Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.49/2008
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
5A_49/2008 - svc

Arrêt du 19 août 2008
IIe Cour de droit civil

Composition
MM. et Mme les Juges Raselli, Président,
Hohl et Marazzi.
Greffière: Mme de Poret.

Parties
AX.________,
recourant, représenté par Mes Marc Mathey-Doret et Jacques-Alain Bron, avocats,

contre

BX.________,
intimée, représentée par Me Philippe Girod, avocat,
CX.________, DX.________ et EX.________,
intimées, représentées par Me Anne-Laure Huber, avocate.

Objet
divorce,

recours contre l'arrêt de la Chambre civile de la Cour de justice du canton de
Genève du 29 novembre 2007.

Faits:

A.
AX.________, né en 1966, et BX.________, née en 1967, se sont mariés en 1992 en
France, sous le régime de la séparation de biens. Trois enfants sont issus de
cette union: CX.________, née en 1996, DX.________ et EX.________, nées en
1997. En 1999, les époux X.________ se sont installés à Genève. Ils vivent
séparés depuis le mois d'août 2002.
AX.________ travaille depuis 1992 en qualité de négociant pour la société
Y.________ SA. Il admet réaliser un revenu net d'au moins 400'000 fr. par an,
soit 33'300 fr. par mois, et a accumulé des avoirs de prévoyance
professionnelle auprès de la caisse de pension suisse de son employeur dès
1991.
BX.________ travaille depuis le mois de juillet 2004 en qualité de
représentante pour une société de produits pharmaceutiques. Depuis 2006, elle
réalise un revenu mensuel de 8'141 fr. 70, allocations familiales non
comprises. BX.________ cotise à une caisse de pension suisse depuis le mois de
septembre 2001.

B.
Par jugement sur mesures protectrices de l'union conjugale du 4 septembre 2003,
le Tribunal de première instance du canton de Genève a, notamment, maintenu
l'autorité parentale commune, attribué la garde des enfants à l'épouse et
réservé à l'époux un large droit de visite. Ce dernier était également astreint
au versement de la somme de 5'900 fr. par mois et d'avance, allocations
familiales non comprises, à titre de contribution à l'entretien de la famille.
La Cour de justice, puis le Tribunal fédéral, ont confirmé le jugement de
première instance, modifiant seulement l'étendue du droit de visite de
AX.________ à une semaine sur deux du jeudi 16h30 au mardi 8h30 ainsi que la
moitié des vacances scolaires.

C.
C.a Le 24 septembre 2004, l'époux a formé une demande unilatérale de divorce,
fondée sur l'art. 114 CC. Par jugement du 5 avril 2006, le Tribunal de première
instance a prononcé le divorce, attribué les droits parentaux à l'épouse et
limité le droit de visite de l'époux à un week-end sur deux et la moitié des
vacances scolaires. L'autorité de première instance a par ailleurs jugé
nécessaire la mise en place d'une mesure de curatelle d'organisation et de
surveillance du droit de visite en raison du manque de communication entre les
parties. Les frais de cette curatelle devaient être pris en charge à raison de
4/5 par le mari et d'1/5 par l'épouse. Le Tribunal de première instance a
également condamné l'époux au versement d'une contribution à l'entretien des
enfants d'un montant de 2'000 fr., puis 2'500 fr. dès l'âge de treize ans.
Aucune contribution d'entretien n'a cependant été admise en faveur de l'épouse.
Le Tribunal de première instance a réservé la liquidation des rapports
patrimoniaux entre époux ainsi que la question du partage des avoirs de
prévoyance, estimant que les parties n'avaient pas produit les documents
nécessaires.
C.b AX.________ a fait appel de ce jugement et sollicité le prononcé de mesures
provisoires. BX.________ a formé appel incident tandis que la curatrice a elle
aussi fait appel s'agissant des modalités du droit de visite.
Au cours de la procédure d'appel, l'épouse a décidé de déménager dans le canton
de Fribourg avec ses trois filles, sans avertir le père de celles-ci. Ce
déménagement, qui s'expliquait pour des raisons professionnelles, s'est
effectué début janvier 2007. Une nouvelle évaluation relative à l'organisation
de la vie des enfants a alors été réalisée par le Service de l'enfance et de la
jeunesse du canton de Fribourg, sur délégation de son homologue genevois.
La Cour de justice a statué le 29 novembre 2007 sur appels et appel incident
des parties. Sur mesures provisoires, l'instance cantonale a attribué la garde
et l'autorité parentale à la mère, accordé un droit de visite au père et
condamné ce dernier au versement de la somme de 5'900 fr. à titre d'entretien
de la famille, d'avance et chaque mois. Sur le fond, la cour cantonale a
confirmé l'attribution de l'autorité parentale et la garde des enfants à la
mère et limité le droit de visite du père en ce sens que celui-ci devait
restituer les enfants à leur mère le dimanche soir et non le lundi matin. Elle
a également confirmé le montant des contributions d'entretien à verser aux
enfants, l'instauration de la curatelle d'organisation et de surveillance des
relations personnelles, la clé de répartition relative à la prise en charge des
frais liés à cette curatelle, et, enfin, la réserve relative à la liquidation
des prétentions patrimoniales des époux. La Cour de justice s'est cependant
écartée de la décision de première instance en condamnant le mari à verser une
contribution d'entretien à son ex-épouse d'un montant de 2'000 fr. par mois
jusqu'à fin août 2015 et en ordonnant le partage par moitié des avoirs de
prévoyance professionnelle accumulés par les époux X.________ durant leur
mariage.

D.
Contre cet arrêt, AX.________ interjette recours en matière civile. Le
recourant conteste tous les points du dispositif de l'arrêt cantonal, à
l'exception de ceux concernant la dissolution du mariage, la réserve relative à
la liquidation du régime matrimonial et les dépens. Le recourant laisse
également au Tribunal fédéral le soin de déterminer l'utilité du maintien de la
curatelle, au vu du développement des griefs invoqués.
Le recours déposé par AX.________ porte tant sur le prononcé des mesures
provisoires que sur celui du fond. La question des mesures provisoires a fait
l'objet d'un arrêt du Tribunal de céans, rendu le 11 février 2008 (arrêt 5A_48/
2008). Sur le fond, le recourant conclut préalablement à ce que soient écartés
les résumés de l'audition des enfants établis par le Service de l'enfance et de
la jeunesse du canton de Fribourg. Principalement, il demande que l'autorité
parentale et la garde des enfants lui soient attribuées, qu'un droit de visite
soit fixé en faveur de la mère, qu'il lui soit donné acte de ce qu'il renonce à
toute contribution d'entretien pour les enfants, que le partage de son avoir de
prévoyance professionnelle soit refusé et que son épouse soit déboutée de sa
prétention d'entretien. Subsidiairement, il conclut au renvoi de la cause à
l'instance inférieure pour nouvelle décision dans le sens des considérants. Le
recourant demande également que l'effet suspensif soit octroyé à son recours et
conclut enfin, sur mesures provisionnelles, à ce que l'autorité parentale et la
garde sur ses filles lui soient attribuées jusqu'à droit jugé, un droit de
visite devant être aménagé en faveur de la mère.
Après détermination de l'intimée et de la curatrice sur la question de l'effet
suspensif, le Président du Tribunal fédéral a admis les demandes d'effet
suspensif et de mesures provisionnelles concernant la question du partage des
avoirs de prévoyance, mais les a rejetées pour le surplus.
Des observations de l'intimée et de la curatrice n'ont pas été requises.

