avec un taux d'intérêt annuel de 9 %. Il a investi cet argent
dans la société déficitaire Z.________ SA.

B.
Par arrêt du 25 septembre 2006, la Cour de cassation pénale du Tribunal
cantonal vaudois a notamment rejeté le recours de X.________.

C.
Ce dernier dépose un recours de droit public pour violation de la présomption
d'innocence et arbitraire et un pourvoi en nullité pour violation des art.
41, 63, 138 et 146 CP. Il conclut à l'annulation de l'arrêt cantonal. Il
requiert l'assistance judiciaire ainsi que l'effet suspensif.

Le Tribunal fédéral considère en droit:

1.
Le présent recours est déposé contre un acte rendu avant l'entrée en vigueur,
le 1er janvier 2007, de la loi sur le Tribunal fédéral (LTF), de sorte que
celle-ci ne s'applique pas (art. 132 al. 1 LTF).

I. Recours de droit public

2.
2.1 Le recours de droit public au Tribunal fédéral est ouvert contre une
décision cantonale pour violation des droits constitutionnels des citoyens
(art. 84 al. 1 let. a OJ). Il n'est en revanche pas ouvert pour se plaindre
d'une violation du droit fédéral, qui peut donner lieu à un pourvoi en
nullité (art. 269 al. 1 PPF). Un tel grief ne peut donc pas être invoqué dans
le cadre d'un recours de droit public, qui est subsidiaire (art. 84 al. 2 OJ;
art. 269 al. 2 PPF).

2.2 En vertu de l'art. 90 al. 1 let. b OJ, l'acte de recours doit contenir,
sous peine d'irrecevabilité (cf. ATF 130 I 258 consid. 1.3 p. 261 s), un
exposé succinct des droits constitutionnels ou des principes juridiques
violés, précisant en quoi consiste cette violation. Saisi d'un recours de
droit public, le Tribunal fédéral n'examine que les griefs expressément
soulevés et présentés de façon claire et détaillée, le principe jura novit
curia étant inapplicable (ATF 130 I 26 consid. 2.1 p. 31). Le justiciable
qui se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.) ne peut, dès lors, se contenter de
critiquer la décision comme il le ferait en instance d'appel, où la
juridiction supérieure jouit d'une libre cognition; en particulier, il ne
saurait se borner à opposer son opinion à celle de l'autorité cantonale, mais
doit démontrer, par une argumentation précise, que la décision attaquée
repose sur une application manifestement insoutenable de la loi (ATF 125 I
492 consid. 1b p. 495 et les arrêts cités).

3.
Le recourant invoque une violation de la présomption d'innocence et se plaint
d'arbitraire.

3.1 Tel qu'il est soulevé, le grief de la violation de la présomption
d'innocence n'a pas de portée propre par rapport à celui d'arbitraire dans
l'appréciation des preuves également invoqué. Il n'est d'ailleurs étayé par
aucune argumentation distincte. Il suffit donc de l'examiner sous cet angle.

La notion d'arbitraire a été rappelée dans l'ATF 132 I 13 consid. 5.1 p. 17,
auquel on peut se référer. En bref, il ne suffit pas, pour qu'il y ait
arbitraire, que la décision attaquée apparaisse critiquable; il faut qu'elle
soit manifestement insoutenable et cela non seulement dans sa motivation mais
dans son résultat. En matière d'appréciation des preuves et d'établissement
des faits, la décision n'est arbitraire que si le juge n'a manifestement pas
compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans raison
sérieuse, de tenir compte d'un moyen important propre à modifier la décision
attaquée ou encore si, sur la base des éléments recueillis, il a fait des
déductions insoutenables (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p. 9).

3.2 Le recourant reproche à l'autorité cantonale d'avoir pris en compte le
fait qu'il avait lui-même joué dans le système dit "Scubiac" les fonds
confiés par ses clients. Il soutient que cet élément lui a certainement porté
tort dans le cadre de l'appréciation globale de son comportement.

