Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
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Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.831/2008
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
5A_831/2008 / frs

Arrêt du 16 février 2009
IIe Cour de droit civil

Composition
Mmes et M. les Juges Hohl, Présidente,
Marazzi et Jacquemoud-Rossari.
Greffière: Mme Mairot.

Parties
X.________,
recourant, représenté par Me Mathias Eusebio, avocat,

contre

A.________,
intimée, représentée par Me Jean-Marie Allimann, avocat,

Objet
droit de visite sur la belle-fille,

recours contre l'arrêt de la Chambre administrative du Tribunal cantonal du
canton du Jura du 6 novembre 2008.

Faits:

A.
A.________ est la mère de B.________, née en 2002, dont le père biologique est
C.________. Le 1er décembre 2005, A.________ a épousé X.________.

Le 16 avril 2006, la mère a déposé plainte pénale contre son mari pour actes
d'ordre sexuel avec des enfants. L'instruction consécutive à cette plainte a
débouché sur un non-lieu prononcé le 28 août 2007.

Les époux vivent séparés depuis le 17 avril 2006, sur la base d'une convention
homologuée par le juge civil du Tribunal de première instance le 4 juillet
2006.
Par jugement du 8 février 2008, X.________ a été condamné pénalement pour
injures, dommages à la propriété et voies de fait commis au préjudice de
A.________; la peine prononcée a été assortie d'une règle de conduite lui
interdisant de contacter ou d'importuner de quelque manière que ce soit
A.________ et sa fille et de leur parler s'il les rencontrait par hasard, faute
de quoi le sursis qui lui était accordé serait révoqué.

B.
Par décision du 29 octobre 2007, l'Autorité tutélaire de Delémont a refusé
d'accorder à X.________ un droit de visite sur l'enfant. Elle a fondé sa
décision sur un rapport du Centre médico-psychologique pour enfants et
adolescents (ci-après: CMPEA) du 9 octobre 2007, selon lequel le droit de
visite demandé n'était pas dans l'intérêt de l'enfant.

Le 3 juin 2008, le Département des Finances, de la Justice et de la Police,
agissant en sa qualité d'autorité tutélaire de surveillance de première
instance, a rejeté le recours formé par X.________ contre cette décision, mis
les frais de procédure à sa charge et l'a condamné à verser une indemnité de
dépens à A.________.

Par arrêt du 6 novembre 2008, la Chambre administrative du Tribunal cantonal du
canton du Jura a, entre autres points, confirmé la décision refusant au mari un
droit de visite sur sa belle-fille, rejeté sa demande d'assistance judiciaire,
mis les frais de procédure à sa charge et l'a condamné à payer à l'intimée une
indemnité à titre de dépens.

C.
X.________ forme un recours en matière civile au Tribunal fédéral contre
l'arrêt du 6 novembre 2008, dont il demande l'annulation. Il conclut à être
autorisé à entretenir des relations personnelles avec B.________, fille de
A.________, à ce qu'il soit constaté que la mère de l'enfant n'a pas droit à
une indemnité à titre de dépens pour la procédure qui s'est déroulée devant
l'Autorité tutélaire de surveillance et à ce qu'il soit mis au bénéfice de
l'assistance judiciaire dans le cadre de la procédure de recours auprès de la
Chambre administrative du Tribunal cantonal.

Il sollicite également l'octroi de l'assistance judiciaire pour la procédure
fédérale.

Des observations n'ont pas été requises.

Considérant en droit:

1.
Le Tribunal fédéral examine d'office et librement la recevabilité des recours
qui lui sont soumis (ATF 134 III 115 consid. 1 p. 117 et les arrêts cités).

1.1 Interjeté en temps utile (art. 100 al. 1 LTF) contre une décision finale
(art. 90 LTF) qui porte sur le droit de tiers d'entretenir des relations
personnelles avec un enfant (art. 274a CC), à savoir sur une mesure en matière
de protection de l'enfant (art. 72 al. 2 let. b ch. 7 LTF), rendue par la
dernière autorité cantonale concernant les mesures tutélaires dans le canton du
Jura (art. 31 al. 3 LiCC/JU; RSJU 211.1; art. 75 al. 1 LTF), le recours en
matière civile est en principe recevable.