Considérant en droit:

1.
Le recours a été déposé en temps utile (art. 46 al. 1 let. c et 100 al. 1 LTF)
par la partie qui a succombé en dernière instance cantonale (art. 76 al. 1 et
75 al. 1 LTF) contre une décision finale sujette au recours en matière civile
(art. 90 et 72 al. 1 LTF). Le recours porte sur l'attribution de l'autorité
parentale et la garde des enfants ainsi que sur les questions patrimoniales qui
leur sont liées. La contestation est donc non pécuniaire dans son ensemble
(arrêt 5A_108/2007 consid. 1.2), si bien que le recours en matière civile est
en principe recevable.

2.
Le mémoire de recours doit contenir les conclusions et les motifs à l'appui de
celles-ci (art. 42 al. 1 LTF). Les motifs doivent exposer succinctement en quoi
l'arrêt attaqué viole le droit fédéral (art. 42 al. 2 LTF).
Pour les griefs de violation du droit fédéral - à l'exclusion des droits
constitutionnels (art. 95 let. a LTF) -, du droit international (art. 95 let. b
LTF) et du droit étranger (art. 96 LTF), l'exigence de motivation découlant de
l'art. 42 al. 2 LTF correspond à celle qui valait pour le recours en réforme
(cf. art. 55 al. 1 let. c OJ; ATF 133 IV 286 consid. 1.4). Il ne suffit donc
pas que le recours soit motivé, mais il faut encore qu'il comporte des motifs à
l'appui de chacune des conclusions formulées. Même s'il n'est pas indispensable
que le recourant indique expressément les dispositions légales ou désigne les
principes non écrits de droit qui auraient été violés, il faut qu'à la lecture
de son exposé, on comprenne clairement quelles règles de droit auraient été,
selon lui, transgressées par l'autorité cantonale (cf. à propos de l'art. 55
al. let. c OJ: ATF 121 III 397 consid. 2a; 116 II 745 consid. 3 et les
références citées). Le Tribunal fédéral applique le droit d'office (art. 106
al. 1 LTF), sans être lié par les moyens invoqués. Il n'examine cependant pas
toutes les questions juridiques qui pourraient se poser, mais uniquement celles
qui sont soulevées devant lui (ATF 133 III 545 consid. 2.2.; 133 IV 150 consid.
1.2; 133 V 515 consid. 1.3).
En revanche, pour les griefs de violation des droits constitutionnels et du
droit cantonal, les exigences de motivation sont accrues. Conformément à l'art.
106 al. 2 LTF, ceux-ci ne peuvent être examinés que s'ils sont invoqués et
motivés par le recourant. Pour de tels griefs, l'exigence de motivation
correspond à celle qui résultait de l'art. 90 al. 1 let. b OJ pour le recours
de droit public (ATF 133 III 393 consid. 6; 639 consid. 2; 133 IV 286 consid.
1.4). Si le recourant se plaint de la violation de tels droits, il doit
satisfaire au principe d'allégation (Rügeprinzip, principio dell'allegazione).
Il doit ainsi indiquer précisément quelle disposition constitutionnelle ou
légale a été violée et démontrer, par une argumentation précise, en quoi
consiste la violation. Le Tribunal fédéral n'examine en effet de tels griefs
que s'ils ont été invoqués et motivés, c'est-à-dire s'ils ont été expressément
soulevés et exposés de façon claire et détaillée (ATF 133 IV 286 consid. 1.4;
133 II 249 consid. 1.4.2). En particulier, si le recourant entend invoquer que
les faits ont été établis de manière manifestement inexacte (art. 97 al. 1
LTF), à savoir arbitraire au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249 consid.
1.2.2), il doit démontrer précisément, pour chaque constatation de fait
incriminée, comment les preuves administrées auraient dû, selon lui, être
correctement appréciées et en quoi leur appréciation par l'autorité cantonale
est insoutenable (ATF 125 I 492 consid. 1b et les arrêts cités). De surcroît,
le recourant doit rendre vraisemblable que la rectification du vice dénoncé est
susceptible d'avoir une influence sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 in
fine LTF; ATF 134 V 53 consid. 3.4). En matière d'appréciation des preuves et
de constatations de fait, le Tribunal fédéral se montre réservé, vu le large
pouvoir qu'il reconnaît aux autorités cantonales dans ce domaine. Il
n'intervient, pour violation de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement
pas compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, s'il a omis, sans motif
sérieux, de tenir compte d'un moyen de preuve pertinent ou encore, s'il a
effectué, sur la base des éléments recueillis, des déductions insoutenables
(ATF 129 I 8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a et les arrêts cités).
Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut être présenté devant le Tribunal
fédéral, à moins de résulter de la décision de l'autorité précédente (art. 99
al. 1 LTF). Sont ainsi visés les faits qui sont rendus pertinents pour la
première fois par la décision attaquée (critique de la procédure suivie ou
d'une argumentation juridique nouvelle). S'y ajoutent encore les faits qui ne
pouvaient pas être invoqués devant l'autorité précédente (par exemple, le
respect du délai pour recourir au Tribunal fédéral) (Message concernant la
révision totale de l'organisation judiciaire fédérale du 28 février 2001, FF
2001, p. 4137). Ne peuvent cependant être allégués devant le Tribunal fédéral
les faits que le recourant a négligés de présenter devant les autorités
cantonales et qui, par conséquent, n'ont pu être examinés par les instances
inférieures. Le recourant ne peut ainsi démontrer, par de nouvelles allégations
de faits qu'il aurait pu invoquer auparavant, que les faits retenus par
l'autorité inférieure sont manifestement erronés ou procèdent d'une
appréciation arbitraire des preuves. De telles allégations ne peuvent être
prises en considération (arrêt 4A_36/2008 du 18 février 2008, consid. 4.1 et
les références citées).

