Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
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Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.287/2012
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
5A_287/2012

Arrêt du 14 août 2012
IIe Cour de droit civil

Composition
Mme et MM. les Juges Hohl, Présidente,
L. Meyer et von Werdt.
Greffière: Mme Hildbrand.

Participants à la procédure
X.________, représenté par Me Christine Marti, avocate,
recourant,

contre

Dame X.________, représentée par Me Violaine Jaccottet Sherif, avocate,
intimée.

Objet
mesures protectrices de l'union conjugale,

recours contre l'arrêt du Tribunal cantonal du canton de Vaud, Juge délégué de
la Cour d'appel civile, du 22 mars 2012.

Faits:

A.
A.a Dame X.________, née en 1963, et X.________, né en 1963, tous deux de
nationalité suisse, se sont mariés le en 1989 à Rolle (VD).
Trois enfants sont issus de cette union, à savoir: A.________, né en 1990 et
B.________, née en 1992, tous deux désormais majeurs, ainsi que C.________, née
en 1997.
Lors de la séparation intervenue le 19 septembre 2010, X.________ est demeuré
dans la villa familiale, alors que son épouse et ses deux filles ont déménagé
dans un appartement à D.________ (VD). A.________ réside quant à lui dans un
appartement mis à disposition par son père qui en est propriétaire.
A.b X.________ est entrepreneur indépendant et dirige à ce titre une entreprise
de chauffage qui a généré un bénéfice net de 192'089 fr. 30 en 2007, de 242'181
fr. 57 en 2008, de 349'776 fr. 02 en 2009 et de 241'019 fr. 76 en 2010, ce qui
lui a assuré un revenu mensuel net moyen de 21'355 fr. X.________ possède en
outre plusieurs appartements et places de parc qu'il loue à des tiers ainsi
qu'à sa propre entreprise pour un revenu mensuel total de 9'945 fr.
Ses charges mensuelles ont été arrêtées à 12'645 fr. 25.
A.c Après avoir cessé de travailler pour s'occuper des enfants du couple, Dame
X.________ a repris une activité professionnelle en novembre 2010 en qualité de
formatrice dans le domaine informatique, à un taux d'occupation variant entre
30 et 70%, pour un revenu mensuel net moyen calculé pour la période de décembre
2010 à juillet 2011 de 2'977 fr. 30. Son revenu actuel, tout comme ses charges,
sont toutefois contestés par son époux.

B.
B.a Par requête de mesures protectrices de l'union conjugale du 27 juin 2011,
déposée devant le Président du Tribunal civil de l'arrondissement de La Côte
(ci-après le président), Dame X.________ a conclu à ce que la garde sur sa
fille C.________ lui soit confiée (ch. I), à ce que X.________ contribue à son
entretien et à celui de ses deux filles par le versement d'une contribution
d'entretien, allocations familiales en sus, de 13'000 fr. payable dès le 1er
janvier 2011 (ch. II), et à ce qu'il lui verse une provisio ad litem de 2'000
fr. (ch. III).
B.b Par procédé sur requête de mesures protectrices de l'union conjugale du 29
août 2011, X.________ a adhéré à la conclusion I formulée par son épouse, a
conclu à la libération des conclusions II et III et reconventionnellement, à ce
que les époux soient autorisés à vivre séparés jusqu'au 30 septembre 2012 (ch.
I), à ce que lui-même jouisse d'un libre et large droit de visite sur sa fille
C.________ fixé d'entente avec cette dernière (ch. II), à ce qu'il soit donné
ordre à Dame X.________ de restituer, dans un délai de cinq jours dès réception
de l'ordonnance de mesures protectrices de l'union conjugale, les clés de la
villa conjugale qu'il occupe, ainsi que celles de l'appartement à E.________
(ch. III), et finalement à ce que Dame X.________ entreprenne dans le même
délai toute démarche utile pour mettre à son nom le véhicule Audi A4 qu'elle
utilise (ch. IV).
B.c A l'audience de mesures protectrices de l'union conjugale du 22 septembre
2011, les époux ont conclu une convention partielle ratifiée par le président
pour valoir prononcé partiel de mesures protectrices de l'union conjugale. Ils
se sont en particulier entendus sur l'attribution de la garde de C.________ à
sa mère, un libre et large droit de visite étant réservé au père.
B.d Par prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale du 11 novembre
2011, le président a notamment condamné X.________ à contribuer à l'entretien
des siens par le versement en mains de Dame X.________ d'une pension de 6'800
fr. par mois, allocations familiales en sus, dès et y compris le 1er novembre
2011 (ch. I), ainsi qu'à verser au conseil de son épouse la somme de 2'000 fr.
à titre de provisio ad litem (ch. II).
B.e Par arrêt du 22 mars 2012, le Juge délégué de la Cour d'appel civile du
Tribunal cantonal vaudois (ci-après le juge délégué ou l'autorité cantonale) a
partiellement admis l'appel interjeté par Dame X.________ et a porté le montant
de la contribution mensuelle due par X.________ à l'entretien de sa famille à
10'000 fr., allocations familiales en sus, dès le 1er juillet 2011.

