Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

I. Sozialrechtliche Abteilung, Beschwerde in öffentlich-rechtlichen Angelegenheiten 8C.698/2007
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
8C_698/2007

Arrêt du 27 octobre 2008
Ire Cour de droit social

Composition
MM. et Mme les Juges Ursprung, Président,
Leuzinger et Frésard.
Greffier: M. Beauverd.

Parties
A.________,
recourante, représentée par G.________,

contre

Zurich Compagnie d'assurances,
Thurgauerstrasse 101, 8085 Zurich,
intimée.

Objet
Assurance-accidents,

recours contre le jugement du Tribunal cantonal des assurances du canton du
Valais du 15 octobre 2007.

Faits:

A.
A.________ a travaillé comme aide-infirmière à l'Hôpital X.________, puis comme
concierge au service de la Copropriété Immeuble Y.________. Elle était assurée
contre le risque d'accidents auprès d'Alpina Compagnie d'Assurances (ci-après :
Alpina).

Le 13 mai 2002, l'assurée a été renversée par une voiture. Elle a été
transportée à l'Hôpital X.________, où le docteur B.________ a posé les
diagnostics de contusion de l'épaule droite et plaie au crâne. Le 13 août 2002,
une imagerie par résonance magnétique (IRM) réalisée par les docteurs
O.________ et S.________, médecins à l'Institut de radiologie de X.________, a
mis en évidence une déchirure transfixiante totale du tendon du sus-épineux,
ainsi qu'une probable déchirure partielle du tendon du sous-scapulaire.
L'assurée a été déclarée totalement incapable de travailler pour une durée
indéterminée.

Alpina, qui avait pris en charge le cas, a confié une expertise au docteur
R.________, spécialiste en médecine générale. Dans un rapport du 24 février
2003, ce médecin a posé les diagnostics de déchirure complète transfixiante du
tendon sus-épineux avec rétraction et amyotrophie de l'épaule droite, de
déchirure partielle du tendon sous-scapulaire et de tendinite du tendon du
sous-épineux de l'épaule droite. Selon l'expert, une reprise du travail à 40 %,
dans une activité ne nécessitant pas trop de port de charges ou de travail
important avec le membre supérieur droit, était envisageable dans le courant du
mois de mars 2003. Par la suite, il faudrait envisager une capacité de travail
résiduelle de 50 %, avec une demande de prise en charge par
l'assurance-invalidité, et évaluer la perte d'atteinte à l'intégrité de
l'épaule droite. La situation était stationnaire et, de l'avis du docteur
R.________, définitive.

Alpina a confié une nouvelle expertise au docteur H.________, spécialiste en
chirurgie orthopédique. Dans un rapport du 18 décembre 2003, ce médecin a posé
les diagnostics de lésion dégénérative de la coiffe des rotateurs des deux
côtés, prédominant à droite, avec perte de substance objectivée de ce côté, de
cervicarthrose modérée, de status après accident de la circulation le 13 mai
2002 avec plaie crânienne, contusion de l'épaule droite, du genou droit et de
la cheville gauche, et de troubles neurologiques subjectifs de nature peu
claire au membre supérieur droit. Le docteur H.________ a précisé que le lien
de causalité naturelle entre l'accident du 13 mai 2002 et les symptômes
présentés par l'assurée lors de l'expertise n'était que possible, mais pas
probable. Une péjoration transitoire de la fonction de l'épaule droite avait
probablement eu lieu ensuite de la contusion subie lors de l'accident et le
retour au statu quo sine s'était ensuite fait progressivement. Il était
difficile de fixer une date pour le retour au statu quo sine du membre
supérieur droit, mais l'ordre de grandeur d'une année semblait raisonnable. La
part des facteurs étrangers à l'accident était, à l'époque de l'expertise,
largement prépondérante, voire exclusive, avec un degré de vraisemblance
prépondérante.

A.________ a été soumise à un examen neurologique effectué par le docteur
C.________, spécialiste en neurologie, lequel n'a pas mis en évidence de
neuropathie et a considéré que le syndrome douloureux chronique proximal du
membre supérieur droit était essentiellement le reflet de la pathologie
traumatique de l'épaule (rapport du 10 mars 2004). Au terme d'un nouvel examen
neurologique, le docteur E.________, spécialiste en neurologie, a constaté un
enclavement local du nerf médian du poignet droit, une neuropathie cubitale au
coude droit, un syndrome de défilé et une atteinte radiculaire C6 droit à un
stade subclinique (rapport du 30 avril 2004). Dans un rapport complémentaire du
9 décembre 2005, le docteur H.________ a maintenu son point de vue exprimé dans
son rapport d'expertise du 18 décembre 2003 quant au rapport de causalité entre
l'accident subi par l'assurée et les symptômes dont elle souffrait encore.

