Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
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Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.464/2008
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
5A_464/2008 / frs

Arrêt du 15 décembre 2008
IIe Cour de droit civil

Composition
MM. et Mmes les Juges Raselli, Président,
Escher, Hohl, Marazzi et Jacquemoud-Rossari.
Greffière: Mme Aguet.

Parties
X.________,
recourant, représenté par Me Astyanax Peca, avocat,

contre

A.________ et B.________, c/o leur mère
dame X.________,
intimés, représentés par Me Franck-Olivier Karlen, avocat,

Objet
modification du jugement de divorce (contribution d'entretien),

recours contre l'arrêt de la Chambre des recours du Tribunal cantonal du canton
de Vaud du 6 juin 2008.

Faits:

A.
Par jugement du 11 mars 1993, le Président du Tribunal civil du district de
Rolle a prononcé le divorce des époux X.________. Il a en particulier ratifié,
pour faire partie intégrante du dispositif du jugement, la convention signée
par les parties les 13 et 14 mai 1992 prévoyant que l'autorité parentale et la
garde sur les enfants A.________, né en 1981, et B.________, née en 1986, sont
attribuées à la mère et fixant la contribution due par le père pour l'entretien
de chacun d'eux à 700 fr. par mois jusqu'à l'âge de douze ans révolus, 750 fr.
dès lors et jusqu'à l'âge de quinze ans révolus et 800 fr. dès lors et jusqu'à
la majorité; cette convention précisait que le versement de la pension serait
poursuivi au-delà si, la majorité atteinte, l'enfant n'avait pas terminé ses
études ou sa formation professionnelle, moyennant qu'il les effectue
normalement.

B.
B.a Le 24 novembre 2004, le père a ouvert action en modification du jugement de
divorce, concluant à ce qu'il soit libéré de toute contribution en faveur de
ses enfants; il a fait valoir que ceux-ci avaient atteint leur majorité,
terminé leurs études et refusaient de le rencontrer depuis 1997.
B.b Lors d'une audience qui s'est déroulée le 1er décembre 2005, le père et ses
enfants ont signé une convention qui prévoit notamment ce qui suit:
I. Dès et y compris le 1er décembre 2005, X.________ contribuera à l'entretien
de A.________ par un versement mensuel de Fr. 500.--, tous les premiers de
chaque mois, ce jusqu'au 1er août 2006 y compris.
II. Dès et y compris le 1er septembre 2006, X.________ contribuera à
l'entretien de B.________ par un versement mensuel de Fr. 500.--, tous les
premiers de chaque mois, jusqu'au 1er août 2012 y compris, date de fin d'études
prévues, stage compris.

(...)
III. (...)
IV. Parties mettront tout en oeuvre pour rétablir des relations entre elles.
Le jugement ratifiant cette convention a été envoyé le 12 décembre 2005 pour
notification aux parties.

C.
Considérant que ses enfants n'avaient pas respecté le chiffre IV de cette
convention, le père a ouvert, le 23 février 2006, une nouvelle action en
modification du jugement de divorce devant le Président du Tribunal civil de
l'arrondissement de La Côte; il a conclu à ce que la contribution allouée à son
fils soit supprimée dès et y compris le 1er décembre 2004, et celle allouée à
sa fille dès et y compris le 1er août 2005, ses enfants étant condamnés à lui
rembourser les contributions versées en trop.

A l'audience du 7 mai 2007, le père a modifié ses conclusions en ce sens qu'il
est libéré de la contribution en faveur de son fils dès et y compris le 1er
août 2005, et de celle en faveur de sa fille dès et y compris le 1er février
2005.

D.
Par jugement du 8 octobre 2007, le Président du Tribunal civil de
l'arrondissement de La Côte a rejeté la demande.

Par arrêt du 11 février 2008, la Chambre des recours du Tribunal cantonal
vaudois a confirmé ce jugement.

E.
Le 9 juillet 2008, le père a interjeté un recours en matière civile contre cet
arrêt, concluant à sa réforme en ce sens que sa demande de modification du
jugement de divorce est admise, ses enfants étant respectivement condamnés à
lui verser les contributions d'entretien perçues indûment, valeur à la date du
jugement à intervenir; à titre subsidiaire, il a conclu à l'annulation de
l'arrêt entrepris, la cause étant renvoyée à l'autorité cantonale. Il se plaint
d'une violation des art. 134 al. 2, 277 et 286 al. 2 CC.