C.
Le 20 avril 2012, X.________ forme un recours en matière civile auprès du
Tribunal fédéral contre cette décision. Il conclut principalement à ce que
l'arrêt entrepris soit réformé en ce sens que la contribution d'entretien soit
réduite à 6'800 fr. par mois dès et y compris le 1er novembre 2011 et,
subsidiairement, à ce que l'arrêt entrepris soit annulé et la cause renvoyée à
l'instance inférieure pour nouvelle instruction et décision au sens des
considérants. A l'appui de ses conclusions, il invoque la violation de
l'interdiction de l'arbitraire (art. 9 Cst.).
Invitées à se déterminer par ordonnance du 4 juillet 2012, l'autorité cantonale
s'est référée aux considérants de son arrêt; l'intimée a conclu au rejet du
recours.

Considérant en droit:

1.
Le prononcé de mesures protectrices de l'union conjugale (art. 172 ss CC) est
une décision en matière civile au sens de l'art. 72 al. 1 LTF (ATF 133 III 393
consid. 2). Elle est finale selon l'art. 90 LTF, dès lors qu'elle met fin à
l'instance sous l'angle procédural (ATF 133 III 393 consid. 4). Le recours a en
outre pour objet une décision rendue par une autorité cantonale de dernière
instance statuant sur recours (art. 75 LTF), dans une affaire de nature
exclusivement pécuniaire, dont la valeur litigieuse atteint 30'000 fr. (art. 51
al. 1 let. a et al. 4 LTF, art. 74 al. 1 let. b LTF), et il a été interjeté
dans le délai légal (art. 45 al. 1 et 100 al. 1 LTF), par la partie qui a
succombé dans ses conclusions devant l'instance précédente (art. 76 al. 1 LTF),
de sorte qu'il est recevable au regard de ces dispositions.

2.
Dès lors que les mesures protectrices de l'union conjugale sont considérées
comme des mesures provisionnelles au sens de l'art. 98 LTF (ATF 133 III 393
consid. 5), seule peut être invoquée à leur encontre la violation de droits
constitutionnels. Le Tribunal fédéral n'examine un tel grief que s'il a été
dûment invoqué et motivé (art. 106 al. 2 LTF), à savoir exposé de manière
claire et détaillée (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les arrêts cités). Lorsque le
recourant se plaint d'arbitraire (art. 9 Cst.), il ne peut se borner à
critiquer la décision attaquée comme il le ferait en instance d'appel, où
l'autorité de recours dispose d'une libre cognition; il ne saurait se contenter
d'opposer son opinion à celle de la juridiction précédente, mais doit
démontrer, par une argumentation précise, que cette décision se fonde sur une
application du droit manifestement insoutenable (ATF 134 II 349 consid. 3 et
les arrêts cités). Les critiques de nature appellatoire sont irrecevables (ATF
133 III 589 consid. 2).