Entre-temps, les obligations d'Alpina ont été reprises par Zurich, Compagnie
d'Assurances (ci-après : Zurich Assurances). Par décision du 28 avril 2005,
confirmée sur opposition le 16 mai 2006, celle-ci a alloué à l'assurée une
indemnité pour atteinte à l'intégrité fondée sur un taux de 10 %. Elle a
supprimé le droit à la prise en charge des frais de traitement et à l'indemnité
journalière au-delà du 31 mars 2004, et refusé l'octroi d'une rente
d'invalidité.

B.
A.________ a déféré la cause au Tribunal cantonal des assurances du canton du
Valais. En cours de procédure, elle a notamment produit un rapport
complémentaire du docteur C.________, dans lequel celui-ci expose avoir
réexaminé l'assurée le 10 novembre 2006 et n'avoir pas constaté d'élément
clinique permettant de suspecter une atteinte neurologique périphérique
scapulo-brachiale droite; comme il l'a indiqué auparavant, la douleur chronique
était essentiellement le reflet de la pathologie traumatique et dégénérative,
ainsi que des déchirures tendineuses de l'épaule droite (rapport du 13 novembre
2006).
Par jugement du 15 octobre 2007, la juridiction cantonale a rejeté le recours
dans la mesure où il était recevable.

C.
L'assurée interjette un recours en matière de droit public contre ce jugement,
dont elle demande l'annulation. Elle conclut principalement au maintien de son
droit à l'indemnités journalière et à la prise en charge du traitement médical
au-delà du 31 mars 2004, à l'octroi d'une indemnité pour atteinte à l'intégrité
«conforme à la loi», d'une indemnité pour tort moral et d'une indemnité pour la
perte de son revenu à la suite de son accident; elle demande en outre que soit
formulée une réserve pour le cas où son état de santé s'aggraverait. A titre
subsidiaire, elle conclut au renvoi de la cause à la juridiction cantonale ou à
l'intimée pour nouvelle décision conformément aux considérants, le tout sous
suite de frais et dépens.

L'intimée conclut au rejet du recours, tandis que l'Office fédéral de la santé
publique a renoncé à présenter des déterminations.
Considérant en droit:

1.
1.1 En procédure juridictionnelle administrative, ne peuvent être examinés et
jugés, en principe, que les rapports juridiques à propos desquels l'autorité
administrative compétente s'est prononcée préalablement, d'une manière qui la
lie sous la forme d'une décision. Dans cette mesure, la décision détermine
l'objet de la contestation qui peut être déféré en justice par voie de recours.
En revanche, dans la mesure où aucune décision n'a été rendue, la contestation
n'a pas d'objet, et un jugement sur le fond ne peut pas être prononcé. Le juge
n'entre donc pas en matière, en règle générale, sur des conclusions qui vont
au-delà de l'objet de la contestation (ATF 125 V 413 consid. 1a p. 414; MEYER/
VON ZWEHL, L'objet du litige en procédure de droit administratif fédéral, in:
Mélanges Pierre Moor, Berne 2005, n. 8 p. 439).
1.2
1.2.1 Par sa décision sur opposition du 16 mai 2006, l'intimée a supprimé le
droit de la recourante à la prise en charge du traitement médical, ainsi qu'à
l'indemnité journalière à partir du 1er avril 2004 et nié son droit à une rente
d'invalidité. En outre, bien qu'elle ait considéré que l'accident n'avait pas
laissé de séquelles durables notables (absence de rapport de causalité entre
les symptômes encore présentés par la recourante et l'accident assuré), elle a
alloué à l'intéressée une indemnité pour atteinte à l'intégrité fondée sur un
taux de 10 %. Les premiers juges ont confirmé cette décision sur opposition.
1.2.2 En instance fédérale, la recourante conclut à la prise en charge du
traitement médical et à l'octroi de prestations en espèces - indemnités
journalières ou rente - pour la période postérieure au 31 mars 2004. Sur ces
points, ses conclusions sont recevables.
1.2.3 L'intéressée demande en outre l'octroi d'une indemnité pour atteinte à
l'intégrité «conforme à la loi». Elle ne précise pas quel taux d'atteinte à
l'intégrité devrait lui être reconnu, ni en quoi l'indemnité qui lui a été
allouée par l'intimée serait insuffisante au regard des critères posés aux art.
24 s. LAA, 36 OLAA, ainsi qu'à l'annexe 3 à l'OAA. Elle n'expose pas pour quels
motifs l'admission d'un rapport de causalité entre les symptômes qu'elle
présente et l'accident assuré devrait conduire à l'octroi d'une atteinte à
l'intégrité supérieure à 10 %. Sur ce point, le recours ne répond pas aux
exigences de motivation posées à l'art. 42 al. 1 et 2 LTF, et cette conclusion
n'est pas recevable.
1.2.4 Le droit éventuel de la recourante à d'autres prestations de
l'assurance-accidents pour tort moral ou en compensation de la perte de revenu
subie ensuite de l'accident n'a pas fait l'objet d'une décision de l'intimée.
Dans ces conditions, la contestation devant la juridiction cantonale n'avait
pas d'objet et les premiers juges étaient fondés à ne pas entrer en matière sur
ces conclusions.
1.2.5 La recourante conclut, enfin, à ce qu'une réserve soit formulée en sa
faveur, en cas d'aggravation de son état de santé. L'intimée n'a pas statué sur
ce point et la juridiction cantonale a déclaré cette conclusion sans objet. Ce
point de vue n'est pas critiquable dès lors que l'assurance-accidents doit
prendre en charge d'éventuelles rechutes et séquelles tardives (art. 11 OLAA)
sans que cette question doive faire l'objet d'une réserve expresse, dans une
décision ou un jugement constatatoire.