3.
Dans un premier grief, le recourant remet en cause l'attribution de l'autorité
parentale et la garde des trois enfants à leur mère ainsi que les conséquences
qui en découlent pour le droit de visite.

3.1 La cour cantonale a attribué l'autorité parentale et la garde des enfants à
leur mère, estimant que les enfants bénéficient d'un cadre de vie adapté à
leurs intérêts auprès de celle-ci et qu'il est dès lors dans leur intérêt que
l'autorité parentale et la garde lui soient attribuées. Examinant le grief du
recourant relatif à la disponibilité de la mère pour s'occuper des trois
filles, la Cour de Justice a constaté que les parents disposent tous deux du
même temps disponible pour les enfants puisque chacun travaille à 100% et que,
chez l'un et l'autre parent, les enfants sont pris en charge par une maman de
jour pour les repas de midi et après les cours. L'instance cantonale supérieure
a également constaté que les trois filles se disent contentes de leur cadre de
vie à Z.________ et qu'elles s'y sont bien adaptées. Bien qu'il puisse être
reproché à l'intimée d'avoir tu son déménagement et celui de ses enfants à
l'appelant, ce changement de domicile n'a finalement pas porté préjudice à
l'intérêt de ces derniers, qui sont équilibrés.
3.2
3.2.1 En grande partie, la motivation du recourant - de près de cinquante pages
- est prolixe, confuse et redondante. Elle ne respecte donc pas les exigences
de motivation d'un recours au Tribunal fédéral et est donc irrecevable (cf.
consid. 2 ci-dessus).
3.2.2 Le recourant se plaint avant tout de la violation de son droit à la
preuve au sens de l'art. 8 CC. En substance, il reproche à la cour cantonale de
ne pas avoir administré les moyens de preuve offerts pour établir que l'intimée
n'était pas aussi disponible que lui pour s'occuper de ses enfants. La cour
n'aurait pas non plus retenu un grand nombre de faits qui permettraient de
démontrer que les droits parentaux devaient lui être attribués plutôt qu'à
l'intimée. Ces différents faits, à savoir, notamment, la moindre motivation de
la mère pour s'occuper des enfants, le rythme de vie inadéquat de ceux-ci, le
cadre socio-éducatif offert par la mère - moins bon que celui proposé par le
père -, auraient pourtant tous été offerts à la preuve par le recourant.
Le grief concernant la violation de l'art. 8 CC est manifestement infondé.
Cette disposition confère un droit à la preuve et à la contre-preuve (ATF 126
III 315 consid. 4a), à la condition qu'il s'agisse d'établir un fait pertinent
(ATF 129 III 18 consid. 2.6 et les arrêts cités), qui n'est pas déjà prouvé
(ATF 129 III 18 consid. 2.6; 127 III 519 consid. 2a; ATF 126 III 315 consid.
4a), par une mesure probatoire adéquate (ATF 90 II 219 consid. 4b), laquelle a
été régulièrement offerte selon les règles de la loi de procédure applicable
(ATF 129 III 18 consid. 2.6; 126 III 315 consid. 4a; ATF 122 III 219 consid.
3c). En revanche, le droit à la preuve ne permet pas de remettre en question
l'appréciation des preuves du juge cantonal. Elle n'exclut pas non plus
l'appréciation anticipée des preuves ou une administration limitée des preuves
lorsque celle-ci emporte la conviction du juge au point qu'il tient une
allégation pour exacte (ATF 114 II 289 consid. 2a; 127 III 519 consid. 2a; 126
III 315 consid. 4a; 122 III 219 consid. 3c). De même, le droit à la preuve ne
permet pas de critiquer l'appréciation du juge du fait quant à l'aptitude d'un
moyen de preuve à démontrer un fait pertinent (ATF 122 III 219 consid. 3c).
Comme le recourant le relève lui-même, la cour cantonale a écarté ses requêtes
de preuve - production de pièces, audition de témoins, comparution personnelle
des parties, audition des enfants par un pédopsychiatre - au motif qu'elles
n'étaient pas nécessaires, parce que les faits utiles à la cause pouvaient être
considérés comme déjà établis ou alors parce qu'elles étaient inutiles, les
moyens de preuve offerts n'étant pas en mesure d'établir le fait pertinent
allégué. Il est donc bien question d'appréciation des preuves et non de
violation de l'art. 8 CC. Le grief du recourant est donc infondé.
Par ailleurs, lorsque le droit à la preuve est invoqué à l'appui d'une
prétention de droit fédéral, l'art. 29 al. 2 Cst. devient sans objet (arrêt
5A_403/2007 du 25 octobre 2007, consid. 3.1).
3.2.3 Le recourant invoque ensuite la violation de l'art. 145 al. 1 CC, de son
droit à un procès équitable (art. 27 al. 1 Cst.) et de son droit à l'égalité de
traitement (art. 8 al. 1 à 3 Cst.). S'agissant de l'art. 145 CC, il reproche à
la dernière instance cantonale de ne pas avoir administré d'office des preuves
concernant les mêmes faits, à savoir: la moindre disponibilité de la mère, la
moindre motivation de cette dernière à s'occuper personnellement des enfants,
le rythme de vie inadéquat de ceux-ci avec celui de leur mère, les carences
éducatives de celle-ci.
Le recourant méconnaît la portée de l'art. 145 al. 1 CC. La maxime inquisitoire
ne dispense pas les parties de collaborer à la procédure en indiquant au juge
leurs moyens de preuve (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1). Elle n'oblige pas non
plus le juge à donner suite aux offres de preuves présentées: dans la mesure où
celui-ci considère qu'il peut se faire une représentation exacte des faits
litigieux sur la base des preuves administrées, il n'est pas tenu de procéder à
d'autres investigations (ATF 128 III 411 consid. 3.2.1). Or, tel est le cas en
l'espèce, comme on l'a vu (consid. 3.2.2 ci-dessus).
3.2.4 Le recourant se plaint également de la violation de son droit d'être
entendu (art. 29 al. 2 Cst.). Il estime ainsi que la limitation du pouvoir
d'examen du Tribunal fédéral au caractère arbitraire de l'appréciation
anticipée des preuves est douteuse au regard des art. 8 CC et 29 al. 2 Cst. Ces
deux dispositions doivent en effet, selon lui, se voir reconnaître une portée
propre, en ce sens qu'elles sont violées dès l'instant où il est vraisemblable
que le fait offert à la preuve aurait pu influer sur le sort de la cause.
Le recourant méconnaît non seulement la portée des art. 8 CC et 29 al. 2 Cst.
en matière de droit à la preuve (cf. consid. 3.2.2 ci-dessus), mais également
l'art. 97 al. 1 LTF et la jurisprudence y relative. Le Tribunal fédéral ne
revoit en effet l'appréciation des preuves et les constatations de fait qui en
découlent que si celles-ci sont arbitraires (cf. consid. 2 ci-dessus; ATF 129 I
8 consid. 2.1; 127 I 38 consid. 2a et les arrêts cités).
3.2.5 Dans l'hypothèse où une violation de son droit à la preuve (art. 8 CC) ne
devrait pas être admise, le recourant invoque encore l'arbitraire dans la
constatation des faits pertinents pour l'attribution des droits parentaux (art.
9 Cst.; 97 al. 1 LTF).
Les critiques du recourant s'épuisent en un commentaire fastidieux, réalisé au
fil de la lecture du considérant 5.2 de l'arrêt attaqué et de l'exposé du
déroulement des faits tel que retenu en page 9 dudit arrêt. Le recourant
s'appuie sur des hypothèses ou tient pour acquis des faits non constatés, faits
que ses offres de preuve étaient censées établir. Partant, ses critiques sont
irrecevables.
Dans le cadre du grief relatif à la constatation arbitraire des faits, le
recourant s'en prend au rapport d'évaluation sociale remis le 30 avril 2007 par
le service de la protection des mineurs fribourgeois, sur délégation de son
homologue genevois. Le recourant estime que les comptes-rendus d'audition des
enfants par le service de protection des mineurs sont des preuves illicites,
qui doivent être écartées de la procédure. Cet argument, déjà développé devant
la Cour de justice, aurait été rejeté sans aucune motivation, ce qui serait
constitutif d'un déni de justice matériel et d'une violation de son droit
d'être entendu. Par ailleurs, le recourant relève que les déclarations des
enfants ont été recueillies en violation de l'art. 387C al. 2 let. b. ch. 3 et
4 LPC/GE a contrario. Le compte-rendu de ces auditions ne lui a en outre pas
été communiqué, en raison de l'opposition manifestée par ses enfants. Le
recourant n'ayant pu par conséquent s'exprimer sur le contenu des déclarations
de ses enfants, il estime que les autorités genevoises ont violé son droit
d'être entendu. Enfin, le recourant relève que les faits évoqués dans le
rapport du service de protection des mineurs sont incompatibles avec ses
propres allégués. Aucune des remarques soulevées par le recourant ne satisfait
aux exigences de motivations imposées par l'art. 106 al. 2 LTF. Elles sont dès
lors irrecevables.
3.2.6 Le recourant reproche enfin à l'instance supérieure cantonale une
violation de l'art. 133 al. 1 et 2 CC, considérant que la Cour de justice a
mésestimé les différents critères à prendre en compte lors de l'attribution des
droits parentaux. Certes, le fait que l'intimée ait choisi de déménager a rendu
plus difficile l'exercice du droit de visite du recourant. Ce déménagement a
cependant été motivé pour des raisons professionnelles, si bien que le
recourant ne peut se contenter de l'invoquer pour affirmer que la garde des
enfants aurait dû lui être attribuée. A cet égard, la jurisprudence établit
qu'une interdiction de déménager ne peut être imposée au parent gardien en se
fondant sur la maxime de l'intérêt de l'enfant (art. 274 al. 1 CC) et cela même
si des difficultés surgissent dans l'exercice du droit de visite pour le parent
qui en est titulaire (arrêt 5P.14/2004 du 23 février 2004, consid. 4.2, publié
in FamPra 2005, p. 155).

