Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

Strafrechtliche Abteilung, Beschwerde in Strafsachen 6B.146/2010
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
6B_146/2010

Arrêt du 11 février 2010
Cour de droit pénal

Composition
M. le Juge Favre, Président.
Greffier: M. Oulevey.

Parties
X.________,
recourant,

contre

Ministère public de l'État de Fribourg, 1700 Fribourg,
intimé.

Objet
Refus d'ouvrir l'action pénale,

recours contre l'arrêt 502 2009-334 du Tribunal cantonal fribourgeois, Chambre
pénale, du 4 janvier 2010.

Faits:

A.
X.________ a porté plainte pénale contre divers magistrats fribourgeois.

Par arrêt 502 2009-334 du 4 janvier 2010, la Chambre pénale du Tribunal
cantonal de l'État de Fribourg a rejeté le recours formé par X.________ contre
le refus du juge d'instruction compétent d'ouvrir l'action pénale.

B.
X.________ recourt au Tribunal fédéral contre cet arrêt.

Il demande à être pourvu d'un avocat d'office (demande d'assistance
judiciaire).

Considérant en droit:

1.
Le recourant fait valoir que les juges qui ont rendu l'arrêt attaqué sont
"impliqués dans [son] affaire".

Les parties au procès pénal sont tenues de se comporter conformément aux règles
de la bonne foi (cf. art. 5 al. 3 Cst.). En particulier, la partie qui
s'aperçoit qu'une règle de procédure est violée à son détriment ne saurait
laisser la procédure suivre son cours sans réagir, dans le but, par exemple, de
se réserver un moyen de nullité pour le cas où le jugement à intervenir ne la
satisferait pas. Les manoeuvres dilatoires de cette sorte sont inadmissibles.
Aussi la partie qui renonce sciemment à faire valoir la violation d'une règle
de procédure devant un juge qui serait en mesure d'en réparer les conséquences
est-elle en principe déchue du droit de se prévaloir de cette violation devant
le Tribunal fédéral (ATF 117 Ia 491 consid. 2a p. 495).

En l'espèce, il appartenait au recourant, qui connaît la composition du
Tribunal cantonal fribourgeois, de requérir d'emblée la récusation des
magistrats qu'il suspectait de partialité. Soulevé pour la première fois devant
le Tribunal fédéral, le moyen pris de la prétendue prévention des juges qui ont
rendu l'arrêt attaqué est irrecevable.

2.
Pour le surplus, le recourant fait exclusivement grief à l'arrêt attaqué de ne
pas considérer comme constants et constitutifs d'une infraction pénale les
faits qu'il a dénoncés.

S'il ne se plaint pas d'une infraction qui l'ait directement atteint dans son
intégrité physique, psychique ou sexuelle, le lésé ne bénéficie pas du statut
procédural de victime, au sens des art. 1, 37 LAVI et 81 al. 1 let. b ch. 5
LTF, et il n'a dès lors pas qualité pour recourir au fond contre le refus des
autorités de poursuite ou de jugement d'exercer ou d'admettre l'action pénale.
Il peut recourir exclusivement pour faire valoir que ces autorités lui auraient
dénié à tort le droit de porter plainte si l'infraction ne se poursuit pas
d'office (art. 81 al. 1 let. b ch. 6 LTF) ou qu'elles auraient violé un droit
formel, entièrement séparé du fond, que la Constitution ou la loi de procédure
applicable lui attribue en sa qualité de partie à la procédure (ATF 133 IV 228
et les références; arrêt 6B_733/ 2008 du 11 octobre 2008 et les références).

Dans le cas présent, le recourant se plaint d'une atteinte à ses intérêts
patrimoniaux. Il ne bénéficie dès lors pas du statut procédural de victime au
sens de la LAVI. Aussi est-il sans qualité pour recourir sur le fond.

Son recours, manifestement irrecevable, doit dès lors être écarté en
application de l'art. 108 al. 1 let. a LTF.

3.
Comme ses conclusions sont apparues d'emblée dénuées de toute chance de succès,
le recourant doit être débouté de sa demande d'assistance judiciaire (art. 64
al. 1 LTF a contrario) et supporter les frais de justice (art. 66 al. 1 LTF).
Ceux-ci seront réduits pour tenir compte de sa situation financière.

Par ces motifs, le Président prononce:

1.
Le recours est déclaré irrecevable.

2.
La demande d'assistance judiciaire est rejetée.

3.
Les frais judiciaires, arrêtés à 500 fr., sont mis à la charge du recourant.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal
fribourgeois, Chambre pénale.

Lausanne, le 11 février 2010

Au nom de la Cour de droit pénal
du Tribunal fédéral suisse
Le Président: Le Greffier:

Favre Oulevey