3.
Le recourant se plaint essentiellement de la manière dont les charges et
revenus des parties ont été établis.

3.1 Le recourant se plaint en premier lieu du fait que, pour calculer la
contribution d'entretien due par lui-même, l'autorité cantonale a pris en
compte dans le budget de l'intimée les frais relatifs à sa fille majeure,
B.________.
3.1.1 L'autorité cantonale a fixé une contribution d'entretien globale due par
le recourant en faveur de l'intimée en prenant en compte autant les charges de
cette dernière que celles de ses deux filles qui vivent chez elle. L'autorité
cantonale a en effet considéré que, compte tenu du fait que chaque parent
subvenait dans les faits à l'entretien d'un enfant majeur, il apparaissait
approprié de tenir compte dans le budget de chacun d'eux des coûts relatifs à
la prise en charge de l'enfant majeur qu'il héberge. S'agissant de l'intimée,
le juge délégué a par conséquent inclus dans ses charges les frais afférents à
sa fille majeure, B.________. Le recourant n'ayant pour sa part pris aucune
conclusion en ce sens, le juge s'est contenté d'exclure de ses sources de
revenus l'appartement mis à disposition de son fils majeur, A.________, sans
toutefois prendre en compte dans le budget du recourant les charges de son fils
3.1.2 Le recourant soutient que, B.________ étant née le en 1992 et ayant dès
lors atteint la majorité, son éventuel droit à une contribution d'entretien est
réglé par l'art. 277 al. 2 CC, de sorte qu'elle seule était habilitée à agir
pour son compte et non sa mère, qui n'est plus son représentant légal. Il
soutient que la façon de procéder de l'autorité cantonale serait arbitraire
notamment du fait qu'elle l'empêcherait de faire valoir les droits qu'il
pourrait opposer à sa fille dans le cadre d'une action fondée sur dite
disposition légale. Il soulève notamment à cet égard que le juge délégué aurait
retenu que B.________ gagnait 950 fr. par mois sans aucunement tenir compte de
ce montant pour calculer une éventuelle participation de cette dernière à ses
propres frais et reproche en outre au juge délégué d'avoir omis le fait qu'il
contribuait d'ores et déjà à l'entretien de B.________ par la prise en charge
d'une grande partie des postes figurant dans la rubrique "divers" mais aussi
par la prise en charge d'autres montants.
L'intimée estime, quant à elle, qu'il ne serait en l'espèce pas arbitraire de
prendre en compte les enfants majeurs dans le budget des parents puisque chacun
d'eux a dans le cas présent un enfant majeur à sa charge, de sorte que leurs
budgets respectifs peuvent facilement être mis en parallèle. Cette solution
éviterait au demeurant aux enfants majeurs de devoir intenter un procès contre
leurs parents.
3.1.3 Dans le cadre d'une procédure en mesures protectrices de l'union
conjugale, l'art. 176 al. 3 CC prévoit que, lorsqu'il y a des enfants mineurs,
le juge ordonne les mesures nécessaires, d'après les dispositions sur les
effets de la filiation. Cette disposition renvoie par conséquent notamment aux
art. 276 ss CC qui règlent l'obligation d'entretien des parents à l'égard de
leurs enfants. Ces derniers ont droit au maintien de leur niveau de vie (arrêt
5A_890/2011 du 26 avril 2012 consid. 3 in fine).
Selon une jurisprudence constante, dans le procès en divorce, le parent auquel
l'autorité parentale est attribuée fait valoir en son propre nom la