2.
2.1 L'art. 6 al. 1 LAA prévoit que les prestations de l'assurance-accidents
obligatoire sont allouées en cas d'accident professionnel, d'accident non
professionnel et de maladie professionnelle. Par accident au sens de cette
disposition, on entend toute atteinte dommageable, soudaine et involontaire,
portée au corps humain par une cause extérieure extraordinaire qui compromet la
santé physique, mentale ou psychique, ou qui entraîne la mort (art. 4 LPGA). Le
droit aux prestations suppose notamment entre l'événement dommageable de
caractère accidentel et l'atteinte à la santé un lien de causalité naturelle.
Cette condition est réalisée lorsqu'il y a lieu d'admettre que, sans cet
événement accidentel, le dommage ne se serait pas produit du tout ou qu'il ne
serait pas survenu de la même manière. Il n'est pas nécessaire que l'accident
soit la cause unique ou immédiate de l'atteinte à la santé : il suffit
qu'associé éventuellement à d'autres facteurs, il ait provoqué l'atteinte à la
santé, c'est-à-dire qu'il apparaisse comme la condition sine qua non de cette
atteinte. Savoir si l'événement assuré et l'atteinte en question sont liés par
un rapport de causalité naturelle est une question de fait que l'administration
ou, le cas échéant, le juge, examine en se fondant essentiellement sur des
renseignements d'ordre médical, et qui doit être tranchée à la lumière de la
règle du degré de vraisemblance prépondérante, appliquée généralement à
l'appréciation des preuves dans l'assurance sociale (ATF 129 V 177 consid. 3.1
p. 181, 402 consid. 4.3 p. 406).

2.2 Si un accident n'a fait que déclencher un processus qui serait de toute
façon survenu sans cet événement, le lien de causalité naturelle entre les
symptômes présentés par l'assuré et l'accident doit être nié lorsque l'état
maladif antérieur est revenu au stade où il se trouvait avant l'accident (statu
quo ante) ou s'il est parvenu au stade d'évolution qu'il aurait atteint sans
l'accident (statu quo sine; RAMA 1992 no U 142 p. 75 consid. 4b; FRÉSARD/
MOSER-SZELESS, L'assurance-accidents obligatoire, in Schweizerisches
Bundesverwaltungsrecht [SBVR], Soziale Sicherheit, 2ème éd., n. 80 p. 865). Le
seul fait que des symptômes douloureux ne se sont manifestés qu'après la
survenance d'un accident ne suffit pas à établir un rapport de causalité
naturelle avec cet événement (raisonnement «post hoc ergo propter hoc»; ATF 119
V 335 consid. 2b/bb p. 341 s.; RAMA 1999 no U 341 p. 408 s., consid. 3b). Il
convient en principe d'en rechercher l'étiologie et de vérifier, sur cette
base, l'existence du rapport de causalité avec l'événement assuré.