Selon les faits constatés, pour lesquels l'arbitraire n'est ni allégué, ni
démontré, le recourant et A.________ ont fait connaissance aux environs de
1995, alors que le second avait déjà conçu le système "Scubiac", qui a été
acheté par l'intéressé le 27 juin 1997 (cf. pièce n°4/6). Au regard de ces
éléments, il n'était pas manifestement insoutenable de conclure que la
majorité des investissements avait été faite par A.________ et que le
recourant n'avait joué qu'épisodiquement. Au demeurant, on ne voit pas en
quoi cette dernière constatation aurait particulièrement nui à l'intéressé,
les autorités cantonales ayant de toute manière admis que les deux hommes
avaient agi ensemble, qu'ils étaient au courant de ce que faisait l'autre et
que le recourant servait de rabatteur à son complice (cf. supra consid. A.a).
Le grief est dès lors vain.

3.3 Le recourant reproche aux premiers juges d'avoir retenu qu'il aurait pu
réaliser très rapidement le fait que les montants investis par A.________ ne
rapportaient pas les revenus escomptés ou étaient simplement perdus.

Selon les constatations cantonales, les compères n'ont, à de rares exceptions
près, jamais payé d'intérêts, prétendument réinvestis selon divers courriers,
et n'ont jamais remboursé de capitaux. De plus, s'agissant de paris relatifs
à des courses de chevaux, l'argent n'est pas investi de manière à préserver
une contre-valeur, mais directement et immédiatement consommé en cas de faux
pronostics. Dans ces conditions, les autorités vaudoises pouvaient, sans
arbitraire, admettre que le recourant aurait très rapidement pu réaliser que
le système "Scubiac" ne fonctionnait pas. Le grief est donc rejeté.

3.4 Le recourant reproche aux autorités cantonales de ne pas avoir tenu
compte de deux quittances selon lesquelles A.________ reconnaissait avoir
reçu de l'intéressé un montant total de 250'000 fr.

Le Tribunal correctionnel a relevé qu'on trouvait au dossier des quittances
selon lesquelles A.________ reconnaissait avoir reçu du recourant des
montants de 12'000, 10'300, 24'000 et 15'000 fr. pour jouer aux courses
françaises. La Cour de cassation a jugé que le fait de ne pas avoir mentionné
deux autres quittances de 200'000 et 50'000 fr. n'avait aucune influence sur
le résultat. Elle a relevé que le Tribunal de première instance avait
également retenu à la charge de A.________ les cas concernés par ces deux
dernières quittances et qu'il ne les avait pas mentionnées, car il avait
simplement voulu faire état des reconnaissances de dette qui comportaient la
mention "pour exécuter pour lui le jeu sur les courses françaises", ce qui
n'était précisément pas le cas des pièces citées par l'intéressé. Le
recourant ne démontre pas, conformément aux exigences de motivation de l'art.
90 al. 1 let. b OJ, en quoi cette appréciation serait arbitraire. Sa critique
est donc irrecevable (cf. supra consid. 2.2).
3.5 Le recourant soutient qu'il y a une contradiction à affirmer que les
époux C.________ n'ont pas consenti au prêt en faveur de D.________, alors
qu'ils ont accepté que celui-ci leur paie des acomptes.

Cette argumentation est sans pertinence. En effet, on ne discerne aucune
contradiction, les époux C.________ n'ayant pas consenti au prêt à
D.________, mais accepté que celui-ci leur versât des acomptes, une fois
qu'ils ont été informés de ce prêt et placés devant le fait accompli (cf.
supra consid. A.b).
3.6 Le recourant conteste avoir agi avec A.________ ou avoir été son
rabatteur. Il prétend que cette thèse n'est étayée par aucun élément du
dossier et, qu'à l'inverse, une expertise psychiatrique privée démontre qu'il
est de nature influençable et que l'emploi réel des fonds confiés lui a été
dissimulé.