Les intimés proposent le rejet du recours.

Considérant en droit:

1.
1.1 Interjeté en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) contre une décision finale
(art. 90 LTF) rendue en matière civile (art. 72 al. 1 LTF) par l'autorité
cantonale de dernière instance statuant sur recours (art. 75 LTF), dans une
contestation de nature pécuniaire dont la valeur litigieuse (cf. art. 51 al. 1
let. a LTF) atteint 30'000 fr. (art. 74 al. 1 let. b LTF), le présent recours
est recevable au regard de ces dispositions.

1.2 Le recours en matière civile peut être formé pour violation du droit, tel
qu'il est délimité par les art. 95 et 96 LTF. Le Tribunal fédéral applique le
droit d'office (art. 106 al. 1 LTF), sans être lié ni par les motifs de
l'autorité précédente, ni par les moyens des parties; il peut donc admettre le
recours pour d'autres motifs que ceux invoqués par le recourant, comme il peut
le rejeter en opérant une substitution de motifs (ATF 133 III 545 consid. 2.2
p. 550). Compte tenu des exigences de motivation posées, sous peine
d'irrecevabilité (art. 108 al. 1 let. b LTF), à l'art. 42 al. 2 LTF, le
Tribunal fédéral n'examine en principe que les griefs soulevés; il n'est pas
tenu de traiter, à l'instar d'une juridiction de première instance, toutes les
questions juridiques pouvant se poser lorsqu'elles ne sont plus discutées
devant lui (ATF 133 IV 150 consid. 1.2 p. 152). Il ne connaît de la violation
de droits fondamentaux ou du droit cantonal que si ce grief a été soulevé et
motivé par le recourant (art. 106 al. 2 LTF), les exigences de motivation
correspondant à celles de l'ancien art. 90 al. 1 let. b OJ (ATF 133 II 249
consid. 1.4.2 p. 254; 133 III 393 consid. 6 p. 397).

1.3 Le Tribunal fédéral statue sur la base des faits établis par l'autorité
précédente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en écarter que si ces faits ont
été établis de façon manifestement inexacte ou en violation du droit au sens de
l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et si la correction du vice est susceptible
d'influencer le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient
que les faits ont été établis de manière manifestement inexacte (art. 97 al. 1
LTF), à savoir que les constatations de fait sont arbitraires au sens de l'art.
9 Cst. (ATF 133 II 249 consid. 1.2.2 p. 252), doit démontrer, par une
argumentation précise, en quoi consiste la violation. Le Tribunal fédéral
n'examine en effet la violation de l'interdiction de l'arbitraire que si ce
grief a été invoqué et motivé par le recourant (art. 106 al. 2 LTF),
c'est-à-dire s'il a été expressément soulevé et exposé de façon claire et
détaillée (principe d'allégation; ATF 133 IV 286 consid. 1.4 p. 287). Aucun
fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut être présenté à moins de résulter de la
décision de l'autorité précédente (art. 99 al. 1 LTF).

2.
2.1 Le recourant fait valoir que les événements postérieurs à la signature de
la convention du 1er décembre 2005, à savoir l'altercation qui a eu lieu avec
son fils à la sortie de l'audience et le refus de ses enfants de reprendre des
relations personnelles avec lui nonobstant l'accord passé, constituent des
faits nouveaux susceptibles d'entraîner une modification des contributions
d'entretien à sa charge. Les intimés auraient par ailleurs acquis une formation
appropriée au sens de l'art. 277 al. 2 CC; son fils est titulaire d'une licence
HEC de l'Université de Lausanne depuis le mois d'août 2005, et sa fille au
bénéfice d'un certificat fédéral de capacité d'employée de commerce obtenu au
mois de juillet 2005. On ne saurait lui imputer à cet égard d'avoir reconnu,
par la signature de la convention du 1er décembre 2005, que ses enfants
poursuivraient au-delà une formation appropriée; cet accord transactionnel ne
vaudrait pas "admission d'une notion juridique".

