Sammlung der Entscheidungen des Schweizerischen Bundesgerichts
Collection des arrêts du Tribunal fédéral suisse
Raccolta delle decisioni del Tribunale federale svizzero

II. Zivilrechtliche Abteilung, Beschwerde in Zivilsachen 5A.776/2012
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Bundesgericht
Tribunal fédéral
Tribunale federale
Tribunal federal

{T 0/2}
5A_776/2012

Arrêt du 13 mars 2013
IIe Cour de droit civil

Composition
MM. et Mme les Juges fédéraux
von Werdt, Président, Hohl et Herrmann.
Greffière: Mme de Poret Bortolaso.

Participants à la procédure
M. A.X.________,
représenté par Me Magda Kulik, avocate,
recourant,

contre

Mme B.X.________,
représentée par Me Alain Berger, avocat,
intimée.

Objet
mesures provisionnelles (divorce),

recours contre l'arrêt de la Cour de justice du canton de Genève, Chambre
civile, du 14 septembre 2012.

Faits:

A.
A.a M. A.X.________, né en 1965, et Mme B.X.________, née en 1970, se sont
mariés le 30 avril 2003 à Genève, sous le régime matrimonial légal de la
participation aux acquêts.

Le couple a deux enfants: C.________, née en 2007, et D.________, né en 2009.

Les époux X.________ ont mis un terme à leur vie commune fin octobre 2007.

M. A.X.________ a eu un troisième enfant, E.________, en 2010. Il est désormais
séparé de la mère de la fillette.
A.b La situation financière des parties se résume ainsi:

Mme B.X.________ est médecin radiologue. Après avoir travaillé jusqu'en mai
2008 comme cheffe de clinique aux Hôpitaux Universitaires de Genève pour un
revenu mensuel brut de 10'000 fr., elle travaille depuis le 1er octobre 2009
auprès de la société F.________ SA. Occupée dans un premier temps à 60% pour un
salaire mensuel net de 13'314 fr. 75, elle a réduit son taux d'activité à 50 %
depuis le 1er janvier 2012, réalisant ainsi un revenu mensuel net de 10'723 fr.
40. Ses charges ont été arrêtées à 14'000 fr. Le taux d'activité de Mme
B.X.________, de même que le montant de ses charges, sont critiqués par son
époux.

M. A.X.________ est économiste, issu de la HEC de St-Gall. Il est
administrateur unique et actionnaire unique de G.________ SA dont le but est la
gestion et l'administration de fortune. M. A.X.________ a également été gérant,
voire administrateur de différentes sociétés. Son revenu mensuel moyen a été
fixé par les tribunaux à 20'000 fr., montant qu'il conteste; ses charges, dont
le montant est également critiqué, ont été arrêtées à 5'806 fr. par mois.

B.
B.a Par requête déposée le 24 juin 2010 devant le Tribunal de première instance
du canton de Genève, Mme B.X.________ a formé une demande unilatérale en
divorce, assortie d'une demande de mesures provisoires et de mesures
préprovisoires urgentes.

Sur mesures provisoires, l'épouse a notamment conclu à ce que son époux soit
condamné à verser, pour l'entretien de la famille, la somme de 9'000 fr. par
mois dès le 1er juillet 2009, sous déduction du coût mensuel global de la garde
d'enfants et de montants déjà payés par l'intéressé entre juillet 2009 et juin
2010. Dans des écritures ultérieures, elle a porté à 12'000 fr. par mois la
somme réclamée, sous les déductions précitées.
B.b Parallèlement, par requête du 29 juin 2010, M. A.X.________ a également
formé une demande unilatérale en divorce, assortie d'une demande de mesures
préprovisoires urgentes et de mesures provisoires.

Sur mesures provisoires, réclamant un très large droit de visite, il a conclu à
ce qu'il lui soit donné acte, ainsi qu'à son épouse, de leur engagement
réciproque à assumer les frais relatifs à l'entretien courant des enfants
lorsque ceux-ci résident auprès de chacun d'entre eux; il a aussi pris
l'engagement d'assurer tous les coûts raisonnables liés à l'entretien et
l'éducation des enfants ainsi que leurs frais extraordinaires.
B.c La garde des enfants a été confiée à leur mère par ordonnance de mesures
pré-provisoires urgentes du 11 août 2010.
B.d Statuant sur mesures provisoires par jugement du 4 février 2011, le
Tribunal de première instance a notamment condamné M. A.X.________ à verser à
son épouse, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la
somme de 10'000 fr. à titre de contribution à l'entretien de sa famille, ce à
partir du 1er juillet 2009 et sous imputation des sommes déjà versées à ce jour
ainsi que des charges déjà payées par l'intéressé.