Selon les faits non contestés, A.________ et le recourant ont fait
connaissance aux environs de 1995. A cette époque, le second avait déjà sa
société Y.________ et le premier conçu le système "Scubiac", qu'il présentait
comme infaillible. D'après les pièces du dossier, le recourant a acheté, le
27 juin 1997, le système susmentionné, le contrat de vente précisant
notamment qu'il s'agit d'un système de placement sur les courses hippiques
françaises, que le travail nécessaire pour l'utiliser est à portée de tous et
qu'aucune connaissance préalable n'est requise (cf. pièce n° 4/6). Il ressort
également du dossier que, dès l'année 1997, le recourant et A.________ ont
signé plusieurs documents selon lesquels le second reconnaissait avoir obtenu
du premier des montants afin de les jouer pour ce dernier dans des courses
françaises, selon le système "Scubiac" ou les utiliser pour la mise en place
et la création de leur société Z.________ (cf. pièces n° 4/5). L'ensemble de
ces éléments étaye la thèse retenue par les autorités cantonales, à savoir
que les deux hommes ont bien agi ensemble. Enfin, si les experts
psychiatriques ont admis que le déni du recourant provenait de son mode de
fonctionnement et de sa personnalité, ils n'ont en revanche pas retenu qu'il
aurait été, comme il le prétend, de nature influençable (cf. p. 24 du
jugement du Tribunal correctionnel). La critique est donc vaine.

3.7 Selon le recourant, les autorités ne pouvaient se fonder sur le journal
de la société Z.________ SA pour retenir qu'il aurait touché 830 fr. par
mois, ce journal ayant été établi à son insu et A.________ ayant trompé sa
confiance en utilisant les fonds confiés à des fins personnelles et non
convenues. Il explique qu'il ne s'est jamais occupé des finances de la
société Z.________ SA ou du système Scubiac et qu'il n'a jamais eu accès aux
données comptables de ladite entreprise.

Pour l'essentiel, l'intéressé se contente de nier les faits constatés, ce qui
ne suffit pas pour faire admettre l'arbitraire allégué. Pour le reste, les
autorités cantonales pouvaient parfaitement se fonder sur le journal
comptable de la société Z.________ en application du principe de la libre
appréciation des preuves et on ne voit pas en quoi le fait que ce document
ait été rédigé à l'insu du recourant serait susceptible d'en infirmer le
contenu. Le grief est donc rejeté dans la mesure où il est recevable.

3.8 Le recourant reproche aux autorités cantonales de ne pas avoir examiné
s'il s'était effectivement enrichi ou non.

Cette critique est sans pertinence, l'abus de confiance et l'escroquerie
étant consommées lorsque survient le dommage, soit l'appauvrissement de la
victime, un enrichissement effectif n'étant pas nécessaire (cf. infra consid.
6.1 et 7.1).
3.9 Selon le recourant, c'est à tort que la Cour de cassation a estimé que la
mention de risques, contenue dans les contrats signés avec E.________, ne
pouvait être considérée comme un élément pertinent, aucune pièce
n'accréditant la thèse selon laquelle cette victime ne saurait lire.

Les autorités cantonales ont admis que E.________ était analphabète en se
basant sur les déclarations de ce dernier (cf. p. 31 jugement du Tribunal
correctionnel). Or, il n'est pas manifestement insoutenable d'accorder crédit
à ces allégations et le recourant n'allègue, ni ne démontre en quoi celles-ci
ne seraient pas crédibles. L'argument est dès lors infondé.

4.
En conclusion, le recours de droit public est rejeté dans la mesure où il est
recevable. Comme ses conclusions étaient vouées à l'échec, l'assistance
judiciaire ne peut être accordée (art. 152 al. 1 OJ) et le recourant, qui
succombe, en supportera les frais (art. 156 al. 1 OJ), fixés en fonction de
sa situation financière. La cause étant tranchée, la requête d'effet
suspensif devient sans objet.

II. Pourvoi en nullité

5.
Saisi d'un pourvoi en nullité, le Tribunal fédéral contrôle l'application du
droit fédéral (art. 269 PPF) sur la base d'un état de fait définitivement
arrêté par l'autorité cantonale (cf. art. 273 al. 1 let. b et 277bis al. 1
PPF).

Partant, dans la mesure où le recourant s'écarte des constatations de fait,
ses critiques sont irrecevables. Tel est notamment le cas lorsqu'il prétend
avoir été totalement manipulé par A.________ ou affirme qu'il n'a jamais eu
le dessein de s'enrichir.