2.2 La cour cantonale a considéré que le recourant avait déjà soutenu, dans la
procédure en modification du jugement de divorce ayant abouti à la signature de
la convention du 1er décembre 2005, que les intimés avaient achevé leur
formation appropriée; cette question a été définitivement tranchée par le
jugement du 12 décembre 2005 ratifiant cet accord et l'intéressé ne fait pas
valoir que ses enfants auraient modifié depuis les plans de formation couverts
par ce jugement. Il ne saurait dès lors remettre en cause, en dehors d'une
procédure de révision, le fait que ces formations sont appropriées au sens de
l'art. 277 CC.

2.3 Les conclusions du recourant tendent à la suppression des contributions
d'entretien dès le 1er février 2005 pour sa fille et dès le 1er août 2005 pour
son fils. Elles portent ainsi notamment sur des périodes antérieures à la
signature de la convention du 1er décembre 2005, ratifiée le 12 décembre
suivant. De cette manière, le recourant s'en prend en réalité à la validité de
cet accord, qu'il estime nul pour le motif que ses enfants ne l'ont pas
respecté en ne renouant pas de relations personnelles avec lui.
Par la ratification, la convention devient partie intégrante du jugement; elle
participe à la force de chose jugée de celui-ci, de sorte que l'intéressé n'est
plus habilité à la remettre en cause en dehors d'une procédure de révision
cantonale (ATF 119 II 297 consid. 3b p. 301/302; HOHL, Procédure civile, t. I,
2001, n° 1384 ss). Il s'ensuit que c'est à juste titre que la cour cantonale a,
par une argumentation certes peu claire, refusé d'examiner l'invalidité
alléguée de la convention et rejeté la demande du recourant en ce qu'elle tend
à la suppression rétroactive des contributions d'entretien.

3.
Reste à examiner si celui-ci peut demander la suppression de ces contributions
en raison de faits nouveaux survenus postérieurement au jugement du 12 décembre
2005.

3.1 Aux termes de l'art. 286 al. 2 CC, si la situation change notable-ment, le
juge modifie ou supprime la contribution d'entretien à la demande du père, de
la mère ou de l'enfant. Cette modification ou suppression suppose que des faits
nouveaux importants et durables surviennent, qui commandent une réglementation
différente. La procédure de modification n'a en effet pas pour but de corriger
le premier jugement, mais de l'adapter aux circonstances nouvelles (ATF 120 II
177 consid. 3a p. 178; 285 consid. 4b p. 292), parmi lesquelles figure la
détérioration, depuis le jugement de divorce, des relations personnelles entre
le parent et l'enfant majeur (HEGNAUER, Berner Kommentar, 4e éd. 1997, n° 81 ad
art. 286 CC; BREITSCHMID, in Basler Kommentar, Zivilgesetzbuch, 3e éd.
2006-2007, n° 14 ad art. 286 CC).

L'art. 277 al. 2 CC pose les conditions de l'obligation d'entretien des père et
mère à l'égard de leur enfant majeur poursuivant sa formation. Cette obligation
dépend expressément de l'ensemble des circonstances et notamment des relations
personnelles entre les parties. L'inexistence de celles-là attribuée au seul
comportement du demandeur d'aliments peut ainsi justifier un refus de toute
contribution d'entretien. La jurisprudence exige toutefois que l'attitude de
l'enfant lui soit imputable à faute, celle-ci devant être appréciée
subjectivement (ATF 113 II 374 consid. 2 p. 376/377); l'enfant doit avoir violé
gravement (ATF 111 II 411 consid. 2 p. 416) les devoirs qui lui incombent en
vertu de l'art. 272 CC, et dans les cas où les relations personnelles sont
rompues, avoir provoqué la rupture par son refus injustifié d'entretenir
celles-là, son attitude gravement querelleuse ou son hostilité profonde.
Admettre, dans de telles circonstances, le droit à l'entretien après la
majorité reviendrait en effet à réduire le débiteur au rôle de parent payeur,
ce que n'a assurément pas voulu le législateur (ATF 113 II 374 consid. 2 p.
376; ATF 120 II 177 consid. 3c p. 179 et les arrêts cités; arrêt 5C.205/2004 du
8 novembre 2004 consid. 5.1, in FamPra.ch 2005 p. 414).