contribution d'entretien due à l'enfant mineur. De manière générale, la
jurisprudence a en effet toujours admis que le détenteur de l'autorité
parentale peut exercer en son propre nom les droits de l'enfant mineur (ATF 136
III 365 consid. 2; 129 III 55 consid. 3.1.3 et la jurisprudence citée; arrêts
5A_18/2011 du 1er juin 2011 consid. 5.1; 5A_57/2007 du 16 août 2007 consid.
1.2, publié in: FamPra.ch, 2008 p. 184). Il en va de même dans le cadre d'un
jugement sur mesures protectrices de l'union conjugale (ATF 83 II 263 consid.
1; arrêt 5A_41/2008 du 13 novembre 2008 consid. 6).
Puisque cette faculté du parent présuppose qu'il ait l'autorité parentale, elle
ne devrait logiquement porter que sur les pensions antérieures à la majorité de
l'enfant. L'art. 133 al. 1 2e phrase CC prévoit toutefois que la contribution
d'entretien peut être fixée pour une période allant au-delà de la majorité. Le
juge requis de fixer la pension due à un enfant mineur doit donc le faire pour
la période antérieure à la majorité, et en a également la possibilité pour la
période postérieure à celle-ci. Interprété selon la volonté du législateur,
l'art. 133 al. 1 2e phrase CC confère donc au parent détenteur de l'autorité
parentale la faculté de demander, en son propre nom et à la place de l'enfant
(Prozessstandschaft ou Prozessführungsbefugnis), des contributions d'entretien
pour la période postérieure à la majorité. Selon la jurisprudence, l'enfant
mineur qui devient majeur au cours du procès en divorce ne doit pas non plus
être forcé d'ouvrir une action indépendante contre son parent. Il convient donc
d'admettre que la faculté d'agir du parent qui détient l'autorité parentale
perdure au-delà de la majorité de l'enfant, lorsque celle-ci survient en cours
de procédure, pour autant que l'enfant désormais majeur y consente. Cette
solution est également conforme au principe d'économie de procédure et présente
l'avantage de permettre au juge de fixer dans le même procès toutes les
contributions d'entretien, en faveur du conjoint, des enfants mineurs et des
enfants devenus majeurs durant la procédure (ATF 129 III 55 consid. 3 et la
jurisprudence citée; arrêt 5A_18/2011 du 1er juin 2011 consid. 5.1.2).
3.1.4 En l'espèce, si l'intimée était effectivement habilitée à solliciter
l'octroi d'une contribution d'entretien globale pour elle-même et sa fille
mineure, C.________, tel n'était de toute évidence pas le cas s'agissant de
B.________. En effet, dès lors que la requête de mesures protectrices de
l'union conjugale a été introduite par-devant l'autorité de première instance
le 27 juin 2011, B.________, née en 1992, était d'ores et déjà majeure à cette
date. L'art. 176 al. 3 CC mentionne expressément les enfants mineurs, de sorte
que le législateur n'entendait manifestement pas étendre la protection offerte
par cette disposition également aux enfants déjà majeurs et la jurisprudence
susmentionnée relative aux enfants devenus majeurs en cours de procédure ne
trouve de surcroît pas application en l'espèce. Il apparaît ainsi que c'est à
tort que l'autorité cantonale a tenu compte des frais de B.________ dans les
charges de l'intimée. Partant, tous les griefs du recourant relatifs aux postes
de charges de l'intimée dans lesquels les frais afférents à B.________ ont été
inclus devront être revus, de sorte que la cause doit être renvoyée à
l'autorité cantonale pour ce faire.