M. A.X.________ a appelé de cette décision, appel déclaré irrecevable pour
cause de tardiveté par la Cour de justice le 26 août 2011. Par arrêt du 23
février 2012 (5A_704/2011), le Tribunal fédéral a néanmoins annulé ce dernier
arrêt et retourné la cause à la cour cantonale pour nouvelle décision au sens
des considérants.

Le 14 septembre 2012, sur renvoi du Tribunal de céans, la Cour de justice a
réformé le jugement rendu par le Tribunal de première instance en ce sens que
la somme admise à titre de déduction a été chiffrée à 208'952 fr., le montant
de la pension demeurant identique, à savoir 10'000 fr. par mois dès le 1er
juillet 2009.

C.
Agissant le 22 octobre 2012 par la voie du recours en matière civile, M.
A.X.________ réclame l'annulation de l'arrêt cantonal et sa réforme en ce sens
qu'il lui est donné acte de son engagement à verser à son épouse, dès le 1er
juillet 2009, par mois et d'avance, allocations familiales non comprises, la
somme de 3'000 fr. à titre de contribution à l'entretien de la famille, sous
imputation d'un montant de 208'952 fr. versé à fin mai 2012 et de toutes autres
sommes versées à ce titre dans l'intervalle; à titre subsidiaire, le recourant
réclame le renvoi de la cause à l'autorité cantonale pour nouvelle décision
dans le sens des considérants.

Appelées à se déterminer, la cour cantonale se réfère aux considérants de son
arrêt tandis que l'intimée conclut à ce que le recourant soit débouté de toutes
ses conclusions.

Considérant en droit:

1.
Le recours a été interjeté en temps utile (art. 100 al. 1 LTF), contre une
décision finale (art. 90 LTF; ATF 134 III 426 consid. 2.2), rendue dans une
cause de nature civile (art. 72 al. 1 LTF) et pécuniaire, dont la valeur
litigieuse est supérieure à 30'000 fr. (art. 51 al. 1 let. a et al. 4, art. 74
al. 1 let. b LTF), par la partie qui a succombé dans ses conclusions devant
l'autorité précédente. En tant que la décision querellée a été prise par une
autorité supérieure de dernière instance cantonale (art. 75 LTF), le présent
recours en matière civile est recevable.

2.
2.1 Dès lors que la décision attaquée porte sur des mesures provisionnelles (
ATF 133 III 393 consid. 5.1), seule peut être dénoncée la violation de droits
constitutionnels (art. 98 LTF). Le Tribunal fédéral ne connaît de la violation
de ces droits que si un tel moyen est invoqué et motivé par le recourant (art.
106 al. 2 LTF), c'est-à-dire s'il a été expressément soulevé et exposé de
manière claire et détaillée (ATF 134 I 83 consid. 3.2 et les arrêts cités). Si
le recourant se plaint d'arbitraire, il ne peut se borner à critiquer la
décision attaquée comme il le ferait en procédure d'appel, où l'autorité de
recours jouit d'une libre cognition; il ne peut, en particulier, se contenter
d'opposer sa thèse à celle de l'autorité précédente, mais il doit démontrer,
par une argumentation précise, que cette décision se fonde sur une application
de la loi ou une appréciation des preuves insoutenables (ATF 133 II 396 consid.
3.2).

2.2 De jurisprudence constante, le Tribunal fédéral se montre réservé en
matière d'appréciation des preuves, vu le large pouvoir qu'il reconnaît dans ce
domaine aux autorités cantonales (parmi plusieurs: ATF 120 Ia 31 consid. 4b;
104 Ia 381 consid. 9 et les arrêts cités). Il n'intervient, du chef de l'art. 9
Cst., que si le juge du fait n'a manifestement pas compris le sens et la portée
d'un moyen de preuve, a omis sans raisons objectives de tenir compte de preuves
pertinentes ou a opéré, sur la base des éléments recueillis, des déductions
insoutenables (ATF 136 III 552 consid. 4.2; 134 V 53 consid. 4.3).

3.
Dans un premier grief, le recourant s'en prend au montant du revenu que lui a
imputé la cour cantonale, considérant que non seulement l'estimation effectuée
par la juridiction ne serait pas motivée (consid. 3.2), mais qu'elle serait
également arbitraire (consid. 3.3).