Toutefois, une réserve particulière s'impose lorsqu'il s'agit du manquement
filial d'un enfant de parents divorcés envers ceux-ci ou l'un d'eux; il faut
tenir compte des vives émotions que le divorce des parents peut faire naître
chez l'enfant et des tensions qui en résultent normalement, sans qu'on puisse
lui en faire le reproche. Néanmoins, si l'enfant persiste, après être devenu
majeur, dans l'attitude de rejet adoptée lors du divorce à l'égard du parent
qui n'avait pas la garde, bien que celui-ci se soit comporté correctement
envers lui, cette attitude inflexible lui est imputable à faute (ATF 113 II 374
consid. 4 p. 378 ss; 117 II 127 consid. 3b p. 130; cf. ATF 129 III 375 consid.
4.2 p. 379/380; arrêt 5C.205/2004 du 8 novembre 2004 consid. 5.1, in FamPra.ch
2005 p. 414). En ce domaine, le juge jouit d'un large pouvoir d'appréciation
(art. 4 CC; HEGNAUER, op. cit., n° 89 ad art. 277 CC). Le Tribunal fédéral
n'intervient qu'en cas d'excès ou d'abus de ce pouvoir, à savoir lorsque la
décision attaquée repose sur une appréciation insoutenable des circonstances,
qu'elle est inconciliable avec les règles du droit et de l'équité, qu'elle omet
de tenir compte de tous les éléments propres à fonder la décision ou, au
contraire, prend en considération des facteurs dénués de pertinence (cf. ATF
132 III 49 consid. 5.2 p. 57, 97 consid. 1 p. 99 et la jurisprudence citée).

3.2 Le recourant soutient que son fils a adopté après l'audience du 1er
décembre 2005 un comportement inacceptable, crasse et choquant, en totale
contradiction avec l'accord qu'il venait de conclure avec lui. La seule et
unique raison pour laquelle il a signé cette convention était que ses enfants
mettent tout en oeuvre pour rétablir des relations avec lui; or, cette
condition sine qua non a été volontairement violée par l'intimé, ce qui
constitue un changement de situation au sens de l'art. 134 al. 2 CC.
3.2.1 L'arrêt attaqué retient qu'à la sortie de l'audience du 1er décembre
2005, le recourant est allé saluer son fils. Celui-ci n'a pas serré la main que
son père lui a tendue en lui disant "qu'il ne pouvait pas maintenant". La
seconde épouse du recourant a alors déclaré "que tu vois, je te l'avais bien
dit, c'est de la pure comédie! Ce n'est qu'une question de fric; elle va
pouvoir se torcher avec!". L'intimé a alors hurlé à son père: "ne me croise
plus jamais!".
3.2.2 Le recourant soutient que ces faits ont été établis de manière
manifestement inexacte par les juges précédents; il ne ressortirait aucunement
du dossier que l'intimé aurait employé le terme "maintenant" lorsqu'il a refusé
de lui serrer la main. Le recourant conteste également les propos attribués à
sa nouvelle épouse, lesquels résulteraient uniquement des allégations de
l'intimé.

Le jugement rendu le 8 octobre 2007 par le Président du Tribunal civil de
l'arrondissement de La Côte, dont la cour cantonale a repris l'état de fait,
mentionne toutefois que les événements tels que retenus ont été confirmés par
les témoignages de Y.________ et dame X.________, respectivement tante et mère
des intimés. Le recourant ne remet pas en cause ces témoignages; partant, son
grief est irrecevable.

Dans ces conditions et compte tenu de leur pouvoir d'appréciation (cf. supra,
consid. 3.1 in fine), les juges cantonaux n'ont pas versé dans l'arbitraire en
considérant que cette altercation ne faisait pas apparaître sous un jour
nouveau l'appréciation selon laquelle l'intimé n'est pas le seul responsable de
l'absence de relations avec le recourant, son refus de lui serrer la main ne
témoignant pas d'une position définitive quant aux relations personnelles,
puisque le fils a répondu dans un premier temps qu'il ne pouvait pas
"maintenant". En outre, les propos de la nouvelle épouse confirment l'existence
de tensions préexistantes, dont on ne saurait imputer exclusivement la faute à
l'intimé. La critique du recourant, qui soutient que ces paroles - pour autant
qu'elles soient retenues - n'émanaient pas de lui et ne visaient pas
directement son fils, ne modifie pas cette appréciation. On ne saurait, en
l'espèce, faire abstraction de l'émotion liée à la signature de la convention,
mettant un terme à deux ans de procédure judiciaire dirigée par le père contre
ses enfants, et retenir que le refus du fils de serrer la main du recourant
dans l'immédiat constitue un refus durable, imputable à faute, d'entretenir
avec lui des relations personnelles; au vu du contexte, le besoin implicitement
exprimé par l'intimé de disposer d'un peu de temps ne viole pas l'engagement
pris par les parties de "mettre tout en oeuvre pour rétablir des relations
entre elles".