1.2 Le recours en matière civile peut être formé pour violation du droit tel
qu'il est délimité par les art. 95 et 96 LTF; il peut donc être interjeté pour
violation des droits constitutionnels, qui font partie du droit fédéral au sens
de l'art. 95 let. a LTF (ATF 133 III 446 consid. 3.1 p. 447, 462 consid. 2.3 p.
466). Sous réserve des hypothèses visées à l'art. 95 let. c et d LTF, la
violation du droit cantonal n'est pas un motif de recours; il est cependant
possible de faire valoir que la mauvaise application du droit cantonal
constitue une violation du droit fédéral, parce qu'elle est arbitraire au sens
de l'art. 9 Cst. ou contraire à d'autres droits constitutionnels (ATF 133 III
462 consid. 2.3 p. 466).

1.3 Le Tribunal fédéral conduit son raisonnement juridique sur la base des
faits établis par l'autorité précédente (art. 105 al. 1 LTF). Il ne peut s'en
écarter que si les faits ont été établis de façon manifestement inexacte ou en
violation du droit au sens de l'art. 95 LTF (art. 105 al. 2 LTF), et pour
autant que la correction du vice soit susceptible d'influer sur le sort de la
cause (art. 97 al. 1 LTF). Le recourant qui soutient que les faits ont été
établis de manière manifestement inexacte (art. 97 al. 1 LTF), à savoir que les
constatations de fait sont arbitraires au sens de l'art. 9 Cst. (ATF 133 II 249
consid. 1.2.2 p. 252), doit démontrer, par une argumentation précise, en quoi
consiste la violation. Le Tribunal fédéral n'examine en effet la violation de
l'interdiction de l'arbitraire que si ce grief a été invoqué et motivé par le
recourant (art. 106 al. 2 LTF), c'est-à-dire s'il a été expressément soulevé et
exposé de façon claire et détaillée (principe d'allégation; ATF 133 IV 286
consid. 1.4 p. 287). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables
(ATF 133 IIII 585 consid. 4.1 p. 588/589; 130 I 258 consid. 1.3 p. 262 et
l'arrêt cité). Aucun fait nouveau ni preuve nouvelle ne peut être présenté, à
moins de résulter de la décision de l'autorité précédente (art. 99 LTF; ATF 133
I 393 consid. 3 p. 395). Il en est ainsi même lorsque la maxime d'office ou la
maxime inquisitoire est applicable, ce qui est le cas s'agissant du sort des
enfants (ATF 120 II 229 consid. 1c p. 231/232 [ad art. 55 al. 1 let. c OJ]).

1.4 De jurisprudence constante, le Tribunal fédéral se montre réservé en
matière de constatation des faits et d'appréciation des preuves, vu le large
pouvoir qu'il reconnaît en ce domaine aux juridictions cantonales (ATF 120 Ia
31 consid. 4b p. 40; 104 Ia 381 consid. 9 p. 399 et les arrêts cités). Il
n'intervient, du chef de l'art. 9 Cst., que si le juge n'a manifestement pas
compris le sens et la portée d'un moyen de preuve, a omis sans raisons
objectives de tenir compte de preuves pertinentes ou a effectué, sur la base
des éléments recueillis, des déductions insoutenables; encore faut-il que la
décision attaquée en soit viciée dans son résultat (ATF 129 I 8 consid. 2.1 p.
9; 127 I 38 consid. 2a p. 41; cf. aussi ATF 133 II 249 consid. 1.4.3 p. 254/
255).

2.
Le recourant soulève plusieurs violations de son droit d'être entendu découlant
de l'art. 29 al. 2 Cst., tant sous l'angle du droit à l'administration des
preuves que du droit à une décision motivée.

2.1 Le droit d'être entendu est une garantie constitutionnelle de nature
formelle, dont la violation entraîne l'annulation de la décision attaquée sans
égard aux chances de succès du recours sur le fond (ATF 127 V 431 consid. 3d/aa
p. 437). Ce moyen doit par conséquent être examiné en premier lieu (ATF 124 I
49 consid. 1 p. 50) et avec un plein pouvoir d'examen (ATF 127 III 193 consid.
3 p. 194 et la jurisprudence citée).