3.1 La juridiction a considéré en substance que les salaires fluctuants
allégués par l'époux n'étaient pas suffisants pour lui permettre d'assurer le
train de vie qu'il menait, de sorte qu'il devait nécessairement percevoir des
revenus qu'il ne déclarait pas. A l'instar du premier juge, elle a ainsi
procédé à une estimation de son salaire réel, se fondant pour ce faire sur
différents indices: les créances d'actionnaire détenues par l'intéressé entre
2007 et fin 2009 contre sa société G.________ SA, ses mandats de gestion ou
d'administrateur occupés au sein de différentes sociétés, ses dépenses
luxueuses (vins et montres), voire extraordinaires (bateau à 75'000 fr.), les
frais d'entretien allégués pour lui-même et les versements destinés à
l'entretien de sa famille ou encore les différents prêts qu'il avait été en
mesure d'octroyer. La juridiction cantonale a par ailleurs noté que les
économies alléguées par le recourant, placées auprès du Crédit Suisse, et dont
le montant atteignait 106'955 fr. en 2006, n'étaient pas suffisantes pour
justifier son train de vie; quant aux prêts dont le recourant prétendait qu'il
avait lui-même bénéficié par l'intermédiaire de ses proches ou de la société
H.________, ils ont également été écartés par la cour cantonale, celle-ci
jugeant que leur réalité n'était pas suffisamment établie. Se fondant sur ces
différents éléments, le tribunal cantonal en a conclu que le montant de 20'000
fr. retenu par la première instance constituait ainsi une estimation correcte
du montant dont le recourant pouvait disposer mensuellement à titre de revenu
net.
3.2
3.2.1 Le recourant soutient que le tribunal cantonal aurait mal motivé le
montant du revenu réel qu'il lui avait imputé, affirmant à cet égard qu'à la
lecture de la décision entreprise, il n'était pas en mesure de comprendre le
calcul effectué par la cour inférieure pour parvenir à un montant, contesté, de
20'000 fr. par mois.
3.2.2 Selon la jurisprudence, le droit d'être entendu garanti par l'art. 29 al.
2 Cst. comporte, notamment, l'obligation pour le juge de motiver sa décision,
afin que ses destinataires et toutes les personnes intéressées puissent la
comprendre et l'attaquer utilement en connaissance de cause, et qu'une instance
de recours soit en mesure, si elle est saisie, d'exercer pleinement son
contrôle (cf. arrêt 2A.496/2006 du 15 octobre 2007 consid. 5.1.1 non publié in:
133 II 429 et les arrêts cités). Pour répondre à ces exigences, il suffit que
le juge mentionne, au moins brièvement, les motifs qui l'ont guidé et sur
lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision (ATF 130 II 530 consid. 4.3 et
les arrêts cités).
3.2.3 Le grief de défaut de motivation est infondé. La cour cantonale a établi
le caractère fluctuant des revenus du recourant ainsi que le manque de
transparence de sa situation financière pour arrêter, sur la base d'indices
clairement indiqués, le revenu qui pouvait réellement lui être imputé. Que
celui-ci considère que dite estimation aurait été arbitrairement effectuée
n'est pas déterminant pour fonder la violation de son droit d'être entendu. A
cela s'ajoute que l'intéressé a parfaitement été en mesure de s'en prendre à la
motivation de l'arrêt attaqué, ce sur près de vingt pages, circonstance
permettant d'écarter définitivement le défaut de motivation allégué.