3.
La juridiction cantonale a considéré, en se référant à l'expertise du 18
décembre 2003 et au rapport complémentaire du 9 décembre 2005 établis par le
docteur H.________, qu'il était établi au degré de la vraisemblance
prépondérante que le statu quo sine était atteint lorsque l'intimée a mis fin à
ses prestations, le 31 mars 2004. En se fondant sur l'art. 6 al. 1 LAA et sur
les principes exposés au consid. 2 ci-dessus, elle a nié l'existence d'un lien
de causalité naturelle entre l'accident assuré et les symptômes encore
présents, ce qui l'a conduite à confirmer le refus de prestations de l'intimée.

La recourante reproche aux premiers juges de n'avoir pas examiné le cas à
l'aune des art. 6 al. 2 LAA et 9 al. 2 OLAA, qui concernent les lésions
corporelles assimilées à un accident. Dès lors que les lésions de la coiffe des
rotateurs doivent être assimilées à un accident en vertu de ces dispositions,
elle soutient que l'évolution vers un statu quo sine ne pouvait être tenue pour
établie sur la simple règle de la vraisemblance prépondérante.

4.
4.1 Aux termes de l'art. 6 al. 2 LAA, le Conseil fédéral peut inclure dans
l'assurance des lésions corporelles qui sont semblables aux conséquences d'un
accident. En vertu de cette délégation de compétence, le Conseil fédéral a
édicté l'art. 9 al. 2 OLAA, qui prévoit que certaines lésions corporelles sont
assimilées à un accident, même si elles ne sont pas causées par un facteur
extérieur de caractère extraordinaire, pour autant qu'elles ne soient pas
manifestement imputables à une maladie ou à des phénomènes dégénératifs. Ces
lésions corporelles sont les suivantes :

a. Les fractures;
b. Les déboîtements d'articulations;
c. Les déchirures du ménisque;
d. Les déchirures de muscles;
e. Les élongations de muscles;
f. Les déchirures de tendons;
g. Les lésions de ligaments;
h. Les lésions du tympan.

Cette liste est exhaustive (ATF 116 V 136 consid. 4a p. 140, 145 consid. 2b p.
147).

4.2 La notion de lésion corporelle assimilée à un accident a pour but d'éviter,
au profit de l'assuré, la distinction souvent difficile entre maladie et
accident. Aussi les assureurs-accidents LAA doivent-ils assumer un risque qui,
en raison de la distinction précitée, devrait souvent être couvert par
l'assurance-maladie. Les lésions mentionnées à l'art. 9 al. 2 OLAA sont
assimilées à un accident même si elles ont, pour l'essentiel, une origine
vraisemblablement maladive ou dégénérative, pour autant qu'une cause extérieure
ait, au moins, déclenché les symptômes dont souffre l'assuré (ATF 129 V 466;
123 V 43 consid. 2b p. 44 s.; 116 V 145 consid. 2c p. 147 s.; 114 V 298 consid.
3c p. 301). Il faut qu'un facteur extérieur soit une cause possible de la
lésion, au moins à titre partiel, pour qu'une lésion assimilée à un accident
soit admise.

Le droit aux prestations pour une lésion assimilée à un accident prend fin
lorsque le retour à un statu quo ante ou à un statu quo sine est établi.
Toutefois, de telles lésions seront assimilées à un accident aussi longtemps
que leur origine maladive ou dégénérative, à l'exclusion d'une origine
accidentelle, n'est pas clairement établie. On ne se fondera donc pas
simplement sur le degré de vraisemblance prépondérante pour admettre
l'évolution d'une telle atteinte vers un statu quo sine. Sinon, on se
trouverait à nouveau confronté, immédiatement après avoir admis l'existence
d'une lésion assimilée à un accident, à la difficulté de distinguer entre
l'origine accidentelle et maladive de cette atteinte (cf. arrêts 8C_551/2007 du
8 août 2008, consid. 4.1.2, 8C_357/2007 du 31 janvier 2008 consid. 2, U 378/06
du 24 septembre 2007 consid. 2.2.2, U 60/03 du 28 juin 2004 consid. 3.3).