2.2 Le recourant reproche à l'autorité cantonale son refus d'ordonner un second
rapport médical.
2.2.1 Si des moyens de preuve sont invoqués en relation avec un droit subjectif
privé découlant d'une norme de droit matériel fédéral, le recourant doit se
plaindre de la violation de l'art. 8 CC, et non de la violation de son droit
d'être entendu au sens de l'art. 29 al. 2 Cst. (5A_44/2008 du 7 juillet 2008
consid. 3; 5A_403/2007 du 25 octobre 2007 consid. 3.1). En effet, l'art. 8 CC
confère à celui qui supporte le fardeau de la preuve le droit d'offrir ses
moyens de preuve et d'obtenir qu'ils soient administrés, s'ils ont été
présentés à temps et selon les formes prévues par la procédure cantonale (ATF
114 II 289 consid. 2a p. 291). L'art. 8 CC ne permet toutefois pas de remettre
en question l'appréciation des preuves du juge cantonal, ni n'exclut
l'appréciation anticipée des preuves ou une administration limitée des preuves
lorsque celle-ci emporte la conviction du juge quant à l'exactitude d'une
allégation (ATF 127 III 519 consid. 2a p. 521/522; 126 III 315 consid. 4a p.
317; 122 III 219 consid. 3c p. 223; 114 II 289 consid. 2a p. 291). Il ne permet
pas non plus de critiquer l'appréciation du juge quant à l'aptitude d'un moyen
de preuve à établir un fait pertinent (ATF 122 III 219 consid. 3c p. 223 in
fine; 5A_44/2008 du 7 juillet 2008 consid. 3; 5A_193/2008 du 13 mai 2008
consid. 3.1; 5A_403/2007 du 25 octobre 2007 consid. 3.1).
2.2.2 L'autorité cantonale a estimé que le rapport du CMPEA était corroboré par
plusieurs éléments du dossier et que rien ne permettait d'établir que le
médecin auteur de ce rapport eût manqué d'objectivité, contrairement à ce que
soutenait le recourant. Elle en a conclu qu'il n'y avait pas lieu d'ordonner un
second rapport d'expertise.

En attribuant au rapport du CMPEA une valeur probante et suffisante, la Chambre
administrative du Tribunal cantonal s'est livrée à une appréciation des
preuves. Sous couvert de la violation de son droit d'être entendu, le recourant
s'en prend en réalité à cette appréciation, se bornant à contester de manière
appellatoire la motivation de l'autorité cantonale, sans démontrer, ni même
prétendre, qu'elle serait arbitraire, c'est-à-dire manifestement insoutenable
(sur cette notion: ATF 134 I 140 consid. 5.4 p. 148 et les références citées).
Faute de satisfaire aux exigences d'allégation et de motivation requises (art.
106 al. 2 LTF), le grief est irrecevable.

2.3 Le recourant soutient en outre que l'autorité cantonale n'a pas motivé sa
décision de refus d'audition du père biologique de l'enfant.
2.3.1 Le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al. 2 Cst. implique
notamment pour l'autorité l'obligation de motiver sa décision. Selon la
jurisprudence, il suffit que le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs
qui l'ont guidé et sur lesquels il a fondé sa décision, de manière à ce que
l'intéressé puisse se rendre compte de la portée de celle-ci et l'attaquer en
connaissance de cause (ATF 133 III 439 consid. 3.3 p. 445 et les arrêts cités).
L'autorité n'a pas l'obligation d'exposer et de discuter tous les faits, moyens
de preuve et griefs invoqués par les parties, mais elle peut au contraire se
limiter à ceux qui lui paraissent pertinents (ATF 133 I 270 consid. 3.1 p. 277;
130 II 530 consid. 4.3 p. 540; 126 I 97 consid. 2b). Savoir si une motivation
est convaincante est une question distincte de celle du droit à une décision
motivée; dès lors que l'on peut discerner les motifs qui ont guidé le juge, le
droit à une décision motivée est respecté, même si la motivation est erronée
(arrêt 5A_344/2008 du 28 juillet 2008 consid. 4.1 et les références citées).
2.3.2 En l'occurrence, les juges précédents ont considéré que l'audition du
père biologique de l'enfant n'apparaissait pas nécessaire pour statuer sur la
question litigieuse des relations personnelles à établir entre le recourant et
la fillette, autrement dit, qu'elle disposait de suffisamment d'autres éléments
pour statuer. Quoique succincte, cette motivation satisfait aux exigences de
l'art. 29 al. 2 Cst. Ce n'est pas parce qu'elle ne convainc pas le recourant
qu'elle est inexistante. Celui-ci l'a du reste parfaitement comprise puisqu'il
a été en mesure de la critiquer pour exposer en quoi l'audition requise serait
justifiée. Le grief de violation du droit d'être entendu est ainsi infondé. Au
surplus, le recourant se limite à exposer les raisons pour lesquelles, selon
lui, l'audition du père de l'enfant s'imposait, opposant ainsi son opinion à
celle de l'autorité cantonale sans alléguer, ni tenter de démontrer, que la
motivation de l'autorité cantonale - l'absence de nécessité d'une telle
audition - reposerait sur une appréciation des faits inexacte ou incomplète,
partant, qu'elle serait arbitraire (art. 106 al. 2 LTF).