3.3 Le recourant soutient que l'intimée n'a pas respecté non plus la convention
du 1er décembre 2005. Ce n'est pas elle qui a pris contact avec lui, mais
l'inverse; ils n'ont eu que deux brèves rencontres depuis l'audience du 1er
décembre 2005, lors desquelles sa fille avait pour seul but de s'assurer du bon
règlement des pensions.
3.3.1 La cour cantonale a retenu que la fille n'a pas participé à l'altercation
du 1er décembre 2005. Le 6 septembre 2006, le conseil du recourant s'est
adressé au conseil des intimés pour demander le numéro de portable de
l'intimée, afin que son client puisse la rencontrer. Le conseil des intimés lui
a répondu le 14 septembre 2006 que l'intimée n'avait pas changé de numéro de
téléphone et qu'elle était parfaitement disposée à rencontrer son père.
L'intimée a alors appelé le recourant et deux rencontres ont eu lieu. Celui-ci
a ensuite indiqué à sa fille qu'il ne souhaitait plus la revoir pour le moment
et qu'il la reverrait vraisemblablement au tribunal.
3.3.2 Le recourant fait grief aux juges précédents d'avoir retenu, de manière
inexacte et alors que cela ne ressortirait pas du dossier, que ces rencontres
se sont tenues sur demande de l'intimée. Partant, c'est à tort qu'ils ont
considéré qu'elle avait fait des efforts pour renouer des liens avec son père
et, par conséquent, qu'elle n'était pas fautive s'agissant de l'inexistence de
rapport avec le recourant.

Autant qu'il est suffisamment motivé (cf. supra, consid. 1.3 in fine), ce grief
est mal fondé.

Le chiffre IV de la convention signée le 1er décembre 2005 prévoit que les
"parties mettront tout en oeuvre pour rétablir des relations entre elles". Dans
ces circonstances, la question de savoir qui du recourant ou de l'intimée a
contacté l'autre n'est pas pertinente; l'accord ne précise pas, en effet, que
la fille devait en avoir l'initiative. Faute de porter sur une constatation
causale, ce grief est irrecevable (art. 97 al. 1 LTF; ATF 122 I 53 consid. 5 p.
57 et les arrêts cités).

A l'issue de ces rencontres, le recourant a refusé de revoir sa fille. Il ne
conteste pas ce point, mais se borne à faire valoir que l'intimée aurait eu
pour seul but, durant ces contacts, de s'assurer du paiement de la contribution
d'entretien; cette allégation ne ressort cependant pas du jugement attaqué, de
sorte que le Tribunal fédéral ne peut en tenir compte. Le recourant ayant
interrompu les contacts avec l'intimée, il ne saurait ensuite prétendre que
cette dernière est à l'origine de la rupture de leurs relations personnelles et
qu'elle n'a pas respecté la convention signée. Dans ces conditions, c'est à bon
droit que la cour cantonale a jugé qu'il n'y a aucun élément nouveau
susceptible de justifier une modification du jugement du 12 décembre 2005 à
l'égard de l'intimée.

4.
En l'absence de faits nouveaux, le recourant ne peut remettre en cause le
versement des contributions d'entretien dues selon ce jugement, pour le motif
que ses enfants auraient déjà acquis une formation appropriée. Il n'y a dès
lors pas lieu d'examiner cette question, ni celle de savoir s'il est lié sur ce
point par la convention signée le 1er décembre 2005.

5.
Vu ce qui précède, le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable. Le
recourant, qui succombe, s'acquittera des frais judiciaires (art. 66 al. 1 LTF)
et versera des dépens aux intimés (art. 68 al. 1 LTF).

Le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis à la charge du recourant.

3.
Une indemnité de 1'500 fr., à payer solidairement aux intimés à titre de
dépens, est mise à la charge du recourant.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre des recours du
Tribunal cantonal du canton de Vaud.

Lausanne, le 15 décembre 2008
Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse
Le Président: La Greffière:

Raselli Aguet