3.2 Le recourant s'en prend ensuite au poste "loyer" tel qu'il a été arrêté
dans les charges de l'intimée.
3.2.1 L'autorité cantonale a retenu que, bien que l'appelante ait produit des
pièces attestant que le loyer d'une villa avec piscine telle que celle occupée
par le recourant s'élevait à quelque 10'000 fr. par mois, elle ne pouvait
toutefois prétendre à un tel montant au titre de frais de logement pour
maintenir son train de vie antérieur. Elle a en effet considéré que l'intimée,
qui vivait désormais seule avec deux de ses enfants, n'avait pas besoin de la
surface offerte par une villa, mais qu'il se justifiait toutefois de prendre en
compte un loyer plus élevé que celui de son appartement actuel, puisque ce
dernier avait été loué alors que la contribution d'entretien n'avait pas encore
été fixée et qu'il convenait en outre de tenir compte du fait que l'intimée
n'avait en pratique plus accès au logement de vacances de E.________. Compte
tenu de ces éléments, le juge délégué a considéré qu'un montant mensuel de
4'000 fr. s'avérait adéquat.
3.2.2 Le recourant estime pour sa part que, dès lors que l'intimée loue un
appartement pour un montant de 2'760 fr. comprenant le loyer de base, la place
de parc et un supplément pour le décompte de chauffage, qu'elle n'a jamais
prétendu vouloir déménager, n'a pas résilié son bail, ni n'en a signé un autre
pour un loyer différent, il convenait de s'en tenir au loyer réel de l'intimée,
ce d'autant plus qu'on ne comprenait pas comment l'autorité cantonale serait
parvenue au montant de 4'000 fr. retenu au titre de loyer dans les charges de
l'intimée. Un tel montant permettrait de surcroît à l'intimée de faire des
économies, entraînant un déplacement de patrimoine anticipant sur la
liquidation du régime matrimonial ce qui ne serait pas admis par la
jurisprudence du Tribunal fédéral.
L'intimée soutient qu'il n'y aurait pas lieu de tenir compte du loyer de son
appartement actuel qu'elle aurait pris dans l'urgence au moment de la
séparation et sans connaître le montant de la pension qui lui serait allouée.
L'appartement qu'elle loue actuellement pour un montant mensuel de 2'760 fr.
serait sans commune mesure avec le logement familial quitté et correspondrait
au minimum de ce que l'on serait obligé de consacrer sur La Côte pour un
logement comprenant trois chambres à coucher. Le juge des mesures protectrices
devrait au contraire prendre en compte le loyer auquel a droit celui qui quitte
le domicile conjugal pour maintenir son train de vie, à savoir en l'espèce le
montant nécessaire pour la location d'une villa telle que celles figurant aux
pièces 16 et 17 qu'elle a produites. L'intimée soutient en outre que le
maintien de son train de vie impliquerait également la prise en compte dans son
budget mensuel d'un montant correspondant au prix de location à la saison d'un
appartement à E.________, à savoir 2'500 fr.
3.2.3 Aux termes de l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, le juge fixe la contribution
pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre. Tant que dure le mariage,
les conjoints doivent donc contribuer, chacun selon ses facultés (art. 163 al.
2 CC), aux frais supplémentaires engendrés par l'existence parallèle de deux
ménages. Chaque époux peut prétendre à participer d'une manière identique au
train de vie antérieur (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa). Le montant de la
contribution d'entretien se détermine en fonction des facultés économiques et
des besoins respectifs des époux. Le législateur n'a pas arrêté de mode de
calcul à cette fin. L'une des méthodes préconisées par la doctrine et
considérée comme conforme au droit fédéral en cas de situations financières
modestes ou moyennes et tant que dure le mariage (art. 176 al. 1 ch. 1 et art.
163 al. 1 CC), est celle dite du minimum vital, avec répartition de l'excédent.
En cas de situation financière favorable, la comparaison des revenus et des
minima vitaux est inopportune; il convient plutôt de se fonder sur les dépenses
indispensables au maintien des conditions de vie antérieures (ATF 115 II 424
consid. 3; arrêts 5A_515/2008 du 1er décembre 2008 consid. 2.1 publié in:
FamPra.ch 2009 p. 429; 5A_732/2007 du 4 avril 2008 consid. 2.2; 5P.138/2001 du
10 juillet 2001 consid. 2a/bb publié in: FamPra.ch 2002 p. 331). Le train de
vie mené jusqu'à la cessation de la vie commune constitue la limite supérieure
du droit à l'entretien (ATF 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b).
3.2.4 En l'espèce, le juge délégué a retenu une charge de loyer de 4'000 fr.
pour l'intimée, à savoir un montant de 1'240 fr. par mois supérieur à son loyer
effectif, arrêté à 2'760 fr. La décision cantonale ne contient aucune
motivation quant à la manière dont ce chiffre a concrètement été arrêté, si ce
n'est qu'il s'avérait "adéquat" pour tenir compte du confort dont l'intimée
jouissait auparavant et du fait qu'elle n'avait en pratique plus accès au
logement de vacances de E.________. Cette manière de procéder est arbitraire.