3.3 A titre subsidiaire, le recourant conclut à ce qu'un droit de visite de
trois week-ends sur quatre et plus de la moitié des vacances scolaires lui soit
accordé si, par impossible, les droits parentaux ne devaient pas lui être
attribués. Contestant la limitation drastique de son droit de visite à un
week-end sur deux et à la moitié des vacances scolaires, le recourant se plaint
pêle-mêle de la violation des art. 133 et 145 CC, du dépassement de son pouvoir
d'appréciation par le juge et demande la rectification au sens de l'art. 97
LTF.
Aux termes de l'art. 273 al. 1 CC, le père ou la mère qui ne détient pas
l'autorité parentale ou la garde ainsi que l'enfant mineur ont réciproquement
le droit d'entretenir les relations personnelles indiquées par les
circonstances. Autrefois considéré comme un droit naturel des parents, le droit
aux relations personnelles est désormais conçu à la fois comme un droit et un
devoir de ceux-ci (cf. art. 273 al. 2 CC). Il est cependant également considéré
comme un droit de la personnalité de l'enfant qui doit servir en premier lieu
l'intérêt de celui-ci (ATF 127 III 295 consid. 4a; 123 III 445 consid. 3b).
L'appréciation des circonstances de fait pour fixer le droit aux relations
personnelles de l'art. 273 al. 1 CC, c'est-à-dire la détermination de leur
portée juridique, est une question de droit. Le Tribunal fédéral s'impose
toutefois une certaine retenue en la matière, le juge du fait disposant d'un
pouvoir d'appréciation en vertu de l'art. 4 CC. Le Tribunal fédéral
n'intervient donc que si la décision a été prise sur la base de circonstances
qui ne jouent aucun rôle selon l'esprit de la loi, ou si des aspects essentiels
ont été ignorés (ATF 120 II 229 consid. 4a et les arrêts cités).
La cour cantonale a fixé l'étendue du droit de visite de manière usuelle, en
tenant compte du fait que les parents ne vivent désormais plus à proximité et
que les enfants ne sont pas en âge de faire de longues distances en train sans
être accompagnés. Un droit de visite aussi étendu que le souhaiterait le
recourant n'est donc pas envisageable, compte tenu de l'intérêt des enfants qui
est de passer du temps libre avec leur mère également, celle-ci travaillant à
plein temps durant la semaine. En renvoyant aux différents critères pris en
considération lors de l'attribution des droits parentaux, estimant à cet égard
que le juge cantonal aurait dépassé son pouvoir d'appréciation, le recourant ne
parvient pas à démontrer que l'étendue du droit de visite aurait été fixée en
violation de l'art. 273 CC.

4.
Le recourant soutient ensuite que le montant des contributions à l'entretien de
ses enfants a été fixé sur la base de chiffres retenus arbitrairement et en
violation du droit fédéral. La répartition de la charge d'entretien entre les
parents aurait en outre été effectuée en violation du droit fédéral.