Ces règles sont également applicables lorsqu'une des lésions mentionnées à
l'art. 9 al. 2 OLAA est survenue lors d'un événement répondant à la définition
de l'accident au sens de l'art. 6 al. 1 LAA. En effet, si l'influence d'un
facteur extérieur, soudain et involontaire suffit pour ouvrir droit à des
prestations de l'assureur-accidents pour les suites d'une lésion corporelle
mentionnée à l'art. 9 al. 2 OLAA, on ne voit pas, a fortiori, que cette
réglementation spécifique ne doive pas trouver application dans l'éventualité
où ce facteur revêt un caractère extraordinaire. Il faut néanmoins que la
lésion corporelle (assimilée) puisse être rattachée à l'accident en cause car,
à défaut d'un événement particulier à l'origine de l'atteinte à la santé, il y
a lieu de conclure à une lésion exclusivement maladive ou dégénérative (arrêt
8C_357/2007, déjà cité, consid. 3.2).

5.
5.1 En l'espèce, il n'est pas litigieux que l'accident a déclenché les
symptômes ressentis par la recourante et que les examens pratiqués pour
rechercher l'origine de ces symptômes ont mis en évidence une déchirure de la
coiffe des rotateurs. Cette atteinte constitue une déchirure tendineuse
assimilée à un accident au sens de l'art. 9 al. 2 let. f OLAA (ATF 123 V 43).
L'assureur-accidents était dès lors tenu de prendre en charge les suites de cet
événement, ce qu'il a d'ailleurs fait jusqu'au 31 mars 2004, puisque l'origine
exclusivement dégénérative de la lésion n'était pas manifeste. Qu'une atteinte
dégénérative ait vraisemblablement joué un rôle important, voire prépondérant,
dans la survenance de la lésion, comme on peut le déduire des constatations du
docteur H.________, n'était pas déterminant.

5.2 Cette déchirure de la coiffe des rotateurs n'a pas fait l'objet d'une
intervention chirurgicale. Lors d'une imagerie par résonance magnétique
effectuée le 25 septembre 2006, les docteurs O.________ et T.________ ont
constaté une déchirure transfixiante du sus-épineux, avec rétraction du tendon
au niveau de la glène, infiltration graisseuse et atrophie nette de ce muscle,
épanchement discret dans l'articulation et la bourse sous acromio-deltoïdienne
et vraisemblable déchirure partielle de l'insertion du sous-épineux. On ne
saurait donc parler de guérison (retour au statu quo ante).

De son côté, le docteur H.________ a indiqué que l'évolution vers un statu quo
sine était vraisemblable dans un délai d'une année environ après l'accident, la
part des facteurs étrangers à l'accident étant désormais largement
prépondérante, voire exclusive, avec un degré de vraisemblance prépondérante.
Mais le docteur H.________ pose ces conclusions parce qu'il considère que les
déchirures de la coiffe des rotateurs n'ont vraisemblablement jamais été
d'origine accidentelle et qu'elles étaient d'emblée d'origine essentiellement
dégénérative. C'est ainsi qu'il précise que l'accident du 13 mai 2002 a
certainement provoqué des contusions multiples et une plaie crânienne, qui ont
guéri; mais il a révélé plutôt que causé l'état pathologique préexistant de
l'épaule droite. Plusieurs observations de l'expert vont dans le même sens, par
exemple le fait qu'à l'âge de l'assurée, les lésions purement dégénératives de
la coiffe des rotateurs sont beaucoup plus fréquentes que les lésions
traumatiques, que les radiographies initiales et l'IRM effectuée deux mois
après l'accident montrent des troubles dégénératifs de l'épaule droite
manifestement préexistants et que la lésion objectivée au niveau de la coiffe
des rotateurs droite ne touche pas uniquement le tendon du sus-épineux, mais
des tendons antagonistes, ce qui rend peu vraisemblable une action vulnérante
simple. Sur le vu de ces constatations, il est certes probable qu'une atteinte
dégénérative a exercé une influence déterminante sur la survenance des lésions
constatées. Cela ne suffit toutefois pas pour établir de façon manifeste le
caractère exclusivement dégénératif de ces lésions, ni au moment de l'accident,
ni une année plus tard. Quant aux lésions dégénératives de la coiffe des
rotateurs de l'épaule gauche, suspectées par l'expert - mais qui n'ont pas fait
l'objet d'un examen radiologique ou d'une IRM -, elles n'entraînaient pas, au
moment de l'expertise, les mêmes symptômes que les déchirures constatées à
l'épaule droite («à gauche, la patiente ressent une petite douleur localisée
dans la région acromiale qui ne la gêne pas pour l'instant»; «les mouvements en
hauteur de sa main droite sont difficiles, de sorte qu'elle utilise plutôt la
main gauche»). Cette circonstance ne tend donc pas à démontrer une situation de
statu quo sine en ce qui concerne les lésions à l'épaule droite objectivées
après l'accident, en tout cas pas de manière suffisante pour qu'une telle
situation puisse être tenue pour clairement établie dès le 1er avril 2004.