6.
Invoquant une violation de l'art. 138 CP, le recourant conteste s'être rendu
coupable d'abus de confiance envers les époux C.________ (cf. supra consid.
A.b), F.________ (cf. supra consid. A.d), G.________ (cf. supra consid. A.e)
et I.________ (cf. supra consid. A.g).
6.1 Sur le plan objectif, l'art. 138 ch. 1 al. 2 CP suppose que l'auteur ait
utilisé, sans droit, à son profit ou au profit d'un tiers, les valeurs
patrimoniales qui lui avaient été confiées. Il y a emploi illicite d'une
valeur patrimoniale confiée lorsque l'auteur l'utilise contrairement aux
instructions reçues, en s'écartant de la destination fixée. L'alinéa 2 de
l'art. 138 ch. 1 CP ne protège pas la propriété, mais le droit de celui qui a
confié la valeur patrimoniale à ce que celle-ci soit utilisée dans le but
qu'il a assigné et conformément aux instructions qu'il a données; est ainsi
caractéristique de l'abus de confiance au sens de cette disposition le
comportement par lequel l'auteur démontre clairement sa volonté de ne pas
respecter les droits de celui qui lui fait confiance (ATF 129 IV 257 consid.
2.2.1 p. 259; 121 IV 23 consid. 1c p. 25). En cas de prêt, il y a emploi
illicite de l'argent confié si le prêt a été consenti dans un but déterminé,
correspondant aussi à l'intérêt du prêteur, et que l'auteur en fait une autre
utilisation, dès lors qu'on peut déduire de l'accord contractuel un devoir de
l'emprunteur de conserver constamment la contre-valeur de ce qu'il a reçu
(ATF 129 IV 257 consid. 2.2.2 p. 259 s.; 124 IV 9 consid. 1 p. 10 ss; 120 IV
117 consid. 2 p. 118 ss).

Du point de vue subjectif, l'auteur doit avoir agi intentionnellement et dans
un dessein d'enrichissement illégitime. Cette dernière condition est remplie
lorsque celui qui devait tenir en tout temps le bien confié à disposition de
l'ayant droit l'a utilisé à son profit ou au profit d'un tiers sans avoir à
tout moment la volonté et la possibilité de le restituer immédiatement (ATF
118 IV 27 consid. 3a p. 29 s., 32 consid. 2a p. 34). Le dessein
d'enrichissement peut être réalisé par dol éventuel (ATF 118 IV 32 consid. 2a
p. 34); tel est le cas, lorsque l'auteur envisage l'enrichissement comme
possible et agit néanmoins, même s'il ne le souhaite pas, parce qu'il s'en
accommode pour le cas où il se produirait (ATF 105 IV 29 consid. 3a p. 36;
cf. également ATF 123 IV 155 consid. 1a p. 156; 121 IV 249 consid. 3a p. 253
et les arrêts cités).

6.2 Le recourant soutient tout d'abord que les fonds confiés ont été employés
conformément aux mandats de gestion spécifique signés entre les parties, que
les clients ont clairement été rendus attentifs aux risques liés aux
opérations spéculatives envisagées et qu'ils ne pouvaient dès lors ignorer
les risques encourus. Il estime que sa seule faute concernerait le choix des
placements à effectuer.