4.1 Pour le loyer de chaque enfant, la cour cantonale a retenu un montant de
355 fr. 55 en se basant sur le montant du loyer de l'intimée de 3'200 fr.
L'autorité cantonale a retenu ce dernier montant "tel que fixé par le premier
juge et non critiqué par l'appelant". Le recourant soutient certes qu'il a
sollicité la production des pièces justificatives nécessaires pour établir la
situation financière de l'intimée ainsi que l'audition du compagnon de celle-ci
afin de déterminer les charges que son ex-épouse supportait réellement. Le
recourant affirme que le loyer actuel serait de 2'300 fr. La question ne doit
cependant pas être examinée plus avant dès lors que le recourant ne démontre
pas en quoi un loyer effectif inférieur devrait conduire à réduire le loyer de
355 fr. 55 admis pour chaque enfant, la cour n'ayant calculé leur part que sur
le tiers du montant de 3'200 fr. Le montant retenu par les instances cantonales
correspond par ailleurs au loyer moyen admis par les tables zurichoises. Enfin,
on ne perçoit pas non plus en quoi un éventuel concubinage de l'épouse
conduirait à une modification du loyer des enfants.

4.2 La Cour de justice a fixé les besoins minimaux de chaque enfant à 1'080 fr.
35. Elle a précisé que ce montant ne comprend toutefois ni les soins en nature,
ni les frais d'activités extra-scolaires, ces derniers s'élevant à 400 fr.
Contrairement à ce que semble soutenir le recourant, ce montant de 400 fr.
correspond aux frais d'activités extra-scolaires de la fratrie et n'inclut pas
les soins en nature fournis par la mère. Les tables zurichoises admettent une
contribution d'entretien mensuelle et par enfant d'un montant de 1'460 fr.,
montant qui inclut les soins fournis en nature par le parent gardien et évalués
à 320 fr. En réalité, le montant minimum retenu par la Cour de justice se
chiffre à 1'533 fr. 35, soit 1'080 fr. 35 (minimum vital retenu par la Cour de
justice) + 320 fr. (montant retenu par les tables zurichoises pour les soins) +
133 fr. (frais parascolaires admis par les parties).

4.3 Le recourant soutient également qu'en arrêtant le revenu de l'intimée à
8'141 fr. 70 par mois pour l'année 2006, la cour cantonale a procédé de manière
arbitraire et violé son droit à la preuve.
La Cour de justice a constaté que le Tribunal de première instance avait fixé
le revenu mensuel net de l'épouse à 6'804 fr. 85. Elle a arrêté son revenu en
2006 à 8'141 fr. 70 net, en se fondant sur les décomptes salaires des mois de
juin à août 2006 produits par l'intimée.
Dès lors que la cour cantonale s'est basée sur un salaire mensuel du recourant
de 33'000 fr., alors que son salaire mensuel net en 2005 était de plus de
45'000 fr. et que l'on ignore quel salaire il a perçu en 2006, on ne saurait
reprocher à l'instance cantonale d'avoir estimé qu'elle était suffisamment
renseignée et d'avoir procédé de manière arbitraire pour arrêter le salaire
moyen de l'intimée.

4.4 Le recourant reproche à la cour cantonale d'avoir violé l'art. 285 al. 1 CC
en admettant que les besoins de ses enfants se chiffraient à 2'000 fr., puis à
2'500 fr. dès l'âge de treize ans. Il affirme que les besoins de l'enfant ne
dépendent pas du revenu des parents, mais de leur train de vie effectif. Le
recourant soutient que l'instance cantonale aurait de plus dû tenir compte du
montant des allocations familiales dont la mère bénéficie chaque mois. En
effet, l'art. 285 al. 2 CC n'impliquerait pas que le versement des allocations
familiales ne doive pas être pris en compte dans les revenus du parent gardien
ou dans ceux de l'enfant.
4.4.1 Le montant de la contribution d'entretien ne doit pas être calculé
abstraitement, sans tenir compte de la situation concrète de l'enfant. Ce
dernier a en effet le droit à une éducation et à un niveau de vie correspondant
à la situation de ses parents (ATF 120 II 285 consid. 3a/cc; arrêt 5A_507/2007
du 23 avril 2008, consid. 5.1).
4.4.2 La cour cantonale a considéré que les tables fixent certes à 1'460 fr.
par mois le coût d'entretien par enfant de 7 à 12 ans dans une fratrie de trois
enfants, puis de 1'620 fr. de 13 à 18 ans, montant inférieur aux sommes
octroyées par le premier juge. L'instance supérieure cantonale a cependant
estimé que l'évaluation zurichoise se base sur un revenu parental de 7'000 fr.
par mois. Or compte tenu du fait que les ressources globales des parties
s'élèvent à plus de 40'000 fr., la Cour cantonale a estimé que les montants
fixés par le juge de première instance pouvaient être confirmés. Elle a en
outre relevé qu'un salaire de 33'000 fr. avait été pris en considération pour
le père alors que son salaire a augmenté à 38'000 fr., puis 45'000 fr. en 2004,
respectivement 2005, et que le revenu de sa fortune pouvait être estimé à 5'000
fr. par mois.
Si, d'après l'arrêt cantonal, les minimums vitaux des enfants se chiffrent à
1'080 fr. 35, et que l'on ajoute à ce montant celui des soins apportés par le
parent gardien (320 fr.) ainsi que celui admis pour les frais extra-scolaires
(133 fr.), les besoins minimaux de l'enfant s'élèvent à 1'533 fr. 35. Compte
tenu des revenus globaux des parents qui dépassent les 40'000 fr., le juge
cantonal n'a donc pas abusé de son pouvoir d'appréciation en fixant le montant
que les parents consacrent à l'entretien de leurs enfants à 2'000 fr., somme à
laquelle doit encore s'ajouter le montant des allocations familiales de 95 fr.
Le recourant soutient que l'arrêt ne retient pas que les époux auraient mené un
train de vie élevé et qu'ils en auraient fait profiter leurs enfants. Il lui
aurait appartenu de démontrer que tel n'était pas le cas. Son grief est donc
irrecevable.