Compte tenu de ce qui précède, il appartient à l'intimée de prendre en charge
le traitement médical des lésions de la coiffe des rotateurs dont souffre
l'assurée et d'allouer ses prestations en espèce au-delà du 31 mars 2004, pour
autant que les autres conditions posées par la loi soient réunies. A ce stade,
il est prématuré de se prononcer sur ce dernier point, qui n'a pas encore été
examiné par l'intimée, ni par les premiers juges. La cause doit dès lors être
renvoyée à l'intimée pour qu'elle statue à nouveau sur le droit aux prestations
au-delà de la date susmentionnée.

6.
Outre la présence de lésions de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite, le
docteur E.________ a également constaté l'existence de certains éléments
anamnéstiques et cliniques pouvant suggérer la présence d'une radiculopathie
cervicale et d'un syndrome du tunnel carpien ou d'une radiculopathie sensitive
C6 (rapport du 30 avril 2004). A supposer que leur existence soit établie, de
telles atteintes ne constituent toutefois pas des lésions corporelles
assimilées à un accident au sens de l'art. 9 al. 2 OLAA. Le lien de causalité
naturelle entre ces atteintes et l'accident doit donc être examiné à la lumière
de la règle du degré de la vraisemblance prépondérante.

En l'état du dossier, l'existence d'un tel lien de causalité n'apparaît
toutefois pas démontrée au regard de cette règle. Le docteur C.________ a exclu
la présence d'atteintes neurologiques (rapport du 10 novembre 2006), sans que
ses constatations revêtent une valeur probante supérieure à celles, opposées,
du docteur E.________ (rapport du 30 avril 2004). Celui-ci a constaté un
enclavement local du nerf médian au poignet droit, une neuropathie cubitale au
coude droit, un syndrome de défilé et une atteinte radiculaire C6 droit à un
stade subclinique. Il ne s'est pas exprimé sur la cause de ces affections, en
particulier sur l'influence qu'ont pu avoir, dans ce contexte, les lésions
constatées à la coiffe des rotateurs de l'épaule droite. Il appartiendra par
conséquent à l'intimée de compléter l'instruction de la cause pour vérifier
l'existence des atteintes décrites par le docteur E.________ et, le cas
échéant, leur origine accidentelle, avant de se prononcer à nouveau sur son
obligation d'allouer des prestations en raison de ces affections.

7.
Vu ce qui précède, la recourante obtient partiellement gain de cause et peut
prétendre des dépens à la charge de l'intimée (art. 68 al. 1 LTF). Les dépens
seront toutefois réduits et la recourante supportera une partie des frais de
justice (art. 66 al. 1 et 3, 68 al. 1 et 4 LTF), étant donné qu'elle succombe
sur une partie de ses conclusions. L'intimée supportera le solde des frais de
justice.

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Dans la mesure où il est recevable, le recours est admis en ce sens que le
jugement du Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais du 15 octobre
2007 et la décision sur opposition de Zurich, Compagnie d'Assurances, du 16 mai
2006, sont annulés. La cause est renvoyée à l'intimée pour instruction
complémentaire au sens des considérants et nouvelle décision.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 500 fr., sont mis pour 200 fr. à la charge de
la recourante et pour 300 fr. à la charge de l'intimée.

3.
L'intimée versera à la recourante la somme de 2'000 fr. à titre de dépens pour
la dernière instance.

4.
La cause est renvoyée au Tribunal cantonal des assurances du canton du Valais
pour nouvelle décision sur les dépens de la procédure antérieure.

5.
Le présent arrêt est communiqué aux parties, au Tribunal cantonal des
assurances du canton du Valais et à l'Office fédéral de la santé publique.

Lucerne, le 27 octobre 2008

Au nom de la Ire Cour de droit social
du Tribunal fédéral suisse
Le Président: Le Greffier:

Ursprung Beauverd