Il ressort des constatations cantonales, qui lient l'autorité de céans et que
le recourant est irrecevable à critiquer, que, dans les quatre cas litigieux,
le recourant a utilisé les fonds confiés contrairement aux instructions
reçues, en s'écartant de la destination fixée. En effet, s'agissant de
l'argent des époux C.________ et de I.________, il l'a prêté, pour les
premiers, à une connaissance dont le commerce était en difficulté et, pour le
second, l'a dilapidé dans la société Z.________, qui n'était en réalité
qu'une coquille vide. Or, ces fonds, conformément à ce qui avait été convenu
entre les parties, devaient faire l'objet d'opérations relatives au marché
susceptibles d'engendrer des intérêts élevés. S'agissant des économies des
époux F.________ et de G.________, elles ont servi à financer des paris sur
des courses de chevaux, alors qu'elles devaient être investies dans des
opérations relatives au marché. Contrairement à ce que semble penser le
recourant, il y a une différence, sur le plan économique et dans l'optique
d'un investisseur, entre le fait de placer son argent dans des opérations
relatives au marché (par exemple dans l'achat d'actions cotées en bourse),
lesquelles sont susceptibles de générer des valeurs, plutôt que dans des jeux
ou des paris, où les chances de gain dépendent essentiellement du hasard,
dans des prêts à un particulier ou encore dans des investissements dans une
société sans activité rentable, ces genres de placements n'ayant rien à voir
avec un circuit économique générateur de valeurs.

Sur le vu de ce qui précède, les fonds confiés dans les cas litigieux ont bel
et bien été employés de manière illicite. Pour le reste, la jurisprudence
plus restrictive développée en matière de prêts (cf. supra consid. 6.1) n'est
pas applicable, les relations liant le recourant à ses clients relevant
davantage du mandat de gestion (cf. art. 394 ss CO) que du prêt de
consommation (cf. art. 312 ss CO). En effet, les lésés ont remis leurs
économies à l'intéressé pour être placées et produire des intérêts élevés.
Ainsi, les contrats ont été conclus en faveur des investisseurs et non pas du
recourant, comme tel aurait été le cas dans un prêt. De plus, le condamné a
agi comme un mandataire, dès lors qu'il s'est engagé à rendre un service à
ses clients consistant dans le placement des fonds confiés.

6.3 Le recourant nie ensuite l'aspect subjectif de l'infraction. Il prétend
qu'il n'a jamais eu l'intention de s'enrichir illégitimement et que les
placements opérés n'avaient d'autre but que de procurer à ses clients des
perspectives de rendement intéressant.
S'agissant des époux C.________, le recourant a prêté leur argent à une de
ses connaissances dont le commerce avait besoin de liquidités. Concernant les
autres cas, le recourant et son comparse ont, en partie, joué l'argent aux
courses selon le système "Scubiac" et ce dans leur propre intérêt. Or, ils ne
pouvaient que rapidement se rendre compte que ces paris dans les courses de
chevaux ne marchaient pas aussi bien qu'ils ne l'espéraient. Ils ont, pour le
reste, investi les fonds confiés dans leur propre société. Or, celle-ci n'a
jamais exercé la moindre activité rentable et n'était, en réalité, qu'une
coquille vide. De plus, les compères ont également effectué, sans
justification, des prélèvements sur le compte de leur entreprise. Ainsi, le
recourant percevait mensuellement 830 fr. de la Z.________ SA à titre de
participation aux frais et a également obtenu le remboursement d'un prêt de
10'000 fr., avant que celle-ci ne fît faillite.

A partir des constatations factuelles susmentionnées, que le recourant est
irrecevable à critiquer, la Cour de cassation n'a pas violé le droit fédéral
en admettant que le recourant avait agi dans un dessein d'enrichissement
illégitime, puisqu'il a prêté ou consommé les fonds confiés, tout en sachant
qu'ils étaient ainsi perdus pour ses clients.

7.
Se plaignant d'une violation de l'art. 146 CP, le recourant conteste s'être
rendu coupable d'escroqueries dans les cas E.________ (cf. supra consid.
A.c), H.________ (cf. supra consid. A.f), A.K.________ et B.K.________ et les
époux L.________ (cf. supra consid. A.h).
7.1 L'escroquerie suppose, sur le plan objectif, que l'auteur ait usé de
tromperie, que celle-ci ait été astucieuse, que l'auteur ait ainsi induit la
victime en erreur ou l'ait confortée dans une erreur préexistante, que cette
erreur ait déterminé la personne trompée à des actes préjudiciables à ses
intérêts pécuniaires ou à ceux d'un tiers et que la victime ait subi un
préjudice patrimonial (cf. ATF 119 IV 210 consid. 3).