2.4 Le recourant affirme aussi que l'autorité précédente a méconnu son droit
d'être entendu en refusant de procéder à l'interpellation des parties. Celle-ci
se justifiait, selon lui, pour répondre à certaines allégations de l'intimée
figurant dans son écriture du 15 juillet 2008, qu'il qualifie de mensongères.
Le Tribunal cantonal a refusé l'audition des parties, car il a considéré
qu'elles avaient présenté leurs points de vue respectifs dans le cadre des
mémoires déposés dans la procédure et avaient l'une et l'autre été entendues
par le juge civil, respectivement le juge pénal, auditions dont le Tribunal
avait connaissance, les dossiers des affaires civiles et pénales opposant les
parties ayant été versés à la procédure. Ce refus procède d'une appréciation
anticipée des preuves du Tribunal cantonal, qui a estimé que le moyen requis
n'était pas de nature à modifier sa conviction. Or, le recourant ne prétend pas
que cette appréciation serait arbitraire et ne la critique pas sous cet angle.
Le droit d'être entendu, tel qu'il est garanti par l'art. 29 al. 2 Cst., ne
confère pas le droit d'être entendu oralement par l'autorité (ATF 130 II 425
consid. 2.1 p. 428 et les références citées). Il en résulte que son grief est
infondé, dans la mesure de sa recevabilité.

3.
Le recourant soulève une violation de l'art. 274a CC, dont les conditions
d'application seraient selon lui réalisées.

3.1 L'autorité cantonale a retenu que les relations entre le recourant et la
mère de l'enfant étaient très conflictuelles, ce qui était largement imputable
au premier. Il avait été condamné le 8 février 2008 pour voies de fait, injures
et dommages à la propriété, infractions commises au préjudice de son épouse en
2007. Il n'avait par ailleurs tenu aucun compte des injonctions des juges lui
interdisant de contacter ou d'importuner de quelque manière que ce soit la mère
et l'enfant. Son épouse avait déposé une nouvelle plainte pénale contre lui
pour des faits de même nature le 24 avril 2008. Lors de son interrogatoire du
21 août 2008, il avait admis qu'il aurait pu faire davantage d'efforts pour ne
pas la croiser, et avait déclaré qu'il ne pouvait s'empêcher de parler à son
épouse ou de lui répondre quand il la voyait. L'expertise mise en oeuvre par le
juge d'instruction concluait à l'existence d'un trouble mixte de la
personnalité chez le recourant. Selon l'expert, dans les situations
conflictuelles, le recourant présentait une nette propension à faire usage de
l'intimidation en provoquant l'effroi chez son interlocuteur. S'il n'y avait
pas chez lui d'attrait fondamental pour la violence, il utilisait volontiers la
peur comme levier psychologique pour garder le contrôle sur les personnes qui
s'opposaient à sa volonté. L'expert estimait que le risque d'un comportement
assimilable à du harcèlement envers la mère de l'enfant restait présent chez le
recourant avec la possibilité de nouveaux comportements brutaux. Prenant en
compte l'ensemble de ces éléments, le Tribunal cantonal a considéré que
l'instauration d'un droit de visite en faveur du recourant irait à l'encontre
de l'intérêt de l'enfant, qui devait être préservé autant que possible du
conflit opposant son beau-père à sa mère. Les juges précédents se sont ainsi
ralliés aux conclusions du rapport médical, selon lequel l'instauration d'un
droit de visite n'était pas envisageable aussi longtemps que les relations
entre le recourant et son épouse ne se seraient pas apaisées de manière
significative.