4.5 Le recourant estime aussi que la répartition de la prise en charge
financière des enfants par les parents viole le droit fédéral.
La cour cantonale a estimé qu'après couverture de ses charges, le disponible du
recourant était de 25'000 fr., alors que celui de l'épouse était de 2'200 fr.
55, soit douze fois moins. Elle a dès lors estimé que, lorsque le parent non
gardien dispose de revenus nettement supérieurs à l'autre, ce qui est le cas en
l'espèce, la totalité du coût de l'entretien des enfants peut être mis à sa
charge.
Le recourant soutient au contraire que, puisque l'intimée travaille à 100%,
elle ne remplit pas son obligation à l'égard des enfants essentiellement en
nature, condition nécessaire pour que le parent non gardien puisse être
condamné à supporter l'entier du besoin en argent des enfants. L'intimée ayant
fait le choix de déménager dans le canton de Fribourg, elle l'empêche de
contribuer en nature à l'entretien des enfants, de sorte qu'il se justifie de
mettre à sa charge la moitié des besoins en argent des enfants.
La jurisprudence admet que, si la capacité contributive de l'un des parents est
sensiblement plus importante que celle de l'autre, il n'est pas critiquable de
laisser à celui qui est économiquement mieux placé la charge d'entretenir les
enfants (notamment arrêt 5C.125/1994 du 12 septembre 1994, consid. 5c).
Ainsi que l'a retenu l'instance cantonale, le revenu du recourant est très
largement supérieur à celui de son ex-épouse. Il faut par ailleurs reconnaître
que, bien que travaillant à plein temps et se faisant dès lors seconder par une
maman de jour et une baby-sitter, la mère apporte quotidiennement des soins à
ses enfants, en s'en occupant le matin, avant d'aller travailler, puis le soir,
en rentrant de son travail. Elle gère le quotidien de ses trois filles et
contribue ainsi en nature à leur entretien, si bien qu'il convient d'en tenir
compte. La Cour de justice n'a par conséquent pas violé le droit fédéral en
mettant à la charge du recourant l'intégralité de l'entretien de ses enfants.

5.
Suivant son raisonnement relatif à la contribution d'entretien des enfants, le
recourant estime que les frais de curatelle doivent être répartis par moitié
entre les parents, non à raison de 4/5 pour lui-même et 1/5 pour son ex-épouse
comme l'a tranché la cour cantonale.
Ce grief devient sans objet dès lors que la totalité des frais liés aux enfants
doit être prise en charge par le père.

6.
La cour cantonale a ordonné le partage par moitié des avoirs de prévoyance
professionnelle accumulés par les époux durant le mariage, conformément à
l'art. 122 al. 1 CC. Le recourant conclut au refus du partage, invoquant la
violation des art. 63 al. 2 et 52 LDIP, subsidiairement de l'art. 15 LDIP. Sur
la base de ces dernières dispositions, il estime que le droit français est
applicable.

6.1 En vertu de l'art. 61 LDIP, le divorce est régi par le droit suisse (al.
1); toutefois, lorsque les époux ont une nationalité étrangère commune et qu'un
seul est domicilié en Suisse, leur droit national commun est applicable (al.
2). En l'espèce, les deux époux sont domiciliés en Suisse si bien que le droit
suisse est applicable au divorce. Le recourant ne le conteste d'ailleurs pas.
6.2
6.2.1 D'après l'art. 63 al. 2 LDIP, et sous réserve d'une liste exhaustive de
dispositions particulières, les effets accessoires du divorce sont régis par le
droit applicable au divorce (statut du divorce).
La compensation liée à la prévoyance professionnelle est une institution
juridique pour elle-même. C'est un effet accessoire du divorce, tout comme
l'entretien après le divorce (ATF 133 III 401 consid. 3.1). Le partage de la
prestation de sortie au sens de l'art. 122 CC représente une participation de
l'un des conjoints à la prévoyance de l'autre et doit ainsi atténuer une partie
des conséquences économiques du divorce. Le droit au partage des avoirs de
prévoyance ne dépend ni des régimes matrimoniaux et de leur liquidation, ni de
la solution adoptée en matière d'entretien après le divorce (ATF 131 III 289
consid. 2.8; arrêt B 66/05 du 7 novembre 2006 publié in RSAS 2007, p. 479
consid. 3.1). Ledit partage ne tombant pas sous la réserve spéciale prévue par
l'art. 63 al. 2 LDIP en faveur des dispositions relatives à l'obligation
d'entretien ou au régime matrimonial, c'est par conséquent en principe le droit
applicable au divorce qui entre en considération dans ce cas (ATF 131 III 289
consid. 2.4 et 2.5; arrêt 5A_83/2008 du 28 avril 2008, consid. 3.2).
La clause d'exception prévue par l'art. 15 LDIP permet exceptionnellement au
juge de ne pas appliquer le droit auquel renvoie une règle sur les conflits de
loi lorsque, au regard de l'ensemble des circonstances, il est manifeste que la
cause n'a qu'un lien très lâche avec ce droit. Selon la jurisprudence, il faut
y recourir de manière restrictive: elle ne doit notamment pas permettre
d'éviter les conséquences indésirables du droit matériel (ATF 131 III 289
consid. 2.5 et les références citées). La durée du mariage des parties,
l'exercice d'une activité professionnelle en Suisse pendant une longue période,
l'absence de prévoyance de l'époux bénéficiaire du partage constituent des
critères à prendre en considération (ATF 131 III 289 consid. 2.5; arrêt 5C.297/
2006 du 8 mars 2007, consid. 3.1).
6.2.2 La cour cantonale a considéré que, les époux étant séparés de biens,
l'état de fortune du recourant après le divorce reste largement supérieur à
celui de l'intimée. Elle a par ailleurs relevé que les époux sont sensiblement
du même âge et que, le recourant bénéficiant d'un salaire nettement supérieur à
celui de l'intimée, il sera en mesure de se reconstituer des avoirs de
prévoyance beaucoup plus rapidement. La Cour de justice a également souligné
que les économies de l'intimée ne sont pas suffisamment importantes pour
combler son manque de prévoyance professionnelle. Aucune exception légale au
partage n'étant enfin réalisée en l'espèce, elle a par conséquent ordonné le
partage par moitié des avoirs de prévoyance professionnelle accumulés pendant
le mariage.
Le recourant relève que, selon l'ATF 131 III 289 consid. 2.4, le partage de
l'avoir de prévoyance ne tombe pas sous les réserves de l'art. 63 al. 2 LDIP -
notamment celles relatives à l'obligation d'entretien et au régime matrimonial.
Il soutient néanmoins que cette jurisprudence ne traite pas du cas dans lequel
le droit étranger applicable au régime matrimonial inclut la question du
partage de l'avoir de prévoyance, comme c'est le cas du droit français. Cela
contraindrait donc les autorités judiciaires à appliquer le droit français
(art. 13 LDIP) et à admettre ainsi la réserve du droit du régime matrimonial
selon l'art. 63 al. 2, 2e phrase LDIP. Les époux ayant choisi le régime de la
séparation de biens au sens des art. 1536 ss du Code civil français et aucune
disposition de ce droit ne prévoyant un régime particulier pour les avoirs de
prévoyance professionnelle, ceux-ci ne peuvent être partagés. Subsidiairement,
le recourant soutient que le droit français est applicable à la question du
partage des avoirs de prévoyance professionnelle par application de l'art. 15
LDIP, car il existerait une relation beaucoup plus étroite avec le droit
français: les époux ont en effet choisi le régime de la séparation de biens du
droit français; ils ont eu un domicile commun en France jusqu'en 1999 et se
sont séparés en 2002; leurs enfants sont de nationalité française. Les parties
sont restées domiciliées en France jusqu'en 1999, de sorte que l'intimée ne
comptait pas sur un partage de l'avoir de prévoyance du recourant. Le couple
n'est propriétaire d'aucun bien immobilier en Suisse. Au contraire, l'intimée a
fait le choix d'acheter une maison secondaire en France. Enfin, le fait que les
époux ne se soient installés en Suisse que par la suite a pour conséquence de
créer un lien très lâche avec le droit suisse.
6.2.3 En l'espèce le droit applicable au divorce est le droit suisse,
conformément à l'art. 61 al. 1 LDIP. C'est par conséquent à juste titre que
l'instance précédente a soumis la question du partage des avoirs de prévoyance
professionnelle au droit suisse, à savoir aux art. 122 à 124 CC. Dans ces
conditions, le fait que les parties aient adopté un contrat de mariage soumis
au régime français de la séparation de biens est sans incidence. Le grief du
recourant est à cet égard infondé. Par ailleurs, une éventuelle application de
la clause d'exception (art. 15 LDIP) doit en l'espèce être exclue. En
considérant la durée relativement longue du mariage, le travail en Suisse du
mari depuis de longues années - le recourant travaille en Suisse depuis l'âge
de 26 ans -, l'obligation afférente d'affiliation à une caisse de pension ainsi
que l'absence de constitution d'un capital de prévoyance approprié de l'épouse,
les avoirs de l'époux auprès de sa caisse de pension doivent être considérés
comme étant déterminants pour lui et sa femme sur le plan de la prévoyance. Le
fait que les parties seraient plus attachées à la France ne suffit pas pour
créer une relation étroite avec le droit français concernant la question du
partage des prestations de sortie.