La tromperie que suppose l'escroquerie peut consister soit à induire la
victime en erreur, par des affirmations fallacieuses ou par la dissimulation
de faits vrais, soit à conforter la victime dans son erreur. Pour qu'il y ait
tromperie par affirmations fallacieuses, il faut que l'auteur ait affirmé un
fait dont il connaissait la fausseté; l'affirmation peut résulter de
n'importe quel acte concluant; il n'est donc pas nécessaire que l'auteur ait
fait une déclaration; il suffit qu'il ait adopté un comportement dont on
déduit qu'il affirme un fait (B. Corboz, Les infractions en droit suisse,
vol. I, ad art. 146 n° 5).

Il y a astuce lorsque l'auteur recourt à des manoeuvres frauduleuses, à une
mise en scène comportant des documents ou des actes ou à un échafaudage de
mensonges qui se recoupent de façon si raffinée que même une victime critique
se laisserait tromper (ATF 122 IV 197 consid. 3d p. 205). L'astuce sera
également admise lorsque l'auteur exploite un rapport de confiance
préexistant propre à dissuader la dupe d'effectuer certaines vérifications
(ATF 126 IV 165 consid. 2a p. 171; 125 IV 124 consid. 3a p. 127 s. et les
arrêts cités). L'astuce ne sera toutefois pas réalisée si la dupe pouvait se
protéger avec un minimum d'attention ou éviter l'erreur avec le minimum de
prudence que l'on pouvait attendre d'elle (ATF 126 IV 165 consid. 2a p. 171;
122 IV 246 consid. 3a et les arrêts cités). Il n'est pas nécessaire qu'elle
fasse preuve de la plus grande diligence et qu'elle recoure à toutes les
mesures de prudence possibles (ATF 122 IV 246 consid. 3a p. 248). L'astuce ne
sera exclue que si la dupe est coresponsable du dommage parce qu'elle n'a pas
observé les mesures de prudence élémentaires qui s'imposaient (ATF 128 IV 18
consid. 3a p. 20).

Du point de vue subjectif, l'auteur doit avoir agi intentionnellement et dans
un dessein d'enrichissement illégitime, un résultat correspondant n'étant
cependant pas une condition de l'infraction (ATF 119 IV 210 consid. 4b p.
214).

7.2 Le recourant nie l'existence d'une tromperie astucieuse. Il affirme que
les fonds confiés ont été investis conformément aux mandats de gestion
spécifique signés avec les clients, que ceux-ci savaient qu'il s'agissait
d'opérations de nature spéculative et qu'ils ne se sont jamais renseignés sur
l'usage de leurs fonds.

7.2.1 Selon les constatations cantonales, le recourant a obtenu des fonds de
E.________ en lui promettant des placements dont les intérêts pouvaient
s'élever jusqu'à 20 % du capital. Or, cet argent a été perdu dans des courses
de chevaux, puis dans la société Z.________. Le recourant a également obtenu
68'000 fr. de H.________ contre la promesse d'un rendement non garanti
d'environ 10 %, le capital étant quant à lui assuré. Ces montants devaient
faire l'objet d'investissements dans des contrats avec des pays étrangers et
également servir partiellement au financement de la société Z.________. Or,
cet argent n'a pas été placé tel que prévu. Ultérieurement, le recourant a
encore convaincu H.________ de contracter un crédit de 35'000 fr. auprès
d'une banque et de verser 19'000 fr. à la société Z.________, contre la
promesse que celle-ci prendrait en charge les mensualités de remboursement
envers la banque. Toutefois, seules les trois premières mensualités sur les
soixantes prévues contractuellement ont été acquittées par l'intermédiaire de
l'entreprise. Enfin, le recourant a encore reçu des fonds de A.L.________,
A.K.________ et B.K.________ en leur promettant des placements avec des taux
d'intérêts élevés. Ces sommes ont cependant été injectées dans la société
Z.________.