3.2 Selon l'art. 274a CC, dans des circonstances exceptionnelles, le droit
d'entretenir des relations personnelles peut aussi être accordé à des tiers, en
particulier à des membres de la parenté, à condition que ce soit dans l'intérêt
de l'enfant (al. 1); les limites du droit aux relations personnelles des père
et mère sont applicables par analogie (al. 2). Si la disposition concerne
principalement le droit que pourraient revendiquer les grands-parents de
l'enfant, le cercle des tiers visés est plus large et s'étend aussi bien dans
la sphère de parenté de l'enfant qu'à l'extérieur de celle-ci; le beau-parent
peut donc se prévaloir de cette disposition pour obtenir le droit d'entretenir
des relations personnelles avec l'enfant de son conjoint dont il est séparé ou
divorcé (Schwenzer, Commentaire bâlois, 2e éd., n. 3 ad art. 274a CC; Hegnauer,
Commentaire bernois, 4ème éd. 1997, n. 14 ad art. 274a CC; Meier/Stettler,
Droit de la filiation, tome II: Les effets de la filiation [art. 270 à 327 CC],
3ème éd., n° 253 p. 138; Pichonnaz, Contributions d'entretien des enfants et
nouvelles structures familiales, III. Les liens personnels du beau-parent après
le divorce, in: Enfant et divorce, Symposium en droit de la famille 2005,
Université de Fribourg, p. 1 ss, p. 35).

L'art. 274a CC subordonne l'octroi d'un droit aux relations personnelles à des
tiers à l'existence de circonstances exceptionnelles qui doivent être
rapportées par ceux qui le revendiquent, le droit constituant une exception
(Stettler, TDPS III/2, p. 255 s.; SCHNEIDER, FJS n° 332 p. 2; Reday, Le droit
aux relations personnelles avec l'enfant en droit français et suisse, thèse
Lausanne 1981, p. 22; voir aussi Message du Conseil fédéral concernant la
modification du code civil suisse [Filiation] du 5 juin 1974, FF 1974 p. 1ss,
notamment p. 54 qui parle d'accorder le droit à d'autres personnes que les
parents dans des cas extraordinaires et lorsque de justes motifs le
justifient). La mort d'un parent constitue une circonstance exceptionnelle et
justifie un droit de visite de membres de la famille du parent décédé, afin de
maintenir les relations entre l'enfant et la parenté du défunt, dont les
grands-parents font partie (Hegnauer, op. cit., n. 19 ad art. 274a CC;
Schwenzer, op. cit., n. 5 ad art. 274a CC; Spühler/Frei-Maurer, Commentaire
bernois, n. 314 ad art. 156 aCC). Parmi les autres exemples cités au titre de
circonstances exceptionnelles figure la relation étroite que des tiers ont
nouée avec l'enfant, comme ses parents nourriciers, et le vide à combler durant
l'absence prolongée de l'un des parents empêché par la maladie, retenu à
l'étranger ou incarcéré (Stettler, op. cit., p. 256). A ce jour, le Tribunal
fédéral a confirmé l'octroi d'un droit de visite à une cousine germaine pour
des enfants qui étaient orphelins de père, dont la mère s'était vu retirer le
droit de garde et qui étaient placés dans un home (ATF 129 III 689 consid. 3.2
non publié).