En effet, compte tenu du fait que le juge délégué a condamné le recourant à
verser à l'intimée une contribution d'entretien avec effet rétroactif au 1er
juillet 2011, il a ainsi, en retenant pour l'intimée un loyer hypothétique
largement plus élevé que son loyer effectif, imputé à cette dernière une charge
qu'elle n'a pourtant jamais supportée. En outre, conformément à ce qu'allègue
le recourant, l'autorité de première instance a refusé de donner droit à sa
conclusion tendant à la restitution des clés de l'appartement de vacances de
E.________, retenant qu'il était au contraire équitable que chacun des époux
puisse continuer à en faire usage jusqu'à la fin de la procédure de divorce,
compte tenu du fait que tous deux en avaient bénéficié durant la vie commune.
Cette décision n'ayant pas été contestée par le recourant, l'intimée peut par
conséquent toujours bénéficier dudit appartement et il était dès lors
arbitraire d'augmenter le montant octroyé au titre de loyer du fait qu'elle
aurait été privée de cette résidence. Au demeurant, même si l'intimée ne
devait, de fait, plus bénéficier de ce logement, un budget pour les vacances a
d'ores et déjà été pris en compte dans ses charges par le juge délégué, de
sorte qu'il ne se justifie pas de tenir compte d'un montant supplémentaire à ce
titre. L'intimée allègue certes qu'elle aurait été contrainte de prendre, lors
de la séparation et alors qu'elle ignorait le montant qui lui serait octroyé à
titre de contribution d'entretien, un appartement d'un loyer inférieur à celui
auquel elle pourrait prétendre, compte tenu de son train de vie antérieur. Il
lui appartenait toutefois de démontrer à cet égard son intention de déménager,
la date du déménagement, ainsi que son futur loyer, afin qu'il puisse
concrètement en être tenu compte dans ses charges, ce qu'elle n'a pas fait en
l'espèce. Le grief du recourant est par conséquent fondé, de sorte que la
charge de loyer de l'intimée doit être arrêtée à 2'760 fr. par mois,
correspondant à son loyer effectif, incluant un supplément pour les frais de
chauffage et le loyer de la place de parc.
3.3
3.3.1 S'agissant ensuite du revenu déterminant de l'intimée, le recourant
reproche au juge délégué de s'être fondé sur le revenu arrêté par le premier
juge, à savoir un revenu mensuel net moyen de 2'977 fr. 30, sans avoir tenu
compte des pièces produites en seconde instance par l'intimée, desquelles
résultait un revenu moyen plus élevé.
L'intimée soutient que, pour autant que l'on se fonde sur l'ensemble de ses
revenus perçus en 2011, il faudrait également tenir compte du fait que son
emploi est aléatoire, qu'elle est payée à l'heure, ne perçoit pas d'indemnités
pendant les jours fériés et qu'elle n'a du travail qu'en fonction des stages de
formation que son employeur peut assurer. Elle relève ensuite que le calcul des
revenus qu'elle a perçus en 2011 ne peut s'effectuer sur la base de son
certificat de salaire pour l'année 2011, dès lors que les cotisations LPP
n'avaient par erreur pas été déduites cette année-là et qu'elles seront par
conséquent répercutées sur ses revenus en 2012.
3.3.2 En l'espèce, il apparaît effectivement que l'autorité cantonale a retenu
pour l'intimée un salaire mensuel moyen de 2'977 fr. 30 qu'elle a arrondi à
3'000 fr., correspondant au revenu mensuel moyen net réalisé par celle-ci entre
le mois de décembre 2010 et celui de juillet 2011. Or, comme le soutient le
recourant, l'intimée avait effectivement produit devant la deuxième instance
son certificat de salaire pour l'année 2011, duquel résultait un revenu mensuel
net moyen de 3'981 fr. 50 (47'778 fr./12), ainsi que ses fiches de salaire des
mois de janvier et février 2012, laissant apparaître un revenu mensuel net de
respectivement 4'903 fr. et 4'953 fr. 30. Dans le cadre de sa réponse à l'appel
interjeté par l'intimée, le recourant n'a certes pas contesté le salaire retenu
pour cette dernière. En tant que les pièces susmentionnées ont été produites
par l'intimée le 29 février 2012, soit postérieurement à la réponse du
recourant datée du 1er février 2012, il appartenait toutefois au juge délégué
d'en tenir compte malgré l'absence de prise de position du recourant à cet
égard, ce d'autant plus que la maxime inquisitoire est applicable en l'espèce
(cf. art. 55 al. 2 et 272 CPC). Sur les pièces produites en seconde instance
par l'intimée, ainsi que sur le bordereau, une annotation précise que la LPP
n'a par erreur pas été déduite de ses revenus de l'année 2011, de sorte que
cette déduction sera répercutée sur ses revenus en 2012. Dans la mesure où
cette affirmation n'a été ni alléguée, ni démontrée par l'intimée dans ses
écritures en appel, il n'y a pas lieu d'en tenir compte. Le revenu déterminant
de l'intimée sera par conséquent arrêté à la moyenne de l'ensemble des revenus
qu'elle a perçus en 2011 seulement, à savoir 3'981 fr. 50 (47'778 fr./12), le
recourant concluant à ce montant et renonçant donc à la prise en considération
des revenus perçus en janvier et février 2012.