Il ressort des faits précités que le recourant n'a jamais respecté les
engagements convenus et qu'il a ainsi trompé chacune de ses victimes par des
affirmations fallacieuses dans le but d'obtenir des fonds à parier ou à
investir dans une société qui n'était, en réalité, qu'une coquille vide. Des
placements dans des opérations relatives au marché n'ont effectivement rien à
voir avec des paris dans des courses de chevaux ou des investissements dans
une société, qui n'a jamais exercé la moindre activité susceptible de générer
des bénéfices (cf. supra consid. 6.2).
7.2.2 Selon les faits retenus, E.________, qui ne sait ni lire, ni écrire, a
confié toutes ses économies au recourant parce qu'ils se connaissaient depuis
de très nombreuses années, qu'ils étaient très amis et qu'il lui faisait
entièrement confiance. H.________ se trouvait également dans un rapport de
confiance avec le recourant, qu'il connaissait depuis longtemps; de plus,
après le premier versement, il avait reçu des assurances du recourant selon
lesquelles son capital était intact; il avait également perçu un total de
10'000 fr. à titre d'intérêts alors qu'il avait besoin d'argent. A.K.________
et B.K.________ avaient toute confiance en l'intéressé, le premier
connaissant le recourant depuis de nombreuses années; de plus, A.K.________
avait reçu des correspondances précisant les augmentations de son capital.
Enfin, A.L.________ connaissait également le recourant depuis de très
nombreuses années et lui faisait confiance.

Ainsi, dans les cinq cas précités, le recourant a exploité un rapport de
confiance préexistant, qui a dissuadé les dupes de vérifier le réel usage de
leurs fonds ainsi que la situation et les activités de la société Z.________
SA. Il leur a également menti sur la destination de leurs économies et, le
plus souvent, a usé d'artifices en leur faisant signer des contrats de
gestion sur du papier à en-tête des entreprises Y.________ ou Z.________ SA.
Les victimes, quant à elles, n'avaient guère de raison de se méfier de
l'intéressé, puisqu'elles le connaissaient de longue date, que celui-ci
passait pour un grand financier et qu'il s'était engagé contractuellement à
gérer leurs fonds. Elles n'avaient pas non plus les moyens pour vérifier les
réelles activités de la société Z.________. On ne saurait dès lors leur
reprocher de ne pas avoir observé les mesures élémentaires de prudence. Dans
ces conditions, l'astuce est bien réalisée.

7.3 Selon le recourant, le dessein d'enrichissement fait défaut. Il explique
qu'il a lui aussi été une des victimes des détournements et manipulations de
A.________.

Cette argumentation consiste à nier les constatations cantonales, de sorte
qu'elle est irrecevable (cf. supra consid. 5).

8.
Le recourant invoque une violation des art. 41 et 63 CP. Il estime que sa
peine relève d'une sévérité excessive et qu'elle ne tient pas compte de tous
les éléments pertinents. Il prétend également que les juges n'ont pas
suffisamment pris en compte la limite de 18 mois au-delà de laquelle le
sursis ne peut être accordé
8.1 Pour fixer la peine, le juge dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Un
pourvoi en nullité portant sur la quotité de la peine ne peut donc être admis
que si la sanction a été fixée en dehors du cadre légal, si elle est fondée
sur des critères étrangers à l'art. 63 CP, si les éléments d'appréciation
prévus par cette disposition n'ont pas été pris en compte ou enfin si la
peine apparaît exagérément sévère ou clémente au point que l'on doive parler
d'un abus du pouvoir d'appréciation (ATF 129 IV 6 consid. 6.1 p. 20 s.).

Les éléments pertinents pour la fixation de la peine ont été exposés de
manière détaillée dans les ATF 117 IV 112 consid. 1 et 116 IV 288 consid. 2a
et rappelés dans l'ATF 129 IV 6 consid. 6.1, auxquels on peut donc se
référer. Lorsque la peine privative de liberté qu'il envisage de prononcer
n'excède pas vingt-et-un mois et que les conditions du sursis sont par
ailleurs réunies, le juge doit examiner si, compte tenu de la situation
personnelle de l'accusé, l'exécution de la peine n'irait pas à l'encontre du
but premier du droit pénal, qui est de prévenir la commission d'infraction;
le cas échéant, il doit en principe en tenir compte dans un sens atténuant
dans le cadre de l'art. 63 CP (ATF 127 IV 97 consid. 3 p. 101).