La seconde condition posée par l'art. 274a al. 1 CC est l'intérêt de l'enfant.
Seul cet intérêt est déterminant, et non celui de la personne avec laquelle
celui-ci peut ou doit entretenir des relations personnelles (ATF 129 III 689
consid. 3.1 non publié et les références citées; voir aussi arrêt P.46/1983 du
11 mars 1983 publié in SJ 1983 p. 634; Hegnauer, op. cit., n. 15 ad art. 274a
CC; Schwenzer, op. cit., n. 2 ad art. 274a CC). Il incombe à l'autorité saisie
de la requête d'apprécier le type de relations qui s'est établi entre l'enfant
et le beau-parent, et en particulier si une «relation particulière» (besondere
Beziehung) s'est instaurée entre eux, notamment pour le beau-père (dans ce
sens, Meier/Stettler, op. cit., n° 253 p. 138 et les auteurs cités; pour une
conception plus large, Pichonnaz, op. cit., p. 36). L'autorité devra en outre
faire preuve d'une circonspection particulière lorsque le droit revendiqué par
des tiers viendrait s'ajouter à l'exercice de relations personnelles par les
parents de l'enfant (Stettler, op. cit., p. 256 et les références citées).

3.3 Le recourant invoque l'application «arbitraire» de l'art. 274a CC, au motif
que l'intérêt de l'enfant commande le maintien de relations personnelles. Ce
faisant, il fait valoir son point de vue dans une argumentation qui ne respecte
pas les exigences de motivation d'un recours au Tribunal fédéral en tant
qu'elle a trait à l'application de l'art. 274a CC (art. 42 al. 2 LTF), qui se
fonde sur des faits nouveaux irrecevables (art. 99 LTF) ou encore qui ne
satisfait pas au principe d'allégation et de motivation en matière d'arbitraire
en tant qu'il critique les faits établis et l'appréciation des moyens des
preuves (art. 106 al. 2 LTF).

Le recourant souligne ainsi qu'il connaît l'enfant depuis six ans et que la
fillette l'a toujours considéré comme son père jusqu'au 16 avril 2006. S'il
n'avait plus entretenu de contacts avec elle depuis lors, c'était en raison de
l'attitude de son épouse, qui s'y était toujours opposée. C'était lui, et non
le père biologique - avec lequel l'enfant n'entretenait aucune relation -, qui
s'était occupé d'elle dès sa naissance. L'enfant avait été instrumentalisé par
sa mère pour qu'il n'ait plus envie de le revoir. Il lui était arrivé de lui
donner des cadeaux qui lui avaient été renvoyés. Autant que la critique du
recourant se fonde sur des faits non établis, elle est irrecevable (art. 99
LTF). Au surplus, le recourant n'expose pas en quoi l'exception de l'art. 105
al. 2 LTF serait réalisée quant aux faits qu'il entend préciser ou compléter.
Dès lors, il y a lieu de s'en tenir aux constatations de l'autorité cantonale.

Quant le recourant affirme qu'il conteste «globalement» le résultat de
l'entreprise psychiatrique, qui fait état d'un trouble mixte de sa personnalité
et de sa propension à user de l'intimidation en provoquant l'effroi chez son
interlocuteur, il s'en prend à l'appréciation des preuves effectuées par
l'autorité cantonale, sans démontrer en quoi cette appréciation serait
arbitraire (art. 106 al. 2 LTF).

Le recourant prétend encore qu'il est dans l'intérêt de l'enfant, avec qui il a
noué une relation socio-affective, d'entretenir des relations personnelles avec
lui pour préserver son équilibre; il affirme que l'on se trouve en présence de
circonstances exceptionnelles et qu'aucun élément du dossier ne permet de
retenir qu'une reprise des relations personnelles serait préjudiciable à
l'intérêt de l'enfant. Cet argument n'est toutefois pas décisif, dès lors qu'il
ne suffit pas que les relations ne portent pas préjudice à l'enfant; encore
faut-il qu'elles servent positivement le bien de celui-ci. En tout état, et
indépendamment du point de savoir si, nonobstant la brève durée du mariage
jusqu'à la séparation des parties, les liens entre l'enfant et le recourant
étaient suffisamment étroits pour constituer des circonstances exceptionnelles
fondant un droit à entretenir des relations personnelles, le Tribunal cantonal
a correctement appliqué le droit fédéral en considérant que les rapports
conflictuels aigus entre le recourant et la mère de l'enfant, qui avaient
débouché pour partie sur des comportements pénalement répréhensibles de la part
du recourant, constituaient des motifs suffisants et convaincants, au regard du
bien de l'enfant, pour ne pas donner suite à la requête en obtention d'un droit
de visite de l'intéressé. L'une des conditions d'application de l'art. 274a CC
n'étant pas remplie, la décision querellée ne prête pas le flanc à la critique.