6.3 Subsidiairement, se prononçant sur la quotité du partage de la prévoyance,
le recourant se plaint pêle-mêle d'arbitraire, de violation du droit d'être
entendu, voire de violation du droit à la preuve.
6.3.1 L'autorité de première instance a constaté qu'elle manquait
d'informations concernant d'éventuelles cotisations de l'épouse à un deuxième
pilier en France et, cas échéant, le montant de celles-ci. Elle a dès lors
réservé le partage de la prévoyance professionnelle des époux. Dans son appel
cantonal, le recourant s'est opposé à ce que la question du partage soit
réservée, a soutenu qu'il ne saurait y avoir de partage en vertu du contrat de
mariage et du droit français applicable pour finalement conclure au refus du
partage, dans la mesure où l'existence d'une lacune de prévoyance n'était pas
établie par l'épouse. La Cour de justice a constaté qu'il n'apparaît pas que
l'épouse ait cotisé à une caisse de prévoyance professionnelle en France,
circonstance qui impliquerait l'application de l'art. 124 CC. Aucun cas de
prévoyance n'étant survenu, la cour cantonale a estimé qu'il y avait lieu de
partager par moitié les avoirs de prévoyance.
Le recourant soutient que c'est arbitrairement, en violation du droit d'être
entendu, voire du droit à la preuve, que l'autorité cantonale retient que
l'intimée ne pourra pas bénéficier de prestations équivalentes à des
prestations de prévoyance en France et qu'il n'apparaîtrait pas que l'intimée
ait cotisé à une caisse de prévoyance en France. Il soutient en effet que les
pièces Nos 114 et 115, produites par l'intimée, démontrent clairement que
celle-ci bénéficiera de prestations de prévoyance. Selon lui, ces pièces ne
permettraient pas d'affirmer non plus que l'intimée n'aurait pas profité,
partiellement du moins, des prestations de prévoyance accumulées: le départ du
territoire français constituerait en effet un cas de prévoyance et,
conformément au système de prévoyance français, cet avoir ne peut être partagé.
Le recourant soutient qu'à cet égard, il a sollicité la production de pièces
quant à l'avoir de prévoyance de l'épouse en France, ainsi que l'audition de
témoins et une comparution personnelle. Il est enfin d'avis que le montant
capitalisé de 118 Euros - revenu mensuel assuré par les droits de prévoyance de
l'intimée - doit être déduit du montant de l'avoir à verser à l'intimée à titre
de prévoyance. La solution contraire violerait les art. 124 al. 1 et 123 al. 2
CC. Le recourant estime enfin que si, par impossible, son avoir de prévoyance
devait être partagé, l'autorité cantonale devra instruire la question du
montant reçu par son ex-épouse ou celle de la somme qu'elle percevra sur la
base des revenus acquis en France. Ne pas en tenir compte serait inéquitable.
Dans les conclusions de son appel cantonal, le recourant avait certes requis
que l'épouse soit invitée à fournir tous renseignements et pièces quant à sa
couverture d'assurance vieillesse et prévoyance professionnelle en France et en
Suisse. Mais dans les motifs de son appel, il se bornait à s'opposer à tout
partage en vertu du contrat de mariage et du droit français. Dans la mesure où
il soutient, dans le présent recours, que l'épouse pourra bénéficier de
prestations équivalentes en France ou qu'elle en aurait d'ores et déjà
bénéficié en quittant le territoire français, sa critique est nouvelle et
repose sur des faits non constatés. Elle est donc irrecevable, conformément à
l'art. 99 al. 1 LTF (cf. consid. 2 ci-dessus). Par ailleurs, en tant qu'elle
invoque simultanément l'arbitraire, la violation du droit d'être entendu et du
droit à la preuve, sa critique ne satisfait pas aux exigences de motivation de
l'art. 106 al. 2 LTF (cf. consid. 2 ci-dessus).