3.3 Le recourant s'en prend également à l'estimation même de son revenu réel.
Pour l'essentiel, son argumentation est toutefois appellatoire ou ne parvient
pas à dissiper les doutes soulevés par l'instance précédente quant à la réalité
de la situation financière qu'il allègue.
3.3.1 Il en est notamment ainsi lorsque l'intéressé affirme que ce serait en
réalité ses économies, issues d'un compte détenu auprès de la banque en ligne
Swissquote, qui lui avait permis d'assurer ses nombreuses dépenses, économies
que les juges cantonaux n'avaient pourtant arbitrairement pas prises en
considération. Or, si les relevés de ce dernier compte attestent certes de
transferts de fonds importants en faveur du recourant, l'on ignore cependant
tout de l'origine des capitaux déposés sur ce prétendu compte épargne, lequel
semble au demeurant faire l'objet de transactions boursières régulières.
3.3.2 De même, le recourant ne peut démontrer la réalité des prêts prétendument
octroyés par ses proches (cousine, père notamment) ou par la société H.________
en alléguant le seul fait que son compte ait été crédité par des transferts de
fonds provenant des intéressés. Telle affirmation ne suffit pas à infirmer le
manque de documentation relevé à cet égard par la cour cantonale.
3.3.3 Les critiques développées par le recourant ne permettent pas non plus de
retenir l'arbitraire de la conclusion cantonale retenant, dès 2010, l'existence
de revenus complémentaires liées à des activités accessoires - incontestées -
d'administrateur ou de gestionnaire de fonds. D'une part, le recourant procède
à sa propre appréciation des preuves, ce qui est inadmissible devant le
Tribunal de céans et ne suffit pas à démontrer l'arbitraire du raisonnement de
la cour cantonale (consid. 2 supra). D'autre part, il ne conteste pas avoir
allégué un salaire de 7'256 fr. en 2010, ne dénie pas efficacement s'être alors
acquitté partiellement d'un loyer mensuel de 8'540 fr. (infra consid. 3.3.5),
ni ne dément avoir déclaré régler des charges d'un montant de 8'261 fr. tout en
contribuant à l'entretien de sa famille à raison d'une moyenne de 1'963 fr. par
mois; de même, alors qu'il percevait un revenu déclaré de 7'337 fr. nets en
2011, il n'a pas contesté subvenir à son entretien à concurrence de 9'689 fr.
et à celui de sa famille par le paiement de la contribution d'entretien fixée
judiciairement à 10'000 fr. par mois. Dans ces circonstances, retenir
l'existence de revenus complémentaires n'apparaît nullement arbitraire.
3.3.4 Au contraire de ce que laisse ensuite entendre le recourant, la
juridiction cantonale n'a pas directement intégré dans son revenu la créance
d'actionnaire dont il disposait contre la société G.________ SA entre 2007 et
2009, mais s'en est en réalité servi comme indice lui permettant d'estimer son
revenu réel d'un point de vue comptable, rémunération qui ne pouvait qu'être
supérieure au revenu prétendu, vu les dépenses assumées par le recourant, à
savoir notamment le versement mensuel de 7'252 fr. pour le seul entretien de sa
famille de janvier 2008 à juin 2009.

Contrairement à ce que paraît aussi prétendre le recourant, la Cour de justice
n'a pas conclu que les revenus 2007 permettaient d'apprécier son niveau de
rémunération en 2009, la juridiction notant simplement que, comme sus-indiqué,
la créance d'actionnaire permettait d'apprécier le niveau de rémunération
auquel le recourant pouvait prétendre d'un point de vue comptable. Au
demeurant, il sied de rappeler au recourant que, lorsqu'il s'agit de fixer les
revenus d'un indépendant dont les revenus sont fluctuants, il convient de tenir
compte, en général, du bénéfice net moyen réalisé durant plusieurs années afin
d'obtenir un résultat fiable (arrêts 5A_246/2009 du 22 mars 2010 consid. 3.1
publié in: FamPra.ch 2010 678 ss et les références; 5A_687/2011 du 17 avril
2012 consid. 5.1.1).
3.3.5 Le recourant ne conteste pas non plus efficacement avoir acquis le bateau
« Cibici » pour un montant de 75'000 fr. en septembre 2009 tout en alléguant un
salaire de 3'636 fr. 50 par mois et des honoraires de consultant de 26'858 fr.
pour la période s'écoulant entre le 4 février et le 1er octobre 2009. Si, comme
il le prétend, ce bateau appartient en réalité à Y.________, il n'en demeure
pas moins que le recourant a été en mesure de débourser une telle somme,
puisqu'il est établi que la transaction s'est effectuée depuis son compte
Swissquote, ce sans qu'une trace de son remboursement ultérieur ne soit
relevée.

Le recourant remarque également qu'il serait arbitraire d'avoir retenu qu'il
s'acquittait, en partie du moins, du loyer de l'appartement qu'il partageait
avec son ex-compagne, d'un montant de 8'540 fr. Il affirme à cet égard que ce
serait celle-ci qui se chargerait intégralement du loyer, fondant son
allégation sur les déclarations formulées en audience par l'intéressée. Or, vu
le salaire réalisé par l'ex-compagne (11'700 USD), ses propos ont précisément
été écartés par la cour cantonale du fait de leur manque de crédibilité.