Le recourant ne saurait enfin se prévaloir du droit d'être entendu de l'enfant.
Outre que sa critique, toute générale, est dépourvue de motivation (art. 42 al.
2 LTF), le défaut d'audition n'enfreint pas le droit fédéral compte tenu du
jeune âge de la fillette (ATF 131 III 553 ss).

4.
Dans un autre moyen, le recourant reproche au Tribunal cantonal d'avoir
confirmé la décision de l'Autorité de surveillance le condamnant au paiement de
dépens en faveur de l'intimée, d'un montant de 2'000 fr., TVA non incluse. Il
se plaint à cet égard de la violation de l'art. 57 al. 3 du code de procédure
civile de la République et Canton du Jura (ci-après: CPC/JU; RSJU 271.1).

4.1 Le Tribunal cantonal a confirmé la décision de ne pas compenser les dépens
prise par l'Autorité de surveillance en se basant sur une double motivation: il
a estimé, d'une part, que le recourant n'était pas un parent de l'enfant et,
d'autre part, que son comportement ne justifiait pas une telle compensation.
Lorsque la décision attaquée se fonde, comme en l'espèce, sur plusieurs
motivations indépendantes, alternatives ou subsidiaires, toutes suffisantes, le
recourant doit, sous peine d'irrecevabilité, démontrer que chacune d'entre
elles est contraire au droit (ATF 133 IV 119 consid. 6.3 p. 120); dès qu'une
des motivations permet de maintenir la décision entreprise, le recours doit
être rejeté (ATF 133 III 221 consid. 7 p. 228; 132 I 13 consid. 6 p. 20). Le
recourant s'en prend à ces deux motivations, de sorte qu'il convient d'entrer
en matière.

4.2 Conformément à ce qui a été exposé plus haut (cf. supra, consid. 1.2), le
grief relatif à la violation du droit cantonal sera examiné sous l'angle
restreint de l'arbitraire. L'art. 57 al. 1 CPC/JU prévoit que la partie qui
succombe sera, en règle générale, condamnée au remboursement intégral des
dépens de son adversaire. L'alinéa 3 de cette même disposition précise que le
juge jouit néanmoins de la faculté de compenser les dépens dans les
contestations dérivant du droit de la famille. Contrairement à ce qu'affirme le
recourant, le magistrat ne doit pas systématiquement compenser les dépens
lorsqu'il est appelé à statuer dans une affaire relevant du droit de la
famille. Il s'agit simplement d'une faculté, à l'égard de laquelle il conserve
un large pouvoir d'appréciation. La compensation se justifie généralement pour
des raisons d'équité, par exemple lorsque la condamnation aux dépens de la
partie qui succombe serait choquante; elle peut toutefois être refusée lorsque
cette même partie fait preuve d'obstination (cf. Kellerhals/Sterchi, Die
Zivilprozessordnung für den Kanton Bern, 5e éd., Berne 2000, p. 234, n. 8 ad
art. 58 ZPO, disposition dont la teneur est identique à celle de l'art. 57 CPC/
JU). Le recourant ne démontre pas en quoi l'appréciation de l'autorité
cantonale, qui se fonde sur son comportement pour confirmer la décision de sa
condamnation aux dépens de l'intimée, serait insoutenable et, partant,
arbitraire. Dans cette mesure, il n'y a pas lieu d'examiner plus avant l'autre
motif avancé par le Tribunal cantonal et donc de déterminer si le recourant
doit être considéré comme un tiers pour l'enfant ou, comme celui-ci le
soutient, comme un membre de sa parenté au sens large. Le grief est ainsi
infondé.

5.
Le recourant se plaint également d'une violation de l'art. 29 al. 3 Cst. Il
reproche au Tribunal cantonal de lui avoir refusé l'assistance judiciaire
gratuite au motif que son recours était dénué de chances de succès.