7.
Le recourant s'oppose enfin au versement d'une contribution à l'entretien de
son ex-épouse, contribution que la Cour de justice a fixée à 2'000 fr. jusqu'à
fin août 2015.
7.1
7.1.1 Le recourant se plaint avant tout de la violation des art. 8 CC, 29 et 9
Cst. Il soutient que le niveau de vie des ex-époux ne ressort pas de l'arrêt
attaqué, que la constatation selon laquelle un montant mensuel de 2'000 fr.
permettrait à l'épouse de jouir d'un niveau de vie comparable à celui qu'elle a
connu jusqu'à ce jour est arbitraire et que c'est un niveau de vie imaginaire
qui a été retenu, sans référence à aucune pièce ni aucun allégué. Le recourant
estime qu'il appartenait à l'intimée d'alléguer que son niveau de vie après la
séparation était moindre que celui qu'elle avait durant la vie commune. Il
relève qu'au contraire, l'intimée a vu son revenu augmenter après la séparation
et dispose ainsi de moyens plus importants actuellement que durant leur vie
commune. Le recourant indique par ailleurs que le solde mensuel de 2'000 fr. a
été établi en violation de son droit à la preuve, ou, du moins, de façon
arbitraire, en violation de son droit d'être entendu. Il soutient enfin que
l'instance précédente aurait dû retenir que l'intimée n'a jamais cessé de
travailler, que la répartition des tâches n'a pas diminué sa capacité de gain à
elle, mais bien plutôt la sienne puisqu'il a renoncé à travailler sur les
marchés américains, plus rémunérateurs et valorisants pour sa carrière
professionnelle.
7.1.2 La Cour de justice a estimé qu'une contribution de 2'000 fr. permettra à
l'épouse de jouir d'un niveau de vie comparable à celui qu'elle a connu jusqu'à
ce jour.
L'instance cantonale n'a pas chiffré dans son arrêt le montant correspondant au
niveau de vie des époux durant le mariage. Elle a seulement conclu qu'une
contribution de 2'000 fr., ajoutée à un solde disponible de 2'000 fr. - à
savoir 4'000 fr. en sus du minimum vital élargi aux impôts - permettra à
l'épouse de maintenir le niveau de vie mené durant la vie commune. Il s'agit là
d'une constatation de fait, que le recourant devait critiquer selon les
exigences du principe d'allégation (art. 106 al. 2 LTF; cf. consid. 2
ci-dessus). Or le recourant ne démontre pas en quoi cette appréciation de la
cour cantonale serait arbitraire. Il ne conteste pas que son revenu est de
l'ordre de 40'000 fr. par mois (45'000 fr. en 2005), ni que sa fortune s'élève
à plus de 2 millions de francs et que son disponible, avant paiement des
contributions, se chiffre à 25'000 fr. Il ne fournit pas le moindre élément de
fait dont on pourrait déduire qu'avec de telles ressources, le niveau de vie de
l'épouse aurait été inférieur à celui admis par la Cour de justice. Dès lors
que la contribution nécessaire au maintien du train de vie antérieur a été
fixée en fait, la question du fardeau de la preuve (art. 8 CC) que semble
vouloir soulever le recourant lorsqu'il soutient qu'il appartenait à l'intimée
d'alléguer que son niveau de vie était désormais moindre, est sans objet (ATF
130 III 591 consid. II/5.4 et les arrêts cités).

7.2 Le recourant se plaint enfin de la violation de l'art. 125 CC.
7.2.1 Quand le mariage a concrètement influencé la situation financière de
l'époux qui a besoin d'une contribution d'entretien ("lebensprägende Ehe"),
l'art. 125 CC lui donne droit au maintien du niveau de vie mené durant la vie
commune. Lorsqu'il n'est pas possible, en raison de l'augmentation des frais
qu'entraîne l'existence de deux ménages distincts, de conserver le niveau de
vie antérieur, le créancier d'entretien peut prétendre au même train de vie que
le débiteur d'entretien (ATF 129 III 7 consid. 3.1.1 p. 8 s. et les citations).
Le mariage est présumé avoir eu une influence concrète lorsqu'il a duré plus de
dix ans, durée à calculer jusqu'à la date de la séparation des parties (ATF 132
III 598 consid. 9.2). La jurisprudence considère également qu'indépendamment de
sa durée, un mariage influence concrètement la situation des conjoints lorsque
ceux-ci ont des enfants communs (5C.278/2000 du 4 avril 2001, consid. 3a;
5C.149/2004 du 6 octobre 2004, consid. 4.3, publié in FamPra 2005, p. 352;
5A_167/2007 du 1er octobre 2007, consid. 4).
7.2.2 La cour cantonale a retenu que le mariage a été de longue durée, à savoir
un peu plus de dix ans, et que l'épouse devra assumer la garde des trois
enfants pendant plusieurs années, tout en continuant à exercer une activité
lucrative. Elle est donc en droit de conserver le niveau de vie qui était le
sien jusqu'à ce jour. Le devoir de solidarité entre époux doit donc prévaloir
durant un certain temps, du moins pendant la durée nécessaire à l'éducation des
enfants et jusqu'à leur majorité. La cour a ainsi estimé qu'une rente de 2'000
fr. par mois représente une contribution équitable dans la mesure où elle
permettra à l'intimée de jouir d'un niveau de vie comparable à celui qu'elle a
connu jusqu'à ce jour.
7.2.3 Le recourant soutient que, puisque l'intimée dispose d'un solde de 2'000
fr., elle peut épargner ce montant mensuellement. N'ayant pas été en mesure
d'épargner un montant supérieur durant la vie commune, elle n'a donc pas droit
à une contribution d'entretien et est donc manifestement en mesure de subvenir
elle-même à son entretien. Ce grief est infondé. Il convient tout d'abord de
préciser que, sous réserve de la constitution d'une prévoyance appropriée (art.
125 al. 1 in fine CC), la contribution d'entretien n'est pas destinée à
constituer une épargne. Le recourant confond ensuite manifestement la
couverture du minimum vital (élargi aux impôts) et le maintien du niveau de vie
antérieur garanti par l'art. 125 al. 1 CC.
A titre superfétatoire, le recourant soutient que, puisque la répartition des
tâches durant le mariage n'a pas amoindri la capacité de gain de l'épouse, il
n'y a pas lieu de déterminer un entretien convenable sur la base du niveau de
vie durant la vie commune. Seuls les besoins concrets nécessaires de l'épouse
sont déterminants. Cette critique est infondée: l'art. 125 CC garantit à
l'épouse, dont le mariage a concrètement influencé la situation, le maintien de
son niveau de vie antérieur. Quant au fait que le mariage n'a pas amoindri la
capacité de gain de l'épouse, il s'agit d'une pure affirmation du recourant,
qui ne suffit pas à renverser la présomption de fait tirée de la durée du
mariage supérieure à 10 ans, admise par la jurisprudence.

8.
Le recours est rejeté, dans la mesure où il est recevable. Les frais
judiciaires sont mis à la charge du recourant (art. 66 al. 1 LTF). L'intimée et
les enfants, qui n'ont pas été appelés à procéder au fond, ont droit à des
dépens pour leurs déterminations sur la requête d'effet suspensif.

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 5'000 fr., sont mis à la charge du recourant.

3.
Une indemnité de 400 fr., à verser à l'intimée à titre de dépens, est mise à la
charge du recourant.

4.
Une indemnité de 400 fr., à verser aux enfants à titre de dépens, est mise à la
charge du recourant.

5.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre civile de la Cour
de justice du canton de Genève.

Lausanne, le 19 août 2008

Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse
Le Président: La Greffière:

Raselli de Poret