Quant au prêt de 33'000 fr. octroyé en 2010 à Y.________, la référence au
compte Swissquote n'est à cet égard d'aucune aide au recourant en tant qu'il a
été relevé que l'on ignorait comment ce dernier compte était alimenté (consid.
3.3.1 supra). La même conclusion s'impose s'agissant des achats de vins et de
montres entre mars et juillet 2010 ainsi que du remboursement de 142'000 fr.,
effectué en 2012 en faveur de son père, identiquement financés.

3.4 Le recourant se plaint aussi de ce que la cour cantonale se serait référée
au calculateur de salaire en ligne pour le canton de Genève afin de confirmer
que les salariés ayant le même niveau de formation que lui réalisent un revenu
mensuel brut de 21'350 fr. La critique du recourant à cet égard n'est pas
particulièrement claire. A supposer qu'il reproche ainsi au tribunal cantonal
d'avoir voulu lui imputer un revenu hypothétique sans concrètement analyser les
possibilités dont il disposait pour le réaliser, il sied de souligner que la
juridiction a en réalité procédé à une appréciation de son salaire réel, sur la
base d'indices, la référence contestée venant simplement appuyer le résultat de
son estimation.

4.
Le recourant reproche aussi à la cour cantonale d'avoir arbitrairement fixé ses
charges.

4.1 Le recourant se plaint avant tout que l'autorité précédente aurait écarté,
sans motif valable, la preuve de l'entretien de son troisième enfant, qu'il
estime à 950 fr. par mois.

Dans la mesure où aucune pièce n'a été produite à ce sujet, on ne saurait
reprocher à la cour cantonale d'avoir retenu un montant de 200 fr.,
correspondant à la moitié du minimum vital de la fillette.

4.2 Le recourant prétend ensuite que sa charge fiscale aurait été
arbitrairement arrêtée à 1'300 fr. par mois alors qu'elle devait être estimée à
1'900 fr. Contrairement à ce qu'il paraît retenir, la charge fiscale mensuelle
de 1'300 fr. a été fixée par le Tribunal de première instance; la Cour de
justice a corrigé celle-ci à 2'540 fr. par mois.

4.3 Le recourant reproche ensuite à la cour cantonale de ne pas avoir pris en
considération au nombre de ses charges les frais liés à l'exercice du droit de
visite sur son troisième enfant qui vit à Neuchâtel. Présenté pour la première
fois devant le Tribunal de céans, ce moyen de fait nouveau est irrecevable
(art. 75 al. 2 LTF; ATF 133 III 638 consid. 2).

5.
Le recourant s'en prend également aux charges et revenu de son épouse tels que
fixés par la cour cantonale.

5.1 Le recourant affirme d'abord que le tribunal cantonal aurait arbitrairement
retenu les charges liées au train de vie de son épouse, alors que lui-même
était tenu à son minimum vital, créant ainsi une situation inégalitaire entre
les époux. Les juges cantonaux avaient ainsi pris en compte les coûts d'une
nurse à plein temps alors que l'intimée travaillait à temps partiel, de même
que les charges relatives à l'assurance-maladie complémentaire de son épouse.
Ces charges, alléguées par l'épouse en instance cantonale, n'ont pas été
contestées par le recourant devant la Cour de justice. Il ne saurait dès lors
se prévaloir de cette critique factuelle devant le Tribunal fédéral (art. 75
al. 2 LTF; ATF 133 III 638 consid. 2).

5.2 Le recourant soutient également que, de façon totalement inique, la cour
cantonale n'aurait pas tenu compte des allocations familiales de 600 fr.,
reçues notoirement par l'intimée pour les deux enfants.

Les allocations familiales ne doivent en principe pas être retenues dans la
capacité contributive du débirentier ou du parent gardien, dès lors que ce sont
les enfants qui en sont titulaires et qu'il en est tenu compte dans la fixation
de l'entretien que leur doit le parent débiteur (notamment: arrêts 5C.48/2001
du 28 août 2001 consid. 3c publié in: FamPra.ch 2002 p. 145 ss; 5A_288/2009 du
10 septembre 2009 consid. 3.3; 5A_685/2008 du 18 décembre 2008 consid. 3.2.3 et
les citations). Dans ces conditions, l'on ne perçoit pas en quoi la décision
attaquée est arbitraire puisqu'elle ajoute précisément les allocations à la
contribution due par le recourant.

5.3 Le recourant affirme ensuite que la charge fiscale de l'intimée ne peut
atteindre 4'000 fr. par mois, comme retenu par la cour cantonale, mais qu'elle
devrait en réalité approcher la somme mensuelle de 2'000 fr. En tant qu'il
fonde sa conclusion sur des éléments qui diffèrent des faits retenus par la
cour cantonale (montant du revenu de l'épouse notamment) et sur le montant
qu'il estime lui-même devoir verser pour entretenir sa famille, sa critique ne
peut qu'être déclarée irrecevable (consid. 2 supra).
5.4
5.4.1 Le recourant reproche encore à la cour cantonale d'avoir arbitrairement
admis la réduction du temps de travail de son épouse en se référant aux lignes
directrices établies par la jurisprudence quant à la prise ou reprise d'une
activité lucrative du parent à qui la garde des enfants en bas âge a été
confiée. Le recourant soutient que, dans la mesure où son épouse disposait des
services d'une nurse à temps complet, il était admissible d'exiger qu'elle
maintienne son taux d'activité à 60% pour un salaire de 13'457 fr.
5.4.2 La jurisprudence admet que l'on ne peut en principe exiger de l'époux qui
a la garde des enfants la prise ou la reprise d'une activité lucrative à un
taux de 50% avant que le plus jeune d'entre eux n'ait atteint l'âge de 10 ans
révolus, et de 100% avant qu'il n'ait atteint l'âge de 16 ans révolus (ATF 115
II 6 consid. 3c; 137 III 102 consid. 4.2.2.2). Ces lignes directrices sont
toujours valables dès lors que, comme par le passé, la garde et les soins
personnels sont dans l'intérêt des enfants en bas âge, ainsi que de ceux en âge
de scolarité, et que les soins personnels représentent un critère essentiel
lors de l'attribution de la garde (ATF 137 III 102 consid. 4.2.2.2 et la
référence). Elles ne constituent toutefois pas des règles strictes; leur
application doit dépendre du cas individuel. Ainsi, une activité lucrative
apparaît exigible lorsqu'elle a déjà été exercée durant la vie conjugale ou si
l'enfant est gardé par un tiers, de sorte que le détenteur de l'autorité
parentale, respectivement de la garde, n'est pas empêché de travailler pour
cette raison. En revanche, la reprise d'une activité lucrative demeure
inexigible en présence d'un enfant handicapé ou lorsqu'il y a beaucoup
d'enfants (arrêt 5A_6/2009 du 30 avril 2009 consid. 2.2). Le juge du fait doit
appliquer ces lignes directrices dans le cadre du large pouvoir d'appréciation
qui est le sien lorsqu'il s'agit de fixer la contribution d'entretien (ATF 134
III 577 consid. 4).
5.4.3 Le recourant n'a jamais contesté les charges liées à la nurse alors que
son épouse travaillait à 60%. Il faut donc en conclure son accord à assumer
cette charge malgré le fait que l'intimée ne travaillait qu'à temps partiel.
Dans ces circonstances, on ne saurait considérer que les juges cantonaux ont
commis l'arbitraire en admettant la réduction du temps de travail - 10% -
alléguée par l'épouse malgré l'aide fournie à plein temps par la nurse.

6.
Le recourant se plaint enfin d'une application arbitraire de l'art. 176 CC,
critiquant la méthode retenue par la juridiction cantonale pour établir le
montant de la contribution d'entretien en faveur de la famille.

6.1 La cour cantonale a fixé le revenu réel du recourant à 20'000 fr., sans que
celui-ci ne parvienne à démontrer l'arbitraire d'une telle estimation. Le
salaire de l'épouse a été arrêté à 10'700 fr., sans que le recourant
n'établisse l'arbitraire de cette constatation. Faisant ensuite application de
la méthode du minimum vital élargi avec répartition de l'excédent, les juges
cantonaux ont réparti le disponible des parties, soit 10'894 fr., à raison de 3
/4 en faveur de l'épouse et d'un quart pour le mari. La contribution pouvant
être allouée à l'intimée se chiffrait ainsi à 11'470 fr. par mois, montant qui
permettait de confirmer le montant de 10'000 fr. fixé par le premier juge et
que l'intéressée n'avait pas critiqué.
6.2
6.2.1 Le recourant soutient que, vu la situation confortable des parties, le
tribunal cantonal aurait dû appliquer les critères de l'entretien post-divorce
et examiner le montant nécessaire pour maintenir le train de vie durant le
mariage. La méthode du minimum vital n'était pas appropriée, pas plus que ne
l'était la proportion dans laquelle le disponible était réparti, celle-ci
violant de surcroît le principe d'égalité entre enfants du même débirentier. Le
recourant prétend aussi qu'en bénéficiant d'une contribution d'entretien de
10'000 fr., ajoutée à un revenu du même montant, l'intimée profiterait d'un
train de vie supérieur à celui qui prévalait durant le mariage, les revenus
totaux du couple n'excédant pas 20'000 fr. lors de la vie commune. Le recourant
précise enfin qu'il n'a pas à être contraint de recourir à sa fortune pour
contribuer à l'entretien de sa famille, situation qui ne serait admissible que
lorsque le train de vie des époux ne pouvait être maintenu après la séparation
et que l'on imposait la même contrainte à son conjoint.
6.2.2 L'intimée soutient que ce serait le recourant lui-même qui aurait
préconisé la méthode critiquée pour calculer la contribution d'entretien. Elle
remarque également qu'au moment de leur séparation, les parties disposaient à
elles deux de revenus à concurrence de 40'000 fr. par mois, de sorte qu'en
bénéficiant d'une pension de 10'000 fr., l'intimée ne disposait pas d'un niveau
de vie supérieur à celui mené durant la vie commune.
6.3
6.3.1 D'après l'art. 176 al. 1 ch. 1 CC, applicable par analogie aux mesures
provisoires (art. 276 al. 1 2ème phrase CPC), le juge fixe la contribution
pécuniaire à verser par l'une des parties à l'autre. Même lorsque l'on ne peut
plus sérieusement compter sur la reprise de la vie commune, l'art. 163 CC
demeure la cause de l'obligation d'entretien réciproque des époux en mesures
provisionnelles prononcées pour la durée de la procédure de divorce (ATF 137
III 385 consid. 3.1; 130 III 537 consid. 3.2).

Si la situation financière des époux le permet encore, le standard de vie
antérieur, choisi d'un commun accord, doit être maintenu pour les deux parties.
Quand il n'est cependant pas possible de le conserver, les époux ont droit à un
train de vie semblable (ATF 119 II 314 consid. 4b/aa; arrêt 5A_710/2009 du 22
février 2010 consid. 4.1 non publié aux ATF 136 III 257). Le législateur n'a
pas arrêté de mode de calcul permettant de déterminer le montant de la
contribution d'entretien. L'une des méthodes préconisée par la doctrine et
considérée comme conforme au droit fédéral en cas de situations financières
modeste ou moyenne et tant que dure le mariage (art. 176 al. 1 ch. 1 CC en
relation avec l'art. 163 al. 1 CC), est celle dite du minimum vital, avec
répartition de l'excédent. En cas de situation financière favorable, la
comparaison des revenus et des minima vitaux est alors inopportune; il convient
plutôt de se fonder sur les dépenses indispensables au maintien des conditions
de vie antérieures (ATF 115 II 424 consid. 3; arrêts 5A_453/2009 du 9 novembre
2009 consid. 5.2 publié in: SJ 2010 I 326 ss; 5A_515/2008 du 1er décembre 2008
consid. 2.1 publié in: FamPra.ch 2009 429 ss; 5A_732/2007 du 4 avril 2008
consid. 2.2; 5P.138/2001 du 10 juillet 2001 consid. 2a/bb publié in: FamPra.ch
2002 331 ss). Il ne faut pas, par le biais de la contribution d'entretien,
provoquer un déplacement de patrimoine qui anticiperait sur la liquidation du
régime matrimonial (ATF 114 II 26 consid. 8). Le train de vie mené jusqu'à la
cessation de la vie commune constitue la limite supérieure du droit à
l'entretien (ATF 121 I 97 consid. 3b; 118 II 376 consid. 20b).

L'art. 176 al. 3 CC prévoit en outre que, lorsqu'il y a des enfants mineurs, le
juge ordonne les mesures nécessaires, d'après les dispositions sur les effets
de la filiation. Les enfants ont droit au maintien de leur niveau de vie.
6.3.2 En l'espèce, la cour cantonale a appliqué la méthode du minimum vital
avec répartition de l'excédent - qui s'élève à 10'894 fr. - à raison de 3/4 en
faveur de l'épouse qui obtenait la garde des enfants et d'1/4 en faveur du
mari, sans tenir compte du fait que les parties étaient dans une situation
matérielle favorable (sur cette notion: arrêt 5A_288/2008 du 27 août 2008
consid. 5.4) - leurs revenus cumulés atteignent en effet 30'700 fr. -, ni en
conséquence examiner si le montant de la contribution octroyé était nécessaire
pour couvrir le coût de l'entretien des enfants et maintenir le train de vie
qui était celui de l'épouse durant le mariage, éléments qu'il appartenait à
celle-ci d'alléguer et de rendre vraisemblables. En l'espèce, les charges de
l'intimée telles que retenues par le tribunal de première instance, puis par la
cour cantonale incluent l'entretien de base pour elle et ses enfants, le loyer,
les primes d'assurance maladie de base et complémentaire, les frais de nurse et
de garde externe, les cours de rythmique de C.________ ainsi que la charge
fiscale; à la lecture de l'arrêt cantonal, l'on ne peut toutefois déterminer
avec certitude si l'intimée travaillait avant la séparation et si elle
bénéficiait alors déjà des services de la nurse à temps complet; de même, il
n'est donné aucune information précise sur le niveau de vie du couple durant la
vie commune. Force est donc de reconnaître qu'aucun élément ne permet d'arrêter
le train de vie de l'épouse et des enfants à 20'000 fr. par mois et d'en
déduire que son maintien nécessite ainsi le montant élevé de la contribution
attribuée. La décision attaquée parvient dès lors à un résultat que le
recourant qualifie à juste titre d'arbitraire (cf. dans ce sens arrêt 5A_453/
2009 précité consid. 5.2).

Dans la mesure où la contribution d'entretien doit également couvrir les
besoins des enfants mineurs, la maxime inquisitoire est applicable (art. 176
al. 3 CC et 296 al. 1 CPC), imposant au juge d'éclaircir les faits et de
prendre en considération d'office tous les éléments qui peuvent être importants
pour rendre une décision conforme à l'intérêt de l'enfant, ce même si ce sont
les parties qui, en premier lieu, doivent lui soumettre les faits déterminants
et les offres de preuve. L'obligation pour le juge d'établir d'office les faits
n'est en effet pas sans limite: la maxime inquisitoire ne dispense pas les
parties d'une collaboration active à la procédure ni d'étayer leurs propres
thèses; il leur incombe ainsi de renseigner le juge sur les faits de la cause
et de lui indiquer les moyens de preuve disponibles (ATF 128 III 411 consid.
3.2.1 et les citations). Il appartiendra donc en l'espèce à l'intimée de
renseigner le juge cantonal sur les dépenses et le train de vie mené durant la
vie commune, ce afin de déterminer le montant de la contribution d'entretien
destinée à son entretien et à celui des enfants en conformité avec les chiffres
allégués. Au besoin, il conviendra que le tribunal l'interpelle à cet égard.

7.
En définitive, le recours est partiellement admis dans la mesure où il est
recevable et l'arrêt attaqué est annulé en tant qu'il condamne le recourant au
paiement d'une contribution d'entretien mensuelle de 10'000 fr. Dès lors qu'il
y a lieu de procéder à des instructions complémentaires, il est expédient de
renvoyer la cause au Tribunal de première instance pour nouvelle instruction et
décision dans le sens des considérants (art. 107 al. 2 2e phr. LTF). Les frais
judiciaires sont répartis entre les parties à raison de la moitié chacune et
les dépens compensés (art. 66 al. 1 et 68 al. 1 et 2 LTF).

Par ces motifs, le Tribunal fédéral prononce:

1.
Le recours est partiellement admis dans la mesure où il est recevable, l'arrêt
attaqué est annulé en tant qu'il condamne le recourant au versement, par mois
et d'avance, allocations familiales non comprises, d'une somme de 10'000 fr. à
titre de contribution à l'entretien de la famille et la cause est renvoyée au
Tribunal de première instance pour instruction et nouvelle décision au sens des
considérants.

2.
Les frais judiciaires, arrêtés à 2'000 fr., sont mis pour moitié à la charge du
recourant et pour moitié à celle de l'intimée.

3.
Les dépens sont compensés.

4.
Le présent arrêt est communiqué aux parties, à la Cour de justice du canton de
Genève, Chambre civile, et au Tribunal de première instance du canton de
Genève.

Lausanne, le 13 mars 2013
Au nom de la IIe Cour de droit civil
du Tribunal fédéral suisse

Le Président: von Werdt

La Greffière: de Poret Bortolaso