3.4 Le recourant conteste en dernier lieu le montant retenu pour son propre
revenu.
3.4.1 Tout comme le juge de première instance, le juge délégué a estimé que le
recourant avait retiré de son activité d'entrepreneur indépendant un revenu
mensuel net moyen de 21'355 fr. Le juge délégué a toutefois considéré qu'il
devait également être tenu compte, dans la fixation du revenu effectif de
X.________, des montants que celui-ci tire de la location de divers biens
immobiliers qu'il possède et a de ce fait arrêté son revenu mensuel déterminant
à un montant total de 31'300 fr.
3.4.2 Le recourant juge cette façon de procéder arbitraire. S'il ne conteste
pas la manière dont le revenu qu'il perçoit de son activité d'indépendant a été
calculé, il estime toutefois qu'il était arbitraire de lui imputer également
les revenus qu'il tire de la location de divers biens immobiliers sans
préalablement déduire les charges y afférentes, à savoir en particulier les
charges hypothécaires relatives à ces immeubles qui s'élèveraient à 10'137 fr.
70 par an, ainsi que les frais d'entretien courant qui représenteraient "plus
d'une vingtaine de milliers de francs par année".
Le grief du recourant est fondé, dans la mesure où les charges courantes des
immeubles dont il est propriétaire auraient effectivement dû être déduites des
revenus qu'il en tire (cf. arrêts 5A_651/2011 du 26 avril 2012 consid. 7.3;
5A_318/2009 du 19 octobre 2009 consid. 3.3), de sorte que la cause sera
renvoyée à l'autorité cantonale afin qu'elle détermine le montant exact des
revenus du recourant, une fois ces frais déduits.

4.
Vu ce qui précède, le recours doit par conséquent être admis, l'arrêt attaqué
annulé et renvoyé à l'autorité cantonale pour nouvelle décision. Les frais
judiciaires seront supportés par l'intimée qui succombe (art. 66 al. 1 LTF).
Celle-ci versera en outre au recourant une indemnité de dépens (art. 68 al. 1
LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est admis, l'arrêt attaqué est annulé et la cause est renvoyée à
l'autorité cantonale pour nouvelle décision au sens des considérants.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 3'000 fr., sont mis à la charge de l'intimée.

3.
Une indemnité de 3'000 fr., à verser au recourant à titre de dépens, est mise à
la charge de l'intimée.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux parties et au Tribunal cantonal du canton
de Vaud, Juge délégué de la Cour d'appel civile.

Lausanne, le 14 août 2012

Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse

La Présidente: Hohl

La Greffière: Hildbrand