5.1 Comme le recourant le relève, l'art. 18 de la loi de procédure et de
juridiction administrative et constitutionnelle du canton du Jura (Code de
procédure administrative; RSJU 175.1), qui prévoit le droit à l'assistance
judiciaire, n'offre pas de protection plus étendue que celle garantie par
l'art. 29 al. 3 Cst. C'est donc à la lumière des principes déduits de cette
dernière norme qu'il convient d'examiner le mérite du présent grief. Selon
l'art. 29 al. 3 Cst., toute personne qui ne dispose pas de ressources
suffisantes a droit, à moins que sa cause paraisse dépourvue de toute chance de
succès, à l'assistance judiciaire gratuite. Elle a en outre droit à
l'assistance d'un défenseur, dans la mesure où la sauvegarde de ses droits le
requiert. Le Tribunal fédéral vérifie librement le respect de cette
disposition, mais il ne revoit que sous l'angle restreint de l'arbitraire les
constatations de fait de l'autorité cantonale (ATF 129 I 129 consid. 2.1 p.
133).

D'après la jurisprudence, un procès est dénué de chances de succès lorsque les
perspectives de le gagner sont notablement plus faibles que les risques de le
perdre et qu'elles ne peuvent être considérées comme sérieuses, de sorte qu'un
plaideur raisonnable et de condition aisée renoncerait à s'y engager en raison
des frais qu'il s'exposerait à devoir supporter; il ne l'est en revanche pas
lorsque les chances de succès et les risques d'échec sont à peu près égaux ou
lorsque les premières ne sont que de peu inférieures aux seconds (ATF 133 III
614 consid. 5 p. 616). L'élément déterminant réside dans le fait que l'indigent
ne doit pas se lancer, parce qu'il plaide aux frais de la collectivité, dans
des démarches vaines qu'une personne raisonnable n'entreprendrait pas si,
disposant de moyens suffisants, elle devait les financer de ses propres deniers
(ATF 129 I 129 consid. 2.3.1 p. 136 et les références).

5.2 En l'espèce, il a été retenu ci-dessus que l'autorité intimée n'avait pas
violé le droit fédéral, y compris le droit constitutionnel, en considérant que
les conclusions du recourant, tendant à l'octroi d'un droit de visite sur
l'enfant de son épouse et à l'annulation de la décision le condamnant aux
dépens, étaient mal fondées. Son refus d'octroyer l'assistance juridique à
l'intéressé au motif que le recours apparaissait dénué de chances de succès,
étant donné le caractère exceptionnel du droit aux relations personnelles pour
un tiers, les relations conflictuelles entre les époux et les motifs sur
lesquels s'appuyait la décision attaquée, ne souffre aucune critique. Sur cette
base, l'autorité cantonale pouvait retenir, sans violer l'art. 29 al. 3 Cst.,
que le recours interjeté devant elle se révélait d'emblée voué à l'échec. En
tant que le recourant se fonde sur des faits qui ne ressortent pas de l'arrêt
attaqué pour affirmer le contraire, sa critique est irrecevable. Il en va de
même quand il renvoie la cour de céans à prendre connaissance dudit recours
pour se convaincre des chances de succès de celui-ci: en effet, il n'appartient
pas au Tribunal fédéral de compléter lui-même l'acte de recours en allant
consulter les mémoires produits sur le plan cantonal (ATF 133 II 396 consid.
3.2 p. 400). Pour le surplus, la motivation présentée par le recourant est
insuffisante. Il en découle que son grief est infondé, dans la faible mesure de
sa recevabilité.

6.
Vu ce qui précède, le recours ne peut qu'être rejeté dans la mesure de sa
recevabilité. Comme les conclusions de l'intéressé étaient dépourvues de
chances de succès, sa requête d'assistance judiciaire doit être rejetée (art.
64 al. 1 LTF) et un émolument réduit mis à sa charge (art. 65 al. 2 et 66 al. 1
LTF). Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens à l'intimée, qui n'a pas été
invitée à répondre.

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
La demande d'assistance judiciaire du recourant est rejetée.

3.
Les frais judiciaires, arrêtés à 1'000 fr., sont mis à la charge du recourant.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Chambre administrative du
Tribunal cantonal du canton du Jura.

Lausanne, le 16 février 2009
Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse
La Présidente: La Greffière:

Hohl Mairot