8.2 Selon le recourant, les premiers juges ont omis de tenir compte qu'il est
à l'origine du procès, puisqu'il a déposé plainte contre A.________, qu'il
n'a jamais nié les faits et a largement contribué à leur établissement, qu'il
est âgé de 52 ans, que son état de santé est fragile et qu'il occupe de
longue date un emploi de nuit à satisfaction de ses supérieurs.

S'agissant de son état de santé, le recourant invoque un fait nouveau. Quant
à sa participation à la procédure, il s'écarte des constatations cantonales
selon lesquelles l'instruction n'a pas été facilitée par le silence ou les
mensonges des accusés, chacun d'eux faisant apparaître l'autre comme le
responsable et aucun des deux ne faisant des aveux suffisants pour permettre
de comprendre où avait passé tout l'argent disparu. De tels griefs sont
irrecevables (cf. supra consid. 5).

Pour le reste, l'argumentation est vaine. En effet, les premiers juges ont
estimé, sans que l'arbitraire ne soit allégué ni démontré à ce sujet, que le
fait que l'intéressé ait lui-même déposé plainte contre son co-accusé, après
avoir consulté un avocat, n'était pas un élément qui diminuait sa
culpabilité, dès lors que cela correspondait aux traits de caractère relevés
par les experts, à savoir qu'il se considérait comme une victime. Ils n'ont
pas non plus ignoré la situation personnelle et professionnelle du recourant.

8.3 Dès lors que le recourant ne peut en réalité citer aucun élément
important, propre à modifier la peine, qui aurait été omis ou pris en
considération à tort, il convient uniquement d'examiner si, au vu des faits
retenus, la peine infligée apparaît exagérément sévère au point de constituer
un abus du pouvoir d'appréciation.

Le recourant a trompé plusieurs personnes, dont des compatriotes et amis, en
les poussant à lui remettre des fonds, qui constituaient la plupart du temps
leurs seules économies. Il leur a fait des promesses qu'il savait ne pas
pouvoir tenir et s'est moqué du sort de l'argent qui lui était confié. Il a
ainsi agi pendant plusieurs années et a détourné des montants pour plus d'un
million de francs. Durant la procédure, il a cherché à minimiser sa
responsabilité en chargeant son compère. Sa responsabilité pénale est
entière. Malgré un salaire convenable, auquel s'ajoutent des gains
accessoires réguliers, il n'a jamais remboursé le moindre centime à ses
victimes. A sa décharge, il faut relever qu'il n'a pas d'antécédent
judiciaire. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la peine de deux ans
d'emprisonnement ne peut être qualifiée d'excessive au point qu'elle
procéderait d'un abus du large pouvoir d'appréciation reconnu en ce domaine à
l'autorité cantonale. Il s'ensuit que celle-ci n'avait pas à examiner si,
compte tenu de la situation personnelle du recourant, il ne convenait pas de
réduire la peine à dix-huit mois pour pouvoir octroyer le sursis.

9.
Sur le vu de ce qui précède, le pourvoi est rejeté dans la mesure où il est
recevable. Comme celui-ci était d'emblée dépourvu de chances de succès,
l'assistance judiciaire est refusée (art. 152 al. 1 OJ). Le recourant, qui
succombe, supportera les frais (art. 278 al. 1 PPF), fixés en fonction de sa
situation financière. Vu l'issue du pourvoi, la requête d'effet suspensif est
sans objet.

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours de droit public est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
Le pourvoi est rejeté dans la mesure où il est recevable.

3.
Les requêtes d'assistance judiciaire sont rejetées.

4.
Un émolument judiciaire de 1'600 fr. est mis à la charge du recourant.

5.
Le présent arrêt est communiqué en copie au mandataire du recourant, au
Ministère public du canton de Vaud et au Tribunal cantonal du canton de Vaud,
Cour de cassation pénale.

Lausanne, le 18 juin 2007

Au nom de la Cour de cassation pénale
du Tribunal fédéral suisse

Le président:   La greffière: