Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
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Strafrechtliche Abteilung, Beschwerde in Strafsachen 6B.341/2010
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
6B_341/2010

Arrêt du 20 juillet 2010
Cour de droit pénal

Composition
MM. et Mme les Juges Favre, Président,
Wiprächtiger et Jacquemoud-Rossari.
Greffière: Mme Gehring.

Participants à la procédure
X.________, représenté par Me Saskia Ditisheim, avocate,
recourant,

contre

Procureur général du canton de Genève, place du Bourg-de-Four 1, 1204 Genève,
intimé.

Objet
Expertise psychiatrique (art. 20 CP); droit d'être entendu, arbitraire,

recours contre l'arrêt de la Cour de justice du canton de Genève, Chambre
pénale, du 8 mars 2010.

Faits:

A.
Par jugement du 29 octobre 2009, le Tribunal de police de la République et
canton de Genève a reconnu X.________ coupable d'agression, menaces, tentative
de lésions corporelles simples, lésions corporelles simples et brigandage pour
avoir, le 9 décembre 2006, blessé A.________ d'un coup de couteau au foie, le
17 avril 2007, tenté de frapper B.________ à la tête avec une bouteille en
hurlant qu'il allait le tuer, le 12 mai 2007, poursuivi le prénommé avec une
lame de cutter, le 18 juin 2008, blessé C.________ d'un violent coup de bâton à
la tête et, le 10 janvier 2009, volé D.________ après l'avoir frappé avec une
trottinette et à coups de poing. Le Tribunal l'a condamné à une peine privative
de liberté de trois ans dont quinze mois ferme et quatre ans de délai
d'épreuve.

B.
Par arrêt du 8 mars 2010, la Chambre pénale de la République et canton de
Genève a rejeté l'appel du condamné.

C.
Ce dernier forme un recours en matière pénale, concluant à l'annulation de
l'arrêt attaqué et au renvoi de la cause à l'autorité cantonale pour nouvelle
décision. Il sollicite en outre le bénéfice de l'assistance judiciaire totale.

Il n'a pas été ordonné d'échange d'écritures.

Considérant en droit:

1.
Le recourant se prévaut d'une violation du droit d'être entendu. Il considère
comme étant insuffisante, la motivation de la Cour cantonale selon laquelle "Le
dossier ne contient aucun indice qui pourrait mettre en doute la responsabilité
pénale de l'appelant pour les infractions qui lui sont reprochées dans la
présente procédure, ce qui suffit à écarter la requête". Dès lors que le
condamné a été en mesure de critiquer la motivation de l'arrêt attaqué (cf.
consid. 2 et 3 ci-dessous), le grief de violation de son droit d'être entendu
tombe à faux (ATF 134 I 83 consid. 4.1 p. 88 et les arrêts cités).

2.
Le recourant reproche ensuite aux juges cantonaux d'avoir procédé à une
appréciation arbitraire des preuves en omettant de prendre en considération les
nouvelles infractions qu'il a commises le soir du 29 octobre 2009. Le moyen est
irrecevable faute d'influer sur le sort de la cause (art. 97 al. 1 LTF) au
regard des considérants qui suivent.

3.
3.1 En effet, l'intéressé fait valoir une violation de l'art. 20 CP au motif
que la Cour de justice n'a pas ordonné la mise en oeuvre d'une expertise
psychiatrique. La violence caractérisée des infractions jugées in casu, l'état
d'ébriété dans lequel il les a perpétrées ainsi que la commission de quatre
nouveaux brigandages le soir même de son procès du 29 octobre 2009 fondaient
des doutes sérieux quant à sa responsabilité pénale.

3.2 Dans la mesure où le condamné conteste le refus de procéder à une expertise
psychiatrique, il ne met pas en cause l'appréciation des preuves par le juge
mais fait valoir une violation des conditions d'application de l'art. 20 CP.
Relevant du droit fédéral, le moyen est recevable (ATF 106 IV 236 consid. 2a p.
99, 106 IV 97 consid. 2 p. 99; 105 IV 161 consid. 2 p. 163).
3.3
3.3.1 Aux termes de l'art. 20 CP, l'autorité d'instruction ou le juge ordonne
une expertise s'il existe une raison sérieuse de douter de la responsabilité de
l'auteur. L'autorité doit ordonner une expertise non seulement lorsqu'elle
éprouve effectivement des doutes quant à la responsabilité de l'auteur, mais
aussi lorsque, d'après les circonstances du cas particulier, elle aurait dû en
éprouver, c'est-à-dire lorsqu'elle se trouve en présence d'indices sérieux
propres à faire douter de la responsabilité pleine et entière de l'auteur (ATF
133 IV 145 consid. 3.3 p. 147) au moment des faits (ATF 106 IV 241 consid. 1b).
La ratio legis veut que le juge, qui ne dispose pas de connaissances
spécifiques dans le domaine de la psychiatrie, ne cherche pas à écarter ses
doutes lui-même, fût-ce en se référant à la littérature spécialisée, mais que
confronté à de telles circonstances, il recourt au spécialiste. Constituent de
tels indices, une contradiction manifeste entre l'acte et la personnalité de
l'auteur, le comportement aberrant du prévenu, un séjour antérieur dans un
hôpital psychiatrique, une interdiction prononcée en vertu du code civil, une
attestation médicale, l'alcoolisme chronique, la dépendance aux stupéfiants, la
possibilité que la culpabilité ait été influencée par un état affectif
particulier ou l'existence de signes d'une faiblesse d'esprit ou d'un retard
mental (cf. ATF 116 IV 273 consid. 4a p. 274; 102 IV 74 consid 1b p. 75 s.).
3.3.2 Selon les constatations cantonales, le dossier ne contient aucun élément
susceptible d'éveiller des doutes quant à la responsabilité pénale du condamné
pour les infractions reprochées dans la présente procédure. Les juges cantonaux
ont ainsi nié l'existence d'indices donnant à penser qu'au moment de la
commission des infractions, le psychisme ou les facultés mentales de
l'intéressé auraient été altérés au point que sa capacité d'apprécier le
caractère illicite de ses actes ou de se déterminer d'après celle-ci aurait été
diminuée.

Le recourant n'avance aucun élément susceptible d'étayer le contraire. En tant
qu'il prétend, sans étayer ses allégués, que les infractions jugées en l'espèce
ont été toutes commises sous l'influence de l'alcool, il met en cause les
constatations de faits sans en démontrer le caractère arbitraire (art. 97 al. 1
LTF), soit de manière irrecevable. Par ailleurs, comme souligné par les juges
cantonaux, il n'a jugé nécessaire de requérir une expertise psychiatrique, ni
en procédure d'instruction, ni devant ses juges de première instance. Ses
antécédents judiciaires ne justifient pas davantage de remettre en cause sa
pleine responsabilité pénale et démontrent qu'au contraire, celle-ci n'a jamais
prêté à discussion. De même, la commission de quatre nouvelles infractions le
soir de son procès du 29 octobre 2009 ne lui est-elle d'aucun secours, dès lors
que le juge est tenu d'apprécier la responsabilité pénale de l'auteur au moment
des faits, soit en l'occurrence les 9 décembre 2006, 17 avril 2007, 12 mai
2007, 18 juin 2008 et 10 janvier 2009. Cela étant, on ne saurait reprocher à la
Cour cantonale de n'avoir pas suspendu la procédure jusqu'à l'issue de
l'instruction ouverte à la suite des infractions commises le 29 octobre 2009,
en particulier de n'avoir pas patienté jusqu'à la remise du rapport d'expertise
psychiatrique ordonné dans ce contexte. Etabli le 3 mars 2010 et produit par le
recourant devant le Tribunal fédéral, ce rapport est au demeurant irrecevable
(art. 99 al. 1 LTF). Enfin, le caractère violent de ses agissements ne permet
pas non plus de douter de sa responsabilité pénale, sauf à considérer que tout
individu qui se comporterait de la sorte serait suspect de présenter une
capacité délictuelle diminuée.

Dans ces conditions et faute d'indices sérieux propres à faire douter de la
pleine responsabilité du recourant au moment des faits, la Cour de justice n'a
pas violé le droit fédéral en déniant la nécessité d'une expertise
psychiatrique. La critique est infondée.

4.
Le recourant succombe. Ses conclusions étaient d'emblée dénuées de chances de
succès. L'assistance judiciaire doit être refusée (art. 64 al. 1 LTF). Il
supporte les frais de la procédure, qui seront arrêtés en tenant compte de sa
situation économique (art. 65 al. 2 et 66 al. 1 LTF). Il n'y a pas lieu
d'allouer des dépens (art. 68 al. 1 et 3 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est rejeté dans la mesure où il est recevable.

2.
L'assistance judiciaire est refusée.

3.
Les frais judiciaires, arrêtés à 800 fr., sont mis à la charge du recourant.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et à la Cour de justice du canton
de Genève, Chambre pénale.

Lausanne, le 20 juillet 2010

Au nom de la Cour de droit pénal
du Tribunal fédéral suisse
Le Président: La Greffière:

Favre Gehring